{"id":9216,"date":"2021-07-20T17:33:37","date_gmt":"2021-07-20T16:33:37","guid":{"rendered":"http:\/\/siefar.org\/?p=9216"},"modified":"2021-07-20T17:33:37","modified_gmt":"2021-07-20T16:33:37","slug":"usages-de-leloge","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/siefar.org\/gb\/usages-de-leloge\/","title":{"rendered":"Usages de l\u2019\u00e9loge (XVIe-XVIIIe si\u00e8cle). Entre crise et renouvellement"},"content":{"rendered":"<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-ef964e1 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"ef964e1\" data-element_type=\"section\">\n<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n<div class=\"elementor-row\">\n<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-b102963\" data-id=\"b102963\" data-element_type=\"column\">\n<div class=\"elementor-column-wrap elementor-element-populated\">\n<div class=\"elementor-widget-wrap\">\n<div class=\"elementor-element elementor-element-8006cdd elementor-widget elementor-widget-theme-post-content\" data-id=\"8006cdd\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"theme-post-content.default\">\n<div class=\"elementor-widget-container\">\n<p>Colloque international organis\u00e9 par le CELLF 16-18, la facult\u00e9 des Lettres de Sorbonne Universit\u00e9 et l\u2019EA CLARE (CEREC) de l\u2019universit\u00e9 Bordeaux-Montaigne.<\/p>\n<p>Cet \u00e9v\u00e9nement aura lieu en Sorbonne les 2 et 3 juin 2022.<\/p>\n<p><strong>Les propositions de communications, de 500 mots maximum, sont \u00e0 envoyer \u00e0 Emmanuel Bury (<a href=\"mailto:Emmanuel.Bury@sorbonne-universite.fr\">Emmanuel.Bury@sorbonne-universite.fr<\/a>), Delphine Amstutz (<a href=\"mailto:Delphine.Amstutz@sorbonne-universite.fr\">Delphine.Amstutz@sorbonne-universite.fr<\/a>) et Fran\u00e7oise Poulet (<a href=\"mailto:francoise.poulet@u-bordeauxmontaigne.fr\">francoise.poulet@u-bordeauxmontaigne.fr<\/a>) avant le 31 juillet 2021.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/section>\n<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-89c3f9c elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"89c3f9c\" data-element_type=\"section\">\n<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n<div class=\"elementor-row\">\n<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-4aa8c8e\" data-id=\"4aa8c8e\" data-element_type=\"column\">\n<div class=\"elementor-column-wrap elementor-element-populated\">\n<div class=\"elementor-widget-wrap\">\n<div class=\"elementor-element elementor-element-ed18d07 deuxcolonnes elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"ed18d07\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n<div class=\"elementor-widget-container\">\n<div class=\"elementor-text-editor elementor-clearfix\">\n<p>L\u2019\u00e9loge a fait l\u2019objet de nombreux travaux de r\u00e9f\u00e9rence au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies. D\u2019un point de vue rh\u00e9torique, sa relation au genre \u00e9pidictique est d\u00e9sormais bien connue (Cassin 1991 ; Pernot 1993 ; Fumaroli 1999 et 2002 ; Declercq 1992 ; Lecompte 2016). L\u2019\u00e9loge, dont la virtualit\u00e9 paradoxale et l\u2019ambivalence herm\u00e9neutique ont \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9es par Barbara Cassin, est fr\u00e9quemment sollicit\u00e9 par la fiction litt\u00e9raire (Dandrey 1997) et la po\u00e9sie (G\u00e9netiot 2008), ou enr\u00f4l\u00e9 par les institutions civiles et le pouvoir politique dans les textes encomiastiques, les \u00e9pitres d\u00e9dicatoires, les c\u00e9r\u00e9monies acad\u00e9miques (Leiner 1965 ; Zoberman 1998 ; Cogitore et Goyet 2003).