Marie Anne Suzanne de Rathsammhausen : Différence entre versions

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Marie- Anne-Suzanne de Rathsammhausen naît le 31 mai 1771, à Grussenheim, à la frontière actuelle des départements des Haut et Bas-Rhin, du second mariage de Léopold de Rathsamhausen et de Frédérique-Suzanne-Françoise de Maltzen. En 1789, sa mère meurt. Elle s’occupe de son père malade et de sa sœur cadette. À la mort de celle-ci, elle est accueillie plusieurs mois au château de Sierentz, près de Colmar par sa tante Caroline-Charlotte de Maltzen, mais elle retourne auprès de son père infirme qu’elle soigne jusqu’à sa mort en novembre 1795. Entretemps, elle réclame aux administrateurs du directoire du district de Benfeld ses biens séquestrés. En 1796, elle refuse d’être recueillie par le prince de Wurtemberg, son oncle, et elle se partage entre la famille de Berckheim et celle de Pfeffel. Surnommée à la fois dans le [[cercle de Schoppenwihr]]  «Annette» et «Immortelle», elle met en pratique la devise  «Unis pour devenir meilleurs». Elle prend goût aux chefs-d'œuvre de Schiller et de Goethe en discutant avec Pfeffel, le poète aveugle surnommé «Bélisaire», qui l’initie à la philosophie de Kant. C'est dans l'entourage de ce pédagogue qu'elle rencontre Joseph-Marie de Gérando. En 1796, elle revoit chez les Dietrich cet émigré qui a participé à l’insurrection lyonnaise. En novembre 1797, elle compte Scipion Perier, fils du propriétaire du château de Vizille, au nombre de ses amis. Un mois plus tard, elle se fiance à Gérando. En février 1798, consciente des dangers que peut courir Pfeffel en recevant certains documents, elle le signale à Camille Jordan et à Gérando, respectivement surnommés «Oreste» et «Pylade» dans leur cercle. En octobre 1798, elle règle stratégiquement les modalités de ses retrouvailles avec Gérando qui, avec un passeport suisse, passe par Kehl. Elle est la copiste avec une des demoiselles de Berckheim et de [[Frédérique Pfeffel]] des pages que Gérando, simple soldat au 6e régiment à cheval en garnison à Colmar, rédige pour participer à un concours de l'Institut de France, dont il remporte le premier prix sur le sujet suivant : ''De l'influence des signes sur la génération des idées''. Le mariage est contracté le 31 décembre 1798 à Riquewihr. En 1799, elle est initiée à la grammaire générale par Gérando. Durant l’été 1800, elle est locataire du château de Saint-Ouen, propriété de Necker, où elle reçoit Jordan, Augustin Perier et Mathieu de Montmorency. En septembre 1800, elle devient la 9e sociétaire de la Société de la Dui et  participe aux réunions dans le château de Vizille, réactualisant la devise de Schoppenwihr. En 1802, elle perd sa fille aînée Fanny, âgée de 16 mois, et devient mère de Gustave en 1803. Elle entretient alors des rapports amicaux avec mesdames Récamier et [[Anne-Louise Germaine Necker|de Staël]] et le groupe de Coppet. En 1804, elle tient salon en raison de la nouvelle position de Gérando, secrétaire général du ministre de l’Intérieur. En 1805, elle séjourne chez Juliette Récamier à Clichy, [[Anne-Louise Germaine Necker|Germaine de Staël]] étant exilée. En 1806, elle pratique la bienfaisance avec Mme Récamier, intervenant en faveur d’un établissement de jeunes filles dans sa maison de la paroisse de St Sulpice. En 1808, elle est présentée à la cour, Gérando étant maître des requêtes. En 1809, elle accompagne à Rome son mari devenu membre de la Consulte à Rome. En 1812, elle informe Octavie de Stein de la faveur impériale nouvelle, Gérando étant promu intendant général de la Haute-Catalogne. Elle devient l’amie du général Lamarque qui y commande l’armée française. En 1815, elle voit régulièrement Benjamin Constant et se fait la messagère de Mme de Krüdener auprès de Mme de Staël. Elle intervient avec Mme Récamier pour sauver le général Lamarque pendant la Terreur blanche. Le 16 juillet 1824, à Thiais, elle meurt d’un cancer du sein.
