{"id":5870,"date":"2017-11-27T16:14:42","date_gmt":"2017-11-27T15:14:42","guid":{"rendered":"http:\/\/siefar.org\/?p=5870"},"modified":"2017-11-27T16:14:42","modified_gmt":"2017-11-27T15:14:42","slug":"femmes-artistes-age-classique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/siefar.org\/gb\/femmes-artistes-age-classique\/","title":{"rendered":"Femmes artistes \u00e0 l\u2019\u00e2ge classique (arts du dessin \u2013 peinture, sculpture, gravure)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Colloque international <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Universit\u00e9 Paris Nanterre &#8211; Universit\u00e9 Bordeaux Montaigne <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>et avec le soutien de l\u2019universit\u00e9 Paris VIII et du mus\u00e9e du Louvre <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Paris, jeudi 31 mai et vendredi 1er juin 2018<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019art au f\u00e9minin n\u2019est plus regard\u00e9 comme une anomalie. Plusieurs expositions ont r\u00e9cemment mis \u00e0 l\u2019honneur des peintres femmes du XVIIIe si\u00e8cle. Une premi\u00e8re r\u00e9trospective fran\u00e7aise consacr\u00e9e \u00e0 \u00c9lisabeth Louise Vig\u00e9e-Le Brun a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e en 2015-2016 au Grand Palais \u00e0 Paris, au Metropolitan Museum of Art de NewYork et au Mus\u00e9e des Beaux-Arts du Canada \u00e0 Ottawa1 et ses Souvenirs ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 cette occasion r\u00e9\u00e9dit\u00e9s2. Longtemps rest\u00e9e dans l\u2019ombre de son ma\u00eetre et beau-fr\u00e8re Fragonard, Marguerite G\u00e9rard est aujourd\u2019hui r\u00e9v\u00e9l\u00e9e, notamment gr\u00e2ce \u00e0 une exposition tenue en 2009 au mus\u00e9e Cognacq-Jay3. La nouvelle acquisition par la Neue Pinakothek de Munich du tableau de Marie-Gabrielle Capet repr\u00e9sentant Ad\u00e9la\u00efde Labille-Guiard dans son atelier (Salon de 1808), les recherches men\u00e9es autour de cette \u0153uvre ainsi qu\u2019une exposition au mus\u00e9e des Beaux-Arts de Caen en 20144 ont attir\u00e9 l\u2019attention sur cette artiste m\u00e9connue. Elle appara\u00eet pourtant avec Marie-Marguerite Carreaux de Rosemond dans L\u2019Autoportrait avec deux \u00e9l\u00e8ves5 de Labille-Guiard d\u00e9voil\u00e9 au Salon de 1785 et conserv\u00e9 aujourd\u2019hui dans les collections du Metropolitan Museum of Art, tableau qui s\u2019apparente \u00e0 une v\u00e9ritable d\u00e9fense et illustration de la place des femmes en peinture. En 2015, le Portrait d\u2019une violoniste, chefd\u2019\u0153uvre d\u2019Anne Vallayer-Coster, a \u00e9t\u00e9 adjug\u00e9 \u00e0 903 000 euros pour le Nationalmuseum de Stockholm, l\u2019un des mus\u00e9es europ\u00e9ens les plus actifs en mati\u00e8re d\u2019acquisitions, en particulier pour l\u2019art fran\u00e7ais du XVIIIe si\u00e8cle6. Dans le sillage d\u2019un accrochage th\u00e9matique du Centre Pompidou, une exposition retra\u00e7ait en 2011 le parcours des sculpteurs femmes du XVIIIe si\u00e8cle \u00e0 nos jours7. Les exemples pourraient \u00eatre multipli\u00e9s, en France et en Europe. Certaines artistes de la p\u00e9riode classique sont de nos jours admir\u00e9es et des listes fleurissent, qui recensent des peintres et des sculpteurs