<br \/>N\u00e9anmoins, comme Anne R\u00e9gent-Susini l\u2019a r\u00e9cemment rappel\u00e9, l\u2019\u00e9loge ne doit pas \u00eatre con\u00e7u comme un discours sans efficace, cantonn\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9loquence d\u2019apparat. En tant qu\u2019acte de langage, sa dimension pragmatique en fait g\u00e9n\u00e9ralement, depuis l\u2019antiquit\u00e9, \u00ab un discours ayant pour fonction d\u2019amener l\u2019allocutaire \u00e0 avoir une id\u00e9e positive de l\u2019objet lou\u00e9 \u00bb (2018, \u00a711). \u00c0 ce titre, il ne fait pas seulement partie du genre \u00e9pidictique, mais peut s\u2019associer au conseil dans le d\u00e9lib\u00e9ratif, ou encore \u00eatre utilis\u00e9 comme lieu de l\u2019argumentation dans le judiciaire. Dans chacun de ces genres, l\u2019\u00e9loge, en s\u2019appuyant sur des valeurs axiologiques collectives, op\u00e8re, pour persuader l\u2019auditoire, une conversion du particulier au g\u00e9n\u00e9ral et du transitoire \u00e0 l\u2019immuable. \u00ab Liturgie \u00bb et \u00ab happening \u00bb, il conforte et invente des valeurs communes (Cassin 1991).<br \/>L\u2019entr\u00e9e du mot en langue, vers 1550, correspond \u00e0 la fois \u00e0 l\u2019apog\u00e9e du pan\u00e9gyrique et \u00e0 une crise de l\u2019\u00e9loge, qui ne fera que s\u2019accentuer au cours de l\u2019\u00e2ge classique (Fumaroli 2002). Cette crise frappe en premier lieu l\u2019\u00e9loge officiel, autrement dit l\u2019\u00e9loquence \u00e9pidictique d\u2019apparat. Contrainte sociale ou servitude professionnelle, l\u2019\u00e9loge risque de se transformer en monnaie d\u2019\u00e9change conventionnelle dont l\u2019\u00e9nonciateur se sert pour \u00ab vi[vre] aux d\u00e9pens de celui qui l\u2019\u00e9coute \u00bb. La louange, assimil\u00e9e \u00e0 la flatterie, est alors discr\u00e9dit\u00e9e pour son absence de sinc\u00e9rit\u00e9. Dans le\u00a0<em>Discours au roi<\/em>\u00a0qui ouvre le recueil des\u00a0<em>Satires<\/em>\u00a0en 1666, Boileau justifie son refus de louer en se d\u00e9clarant incapable de porter aux nues des mati\u00e8res indignes (Debailly 2003). Contrairement aux po\u00e8tes serviles et mercenaires qui consentent \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer des \u00ab dieux sans vertu \u00bb (v. 108), le po\u00e8te satirique \u00ab ne sai[t] point au ciel placer un ridicule, \/ D\u2019un nain faire un Atlas, ou d\u2019un l\u00e2che un Hercule \u00bb<br \/>(v. 105-106). Seul l\u2019\u00e9loge du souverain para\u00eet l\u00e9gitime au po\u00e8te qui refuse de flatter les Grands. Or, m\u00eame dans ce cas, les lieux et les figures rh\u00e9toriques qui lui conf\u00e8rent une\u00a0<em>elocutio<\/em>\u00a0st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e \u2013 l\u2019<em>amplificatio<\/em>, l\u2019hyperbole, l\u2019antonomase mythologique\u2026 \u2013 finissent par le rendre soup\u00e7onnable. \u00c0 moins que, emport\u00e9 par l\u2019emphase, l\u2019auteur du pan\u00e9gyrique ne bascule tout bonnement dans l\u2019impi\u00e9t\u00e9, comme en t\u00e9moigne cet exemple rapport\u00e9 par Mme de S\u00e9vign\u00e9 dans une lettre du 13 juin 1685 adress\u00e9e au chevalier de Grignan : \u00ab On nous mande [\u2026] que les minimes de votre Provence ont d\u00e9di\u00e9 une th\u00e8se au Roi o\u00f9 ils le comparent \u00e0 Dieu, mais d\u2019une mani\u00e8re o\u00f9 on voit clairement que Dieu n\u2019est que la copie. On l\u2019a montr\u00e9e \u00e0 M. de Meaux, qui l\u2019a montr\u00e9e au Roi disant que Sa Majest\u00e9 ne doit pas la souffrir. Il a \u00e9t\u00e9 de cet avis. On l\u2019a renvoy\u00e9e en Sorbonne pour juger ; elle a dit qu\u2019il la fallait supprimer. Trop est trop. Je n\u2019eusse jamais soup\u00e7onn\u00e9 des minimes d\u2019en venir \u00e0<br \/>cette extr\u00e9mit\u00e9. \u00bb<br \/>La crise de l\u2019\u00e9loge officiel ne manque pas de rejaillir sur la louange mondaine et le compliment, \u00ab lieu commun du bien dire \u00bb (Denis 1997). Alceste inclut dans une m\u00eame condamnation les \u00ab loueurs impertinents \u00bb et les \u00ab censeurs t\u00e9m\u00e9raires \u00bb (<em>Le Misanthrope<\/em>, I, 1, v. 690), s\u2019insurgeant ainsi contre une m\u00e9canisation des comportements mondains inconciliable selon lui avec la relation de confiance qui devrait sous-tendre les interactions sociales (voir Williams 2006 ; Origgi 2008).