

Tisser du lien : femmes à la mode au siècle des Lumières
Le Musée Cognacq-Jay et le Groupement d’Intérêt Scientifique sur les sociabilités dans le long XVIIIe siècle (1650-1850) organisent un cycle de rencontres thématiques en lien avec l’exposition “Révéler le féminin. Mode et Apparences au XVIIIe siècle”
1) Jeudi 23 avril 2026 :
Catherine LANOË (Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines) – « Entre les mains de femmes. Les multiples trajectoires de l’éventail au XVIIIe siècle »
Introduit à la cour de France par Catherine de Médicis, l’éventail est au XVIIe siècle un accessoire indispensable à la parure des femmes et devient progressivement le support d’un langage codifié. À l’époque des Lumières, il gagne les milieux populaires et se charge éventuellement d’un message politique aux premières heures de la Révolution. En amont de ces usages, les conditions de sa production artisanale sont encore mal connues, tout comme les mains de celles qui ont œuvré à sa fabrique n’ont pas été identifiées. Ainsi, en se fondant sur l’exploitation de sources variées, cette conférence lèvera le voile sur toutes les mains féminines entre lesquelles se construisent les multiples trajectoires de l’éventail au XVIIIe siècle.
Catherine Lanoë est professeure d’histoire moderne à l’université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, rattachée au laboratoire Dypac. Elle est spécialiste de l’histoire du corps, de l’histoire de la culture matérielle des parures et de l’histoire des techniques artisanales dans la France moderne. Elle publié plusieurs ouvrages collectifs ou personnels, parmi lesquels en 2008, La Poudre et le fard. Une histoire des cosmétiques de la Renaissance aux Lumières, Champ Vallon ; en 2021, le dossier n°34 de la Revue Parlement[s] « Revêtir des idées. Habits, parures et politique en France, XVIe-XXIe siècle » ; en 2024, Les Ateliers de la parure. Savoirs et pratiques des artisans en France, XVIIe-XVIIIe siècle, Champ Vallon.
En présentiel – Gratuit, sur inscription.
Cliquez sur ce formulaire en ligne : INSCRIPTION OBLIGATOIRE
A distance – Lien Zoom : https://us02web.zoom.us/j/82274359899?pwd=qOgWb5x22AmMSSKRlePIbBzvR4TtDC.1
2) Jeudi 28 mai 2026 :
Aurélia GAILLARD (Université Bordeaux Montaigne): « Identifier les couleurs de la mode au XVIIIe siècle »
Naissance de la mode et explosion des couleurs, textiles notamment, vont de pair au 18e siècle : favorisée par la nouvelle économie mondialisée et coloniale, et par les perfectionnements de la teinturerie, la mode est aux couleurs et celles-ci sont les indices d’une nouvelle sociabilité et d’un nouveau rapport au corps. Les couleurs des vêtements et des accessoires, le multicolore ou certaines couleurs (le rose, les tons clairs) s’érigent même en emblème d’une société nouvelle, et deviennent pour certains (La Font de Saint-Yenne, Caraccioli) le signe de sa décomposition sociale et morale. Du « couleur de rose » du premier 18e siècle aux années puce du dernier, un lexique nouveau accompagne cet essor : la mode en couleurs est aussi celle des mots de couleurs qui la nomment mais aussi l’inventent, l’imaginent, par le biais d’anecdotes sur l’origine des termes (le prune de Monsieur, le puce, l’opéra brûlé, le « couleur des cheveux de la reine ») ou de fictions merveilleuses qui mettent en scène des fêtes ou même des concours de mode. À travers les images et les textes, parfois combinés comme dans le nouveau medium qu’est le magazine de modes à partir des années 1770-1780, il s’agit d’enquêter sur la nouvelle sociabilité induite par les couleurs à la fois portées et nommées en s’interrogeant en particulier sur la distinction genrée de certaines couleurs : y-a-t-il des couleurs, des nuances, des combinaisons de couleurs spécifiquement féminines ? Que traduisent-elles alors ? Comment la sensation chromatique véhiculée par la mode rend-elle compte d’un nouveau rapport au corps féminin ?
Aurélia Gaillard est Professeur émérite de littérature française du 18e siècle à l’université Bordeaux Montaigne et membre senior honoraire de l’Institut Universitaire de France (IUF). Elle s’intéresse au croisement entre la littérature et les arts, aux contes et fables, à l’œuvre de Diderot et de Montesquieu. Directrice de la revue Féeries (https://journals.openedition.org/feeries/), elle a récemment publié L’invention de la couleur par les Lumières (Paris, Belles-Lettres, 2024) et dirigé, en collaboration avec Catherine Volpilhac-Auger, l’édition de Montesquieu, L’Esprit des lois. Lettres persanes. Textes politiques, fictions (Paris, Bouquins, 2025).
En présentiel – Gratuit, sur inscription.
Cliquez sur ce formulaire en ligne : INSCRIPTION OBLIGATOIRE
A distance – Lien Zoom : https://us02web.zoom.us/j/84902406291?pwd=gOWaI5buP5c6O44t0bNi1Nbn2JT4j9.1
3) Jeudi 18 juin 2026 :
Serena DYER (De Montfort University, UK) – Associate Professor of Fashion History : titre à venir. Conférence en anglais
Informations pratiques :
Conférences de 17h30 à 19h, dans le comble du musée Cognacq-Jay, 8, rue Elzévir 75003 Paris
Entrée libre sur réservation (liens à venir). Un lien Zoom sera accessible sur le site du GIS et du musée quelques jours avant chaque conférence pour assister à la conférence à distance.
Contact : gis.sociabilites@gmail.com
Organisation : Valérie Capdeville (Université Rennes 2) / Vanessa Alayrac-Fielding (Université de Lille)
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