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Marie- Anne-Suzanne de Rathsammhausen naît le 31 mai 1771, à Grussenheim, à la frontière actuelle des départements des Haut et Bas-Rhin, du second mariage de Léopold de Rathsamhausen et de Frédérique-Suzanne-Françoise de Maltzen. En 1789, sa mère meurt. Elle s’occupe de son père malade et de sa sœur cadette. À la mort de celle-ci, elle est accueillie plusieurs mois au château de Sierentz, près de Colmar par sa tante Caroline-Charlotte de Maltzen, mais elle retourne auprès de son père infirme qu’elle soigne jusqu’à sa mort en novembre 1795. Entretemps, elle réclame aux administrateurs du directoire du district de Benfeld ses biens séquestrés. En 1796, elle refuse d’être recueillie par le prince de Wurtemberg, son oncle, et elle se partage entre la famille de Berckheim et celle de Pfeffel. Surnommée à la fois dans le [[cercle de Schoppenwihr]]  «Annette» et «Immortelle», elle met en pratique la devise  «Unis pour devenir meilleurs». Elle prend goût aux chefs-d'œuvre de Schiller et de Goethe en discutant avec Pfeffel, le poète aveugle surnommé «Bélisaire», qui l’initie à la philosophie de Kant. C'est dans l'entourage de ce pédagogue qu'elle rencontre Joseph-Marie de Gérando. En 1796, elle revoit chez les Dietrich cet émigré qui a participé à l’insurrection lyonnaise. En novembre 1797, elle compte Scipion Perier, fils du propriétaire du château de Vizille, au nombre de ses amis. Un mois plus tard, elle se fiance à Gérando. En février 1798, consciente des dangers que peut courir Pfeffel en recevant certains documents, elle le signale à Camille Jordan et à Gérando, respectivement surnommés «Oreste» et «Pylade» dans leur cercle. En octobre 1798, elle règle stratégiquement les modalités de ses retrouvailles avec Gérando qui, avec un passeport suisse, passe par Kehl. Elle est la copiste, avec [[Françoise de Berckheim|Fanny]], une des demoiselles de Berckheim et [[Frédérique Pfeffel]], des pages que Gérando, simple soldat au 6e régiment à cheval en garnison à Colmar, rédige pour participer à un concours de l'Institut de France, dont il remporte le premier prix sur le sujet suivant : ''De l'influence des signes sur la génération des idées''. Le mariage est contracté le 31 décembre 1798 à Riquewihr. En 1799, elle est initiée à la grammaire générale par Gérando. Durant l’été 1800, elle est locataire du château de Saint-Ouen, propriété de Necker, où elle reçoit Jordan, Augustin Perier et Mathieu de Montmorency. En septembre 1800, elle devient la 9e sociétaire de la Société de la Dui et  participe aux réunions dans le château de Vizille, réactualisant la devise de Schoppenwihr. En 1802, elle perd sa fille aînée Fanny, âgée de 16 mois, et devient mère de Gustave en 1803. Elle entretient alors des rapports amicaux avec mesdames Récamier et [[Anne-Louise Germaine Necker|de Staël]] et le groupe de Coppet. En 1804, elle tient salon en raison de la nouvelle position de Gérando, secrétaire général du ministre de l’Intérieur. En 1805, elle séjourne chez Juliette Récamier à Clichy, [[Anne-Louise Germaine Necker|Germaine de Staël]] étant exilée. En 1806, elle pratique la bienfaisance avec Mme Récamier, intervenant en faveur d’un établissement de jeunes filles dans sa maison de la paroisse de St-Sulpice. En 1808, elle est présentée à la cour, Gérando étant maître des requêtes. En 1809, elle accompagne à Rome son mari devenu membre de la Consulte à Rome. En 1812, elle informe Octavie de Stein de la faveur impériale nouvelle, Gérando étant promu intendant général de la Haute-Catalogne. Elle devient l’amie du général Lamarque qui y commande l’armée française. En 1815, elle voit régulièrement Benjamin Constant et se fait la messagère de Mme de Krüdener auprès de Mme de Staël. Elle intervient avec Mme Récamier pour sauver le général Lamarque pendant la Terreur blanche. Le 16 juillet 1824, à Thiais, elle meurt d’un cancer du sein.<br/>
 