<\/p>\n<p>Alceste s\u2019en prend comme Boileau \u00e0 des\u00a0<em>verba<\/em>\u00a0louangeurs dispens\u00e9s sans mod\u00e9ration ni discernement, et qui perdent ainsi tout rapport avec les mati\u00e8res qui sont cens\u00e9es les nourrir : \u00ab Quel avantage a-t-on qu\u2019un homme vous caresse, \/ Vous jure amiti\u00e9, foi, z\u00e8le, estime, tendresse, \/ Et vous fasse de vous, un \u00e9loge \u00e9clatant, \/ Lorsqu\u2019au premier faquin il court en faire autant ? \u00bb (I, 1, v. 49-52). \u00c0 force de complaisance, la vis\u00e9e persuasive de l\u2019\u00e9loge se d\u00e9place, voire s\u2019efface : il ne s\u2019agit plus de souligner les qualit\u00e9s de l\u2019objet lou\u00e9 pour en faire \u00e9clater les valeurs admises par la communaut\u00e9 ; il s\u2019agit de transf\u00e9rer l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019\u00e9loge sur la personne m\u00eame du loueur, dans une invitation \u00e0 peine masqu\u00e9e \u00e0 admirer ses talents d\u2019orateur.<br \/>Dans les ann\u00e9es 1660, l\u2019augustinisme entreprend de d\u00e9mystifier les vertus apparentes : le souci de la gloire, min\u00e9 par l\u2019amour-propre, serait suscit\u00e9 en v\u00e9rit\u00e9 par une obscure\u00a0<em>laudis aviditas<\/em>\u00a0(<em>Cit\u00e9 de Dieu<\/em>, V, 13-14) : \u00ab On ne loue d\u2019ordinaire que pour \u00eatre lou\u00e9 \u00bb (La Rochefoucauld,\u00a0<em>Maximes<\/em>, 146).<br \/>Pierre Nicole, dans ses\u00a0<em>Essais de morale<\/em>, est sans doute celui qui s\u2019en prend de la mani\u00e8re la plus v\u00e9h\u00e9mente \u00e0 ce p\u00e9ch\u00e9 d\u2019orgueil, signe de la seconde nature corrompue de<br \/>\n l\u2019homme. Avec Arnauld, dans\u00a0<em>La Logique ou l\u2019art de penser<\/em>, il montre comment l\u2019\u00e9loge op\u00e8re un renversement de la hi\u00e9rarchie entre pens\u00e9e et langage : la sophistique \u00e9logieuse, qui consiste \u00e0 \u00e9lever un objet qui ne le m\u00e9rite pas, s\u00e8me le d\u00e9sordre en abolissant les fronti\u00e8res entre vice et vertu et en \u00ab d\u00e9trui[sant] toute la foi du langage \u00bb (III, 9). La Bruy\u00e8re esquisse quant \u00e0 lui une analyse sociologique de l\u2019\u00e9loge \u00e0 la cour :<br \/>\u00ab L\u2019on dit \u00e0 la cour du bien de quelqu\u2019un pour deux raisons : la premi\u00e8re, afin qu\u2019il apprenne que nous disons du bien de lui ; la seconde, afin qu\u2019il en dise de nous \u00bb (<em>Les Caract\u00e8res<\/em>, \u00ab De la cour \u00bb, 36). L\u2019\u00e9loge flatteur \u00e9change \u00ab paroles \u00bb contre \u00ab faveur \u00bb et se trouve ainsi, comme le d\u00e9montre Jean Starobinski (1989), \u00ab au point o\u00f9, dans le discours classique, se rencontrent la psychologie de l\u2019amour-propre et la critique des voies de la distribution du pouvoir et des richesses. \u00bb<br \/>Faut-il alors se passer de l\u2019\u00e9loge ? C\u2019est \u00e0 cette conclusion radicale que semble en venir le P. Rapin dans ses\u00a0<em>R\u00e9flexions sur l\u2019\u00e9loquence<\/em>(cit\u00e9 par Lecompte 2016, p. 25) : \u00ab [\u2026] mais comme il est difficile de bien louer, ou parce qu\u2019on trouve peu de choses louables, ou parce que la louange demande un grand art, de grands ornements, et bien de la d\u00e9licatesse, ce qui est fort rare, d\u00e8s qu\u2019on est sage et qu\u2019on a du sens, on doit en \u00e9viter l\u2019occasion : parce qu\u2019il est malais\u00e9 d\u2019y r\u00e9ussir. Nous n\u2019avons presque point de bons mod\u00e8les dans l\u2019antiquit\u00e9 de la mani\u00e8re dont il faut louer \u00bb.