Nos adhérent-e-s publient

Québec, Presses de l’Université Laval, coll. « République des Lettres », 2011, 142 p.
De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales (1800) est un livre dont l’importance tient au rôle qu’il a joué dans la naissance de l’histoire littéraire et, plus généralement, des sciences humaines. Germaine de Staël s’y intéresse aux relations complexes que la littérature entretient avec la vie sociale et l’expérience historique, qu’elle conçoit comme les vecteurs par excellence de la transformation des mentalités, des cultures et des œuvres. Cette question des rapports au sein desquels s’invente la littérature l’invite surtout à appréhender l’histoire des nations européennes à la lumière d’une théorie de la perfectibilité, qui suppose le développement graduel et irréversible des connaissances humaines, et d’une définition nouvelle de l’écrivain, qu’inspire l’exigence de l’engagement.
Dans un contexte où elle participe d’un monde en devenir, la littérature doit s’accomplir dans une parole capable de transformer ses aspirations et ses raisons en une volonté d’agir, c’est-à-dire en « une impulsion involontaire « , voire en » un mouvement qui passe dans le sang ». Au sein de cette alliance entre la pensée et le sang s’affirme alors une conception des lettres indissociable d’une figure extrêmement originale de la rationalité, que Germaine de Staël désigne par la belle expression de « raison exaltée ». C’est cette idée dont les articles réunis dans cet ouvrage approfondissent le sens et la portée, en s’intéressant tour à tour à l’une ou l’autre de ces trois configurations : 1. Les impulsions du c’ur et de l’esprit, ou la littérature dans ses rapports avec la République ; 2. La passion réfléchissante, ou la littérature dans ses rapports avec les femmes ; 3. La sensation investie par les idées, ou la littérature dans ses rapports avec la création.
TABLE DES MATIÈRES
MARC ANDRÉ BERNIER
Introduction.
Première partie
Les impulsions du c’ur et de l’esprit, ou la littérature dans ses rapports avec la République
GÉRARD GENGEMBRE ET JEAN GOLDZINK
De la littérature, œuvre politique
MARC ANDRÉ BERNIER
Un néocicéronianisme de l’exaltation
MICHEL DELON
Buffon et l’influence de la littérature
Deuxième partie
La passion réfléchissante, ou la littérature dans ses rapports avec les femmes
ANGELICA GOODDEN
Dame « comme il faut ? ou femme écrivain »
De la littérature et l’angoisse de la femme auteur
MARIE-LAURE GIROU-SWIDERSKI
L’autre Révolution ? De la littérature et des femmes
Troisième partie
La sensation investie par les idées, ou la littérature dans ses rapports avec la création
DANIEL DUMOUCHEL
De la supériorité des Modernes. Quelques réflexions sur les limites de l’imagination et sur la perfectibilité esthétique dans De la littérature
CATRIONA SETH
La littérature nordique à l’épreuve du romanesque. Ossian entre De la littérature et Corinne
CATHERINE DUBEAU
L’homme féroce : passions, violence et limites de l’invention littéraire dans De la littérature
ISABELLE LACHANCE
Bibliographie des études portant en totalité ou en partie sur De la littérature