Louise Labé

Madeleine LAZARD

Paris, Fayard, janvier 2004, 20 euros


 » Le plus grand plaisir après amour, c’est d’en parler  » s’il faut en croire Louise Labé. Elle en a parlé mieux que personne. La plus grande poétesse française est aussi la plus mystérieuse. Sa vie, énigmatique à bien des égards, est étroitement associée au milieu lettré de Lyon, où s’épanouit, autour de Maurice Scève, la première floraison poétique de la Renaissance française. Comment cette fille et femme d’artisan a-t-elle pu accéder aux salons en vogue, conquérir la renommée littéraire et mériter l’hommage public des poètes les plus éminents ? Il y fallut sans doute la rencontre exceptionnelle d’un temps, d’un lieu et d’un être. La personnalité que laissent deviner ses couvres y fut sûrement pour beaucoup. Femme de caractère autant que de passion, esprit équilibré et lucide autant que hardi, elle a gardé sa séduction au long des siècles. A la fois admirée et suspecte au XVIe siècle, un peu oubliée à l’époque classique, image de l’éternel féminin au XIXe, elle a suscité au XXe bien des rêveries. Cette biographie précise et passionnante restitue le portrait authentique d’une figure qu’on voudrait connaître encore davantage.

Madeleine Lazard, professeure émérite à la Sorbonne nouvelle, présidente honoraire de la Société d’étude du XVIe siècle et de la Société internationale des amis de Montaigne, est l’auteur chez Fayard des biographies de Brantôme, Agrippa d’Aubigné (prix Bodin de l’Académie des inscriptions et belles lettres), de Montaigne et des Avenues de Fémynie (prix Marianne 2002).