<br \/>Heureusement, loin de suivre cette recommandation, les auteurs de la\u00a0<em>Renaissance et de l\u2019\u00e2ge classique<\/em>\u00a0multiplient les usages renouvel\u00e9s de l\u2019\u00e9loge, \u00e0 la fois comme discours et comme genre. C\u2019est \u00e0 ces diverses exp\u00e9rimentations g\u00e9n\u00e9riques, rh\u00e9toriques, linguistiques et stylistiques que nous souhaitons consacrer notre colloque, en explorant les limites, les fronti\u00e8res et les usages de l\u2019\u00e9loge \u00e0 l\u2019\u00e9poque moderne.<\/p>\n<p>1)\u00a0<strong>\u00c9thique de l\u2019\u00e9loge<\/strong>\u00a0: dans un trait\u00e9 c\u00e9l\u00e8bre, Plutarque se demande \u00ab comment distinguer le flatteur d\u2019avec l\u2019ami \u00bb. La question de la franchise, du \u00ab courage de la v\u00e9rit\u00e9 \u00bb, de la\u00a0<em>parr\u00easia<\/em>\u00a0dans les genres historiques (Abiven &amp; Welfringer 2017) ou dans les trait\u00e9s de civilit\u00e9 (Guerrier 2017) \u00e0 l\u2019\u00e9poque moderne a r\u00e9cemment fait l\u2019objet de stimulantes publications. L\u2019\u00e9loge est-il indissociable de la flatterie ? Peut-il, sans s\u2019inverser en bl\u00e2me, devenir parole v\u00e9ritable, comme l\u2019esp\u00e8re Boileau (<em>\u00c9p\u00eetre<\/em>\u00a0IX, v. 23 et 43) ?<\/p>\n<p>2) Une des conditions de sinc\u00e9rit\u00e9 de l\u2019\u00e9loge ne serait-elle pas son\u00a0<strong>ouverture \u00e0 d\u2019autres genres litt\u00e9raires<\/strong>, comme la satire, la com\u00e9die ou le roman ? Les rodomontades du soldat-fanfaron d\u00e9mystifient ainsi sous l\u2019effet du ridicule les pan\u00e9gyriques guerriers, d\u2019autant plus que le loueur et le lou\u00e9 forment ici une seule et m\u00eame personne. Philippe Sellier invite \u00e0 lire\u00a0<em>La Princesse de Cl\u00e8ves<\/em>\u00a0comme une critique augustinienne de l\u2019amour-propre, \u00ab flatterie habile, cach\u00e9e, d\u00e9licate \u00bb de soi, et une \u00ab louange empoisonn\u00e9e \u00bb du paradis des Valois (<em>Port-Royal et la litt\u00e9rature<\/em>, II, 1999).<br \/>La po\u00e9sie lyrique s\u2019extasie devant l\u2019ordre du monde, dont elle propose l\u2019\u00e9loge (Hadot, 2004 ; G\u00e9netiot 2008). Le\u00a0<em>Po\u00e8me du Quinquina<\/em>\u00a0de La Fontaine m\u00eale par exemple didactisme et \u00e9pidictique. Au demeurant, la prose savante (sur les arts, par exemple) est elle aussi tributaire de la parole \u00e9logieuse, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019exalter une oeuvre (l\u2019<em>ekphrasis<\/em>peut \u00eatre une forme d\u2019\u00e9loge, comme chez Lucien ou Philostrate) ou un artiste (voir les\u00a0<em>Vies<\/em>\u00a0de peintres, le genre biographique \u00e9tant \u00e9troitement li\u00e9, comme l\u2019a montr\u00e9 L. Pernot, au genre \u00e9pidictique). Situ\u00e9 \u00ab au coeur de l\u2019articulation fondamentale entre rh\u00e9torique et litt\u00e9rature \u00bb (R\u00e9gent-Susini, 2018, \u00a71), l\u2019\u00e9loge soul\u00e8ve la question du r\u00f4le et du pouvoir du langage (Jouhaud 2000).