c\u00e9l\u00e8bres, et que retient la post\u00e9rit\u00e9 : les peintres italiennes Artemisia Gentileschi (1593-1652) et Elisabetta Sirani (1638-1665), l\u2019Espagnole et Lusitanienne Josefa de \u00d3bidos (1630-1684), la Suissesse Angelika Kauffmann (1741-1807), les Fran\u00e7aises Catherine Duchemin (1630-1698), Genevi\u00e8ve (1645-1708) et Madeleine (1646-1710) de Boullogne, et \u00c9lisabeth-Sophie Ch\u00e9ron (1648-1711), les quatre premi\u00e8res femmes peintres \u00e0 \u00eatre admises \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie royale, la V\u00e9nitienne Rosalba Giovanna Carriera (1675-1757), ou encore les sculpteurs fran\u00e7aises Marie-Anne Collot (1748-1821), Cl\u00e9mence de Sermezy (1767-1850) et Julie Charpentier (1770-1845), et la liste pourrait continuer. Dans le domaine de la peinture surtout, mais aussi dans celui, r\u00e9put\u00e9 plus \u00ab viril \u00bb et aust\u00e8re, de la sculpture, des artistes femmes se sont toujours illustr\u00e9es. D\u2019embl\u00e9e, elles sont observ\u00e9es, scrut\u00e9es, remarqu\u00e9es. Diderot surnommait Marie-Anne Collot, sculpteur surdou\u00e9e, \u00e9l\u00e8ve de Falconet, \u00ab Mademoiselle Victoire \u00bb, en \u00e9cho peut-\u00eatre \u00e0 \u00ab l\u2019illustre Mademoiselle Ch\u00e9ron \u00bb, ainsi baptis\u00e9e. Malgr\u00e9 les louanges, la plupart ont pay\u00e9 de leur existence personnelle le prix fort, ran\u00e7on du succ\u00e8s. Le public de jadis se d\u00e9lectait des esclandres, r\u00e9els ou invent\u00e9s, de leur vie priv\u00e9e, traquant les intrigues qui devaient n\u00e9cessairement entourer leur carri\u00e8re. Notre \u00e9poque leur rend hommage, distinguant certaines destin\u00e9es et brandissant l\u2019\u00e9tendard de leur modernit\u00e9. Ces artistes femmes travaillent, apprennent et souhaitent se perfectionner, pr\u00e9f\u00e8rent fr\u00e9quemment signer leurs \u0153uvres de leur nom de naissance ou de leur double nom, tissent des liens avec d\u2019autres artistes, gagnent de l\u2019argent et parfois m\u00eame de coquettes pensions, aspirent \u00e0 la reconnaissance \u2013 artistique, sociale, \u00e9conomique \u2013 et \u00e0 la renomm\u00e9e. Mais ces femmes peintres et sculpteurs c\u00e9l\u00e8bres \u00e9clipsent les autres, artistes de l\u2019ombre. Mises \u00e0 part quelques figures embl\u00e9matiques, que savons-nous de ces nombreuses peintres de natures mortes, de fleurs et de fruits, de portraits et de sc\u00e8nes de genre, souvent en miniature, de celles qui manient, taillent et sculptent la pierre et le marbre, inventent des techniques pour la gravure en pierres fines et sur m\u00e9daillons, illustrent des ouvrages litt\u00e9raires ou savants, et se piquent encore de collectionner et de vendre un art qu\u2019elles appr\u00e9cient, en amateurs \u00e9clair\u00e9es et avis\u00e9es ? Comment leur choix est-il motiv\u00e9 ? Par qui sont-elles guid\u00e9es ? Quels r\u00e9seaux de sociabilit\u00e9 artistique sont cr\u00e9\u00e9s ? Et surtout, quelle fut la vraie vie, concr\u00e8te, de ces artistes multiples ? L\u2019id\u00e9e de ce colloque est de sonder leurs intentions et d\u2019explorer ces pistes, afin d\u2019examiner \u00e0 la fois la place et le r\u00f4le des artistes femmes dans le monde de l\u2019art du XVIIIe si\u00e8cle. On se propose d\u2019examiner 