Sa correspondance, présentée sous la forme de morceaux choisis, a été éditée à la fin du XIXe siècle par son fils Gustave qui, symboliquement, distingue la période avant et après le mariage. Ce recueil des « belles pages d'une âme bien née», vise à rehausser la figure maternelle. La recherche contemporaine n'est pas prisonnière de l’hagiographie fondatrice, mais a tendance à ne considérer que les plus illustres relations d'Annette. Or, son activité de diariste et d’épistolière ne conduit pas uniquement à une meilleure connaissance des femmes de lettres célèbres. Considérée comme une de leurs pairs, elle est digne d’une attention scientifique renouvelée.  
 
Sa correspondance, présentée sous la forme de morceaux choisis, a été éditée à la fin du XIXe siècle par son fils Gustave qui, symboliquement, distingue la période avant et après le mariage. Ce recueil des « belles pages d'une âme bien née», vise à rehausser la figure maternelle. La recherche contemporaine n'est pas prisonnière de l’hagiographie fondatrice, mais a tendance à ne considérer que les plus illustres relations d'Annette. Or, son activité de diariste et d’épistolière ne conduit pas uniquement à une meilleure connaissance des femmes de lettres célèbres. Considérée comme une de leurs pairs, elle est digne d’une attention scientifique renouvelée.  
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==Oeuvres==
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* 1800-1804 : ''Lettres de la baronne de Gérando, née de Rathsamhausen, suivies de fragments d'un journal écrit par elle de 1800 à 1804'', éd. Gustave de Gérando, Paris, 2e éd., Didier et Compagnie, 1880.
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==Principales sources==
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* Gérando, Joseph de, « Mirtyle et Daphné, idylle, hommage offert à l’amitié », dans Théodore Schoell, « Pfeffel et le Baron de Gérando », ''Revue d'Alsac''e, 10, 1896, p. 67-70.
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* ''Lettres inédites et souvenirs biographiques de Mme de Récamier et de Mme de Staël'', éd. Gustave de Gérando, Paris, Jules Renouard, 1868.
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* Pfeffel, Gottlieb Conrad, « Ein Winterblümchen », dans ''Annettens Brautkranz'', poème en allemand, imprimé sur deux pages, 25 vers, décembre 1798.
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* ''Souvenirs de Madame Récamier, les amis de sa jeunesse et sa correspondance intime'', éd. Amélie Lenormant, Paris, Michel Lévy frères, 1872.
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==Choix bibliographique==
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* Hann, Jean-Claude, et al., (dir), ''Nouveau Dictionnaire de biographie alsacienne'' n°30, Pi à Reic, Strasbourg, Fédération d'histoire et d'archéologie d'Alsace, 1997, p. 1148-1149.
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* Hennequin-Lecomte, Laure, « Mes devoirs envers Dieu et envers vous : la spiritualité prénuptiale d’Annette de Rathsamhausen et de Joseph de Gérando en plein cœur de la Révolution, dans ''Amour divin, amour mondain dans les écrits du for privé de la fin du Moyen Âge à 1914'', dir. Maurice Daumas, Pau, Cairn, 2011, p. 163-179.
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* Hennequin-Lecomte, Laure, ''Le Patriciat strasbourgeois (1789-1830), Destins croisés et voix intimes'', Strasbourg, Presses Universitaires de Strasbourg, 2011.
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* Hennequin-Lecomte Laure, « Mme de Staël et Joseph de Gérando de 1800 à 1811, entre ’’Scythie ’’ et ‘’fonctions publiques’’ », dans ''Cahiers staëliens'', n°62, 2012, partie « Varia », p.117-134.
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* Hennequin-Lecomte, Laure, « Veiller au feu sacré : les « régions de l’amitié », du cercle de Schoppenwir, de la société de la Dui au groupe de Coppet, au tournant de la période contemporaine », dans ''L’amitié dans les écrits du for privé et les correspondances de la fin du Moyen Âge à 1914'', dir. Maurice Daumas, Colloque international de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, mai 2013, Pau, éd. Cairn, à paraître en 2014.
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==Jugements==
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* « Je ne connais que deux femmes en France qui écrivent d'une manière supérieure, ma cousine de Germanie et Mme de Gérando.» (Mme de Staël, jugement donné lors d’une soirée à Lyon chez M. et Mme Lacène, beau-frère et belle-sœur de Camille Jordan Gérando, dans Gustave de Gérando éd., ''Lettres de la baronne de Gérando, née de Rathsamhausen, suivies de fragments d'un journal écrit par elle de 1800 à 1804'', , Paris, 2e éd., Didier et Compagnie, 1880, p. X).
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* «Vous êtes la femme à qui je voudrais ressembler. Il me semble que si j’avais toutes vos qualités, j’aurais bien de la peine à m’empêcher d’être vaine et ce serait déjà bien peu vous ressembler que de n’être pas modeste. » (Mme Récamier, lettre du 10 juillet 1810, dans ''Souvenirs de Madame Récamier, les amis de sa jeunesse et sa correspondance intime'', éd. A. Lenormant, Paris, Michel Lévy frères, 1872, p. 14).
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* «Souvenez-vous de l’absent ... qui a appris à vous aimer autant qu’il sut vous admirer, qui a trouvé en vous un charme et des grâces dont nulle autre femme ne lui offrit le modèle. » (lettre de Carl von Dalberg, prince-Primat de Francfort, 22 février 1808, dans G. de Gérando éd., ''Lettres de la baronne de Gérando'', ''op. cit.'', p. 219).
  