<\/p>\n<p>3)\u00a0<strong>Politique de l\u2019\u00e9loge<\/strong>\u00a0: l\u2019\u00e9loge officiel poss\u00e8de une virtualit\u00e9 pol\u00e9mique qui emp\u00eache qu\u2019on ne le confonde avec la moderne propagande (Marin 1981 ; Jouhaud 1992 ; Merlin-Kajman 1992, 1994, 2003). La louange oblige son destinataire. Si ce dernier \u00e9choue \u00e0 la satisfaire, elle peut se retourner en bl\u00e2me ou en \u00e9loge paradoxal : \u00ab Si quelquefois pour un mortel. \/ Je tire une immortelle image, \/C\u2019est afin qu\u2019il se rende tel \/Qu\u2019il se voit peint en mon ouvrage \u00bb, \u00e9crit Th\u00e9ophile de Viau dans une ode adress\u00e9e \u00ab au prince d\u2019Orange \u00bb. L\u2019\u00e9loge sert ainsi un \u00ab civisme monarchique \u00bb (Cogitore &amp; Goyet 2003), il soude les valeurs d\u2019une communaut\u00e9, en m\u00eame temps qu\u2019il interroge, par ses virtualit\u00e9s polyphoniques et ses effets de sens cach\u00e9s, la solidit\u00e9 de cette coh\u00e9sion (Cassin 1991). Davantage, l\u2019\u00e9loge \u00e0 l\u2019\u00e9poque moderne constitue peut-\u00eatre l\u2019une des ressources insoup\u00e7onn\u00e9es de l\u2019utopie politique, comme le sugg\u00e8rent Francis Goyet et Isabelle Cogitore (2001) : l\u2019\u00e9loge royal, \u00ab c\u2019est de la politique r\u00eav\u00e9e, d\u2019un r\u00eave qui a toute l\u2019\u00e9nergie de l\u2019espoir \u00bb.<\/p>\n<p>4) Con\u00e7u pragmatiquement, l\u2019\u00e9loge devient ainsi un\u00a0<strong>discours incertain<\/strong>, et il n\u2019est pas s\u00fbr que l\u2019ironie soit exclusivement une condition de l\u2019\u00e9loge \u00ab post-moderne \u00bb (R\u00e9gent-Susini 2018, \u00a7 35). Les fronti\u00e8res entre l\u2019\u00e9loge, l\u2019\u00e9loge paradoxal, le diasyrme, l\u2019ast\u00e9isme, sont parfois difficiles \u00e0 tracer. Les ambigu\u00eft\u00e9s d\u2019\u00e9nonciation, de publication et de r\u00e9ception interrogent les conditions de lisibilit\u00e9 et d\u2019interpr\u00e9tation de certains \u00e9loges modernes, en leur temps comme aujourd\u2019hui : Mathieu de Morgues lit \u00e0 contresens le pan\u00e9gyrique que Guez de Balzac offre \u00e0 Louis XIII en 1631 (<em>Discours sur le livre de Balzac intitul\u00e9 le Prince<\/em>), tandis qu\u2019H\u00e9l\u00e8ne Merlin-Kajman ou Christian Jouhaud explorent les paradoxes sp\u00e9culaires des \u00e9loges de Richelieu.<\/p>\n<p>5) L\u2019\u00e9loge implique par cons\u00e9quent une\u00a0<strong>anthropologie<\/strong>\u00a0: suscit\u00e9 par un \u00e9lan d\u2019admiration, il est cens\u00e9 purger l\u2019individu ou la collectivit\u00e9 de passions d\u00e9l\u00e9t\u00e8res comme l\u2019envie. L\u2019admiration, est, selon Descartes, la premi\u00e8re des principales passions de l\u2019\u00e2me : elle \u00ab se trouve toujours, en effet, au commencement : avec [elle], quelque chose vient \u00e0 exister, un nouveau se r\u00e9v\u00e8le, un avenir s\u2019ouvre \u00bb (Edwards 2008, p. 58). L\u2019\u00e9tude de l\u2019\u00e9loge pourrait ainsi profiter de la lecture des trait\u00e9s des passions ou des recueils embl\u00e9matiques. Les rapports entre \u00e9loge et illustration pourront faire l\u2019objet d\u2019investigations particuli\u00e8res.<\/p>\n<p>6)\u00a0<strong>Stylistique et rh\u00e9torique de l\u2019\u00e9loge<\/strong>\u00a0: sur quel ton louer ? Et dans quel style ? D\u00e9conseillant les hyperboles et l\u2019amplification, le p\u00e8re Rapin rappelle que \u00ab l\u2019art v\u00e9ritable de louer est de dire des choses louables d\u2019un air simple, mais d\u00e9licat : et les louanges ne peuvent \u00eatre supportables, si elles ne sont fines et cach\u00e9es \u00bb (<em>R\u00e9flexions sur la po\u00e9tique<\/em>, II, 24). Mod\u00e9ration atticiste, raillerie badine, compliment fac\u00e9tieux ou ironique, nombreuses sont les strat\u00e9gies d\u2019\u00e9criture qui<br \/>permettent, dans la correspondance famili\u00e8re, et les lettres de compliments en particulier, de faire accepter l\u2019\u00e9loge comme un \u00e9nonc\u00e9 \u00e9thiquement recevable, de conserver les lieux de l\u2019\u00e9pidictique sans en assumer le caract\u00e8re conventionnel et potentiellement trompeur (Lignereux 2018). Ces strat\u00e9gies d\u2019\u00e9criture refl\u00e8tent celles qui sont d\u00e9ploy\u00e9es dans la conversation pour que l\u2019\u00e9loge reste per\u00e7u comme un \u00e9nonc\u00e9 civil, et non comme une parole flatteuse et insinc\u00e8re. La parole louangeuse recourt tout aussi fr\u00e9quemment ici \u00e0 l\u2019antiphrase, aux figures de l\u2019ironie et \u00e0 la pr\u00e9t\u00e9rition (le locuteur feignant de ne pas vouloir louer) pour<br \/>persuader l\u2019interlocuteur de sa sinc\u00e9rit\u00e9 et entretenir la confiance.<br \/>\n Elle peut aussi emprunter les voies du compliment en s\u2019inscrivant dans une interaction verbale qui construit l\u2019\u00e9loge progressivement, dans un \u00e9change entre le loueur et la personne lou\u00e9e au cours duquel les r\u00f4les s\u2019inversent, dans une logique, non pas mon\u00e9taire, mais fond\u00e9e sur le don et le contre-don (Denis 1999 ; Merlin-Kajman, 2005). Toute la question est alors de savoir ce que l\u2019art de plaire et la complaisance autorisent \u00e0 dire et \u00e0 faire (voir Mlle de Scud\u00e9ry, \u00ab De la diff\u00e9rence du flatteur et du complaisant \u00bb, dans\u00a0<em>Conversations sur divers sujets<\/em>, 1680).<\/p>\n<p>Telles sont quelques-unes des pistes qui pourront \u00eatre abord\u00e9es lors du colloque organis\u00e9 en Sorbonne les 2 et 3 juin 2022. Les propositions de communications, de 500 mots maximum, sont \u00e0 envoyer \u00e0 Emmanuel Bury (Emmanuel.Bury@sorbonne-universite.fr), Delphine Amstutz (Delphine.Amstutz@sorbonne-universite.fr) et Fran\u00e7oise Poulet (francoise.poulet@u-bordeauxmontaigne.fr) avant le 31 juillet 2021.<\/p>\n<p><strong>Bibliographie indicative<\/strong><\/p>\n<p>ABIVEN Karine &amp; WELFRINGER Arnaud (dir.), Courage de la v\u00e9rit\u00e9 et \u00e9critures de l\u2019histoire XVIe-XVIIIe si\u00e8cle, Litt\u00e9ratures classiques n\u00b0 94, 2018.<br \/>AMSTUTZ Delphine, \u00ab Le Tombeau de l\u2019Envie : les Fables d\u2019\u00c9sope phrygien de Jean Baudoin (1631-1649), dans Delphine Amstutz, Boris Donn\u00e9, Guillaume Peureux et Bernard Teyssandier (dir.), \u00ab Jusqu\u2019au sombre plaisir d\u2019un coeur m\u00e9lancolique \u00bb. \u00c9tudes de litt\u00e9rature fran\u00e7aise du XVIIe si\u00e8cle offertes \u00e0 Patrick<br \/>Dandrey, Paris, Hermann, 2018, p. 225-232.<br \/>BLANCO Mercedes, \u00ab Litt\u00e9rature aux temps des validos : quelques lieux de l\u2019\u00e9loge sur fond de satire \u00bb, XVIIe si\u00e8cle, n\u00b0 256, 2012\/3, p. 411-426.<br \/>BURKE Peter, Louis XIV. Les strat\u00e9gies de la gloire, Paris, Seuil, 1995.<br \/>BROTTIER B\u00e9atrice, \u00ab Je n\u2019estime pas moins tes lettres que ses armes \u00bb : la po\u00e9sie d\u2019\u00e9loge du premier XVIIe si\u00e8cle dans les recueils collectifs de Toussaint Du Bray, Paris, H. Champion, 2015.<br \/>BURY Emmanuel, Litt\u00e9rature et politesse. L\u2019invention de l\u2019honn\u00eate homme (1580-1750), Paris, PUF, \u00ab Perspectives litt\u00e9raires \u00bb, 1996.<br \/>CASSIN Barbara, \u00ab Consensus et cr\u00e9ation des valeurs. Qu\u2019est-ce qu\u2019un \u00e9loge ? \u00bb, dans Roger-Pol Droit (dir.), Les Grecs, les Romains et nous. L\u2019Antiquit\u00e9 est-elle moderne ?, Paris, Le Monde \u00c9ditions, 1991.<br \/>COGITORE Isabelle et GOYET Francis (dir.), Devenir roi. Essais sur la litt\u00e9rature adress\u00e9e au prince, Grenoble, UGA \u00c9ditions, 2001.<br \/>COGITORE Isabelle et GOYET Francis (dir.), L\u2019\u00c9loge du prince : de l\u2019Antiquit\u00e9 au temps des Lumi\u00e8res, Grenoble, ELLUG, 2003.