4 axes en particulier :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab Femmes artistes \u00bb, \u00ab artistes femmes \u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comment ces artistes sont-elles d\u00e9sign\u00e9es, et de quelle mani\u00e8re pr\u00e9f\u00e8rent-elles se nommer ? Le si\u00e8cle h\u00e9site \u00e0 se saisir d\u2019expressions pour les qualifier. \u00ab Peintre \u00bb (des deux genres), \u00ab femme peintre \u00bb, ou encore \u00ab peintresse8 \u00bb dans les \u00e9coles professionnelles de Paris, semblent conjointement \u00eatre employ\u00e9s, mais avec quelles connotations possibles et quelles revendications \u00e9ventuelles ? Quels vocables sont utilis\u00e9s dans les dictionnaires d\u2019art, les textes des th\u00e9oriciens, les \u00e9coles et les Acad\u00e9mies, les manuels ou encore dans Les Vies qui tentent de dresser l\u2019inventaire des artistes, dans leurs M\u00e9moires et Souvenirs, et m\u00eame dans les fictions litt\u00e9raires ? Quand et sous quelles plumes apparaissent les expressions \u00ab femme sculpteur \u00bb et \u00ab sculptrice \u00bb, \u00ab graveur \u00bb et \u00ab graveuse \u00bb, \u00ab dessinateur \u00bb et \u00ab dessinatrice \u00bb, \u00ab amateur \u00bb et \u00ab amatrice \u00bb et m\u00eame \u00ab collectionneur \u00bb et \u00ab collectionneuse \u00bb ? \u00c0 la fin du si\u00e8cle, dans son Dictionnaire critique, F\u00e9raud enregistre le terme amatrice, \u00ab mot nouveau \u00bb jug\u00e9 utile, et signale des usages divers et parfois contraires \u2013 \u00ab on dit, cette femme est Auteur, Po\u00e8te, Philosophe, M\u00e9decin, Peintre, etc., et non pas Autrice, Po\u00e9tesse, Philosophesse, m\u00e9decine, Peintresse \u00bb \u2013 tout en pr\u00e9cisant : \u00ab Peintre est de deux genres. Mlle de\u2026 peintre en miniat\u00fbre9 \u00bb. \u00c0 l\u2019or\u00e9e d\u2019une nouvelle \u00e8re, Mercier discute longuement dans sa N\u00e9ologie les querelles li\u00e9es au mot \u00ab amatrice \u00bb pour conclure \u00e0 sa n\u00e9cessit\u00e9, tandis qu\u2019il se moque, amus\u00e9, et avec sous-entendus sensuels, du terme \u00ab peintresse10 \u00bb. On s\u2019interrogera ainsi sur la querelle du genre des mots, plus subtile qu\u2019il n\u2019y para\u00eet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Portrait de l\u2019artiste en (jeune) femme : les conditions de vie<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quelles sont les conditions de travail et de vie de ces artistes ? De quelles fa\u00e7ons apprennent-elles leur art, o\u00f9 peuvent-elles l\u2019exercer et l\u2019exposer, avec qui \u00e0 leurs c\u00f4t\u00e9s ? Comment pensent-elles la th\u00e9orie et la pratique de leur m\u00e9tier ? Quels sont leurs arts et leurs sujets de pr\u00e9dilection, favoris ou impos\u00e9s, et th\u00e9oris\u00e9s ou non dans cette obligation ? On sait que la tr\u00e8s grande majorit\u00e9 de ces artistes sont filles, s\u0153urs ou femmes de peintres, sculpteurs, graveurs et marchands d\u2019art ou collectionneurs et d\u00e9pendent ainsi du bon vouloir des hommes, heureusement fort nombreux, qui les ont volontiers form\u00e9es, aid\u00e9es et consid\u00e9r\u00e9es. N\u00e9anmoins, ces artistes sont cantonn\u00e9es \u00e0 certains arts et \u00e0 certains genres. Plusieurs femmes s\u2019adonnent ainsi \u00e0 la<br \/>\n gravure, telles Maria de Wilde \u2013 graveur et dramaturge n\u00e9erlandaise, r\u00e9put\u00e9e notamment pour avoir grav\u00e9 la collection d\u2019art de son p\u00e8re \u2013 les s\u0153urs Horthemels \u2013 Louise-Magdeleine \u00e9pouse de Charles-Nicolas Cochin p\u00e8re, Marie-Anne Hyacinthe du graveur Nicolas-Henri Tardieu et Marie-Nicole du peintre Alexis Simon Belle, toutes trois professionnelles \u2013 ou encore Marie Fontaine \u2013 \u00e9pouse de Bonnart, qui apprend le commerce de l\u2019estampe aux c\u00f4t\u00e9s de son mari et d\u00e9cide \u00e0 la mort de ce dernier de poursuivre l\u2019activit\u00e9 de la boutique, non sans essuyer plusieurs revers professionnels. Relativement simplement accept\u00e9e, la pratique de la gravure est assimil\u00e9e \u00e0 une activit\u00e9 artistique modeste, orient\u00e9e du c\u00f4t\u00e9 de la reproduction et de la \u00ab traduction \u00bb entre les arts, donc convenable \u00e0 la gent f\u00e9minine11. Mais ces artistes femmes sont \u00e9galement rel\u00e9gu\u00e9es \u00e0 certains sujets, situ\u00e9s en bas de la hi\u00e9rarchie des genres. Artistes du petit, elles sont priv\u00e9es de r\u00e9alisations monumentales. Elles ne peuvent ni peindre ni sculpter d\u2019apr\u00e8s nature ou d\u2019apr\u00e8s des mod\u00e8les nus, ne suivent aucun cours d\u2019anatomie \u2013 n\u2019en d\u00e9plaise \u00e0 Marie Biheron, qui tentera habilement d\u2019y rem\u00e9dier \u2013 et sont ainsi emp\u00each\u00e9es de tout acc\u00e8s au succ\u00e8s et \u00e0 la gloire. L\u2019art du portrait, sous toutes ses formes \u2013 pictural, sculptural, miniature, m\u00e9daillon \u2013 leur est d\u00e9volu, ainsi que celui de l\u2019autoportrait. Fait significatif : l\u2019art du portrait se situe pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 la fronti\u00e8re, poreuse, entre grand style et sc\u00e8ne de genre, mani\u00e8re \u00e0 peine d\u00e9tourn\u00e9e de pratiquer une peinture d\u2019histoire. Il h\u00e9site entre id\u00e9al mythologique \u2013 en vogue parmi la noblesse \u2013 et intimisme \u2013 plut\u00f4t pr\u00f4n\u00e9 par la bourgeoisie montante. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 de la dimension dynastique et familiale \u2013 femmes et m\u00e8res, lign\u00e9e \u2013 s\u2019ajoute bient\u00f4t la veine culturelle et sociale \u2013 femmes au travail, ou lisant, \u00e9crivant, conversant. Or ces deux types de repr\u00e9sentations ob\u00e9issent \u00e0 une m\u00eame logique d\u2019\u00e9mancipation et appartiennent chacune \u00e0 leur mani\u00e8re \u00e0 une strat\u00e9gie de communication, concert\u00e9e avec leurs mod\u00e8les. L\u2019un des aspects essentiels de leur art est justement le lien qu\u2019elles \u00e9tablissent entre th\u00e9orie et pratique, dont l\u2019autoportrait est le signe manifeste. Certaines deviennent ma\u00eetres \u00e0 leur tour, et m\u00eame th\u00e9oriciennes, telle Catherine Perrot par exemple qui r\u00e9dige d\u00e9j\u00e0 \u00e0 la fin du XVIIe si\u00e8cle Les Le\u00e7ons royales ou la mani\u00e8re de peindre en miniature. Leurs r\u00e9flexions sur leur art et sur l\u2019art se transmettent. Et c\u2019est \u00e0 travers leur style, leur touche et leur technique qu\u2019en v\u00e9ritables artistes elles disent le plus \u00e0 la fois de leur vision de l\u2019art et d\u2019elles-m\u00eames. On cherchera \u00e0 comprendre ces cr\u00e9atrices, autant de femmes peintres, sculpteurs, graveurs, et peut-\u00eatre architectes, et encore amateurs et collectionneurs.