Les mots de A à Z – lettre M

  • Maçonne


XIVe siècle : «En ville, les femmes exercent quantitié de métiers : un recensement fait au début du XIVe siècle en dénombre 125 ! Broderesses, chasublières, ferronnes, maçonnes, charretières, hongresses, lavandières de tête»
Jean Rabaut, Histoire des féminismes français, Paris, Stock, 1978, p.18.


 

  • Maîtresse


1475 : «Que les femmes ouvrant et qui besognent dudit métier de présent en ladite ville de Paris seront maîtresses audit métier si être le veulent, en payant pour leur nouvelle maîtrise et entrée 12 sols parisis, comme dit est ci-dessus des hommes (…). Les apprentisses pourront être reçues maîtresses en faisant chef d’oeuvre et en payant telle somme à appliquer en la manière comme est dit ci-dessus. (…) en effet et substance, tous les points et articles ci-dessus contenus seront communs et s’étendront et appliqueront tant aux femmes que aux hommes, soit qu’il touche la maîtrise ou les ouvrages ou autre chose dudit métier.»
Statuts des tissutiers de Paris, cités par Henri Hauser, Ouvriers du temps passé (XVe et XVIe siècles), Paris, Félix Alcan, 1900, p.154 (le cas est exceptionnel; l’égalité des traitements est attaquée depuis le milieu du siècle précédent).


 

  • Maltotière

1691 : «Femmes de robe, maltotières, femmes de qualité, bourgeoises: on ne sait de quel côté tourner.» 

Mme Ulrich, La Folle enchère, Paris, veuve de Louis Gontier, scène XVIII.


 

  • Marchande Libraire

1691 : «Ladite M. B. a cedé son droit de Privilege à la Veufve de Loüis GONTIER Marchande Libraire à Paris, pour en joüir suivant l’accord fait entr’eux.»
Cession du privilège de Brutus obtenu par Catherine Bernard (imprimé dans l’édition de Paris, Veuve Louis Gontier).


 

  • Matrimoine


1459 : biens immeubles issus de la lignée maternelle. Guillaume de Rosnyviven et Perrine de Meulenc se font donation mutuelle de leurs biens meubles, des acquisitions faits durant leur mariage et de «la tierce partie de leur patrimoyne et matremoyne».
Pierre-Hyacinthe Morice, Mémoires pour servir de preuves à l’histoire ecclésiastique et civile de Bretagne…, 3 vol., Paris, C. Osmont, 1742-1746, rééd. 1974, col. 1743.


 

  • Médecienne, Médecine, Miresse


Moyen Âge :
«Tout le monde fait esmerveillier
En Salerne, n’a Monspellier
N’a si bonne fisicienne
Tant soit bonne médecienne
Tous ceux sanes (guéris)
cui tu atouches»
Gauthier de Coinsi, «Miracles de Notre-Dame», in Mélanie Lipinska, Histoire des femmes médecins depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, Librairie G. Jacques et Cie, 1900, p.117.
Moyen Âge : «En France, ces femmes médecins portaient le nom de miresses ou de médeciennes»
Mélanie Lipinska, Histoire des femmes médecins depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, Librairie G. Jacques et Cie, 1900, p.117.
1587 : «Pour veoir, entendre et cognoistre l’estat et la maladie de nostre pauvre France, (…), vous vous estes transportée és lieux où elle estoit plus malade pour y pourvoir. Ce que vous continuez tousjours en nostre grand besoin, vous, Madame, qui estes de fait et de nom la vraye medecine de nostre France. »
Charlotte de Minut, épître dédicatoire à Catherine de Médicis, in Gabriel de Minut, De la Beauté. Discours divers…, Lyon, Barthelemi Honorat, 1587.
1689 : « Il faut dire cette femme est Poëte, est Philosophe, est Médecin, est Auteur, est Peintre ; et non Poëtesse, philosophesse, Médecine, Autrice, Peintresse, etc. »
Nicolas de Boisregard, Reflexions sur l’usage présent de la langue française, 1689, p.228.
1864 : «en Angleterre, les authoress sont, la plupart du temps, des jeunes filles emportées vers la carrière littéraire par la passion des lettres, ou même simplement élevées pour être médecines ou avocates».
J. Claretie, La Libre Parole, 1864.


 

  • Menestrière


1565 : « Clodins qui n’avoit point encore de barbe, et par ce moyen esperoit n’estre point descouvert, se desguise de l’acoustrement d’une menestriere »

Amyot, Vie, J. Caesar, éd. 1565, cité par Frédéric Godefroy, Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, Paris, 1880, t. 5, notice Menestriere.

1580 : « Pythagoras, estant en compaignie de jeunes hommes, lesquels il sentit complotter, eschauffez de la feste, d’aller violer une maison pudique, commanda à la menestriere de changer de ton ; et, par une musique poisante, severe et spondaïque, enchanta tout doulcement leur ardeur, et l’endormit. »
Montaigne, Essais, Livre 1, chap. XLVI, Paris, A.L’Angelier, 1598, p. 270.


  • Menuisière

1640 : (cités dans les noms d’offices et métiers) « Conseillère, Financière, Barbière, Menuisière »
Antoine Oudin, «De quelques substantifs féminins tirés des masculins», Grammaire française rapportée au langage du temps, Paris, 1640, p. 78.