<br \/>DANDREY, Patrick, L\u2019\u00c9loge paradoxal, de Gorgias \u00e0 Moli\u00e8re, Paris, Puf, 1997.<br \/>DEBAILLY Pascal, \u00ab L\u2019\u00e9loge du Prince dans la satire classique en vers aux XVIe et XVIIe si\u00e8cles \u00bb, dans I. Cogitore et Fr. Goyet, L\u2019\u00c9loge du prince : de l\u2019Antiquit\u00e9 au temps des Lumi\u00e8res, Grenoble, ELLUG, 2003, p. 261-280.<br \/>DECLERCQ Gilles, L\u2019Art d\u2019argumenter : structures rh\u00e9toriques et litt\u00e9raires, Paris, \u00c9ditions universitaires, 1992.<br \/>DENIS Delphine, \u00ab L\u2019\u00e9change complimenteur : un \u201clieu commun\u201d du bien-dire \u00bb, dans Actes du Colloque de Reims (novembre 1999), Franco-Italica, n\u00b015-16, 1999, p. 143-161.<br \/>\u2013 La Muse galante. Po\u00e9tique de la conversation dans l\u2019oeuvre de Madeleine de Scud\u00e9ry, Paris, H. Champion, 1997.<br \/>EDWARDS Micha\u00ebl, De l\u2019\u00e9merveillement, Paris, Fayard, 2008.<br \/>FUMAROLI Marc, L\u2019\u00c2ge de l\u2019\u00e9loquence : rh\u00e9torique et \u00ab res literaria \u00bb de la Renaissance au seuil de l\u2019\u00e9poque classique, Gen\u00e8ve, Droz, 2002.<br \/>FUMAROLI Marc (dir.), Histoire de la rh\u00e9torique dans l\u2019Europe moderne (1450-1950), Paris, Puf, 1999.<br \/>G\u00c9NETIOT Alain (dir.), L\u2019\u00c9loge lyrique, Nancy, Presses universitaires de Nancy, 2008.<br \/>GOYET Francis, Le Sublime du \u00ab lieu commun \u00bb. L\u2019invention rh\u00e9torique dans l\u2019Antiquit\u00e9 et la Renaissance (1515-1650), Paris, H. Champion, 1996.<br \/>GUERRIER, Olivier (dir.), Parr\u00easia et civilit\u00e9, Paris, Classiques Garnier, \u00e0 para\u00eetre.<br \/>HADOT, Pierre, Le Voile d\u2019Isis : essai sur l\u2019histoire de l\u2019id\u00e9e de nature, Paris, Gallimard, 2004.<br \/>JOUHAUD Christian, Les Pouvoirs de la litt\u00e9rature : histoire d\u2019un paradoxe, Paris, Gallimard, \u00ab NRF essais \u00bb, 2000.<br \/>JOUHAUD Christian et MERLIN-KAJMAN H\u00e9l\u00e8ne, \u00ab Aristippe ou les \u00e9quivoques de la publication \u00bb, dans Roger Duch\u00eane et Pierre Ronzeaud (dir.), Ordre et contestation au temps des classiques,<br \/>Paris-Seattle-Tu\u0308bingen, PFSCL, \u00ab Biblio 17 \u00bb, 1992, t. II, p. 155-178.<\/p>\n<p>KAPUST Daniel J., Flattery and the History of Political Thought, Cambridge, Cambridge University Press, 2018.<br \/>LECOMPTE J\u00e9r\u00f4me, \u00ab Pr\u00e9ludes \u00bb, dans Philippe Guisard et Christelle Laiz\u00e9 (dir.), \u00c9loge et bl\u00e2me.<br \/>Figures et pratiques, Paris, Ellipses, \u00ab Cultures antiques \u00bb, 2016, p. 1-43.<br \/>LEINER, Wolgang, Der Widmungsbrief in der franz\u00f6sischen Literatur, 1580-1715, Heidelberg, C. Winter Universit\u00e4tsverlag, 1965.<br \/>LIGNEREUX C\u00e9cile, \u00ab L\u2019\u00e9loge, maillon faible de la lettre de remerciement ? \u00bb, Exercices de rh\u00e9torique [En ligne], 11 | 2018, URL : http:\/\/journals.openedition.org\/rhetorique\/642.<br \/>MARIN Louis, Le Portrait du Roi, Paris, Minuit, 1981.<br \/>MERLIN-KAJMAN H\u00e9l\u00e8ne, \u00ab Horace, l\u2019\u00e9quivoque et la d\u00e9dicace \u00bb, XVIIe si\u00e8cle, n\u00b0 182, janv.-mars 1994, p. 121-134.<br \/>\u2013 \u00ab L\u2019auteur et la figure absolutiste : Richelieu, Balzac et Corneille \u00bb, dans Auteur, autorit\u00e9 sous l\u2019Ancien R\u00e9gime, RSH, n\u00b0 238, avril-juin 1995, p. 85-96.<br \/>\u2013 \u00ab \u00c9loge et dissimulation : l\u2019\u00e9loge du prince, un \u00e9loge paradoxal ? \u00bb dans I. Cogitore et Fr. Goyet, L\u2019\u00c9loge du prince : de l\u2019Antiquit\u00e9 au temps des Lumi\u00e8res, Grenoble, ELLUG, 2003, p. 317-353.