\u00a0 \u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Ambition et pouvoir au f\u00e9minin : l\u2019\u00e9tude ou la gloire<sup>12<\/sup><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quelle est la r\u00e9ception de leur art dans les Salons et les journaux de l\u2019\u00e9poque, en France et en Europe ? En quelle r\u00e9putation \u2013 nationale et internationale, bonne ou mauvaise \u2013 sont-elles ? Comment leurs \u0153uvres ont-elles \u00e9t\u00e9 re\u00e7ues et compar\u00e9es (dans les Salons de peinture, mais aussi dans les gazettes, journaux, etc., et m\u00eame dans les fictions litt\u00e9raires) ? Y a-t-il une trace de leur pr\u00e9sence dans les salons litt\u00e9raires et artistiques, ainsi que dans la litt\u00e9rature pamphl\u00e9taire13 ? Comment circulent leurs \u0153uvres ? Et quels sont les \u00e9changes \u2013 r\u00e9els avec les voyages, ou intellectuels et \u00e9pistoliers \u2013 qui existent entre elles et d\u2019autres artistes ? Quels sont les discours tenus sur elles \u2013 satires, caricatures, \u00e9loges \u2013 et sont-elles n\u00e9cessairement jug\u00e9es au prisme de leur sexe ? Comment r\u00e9agissent-elles dans leurs \u00e9crits, notamment autobiographiques ? \u00c0 quelles conditions et selon quelles modalit\u00e9s sont-elles re\u00e7ues \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie ? Constate-t-on une \u00e9volution \u00e0 la fin du XVIIIe si\u00e8cle et durant la p\u00e9riode r\u00e9volutionnaire ? Combien gagnent ais\u00e9ment leur vie et combien deviennent c\u00e9l\u00e8bres ? \u00c0 quel point s\u2019en soucient-elles ? Ces femmes artistes concourent \u00e0 des Prix et p\u00e9n\u00e8trent au sein des Acad\u00e9mies, tr\u00e8s souvent alors qu\u2019elles ont entre 20 et 35 ans. Re\u00e7ues \u00e0 titre d\u00e9rogatoire, elles ne sont pas autoris\u00e9es \u00e0 pr\u00eater serment, ni \u00e0 enseigner dans les Acad\u00e9mies ou \u00e0 y voter. Quinze ans apr\u00e8s la fondation de l\u2019Acad\u00e9mie royale de peinture et de sculpture, Catherine Duchemin, \u00e9pouse du sculpteur Fran\u00e7ois Girardon, est la premi\u00e8re femme \u00e0 entrer \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie royale. Genevi\u00e8ve et Madeleine de Boullogne lui succ\u00e8deront \u2013 sur pr\u00e9sentation de leur p\u00e8re, l\u2019un des fondateurs de l\u2019Acad\u00e9mie royale \u2013 ainsi qu\u2019\u00c9lisabethSophie Ch\u00e9ron \u2013 sur recommandation de Charles Le Brun \u2013 toutes comme peintres de fleurs ou portraitistes. Elles exposent aux Salons, re\u00e7oivent une pension du Roi et m\u00eame une gratification. Doroth\u00e9e Mass\u00e9, veuve Godequin, est la premi\u00e8re \u00e0 \u00eatre admise en tant que sculpteur en bois. \u00c0 la fin du XVIIe si\u00e8cle, quelques femmes sont donc agr\u00e9\u00e9es, mais un d\u00e9cret du d\u00e9but du XVIIIe si\u00e8cle, rest\u00e9 sans suite, vise \u00e0 r\u00e9duire leur nombre. Le mouvement s\u2019amplifie malgr\u00e9 tout et devient m\u00eame international avec les admissions de la V\u00e9nitienne Rosalba Carriera, la Hollandaise Marguerite