{"id":8487,"date":"2020-08-10T16:08:59","date_gmt":"2020-08-10T15:08:59","guid":{"rendered":"http:\/\/siefar.org\/?p=8487"},"modified":"2020-08-10T16:08:59","modified_gmt":"2020-08-10T15:08:59","slug":"contes-en-couleur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/siefar.org\/gb\/contes-en-couleur\/","title":{"rendered":"\u00ab Contes en couleur \u00bb"},"content":{"rendered":"<div id=\"cc-m-18629863725\" class=\"j-module n j-header \">\n<p id=\"cc-m-header-18629863725\"><strong>Appel \u00e0 contributions\u00a0pour la revue F\u00e9eries 18\/2021<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"cc-m-18629863425\" class=\"j-module n j-text \">\n<p><strong>sous la direction de Aur\u00e9lia Gaillard (Universit\u00e9 Bordeaux Montaigne\/IUF)<\/strong><\/p>\n<p>Si les \u00ab impressions \u00bb couleur et l\u2019illustration en couleur se d\u00e9veloppent au 18e si\u00e8cle, il n\u2019est pas ici question de cela \u2014 ou pas seulement, ou pas directement. Le titre \u00ab Contes en couleur \u00bb d\u00e9signe le fait que le conte fait couleur, que la narration f\u00e9erique ou merveilleuse impose un univers mental de la couleur. Comme il existe des r\u00eaves en noir et blanc et des r\u00eaves en couleur, des visions polychromiques, dys- ou achromatopsiques, il existe sans doute des litt\u00e9ratures incolores \u2013 les fictions narratives par exemple de Madame de La Fayette, Marivaux ou Pr\u00e9vost, o\u00f9 le monde ext\u00e9rieur s\u2019exprime d\u2019abord au travers d\u2019une rh\u00e9torique, d\u2019une langue et non d\u2019une vision \u2013 et des litt\u00e9ratures de la couleur, en couleur.<\/p>\n<p>Le dossier \u00ab Contes en couleur \u00bb de la revue F\u00e9eries s\u2019inscrit dans le prolongement de la perspective ouverte par les r\u00e9cents travaux sur la couleur au 18e si\u00e8cle, notamment par le dernier num\u00e9ro de Dix-huiti\u00e8me si\u00e8cle, (\u00ab La couleur des Lumi\u00e8res \u00bb, A. Gaillard et C. Lano\u00eb dir., 51\/2019) qui met en lumi\u00e8re, de Newton (Opticks, 1704) \u00e0 Goethe (Trait\u00e9 des couleurs, 1808),\u00a0 l\u2019installation durable de la couleur dans l\u2019univers mat\u00e9riel et mental de la soci\u00e9t\u00e9, tout en soulignant la complexit\u00e9 des approches concern\u00e9es ressortissant \u00e0 des savoirs multiples (pour l\u2019\u00e9poque) et d\u00e9sormais \u00e0 des disciplines distinctes, historiennes, scientifiques (physique et chimie), philosophiques, esth\u00e9tiques et litt\u00e9raires. L\u2019enjeu de ce champ de recherche ouvert sur la couleur des Lumi\u00e8res est de caract\u00e9riser, \u00e0 l\u2019intersection de ces savoirs (et par l\u00e0 de \u00ab nos \u00bb disciplines), la fa\u00e7on dont la couleur recompose le cadre conceptuel dans lequel se pense et donc se repr\u00e9sente le monde \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Autrement dit, comment la couleur intervient dans le changement \u00e9pist\u00e9mologique qui succ\u00e8de \u00e0 l\u2019\u00e2ge classique, g\u00e9n\u00e9ralement analys\u00e9 comme le passage d\u2019un mod\u00e8le math\u00e9matique \u00e0 un mod\u00e8le sensoriel et empirique, ou encore d\u2019un mod\u00e8le symbolique \u00e0 un mod\u00e8le s\u00e9miotique : \u00ab un mod\u00e8le linguistique de connexion arbitraire et de signification par suggestion est venu se substituer ici au mod\u00e8le math\u00e9matique de la connexion n\u00e9cessaire et de la g\u00e9om\u00e9trie naturelle \u00bb (Hamou, Voir et conna\u00eetre \u00e0 l\u2019\u00e2ge classique, Paris, PUF, 2002, p. 126). Plus pr\u00e9cis\u00e9ment encore, il s\u2019agit de cerner quelle place occupe la couleur dans cette nouvelle \u00e9pist\u00e9mologie sensorielle et visuelle (E. Dueck et N. Vuillemin, Entre l\u2019\u0153il et le monde, \u00c9pist\u00e9mocritique, 2017). Y-a-t-il alors, dans ce 18e si\u00e8cle \u00ab color\u00e9 \u00bb (Brusatin, Pastoureau) voire coloriste, si l\u2019on pense aux peintres, un mod\u00e8le \u00ab color\u00e9 \u00bb de la connaissance, quelque chose comme la mutation d\u2019un monde visible (rattach\u00e9 \u00e0 un invisible, \u00e0 une ext\u00e9riorit\u00e9 de l\u2019exp\u00e9rience perceptive) en un monde visuel (fait de taches color\u00e9es) ? Comment pense-t-on au 18e si\u00e8cle les couleurs et comment les couleurs, ainsi pens\u00e9es, fa\u00e7onnent-elles la connaissance du monde ?