  
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Version actuelle en date du 19 décembre 2014 à 14:02

Marie Anne Suzanne de Rathsammhausen
Titre(s) baronne
Conjoint(s) Joseph-Marie de Gérando
Dénomination(s) Anne de Rathsammhausen, Anne de Rathsamhausen, Anne von Rathsammhausen, Annette, Immortelle, Immergrün
Biographie
Date de naissance 31 mai 1771
Date de décès 16 juillet 1824
Notice(s) dans dictionnaire(s) ancien(s)


Notice de Laure Hennequin-Lecomte, 2014

Marie- Anne-Suzanne de Rathsammhausen naît le 31 mai 1771, à Grussenheim, à la frontière actuelle des départements des Haut et Bas-Rhin, du second mariage de Léopold de Rathsamhausen et de Frédérique-Suzanne-Françoise de Maltzen. En 1789, sa mère meurt. Elle s’occupe de son père malade et de sa sœur cadette. À la mort de celle-ci, elle est accueillie plusieurs mois au château de Sierentz, près de Colmar par sa tante Caroline-Charlotte de Maltzen, mais elle retourne auprès de son père infirme qu’elle soigne jusqu’à sa mort en novembre 1795. Entretemps, elle réclame aux administrateurs du directoire du district de Benfeld ses biens séquestrés. En 1796, elle refuse d’être recueillie par le prince de Wurtemberg, son oncle, et elle se partage entre la famille de Berckheim et celle de Pfeffel. Surnommée à la fois dans le cercle de Schoppenwihr «Annette» et «Immortelle», elle met en pratique la devise «Unis pour devenir meilleurs». Elle prend goût aux chefs-d'œuvre de Schiller et de Goethe en discutant avec Pfeffel, le poète aveugle surnommé «Bélisaire», qui l’initie à la philosophie de Kant. C'est dans l'entourage de ce pédagogue qu'elle rencontre Joseph-Marie de Gérando. En 1796, elle revoit chez les Dietrich cet émigré qui a participé à l’insurrection lyonnaise. En novembre 1797, elle compte Scipion Perier, fils du propriétaire du château de Vizille, au nombre de ses amis. Un mois plus tard, elle se fiance à Gérando. En février 1798, consciente des dangers que peut courir Pfeffel en recevant certains documents, elle le signale à Camille Jordan et à Gérando, respectivement surnommés «Oreste» et «Pylade» dans leur cercle. En octobre 1798, elle règle stratégiquement les modalités de ses retrouvailles avec Gérando qui, avec un passeport suisse, passe par Kehl. Elle est la copiste, avec Fanny, une des demoiselles de Berckheim et Frédérique Pfeffel, des pages que Gérando, simple soldat au 6e régiment à cheval en garnison à Colmar, rédige pour participer à un concours de l'Institut de France, dont il remporte le premier prix sur le sujet suivant : De l'influence