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Les dames de fer, des Lumières à la Grande-Guerre en Europe (1715-1918)

4 novembre 2026, Université Paris-Est Créteil (UPEC)

Cette journée d’étude explore la place des femmes dans l’histoire de la médaille et de la numismatique en Europe, du XVIIIe siècle à la Première Guerre mondiale. Elle vise à mettre en lumière leur rôle comme collectionneuses, érudites, conservatrices, artistes ou figures représentées sur les monnaies et les médailles, tout en interrogeant les enjeux de genre, de pouvoir, de mémoire et de transmission des savoirs. À la croisée de l’histoire, de l’histoire de l’art et des études de genre, l’événement entend renouveler les approches de l’univers médaillistique à travers une perspective féminine.

Argumentaire

À l’heure où l’histoire des femmes renouvelle profondément les approches de l’histoire, de l’histoire de l’art, des collections et des pratiques savantes, cette journée d’étude souhaite interroger la place des femmes dans le monde de la médaille et de la numismatique en Europe, des Lumières à la Grande-Guerre. Longtemps envisagé comme un domaine essentiellement masculin – celui des érudits, antiquaires, collectionneurs et conservateurs – l’univers médaillistique apparaît pourtant traversé par des présences féminines multiples qu’il convient aujourd’hui de mettre en lumière.

Collectionneuses de monnaies et de médailles telles que Catherine II de Russie (1729-1796) ou la duchesse de Berry (1798-1870), héritières et détentrices de cabinets numismatiques, épouses, correspondantes ou collaboratrices de collectionneurs et de savants à l’image de Marthe-Marguerite de Caylus (1671-1729) ou de Sophie de Condorcet (1764-1822), les femmes participent pleinement à la constitution, à la transmission et à la diffusion des savoirs numismatiques. Certaines jouent un rôle actif dans les réseaux de sociabilité érudite qui se développent aux XVIIIe et XIXe siècles ; d’autres, comme Elvira Eliza Clain-Stefanelli (1914-2001), prennent la tête d’institutions patrimoniales, de bibliothèques ou de cabinets de médailles, contribuant à la conservation et à la valorisation de ces collections. À travers leurs pratiques, leurs écrits, leurs correspondances ou leurs engagements institutionnels, elles participent à une histoire culturelle encore largement à étudier.

Certaines participent directement à la création de monnaies et de médailles comme graveuses, sculptrices ou médailleuses. Malgré les obstacles institutionnels et académiques qui limitaient leur accès aux arts du métal et de la gravure, plusieurs artistes femmes parvinrent à s’imposer dans le champ médaillistique entre le XVIIIe et le début du XXe siècle, à l’image de Élisa Beetz-Charpentier (1859-1949) ou de Geneviève Granger (1877-1967). Portraits officiels, médailles commémoratives et récompenses institutionnelles témoignent ainsi de leur contribution à la culture visuelle et politique de leur temps, tout en invitant à repenser la place des femmes dans l’histoire de la médaille et des arts décoratifs.

La médaille constitue également un support privilégié de représentation du féminin. Figures allégoriques, souveraines, mécènes, héroïnes nationales, saintes, épouses ou mères exemplaires peuplent les productions médaillistiques des XVIIIe et XIXe siècles. Marie, Jeanne d’Arc, Marie-Antoinette, la reine Victoria ou encore Charlotte Corday incarnent ainsi des usages politiques, mémoriels et symboliques du féminin à travers l’objet médaille. À travers ces effigies se dessinent des modèles de vertu, des constructions politiques du pouvoir féminin, mais aussi des représentations genrées du corps et des rôles sociaux. A l’inverse, des productions métalliques satiriques voient le jour en 1848 lorsque quelques femmes prennent la parole pour demander le rétablissement du divorce et le droit de vote. De la médaille d’Ancien Régime en passant par les productions révolutionnaires et impériales, les images féminines offrent ainsi un observatoire privilégié des imaginaires sociaux et politiques.

Cette journée d’étude entend donc croiser histoire, histoire de l’art, histoire des institutions, histoire des collections, histoire du genre, ainsi que l’histoire des représentations et des sensibilités afin de mieux comprendre les multiples relations que les femmes entretiennent avec l’objet monétaire et médaillistique, entre le XVIIIe siècle et la Première Guerre mondiale. Plusieurs problématiques pourront ainsi être explorées : de quelles manières les femmes participent-elles à la production, à la circulation et à la légitimation des savoirs médaillistiques ? Dans quelle mesure les représentations féminines sur les monnaies et les médailles contribuent-elles à construire des modèles politiques, sociaux ou moraux du féminin ? Enfin, comment les pratiques artistiques des médailleuses et graveuses permettent-elles de repenser les hiérarchies de genre dans les arts décoratifs et les institutions savantes ? Dans quelle mesure les représentations féminines sur les monnaies et les médailles contribuent-elles à construire des modèles politiques, sociaux ou moraux du féminin ? Enfin, comment les pratiques artistiques des médailleuses et graveuses permettent-elles de repenser les hiérarchies de genre dans les arts décoratifs et les institutions savantes ?

Les propositions de communication pourront s’inscrire dans les axes suivants sans exhaustivité :

  • Femmes collectionneuses de monnaies et de médailles,
  • Épouses, héritières et collaboratrices de numismates et d’érudits,
  • Sociabilités savantes et réseaux féminins autour de la numismatique,
  • Femmes conservatrices, bibliothécaires et responsables d’institutions médaillistiques,
  • Représentations des femmes dans les monnaies et les médailles,
  • Iconographie, allégorie et construction des figures féminines,
  • Femmes artistes, graveuses et médailleuses,
  • Circulation, transmission et patrimonialisation des collections féminines,
  • Genre, pouvoir et mémoire dans la médaille commémorative.

Les communications pourront relever de différentes disciplines : histoire, histoire de l’art, histoire des collections, numismatique, littérature, études de genre, anthropologie culturelle ou histoire des institutions patrimoniales.

Modalités de candidature
Les propositions de communication devront nous parvenir jusqu’au 15 septembre 2026 sous forme d’un abstract composé d’un titre, d’un résumé (400 mots max.) et d’une courte biographie aux adresses suivantes : m.a.quignodon@gmail.com et charlotte_rousset@hotmail.com

Comité d’organisation
Marc-Antoine Quignodon (UPEC) ;
Charlotte Rousset (Université de Lille).

Lieux : Salle L3-218 – Université Paris-Est Créteil 61 Av. du Général de Gaulle
Créteil, France (94)

Mots-clés : Numismatique, histoire des femmes, genre, médaille, histoire de l’art, collection, patrimoine, représentation féminine, femme artiste, sociabilité savante

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