Les Avenues de fémynie

Madeleine LAZARD

Paris, Fayard, 2001, 440p.

Le XVIe siècle a soulevé avant le nôtre le problème de la condition féminine. La prodigieuse abondance des débats suscités dans les traités de médecine et de morale domestique, chez les poètes, les dramaturges, les auteurs de romans et de nouvelles – y compris les plus grands, Ronsard, Rabelais, Montaigne, Brantôme – prouve l’actualité de la question dans la conscience contemporaine. En contrepoint aux voix masculines, qui furent longtemps les seules à se faire entendre, commencent à s’élever celles des femmes pour protester et revendiquer: Louise Labé, Marguerite de Navarre, Marie de Gournay et d’autres. Mais si le siècle a vu naître des réussites éclatantes, rares et difficiles, dans la conquête du savoir et du pouvoir, ces destinées exceptionnellles ne sauraient faire méconnaître que rien n’a changé dans la vie de la majorité silencieuse: l’égalité des sexes demeure une utopie paradoxale. Pourtant l’esprit novateur du premier siècle moderne, qui vit tant de remises en cause, n’aurait-il pas aussi semé le germe de la libération de la femme?

La promenade à laquelle nous invite cet ouvrage solidement documenté au long des avenues nobles ou misérables du « royaume de Fémynie », révèle qui furent les femmes de la Renaissance française. Dans ce tableau extrêmement varié, des images dépaysantes d’un temps lointain se marient à des thèmes aujourd’hui on ne peut plus familiers. Sont passés en revue, en vingt chapitres, la conception de la « femme théorique », créature abstraite née des écrits des hommes les plus savants, les problèmes posés par les rapports entre les deux sexes (mariage, concubinage, amour et « déduit »), et ceux qui s’offrent aux diverses conditions féminines, des servantes aux reines, des prostituées aux femmes de cour et aux « écrivaines ».

Une bibliographie par chapitres, un tableau des repères chronologiques (événements, vie culturelle) et un index des noms de personnes complètent l’ouvrage.