des signes sur la génération des idées. Le mariage est contracté le 31 décembre 1798 à Riquewihr. En 1799, elle est initiée à la grammaire générale par Gérando. Durant l’été 1800, elle est locataire du château de Saint-Ouen, propriété de Necker, où elle reçoit Jordan, Augustin Perier et Mathieu de Montmorency. En septembre 1800, elle devient la 9e sociétaire de la Société de la Dui et participe aux réunions dans le château de Vizille, réactualisant la devise de Schoppenwihr. En 1802, elle perd sa fille aînée Fanny, âgée de 16 mois, et devient mère de Gustave en 1803. Elle entretient alors des rapports amicaux avec mesdames Récamier et de Staël et le groupe de Coppet. En 1804, elle tient salon en raison de la nouvelle position de Gérando, secrétaire général du ministre de l’Intérieur. En 1805, elle séjourne chez Juliette Récamier à Clichy, Germaine de Staël étant exilée. En 1806, elle pratique la bienfaisance avec Mme Récamier, intervenant en faveur d’un établissement de jeunes filles dans sa maison de la paroisse de St-Sulpice. En 1808, elle est présentée à la cour, Gérando étant maître des requêtes. En 1809, elle accompagne à Rome son mari devenu membre de la Consulte à Rome. En 1812, elle informe Octavie de Stein de la faveur impériale nouvelle, Gérando étant promu intendant général de la Haute-Catalogne. Elle devient l’amie du général Lamarque qui y commande l’armée française. En 1815, elle voit régulièrement Benjamin Constant et se fait la messagère de Mme de Krüdener auprès de Mme de Staël. Elle intervient avec Mme Récamier pour sauver le général Lamarque pendant la Terreur blanche. Le 16 juillet 1824, à Thiais, elle meurt d’un cancer du sein.
Sa correspondance, présentée sous la forme de morceaux choisis, a été éditée à la fin du XIXe siècle par son fils Gustave qui, symboliquement, distingue la période avant et après le mariage. Ce recueil des « belles pages d'une âme bien née», vise à rehausser la figure maternelle. La recherche contemporaine n'est pas prisonnière de l’hagiographie fondatrice, mais a tendance à ne considérer que les plus illustres relations d'Annette. Or, son activité de diariste et d’épistolière ne conduit pas uniquement à une meilleure connaissance des femmes de lettres célèbres. Considérée comme une de leurs pairs, elle est digne d’une attention scientifique renouvelée.

Oeuvres

  • 1800-1804 : Lettres de la baronne de Gérando, née de Rathsamhausen, suivies de fragments d'un journal écrit par elle de 1800 à 1804, éd. Gustave de Gérando, Paris, 2e éd., Didier et Compagnie, 1880.

