Les mots de A à Z – lettre D

  • Danseresse

1579 : «à l’appétit d’une danseresse, il [le prophète Jean-Baptiste] envoye le bourreau et le tue.»
Lambert Daneau, Traité des danses auquel est amplement résolue la question, a savoir s’il est permis aux Chrestiens de danser, s.l., François Estienne, p.19
  • Défenderesse, Défenseure, Défenseuse

vers 1460 :
«Deffenderesse (adjectif ou substantif) : qui se défend en justice conte une accusation ; voir l’antonyme voir « demanderesse » »
Dans l’arrrêt III et ensuite dans de nombreux arrêts de l’ouvrage de Martial d’Auvergne,Les Cinquante et ung arrest damours,Paris, ca 1500 ; le texte est écrit ca 1460 et publié de manière très fréquente tout au long du XVIe siècle.
1594 : terme juridique. En 1594, Agaisse Lebeau est deffenderesse dans un procès devant la Prévôté de Nantes.
Archives départementales de Loire-Atlantique à Nantes, 1594, registre de la Prévôté B6113.
1594: terme juridique.Le Plaidoyer de M. Pasquier pour l’Université de Paris, defenderesse, contre les Jesuites demandeurs en requeste

Ouvrage d’Etienne Pasquier, Paris, L’Angelier
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1842: «Sur dix causes qui se présentent devant le magistrat irréprochable, (….) il y en a toujours huit où les lorettes sont défenderesses.»
Alexandre Dumas,Filles, lorettes et courtisanes, Paris, éd. de Paris, 2009, p. 69.
2006 : «Plusieurs articles dans la presse à l’occasion de la fin du mandat de Claire Brisset, « défenseure » des enfants, qui a depuis six ans installé cette fonction dans notre paysage et fait entendre une voix bien nécessaire. Cela dit, c’est aussi l’occasion d’affirmer bien haut: « Oui à la féminisation des noms de métiers et de fonctions, non aux barbarismes! » Le féminin naturel de défenseur est… défenseuse (comme en ski on dit une descendeuse/un descendeur), point n’est besoin d’inventer autre chose. Le (ou la) féministe qui est aussi défenseur (ou seuse) d’une langue française qui évolue sans se dénaturer applaudit l’écrivaine, mais hurle d’ffroi devant la procureure, la professeure, la défenseure… La procureuse existe depuis des siècles (n’est-ce pas Porthos’), et si c’était à l’origine la femme du procureur, c’était également le cas pour la générale, la préfète, voire la pharmacienne. Notre langue est pleine de ressources, utilisons-les pour traduire l’évolution de la société, sans lui faire subir d’outrages inutiles».
Philippe Renard, «Ca va mieux en le disant», Télérama, n°2939, 10 mai.

    • Demanderesse


vers 1460 :
«Demanderesse (adjectif ou substantif) : qui intente une action en justice pour réclamer ses droits ; voir l’antonyme « deffenderesse ».»
Dans l’arrrêt III et ensuite dans de nombreux arrêts de l’ouvrage de Martial d’Auvergne, Les Cinquante et ung arrest damours, Paris, ca 1500 ; le texte est écrit ca 1460 et publié de manière très fréquente tout au long du XVIe siècle.
  • Dépositairesse

1675-1676 : «S’il faut dire, en parlant d’une femme, poëte ou poëtesse; philosophe ou philosophesse; propriétaire, ou propriétairesse; dépositaire, ou dépositairesse: (…) Il faut dire au féminin, propriétaire et dépositaire, et non pas propriétairesse et dépositairesse
Gilles Ménage, Observations sur la langue française (1675-1676), Slatkine reprints, genève, 1972, t.II, chap. LXXXXVI, p.419-420
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  • Députée

1722 :«Après cette élection, il faudra procéder à celle de la MèreDéputée, en la même forme (…) il faudra que pendant que les autres écrivent, une Mère, nommée par les malades, aille avec laDéputéeprendre les billets».
Jeanne de Lestonac,Règles et constitutions des religieuses de Nostre-Dame, Bordeaux, chez J. de la Court.
1794 :« Elle se regardait comme leur Mère, comme la Députée de la province, pour avoir soin de ses Enfans, dans le gouffre de vices et de fange, qu’on avait si bien nommé Lutèce
».
Restif de La Bretonne, Les Provinciales ou Histoires des filles et des femmes de province de France, Paris, J.B. Garnery.