\u00a0<\/p>\n<p>La question, plus pr\u00e9cise, de l\u2019univers et de l\u2019exploration sensoriels des contes a r\u00e9cemment et dans cette revue, \u00e9t\u00e9 explor\u00e9e par Christelle Bahier-Porte et Emmanuelle Semp\u00e8re (F\u00e9eries, 15\/2018). La couleur y \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 un peu pr\u00e9sente mais surtout au travers de la question des synesth\u00e9sies, \u00e0 l\u2019exception d\u2019un article de Jean-Paul Sermain centr\u00e9, quant \u00e0 lui, plus nettement sur la couleur associ\u00e9e \u00e0 la mat\u00e9rialit\u00e9 et corpor\u00e9it\u00e9 des robes chez ou \u00e0 partir de Perrault. N\u00e9anmoins, s\u2019agissant d\u2019\u00e9tudier la place particuli\u00e8re qu\u2019occupe la couleur dans les contes des 17e et 18e si\u00e8cles et la fa\u00e7on dont ceux-ci contribuent \u00e0 une nouvelle \u00e9pist\u00e9mologie visuelle, la perspective et le champ de recherche sont sensiblement diff\u00e9rents. Il ne s\u2019agit pas tant d\u2019examiner la couleur comme une sensation que comme une cat\u00e9gorie mentale : le conte fait couleur, mais qu\u2019est-ce qui fait couleur dans le conte ? Comment le conte fait-il couleur, comment impose-t-il un univers (mental) color\u00e9 ?\u00a0<\/p>\n<p>De fait, les contes constituent sans doute un ou des corpus \u00e0 part enti\u00e8re, marqu\u00e9s par la force des repr\u00e9sentations mentales : les contes font couleur parce qu\u2019ils suscitent des images, ont partie li\u00e9e avec des imaginaires arch\u00e9typaux, puissants et persistants, une fantasmatique. Ils combinent sans cesse les paradigmes anthropologique, symbolique et esth\u00e9tique. Par ailleurs, l\u2019invention du genre litt\u00e9raire du conte \u00e0 la fin du 17e si\u00e8cle et dans le premier 18e si\u00e8cle co\u00efncide avec la d\u00e9coration rocaille, le moment rococo et la d\u00e9fense du coloris en peinture. Or, la critique n\u2019a commenc\u00e9 que depuis peu \u00e0 s\u2019int\u00e9resser \u00e0 la fa\u00e7on dont la litt\u00e9rature accueille mais aussi transcrit voire pense la couleur (pour le 18e si\u00e8cle fran\u00e7ais : \u00c9lodie Ripoll, Penser la couleur en litt\u00e9rature. Explorations romanesques des Lumi\u00e8res au r\u00e9alisme, Classiques Garnier, 2018) et l\u2019enqu\u00eate reste presque tout enti\u00e8re \u00e0 mener pour le conte, m\u00eame si ici ou l\u00e0 existent des \u00e9tudes ponctuelles et tr\u00e8s r\u00e9centes (Nathalie Prince, F\u00e9eries, 9 | 2012, 85-106 ; DHS 51\/2019) ou, le plus souvent, des \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9veloppement dans des \u00e9tudes d\u2019ensemble : par exemple sur le rouge du chaperon (B. Bettelheim, Y. Verdier, M. Pastoureau), le bleu de la barbe (C. Velay-Vallantin), la transparence du verre des pantoufles de Cendrillon, les couleurs des robes de Peau d\u2019\u00c2ne, le blanc de Blanche-Neige (N. Prince), de l\u2019oiseau blanc de Diderot (A. Defrance). Mais quid de tous les autres nombreux oiseaux blancs, bleus, jaunes, multicolores (Aulnoy, Saint-Hyacinthe, Diderot etc.), des minets bleus (Fagnan), des chattes blanches, des nains jaunes et des serpentins verts (Aulnoy), des cheveux d\u2019or, de la couleur des peaux et des objets magiques, des palais de verre et de cristal, des princesses Transparente, \u00c9tincelante, Lumineuse, de la triade omnipr\u00e9sente noir\/blanc\/rouge, des illuminations ? Par \u00ab couleur \u00bb, nous entendons toute la gamme des couleurs et des lumi\u00e8res (le