Principales sources

  • Gérando, Joseph de, « Mirtyle et Daphné, idylle, hommage offert à l’amitié », dans Théodore Schoell, « Pfeffel et le Baron de Gérando », Revue d'Alsace, 10, 1896, p. 67-70.
  • Lettres inédites et souvenirs biographiques de Mme de Récamier et de Mme de Staël, éd. Gustave de Gérando, Paris, Jules Renouard, 1868.
  • Pfeffel, Gottlieb Conrad, « Ein Winterblümchen », dans Annettens Brautkranz, poème en allemand, imprimé sur deux pages, 25 vers, décembre 1798.
  • Souvenirs de Madame Récamier, les amis de sa jeunesse et sa correspondance intime, éd. Amélie Lenormant, Paris, Michel Lévy frères, 1872.

Choix bibliographique

  • Hann, Jean-Claude, et al., (dir), Nouveau Dictionnaire de biographie alsacienne n°30, Pi à Reic, Strasbourg, Fédération d'histoire et d'archéologie d'Alsace, 1997, p. 1148-1149.
  • Hennequin-Lecomte, Laure, « Mes devoirs envers Dieu et envers vous : la spiritualité prénuptiale d’Annette de Rathsamhausen et de Joseph de Gérando en plein cœur de la Révolution, dans Amour divin, amour mondain dans les écrits du for privé de la fin du Moyen Âge à 1914, dir. Maurice Daumas, Pau, Cairn, 2011, p. 163-179.
  • Hennequin-Lecomte, Laure, Le Patriciat strasbourgeois (1789-1830), Destins croisés et voix intimes, Strasbourg, Presses Universitaires de Strasbourg, 2011.
  • Hennequin-Lecomte Laure, « Mme de Staël et Joseph de Gérando de 1800 à 1811, entre ’’Scythie ’’ et ‘’fonctions publiques’’ », dans Cahiers staëliens, n°62, 2012, partie « Varia », p.117-134.
  • Hennequin-Lecomte, Laure, « Veiller au feu sacré : les « régions de l’amitié », du cercle de Schoppenwir, de la société de la Dui au groupe de Coppet, au tournant de la période contemporaine », dans L’amitié dans les écrits du for privé et les correspondances de la fin du Moyen Âge à 1914, dir. Maurice Daumas, Colloque international de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, mai 2013, Pau, éd. Cairn, à paraître en 2014.

Jugements

  • « Je ne connais que deux femmes en France qui écrivent d'une manière supérieure, ma cousine de Germanie et Mme de Gérando.» (Mme de Staël, jugement donné lors d’une soirée à Lyon chez M. et Mme Lacène, beau-frère et belle-sœur de Camille Jordan Gérando, dans Gustave de Gérando éd., Lettres de la baronne de Gérando, née de Rathsamhausen, suivies de fragments d'un journal écrit par elle de 1800 à 1804, , Paris, 2e éd., Didier et Compagnie, 1880, p. X).
  • «Vous êtes la femme à qui je voudrais ressembler. Il me semble que si j’avais toutes vos qualités, j’aurais bien de la peine à m’empêcher d’être vaine et ce serait déjà bien peu vous ressembler que de n’être pas modeste. » (Mme Récamier, lettre du 10 juillet 1810, dans Souvenirs de Madame Récamier, les amis de sa jeunesse et sa correspondance intime, éd. A. Lenormant, Paris, Michel Lévy frères, 1872, p. 14).
  • «Souvenez-vous de l’absent ... qui a appris à vous aimer autant qu’il sut vous admirer, qui a trouvé en vous un charme et des grâces dont nulle autre femme ne lui offrit le modèle. » (lettre de Carl von Dalberg, prince-Primat de Francfort, 22 février 1808, dans G. de Gérando éd., Lettres de la baronne de Gérando, op. cit., p. 219).
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