<br \/>\u2013 \u00ab \u2018\u2018Une troisi\u00e8me esp\u00e8ce de simple dignit\u00e9\u2019\u2019 ou la civilit\u00e9 entre l\u2019honneur et la familiarit\u00e9 \u00bb, dans F. Cosandey (dir.), Dire et vivre l\u2019ordre social en France sous l\u2019Ancien R\u00e9gime, Paris, \u00c9d. de l\u2019EHESS, 2005, p. 231-279.<br \/>NICOLAS Lo\u00efc, \u00ab L\u2019\u00e9pidictique : assise et pivot de l\u2019\u00e9difice rh\u00e9torique \u00bb, Rivista italiana di Filosofia del Linguaggio, janvier 2015, p. 33-47.<br \/>ORIGGI Gloria, Qu\u2019est-ce que la confiance ?, Paris, Vrin, 2008.<br \/>PERNOT Laurent, La Rh\u00e9torique de l\u2019\u00e9loge dans le monde gr\u00e9co-romain, Paris, Institut d\u2019\u00e9tudes augustiniennes, 1993, 2 vol.<br \/>POULET Fran\u00e7oise, \u00ab \u00catre incivil \u00e0 force d\u2019\u00eatre trop civil : le cas du compliment \u00e0 l\u2019\u00e2ge classique \u00bb, dans Fabrice Chassot (dir.), L\u2019Incivilit\u00e9 et ses r\u00e9cits (XVIIe-XVIIIe si\u00e8cle), Litt\u00e9ratures classiques, \u00e0 para\u00eetre en 2022.<br \/>R\u00c9GENT-SUSINI Anne (dir.), Sur l\u2019\u00e9loge, Exercices de rh\u00e9torique, n\u00b0 11, 2018, en ligne : https:\/\/journals.openedition.org\/rhetorique\/586.<br \/>REGUIG Delphine, Boileau po\u00e8te. \u00ab De la voix et des yeux\u2026 \u00bb, Paris, Classiques Garnier, 2016.<br \/>STAROBINSKI Jean, \u00ab Sur la flatterie \u00bb, Le Rem\u00e8de dans le mal. Critique et l\u00e9gitimation de l\u2019artifice \u00e0 l\u2019\u00e2ge des Lumi\u00e8res, Paris, Gallimard, 1989, p. 61-90.<br \/>VAN DELFT Louis, \u00ab La notion de \u2018\u2018dissimulation honn\u00eate\u2019\u2019 dans la culture classique \u00bb, dans B. Yon (dir.), Pr\u00e9mices et floraisons de l\u2019\u00e2ge classique, Saint-\u00c9tienne, Publications de l\u2019Universit\u00e9 de Saint-\u00c9tienne, 1995, p. 251-267.<br \/>WILLIAMS Bernard, V\u00e9rit\u00e9 et v\u00e9racit\u00e9, Paris, Gallimard, 2006.<br \/>ZOBERMAN Pierre, Les C\u00e9r\u00e9monies de la parole : l\u2019\u00e9loquence d\u2019apparat en France dans le dernier quart du XVIIe si\u00e8cle, Paris, H. Champion, 1998.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/section>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Colloque international organis\u00e9 par le CELLF 16-18, la facult\u00e9 des Lettres de Sorbonne Universit\u00e9 et l\u2019EA CLARE (CEREC) de l\u2019universit\u00e9 Bordeaux-Montaigne. Cet \u00e9v\u00e9nement aura lieu en Sorbonne les 2 et 3 juin 2022. Les propositions de communications, de 500 mots maximum, sont \u00e0 envoyer \u00e0 Emmanuel Bury (Emmanuel.Bury@sorbonne-universite.fr), Delphine Amstutz (Delphine.Amstutz@sorbonne-universite.fr) et Fran\u00e7oise Poulet (francoise.poulet@u-bordeauxmontaigne.fr) [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":4935,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[],"categorie_personnage":[],"class_list":["post-9216","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-appels-contribution"],"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"3.0.0","language":"gb","enabled_languages":["fr","gb"],"languages":{"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":false},"gb":{"title":false,"content":false,"excerpt":false}}},"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9216","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9216"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9216\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9216"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9216"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9216"},{"taxonomy":"categorie_personnage","embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_personnage?post=9216"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}