transparent, le multicolore, le chatoyant, le bigarr\u00e9, le moir\u00e9, le noir et le blanc etc.) et tout le \u00ab parachromatique \u00bb (Ripoll) : c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 la fois le ton ou chrome, avec ses attributs indiquant la saturation ou la clart\u00e9 (p\u00e2le, clair, fonc\u00e9, vif etc.), mais aussi la luminosit\u00e9 (brillant, obscur), la densit\u00e9 (transparent, opaque), la texture (moir\u00e9, velout\u00e9, satin\u00e9). Il s\u2019agit donc de mettre \u00e0 l\u2019\u00e9preuve ce corpus : est-il l\u00e9gitime d\u2019y voir l\u2019un des lieux privil\u00e9gi\u00e9s de l\u2019\u00e9mergence d\u2019une nouvelle culture visuelle color\u00e9e ? Quels liens entretiennent le merveilleux et la couleur ? Certains sous-corpus de contes sont-ils plus \u00ab color\u00e9s \u00bb que les autres ? Le conte oriental ? fantastique, romantique ? On pourra notamment interroger l\u2019admirable, l\u2019admiration, l\u2019\u00e9tonnement, la surprise dans sa relation avec la couleur. La couleur est-elle par d\u00e9finition admirable, merveilleuse?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les contributions pourront alors aborder, sans exclusive, les axes suivants :<\/p>\n<p>1. Couleur et merveille.<\/p>\n<p>2. Les f\u00e9es coloristes : dimension m\u00e9tadiscursive des f\u00e9es cr\u00e9atrices d\u2019univers color\u00e9s.<\/p>\n<p>3. Certaines couleurs sp\u00e9cifiques : le bleu (le conte bleu, le bleu comme indice m\u00e9tadiscursif ?), le jaune, le dor\u00e9, l\u2019or (\u00e0 dimension alchimique ? On peut penser \u00e0 la transformation de la paille en or dans Rumpelstilzchen &#8211; Nain Tracassin &#8211; des Grimm) ; la triade blanc\/noir\/rouge.<\/p>\n<p>4. Contes rococos (Funestine de Beauchamps avec son g\u00e9nie Clair-Obscur et son palais de \u00ab marbre vert campan \u00bb).<\/p>\n<p>5. Les contes et la couleur des bestiaires (particuli\u00e8rement les oiseaux, perroquets, paons) et lapid<br \/>\naires (pierres pr\u00e9cieuses).<\/p>\n<p>6. La couleur des objets magiques.<\/p>\n<p>7. La mise en fiction des savoirs scientifiques sur la couleur, la circulation des savoirs entre optique et conte : les d\u00e9bats autour du newtonisme, le clavecin oculaire dans les Bijoux indiscrets de Diderot, le conte de Deslandes (L\u2019Optique des m\u0153urs oppos\u00e9e \u00e0 l\u2019optique des couleurs).<\/p>\n<p>8. Des \u0153uvres ou auteurs sp\u00e9cifiques qui imposent un univers particuli\u00e8rement color\u00e9 : Lubert, Aulnoy, Diderot, Mouhy, Le Prince Arc-en-ciel (conte anonyme, 1731).<\/p>\n<p>9. L\u2019univers color\u00e9 de certains sous-corpus (conte oriental, voyages imaginaires ou interplan\u00e9taires dans les contes, conte romantique, fantastique) : quelles couleurs ? Pour quels effets, quelle po\u00e9tique ?\u00a0<\/p>\n<p>10. R\u00e9\u00e9critures et \u00e9volution des notations color\u00e9es.<\/p>\n<p>11. Les illustrations couleurs de certains contes ou corpus (des dessins colori\u00e9s \u00e0 la gouache du manuscrit des contes en prose de Perrault aux Contes choisis de l\u2019Imagerie d\u2019\u00c9pinal).<\/p>\n<p>Les propositions d\u2019articles ainsi qu\u2019une courte notice bio-bibliographique sont \u00e0 envoyer \u00e0 Aur\u00e9lia Gaillard (<a title=\"aurelia.gaillard@gmail.com\" href=\"mailto:aurelia.gaillard@gmail.com\">aurelia.gaillard@gmail.com<\/a>) avant le 1er octobre 2020, les articles (30 000 signes environ) seront \u00e0 rendre pour le 1er mars 2021.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Appel \u00e0 contributions\u00a0pour la revue F\u00e9eries 18\/2021 sous la direction de Aur\u00e9lia Gaillard (Universit\u00e9 Bordeaux Montaigne\/IUF) Si les \u00ab impressions \u00bb couleur et l\u2019illustration en couleur se d\u00e9veloppent au 18e si\u00e8cle, il n\u2019est pas ici question de cela \u2014 ou pas seulement, ou pas directement. 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