Le genre des mots

Contributrice de cette rubrique: Aurore Evain.
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XVIe siècle: «Les genres au nombre de deux : masculin et féminin pour Sylvius, Meurier et Ramus sont quatre dans l’édition de Cauchie (1570) : masculin, féminin, commun et épicène, mais trois seulement dans son ouvrage de 1586, le genre épicène ayant disparu. Bosquet se rallie au même parti en retenant les genres : masculin, féminin et commun. Le genre commun étant sans marque, soit parce que le mot, adjectif, a les deux valeurs, ex. : affable, soit parce que c’est un nom valable pour les deux genres, ex. : un héron, le problème de la marque ne se pose que pour les deux autres, donc pour le passage du masculin au féminin»
Colette Demaizière,La Grammaire française au XVIe siècle : les grammairiens picards, 1983, thèse, p. 653.
1586 :«Combien de genre avons-nous en nostre langue ? Trois sans plus ; masculin, feminin et commun. Qu’est-ce de masculin genre ?C’est un accent, qui rend ordinairement un son viril et parfait ; le plus appartenant à l’homme, ou à chose à luy convenante, et est son principal, et droit indice-le. (…) Qu’est-ce de Feminin sexe ? Une voix, quy rend communement la derniere sillabe ou clôture d’une diction imparfaite et effeminée ; le plus appartenante à la femme, ou à chose à elle convenable ; et est son indice premier et principal-la.»
Jean Bosquet,Elemens ou institutions de la langue française (Slatkine reprints, 1972),«Des genres ou sexes », p. 46-48.
1690 : (remise en question du genre féminin de certains mots) : « Le sexe étant jaloux de son genre, se sert du féminin en toutes les occasions où il pense avoir quelque peu de raison, comme : en Ouvrage, Amour etc. qu’il fait féminin, quoi qu’ils soient Masculins »
François de Fenne, Entretiens familiers pour les Amateurs de la langue française, Leyde, chez Corneille Boutesteyn, Entretien IX, p. 44 (au sujet du pronom « la »).

Genre des pronoms (suppression du pronom « elle »)
1700 : La Damoiselle Gabrielle Suchon nous a presenté des Lettres de Privilege a luy accordé par sa Majesté pour l’impression d’un livre intitulé Le Celibat volontaire pendant le tems de dix années. Donné a Paris le 12me décembre 1698 signé Bouchon et scellé Registré conformément aux Reglemens.
Enregistrement syndical (manuscrit) du privilège Du Celibat volontaire, ou La vie sans engagement, Par Damoiselle Gabrielle Suchon, Archives de la Chambre syndicale de la Librairie et Imprimerie de Paris, aux XVIIe et XVIIIe siècles. Registre des privilèges accordés aux auteurs et libraires, 1653-1790. IV Années 1688-1700, verso du folio 155.