    • Déviderresse


1660 : Archives de l’Hôtel-Dieu de Lyon, F 54, registre d’entrées des malades civils, décembre 1660, entrée de Marie Ravinat, 25 ans, servante de déviderresse
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    • Devineresse, Devineuse


17e siècle :

«Perdait-on un chiffon, avait-on un amant,
Un mari vivant trop au gré de son épouse,
Une mère fâcheuse, une femme jalouse,
Chez la devineuse on courait
Pour se faire annoncer ce que l’on désirait
La Fontaine, Fables, «La Devineresse».

1852-56 : «En 1801, c’est-à-dire à l’âge de treize ans, Byron suivit sa mère à Cheltenham. (…) Dans une course que Byron faisait avec sa mère, on parla à celle-ci d’une sorcière fort renommée parmi les gens du pays. Alors, l’envie prit à lady Byron de la consulter ; elle fit cacher le jeune homme, et se présenta à la devineresse comme fille, et non comme femme.»

Alexandre Dumas, Mes Mémoires, t. 1, Paris, éd. Claude Scopp, Robert Laffon, 1989, p. 711.

Distillatrice


1836:
«Enfin mademoiselle sacrifia trois bouteilles des fameuses liqueurs de madame Amphoux, la plus illustre des distillatrices d’outre-mer, nom cher aux amateurs.»
Balzac, La Comédie Humaine,Paris, Gallimard, La Pleiade, t. IV,La Vieille Fille,p.897.

    • Docteuse, Doctrice


1781:
«
Aujourd’hui les femmes mariées portent le nom de leurs maris (…). La femme suit la condition de son mari, tant pour la qualité que pour le rang et les honneurs et privilèges ; c’est ce que la loi 21 au code de donat. inter vir. et ux. exprime par ces mots : uxor radiis maritalibus coruscat (Pandectes de Justinien, VIe s.). Celle qui étant roturière épouse un noble, participe au titre et aux privilèges de noblesse (…). Les titres de dignité du mari se communiquent à la femme : on appelle duchesse, marquise, comtesse, la femme d’un duc, d’un marquis, d’un comte. Cependant, on ne saurait approuver la communication à la femme des titres du mari qui sont attachés à une qualité acquise par le travail du mari, et qui manque entièrement à la femme ; ainsi, rien de plus singulier que d’entendre nommer madame la chancelière, madame la maréchale, madame la juge, madame la professeuse, madame la docteuse. Un mari peut bien faire en sorte que sa femme participe au titre de comtesse, de princesse, de reine, etc. mais il ne la fera jamais ni maréchale, ni chancelière, ni juge, ni professeuse, ni docteuse, etc

Dictionnaire universel des sciences morales, économique, politique et diplomatique, ou Bibliothèque de l’homme d’État et du citoyen, mis en ordre et publié par M. Robinet, censeur royal,Londres, libraires associés, p.22-23.
1815: «C’est là (à l’Institut de Bologne) que Marie Dalle Donne fut proclamée, en 1800, doctrice en philosophie et en médecine, après avoir soutenu de la manière la plus distinguée une thèse latine d’anatomie et de physiologie.»

Mercure de France, février 1815, p.277.

  • Doyenne

1724 : Précis du procez d’entre les dames abbesse, doyenne, chanoinesses et chapitre de l’insigne église collégiale et séculière de Saint-Pierre de Remiremont… ; contre les maire habitans et communautez de de Crévy, Sommervillé et Flainval, comme prenans le fait et cause en défense de leurs cohabitans…, monsieur Fériet, conseiller d’Etat et en la Cour, la dame marquise de Bassompierre, et le sieur Malclerc…, en qualité de seigneurs voüez esdits lieux…
S. l., J.-B. Cusson.
1725 : Supplique des doyens, échevins, promoteurs, et curés des doyennés de Remiremont, Jorcey, Poursas, Châtenoy, Saint-Oint, Vitel et Epinal… ; contre les dames abbesse, doyenne, chanoinesses et chapitre de l’insigne église collégiale séculière de Saint-Pierre de Remiremont…
Nancy, P. Antoine.