Havermann, la fran\u00e7aise Marie-Th\u00e9r\u00e8se Reboul qui \u00e9pousera Vien, la Prussienne Anna Dorothea Therbusch ainsi qu\u2019Anne Vallayer-Coster et Marie Suzanne Giroust qui se mariera \u00e0 Roslin. Admises ensemble, Ad\u00e9la\u00efde Labille-Guiard et \u00c9lisabeth Louise Vig\u00e9e-Le Brun sont imm\u00e9diatement \u00e9valu\u00e9es \u00e0 l\u2019aune de leurs diff\u00e9rences et leur style \u2013 jug\u00e9 respectivement \u00ab masculin \u00bb et \u00ab f\u00e9minin \u00bb \u2013 aussit\u00f4t confront\u00e9, voire caricatur\u00e9. Mais pour l\u2019une de ces femmes de g\u00e9nie, combien demeurent ignor\u00e9es, go\u00fbtant et pratiquant les arts sans la moindre formation artistique, \u00e9loign\u00e9es des circuits d\u2019exposition ? L\u2019Acad\u00e9mie de Saint Luc autorise en son giron des femmes, moyennant des frais d\u2019inscription. Quel r\u00f4le jouent \u00e9galement les Acad\u00e9mies \u00e9trang\u00e8res et les Acad\u00e9mies de province ainsi que les \u00c9coles particuli\u00e8res, seules \u00e0 ouvrir peut-\u00eatre plus facilement leurs portes \u00e0 ces artistes en germe ? Si elles conjuguent au talent la chance de suivre des le\u00e7ons ou la formation d\u2019un parent, de jeunes artistes r\u00e9ussissent \u00e0 devenir \u00e9l\u00e8ve de peintres r\u00e9put\u00e9s. Tous n\u2019envisagent pas de les instruire, mais elles sauront gr\u00e9 \u00e0 ceux, parmi les plus renomm\u00e9s, qui acceptent de les guider \u2013 Chardin, Bachelier, Greuze, Vernet et David, en peinture notamment, et pour ne citer qu\u2019eux. Certaines femmes deviennent professeurs et enseignent leur art \u00e0 leurs jeunes cons\u0153urs, ainsi \u00c9lisabeth Vig\u00e9e-Le Brun et Ad\u00e9la\u00efde LabilleGuiard. Des femmes artistes exposent Place Dauphine, au Salon de la Jeunesse ou de la Correspondance, se font conna\u00eetre par les journaux. Le Salon Officiel de la R\u00e9volution permet \u00e0 tous les artistes fran\u00e7ais ou \u00e9trangers, membres de l\u2019Acad\u00e9mie ou non, de d\u00e9voiler leurs ouvrages au Louvre. Extraordinaire aubaine, pour toutes ces artistes anonymes qui peinent \u00e0 \u00e9tudier comme elles le voudraient. La gloire revient \u00e0 un tout petit nombre d\u2019entre elles, surtout alli\u00e9es \u00e0 des femmes de pouvoir ou \u00e0 des m\u00e9c\u00e8nes. Marie-Anne Collot quitte la France pour la Russie avec son ma\u00eetre \u00c9tienne Falconet, re\u00e7oit une\u00a0pension importante, une gratification et un traitement cons\u00e9quents, en sus de la valeur de ses \u0153uvres. En 1767, \u00e0 19 ans, elle devient la premi\u00e8re femme \u00e0 \u00eatre agr\u00e9\u00e9e \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie imp\u00e9riale des Beaux-Arts de SaintP\u00e9tersbourg, puis elle est nomm\u00e9e portraitiste de Catherine II. Son travail avec \u00c9tienne Falconet en vue de la r\u00e9alisation du monument de Pierre le Grand excite la pol\u00e9mique et d\u00e9clenche des rumeurs sur la nature des liens entre le ma\u00eetre et sa tr\u00e8s jeune \u00e9l\u00e8ve. \u00c9lisabeth Vig\u00e9e-Le-Brun fait<br \/>\nscandale au Salon de 1783 avec un tableau de Marie-Antoinette en robe \u00ab de gaulle \u00bb, \u0153uvre d\u2019une artiste impos\u00e9e aux acad\u00e9miciens par le monarque, et provocation lanc\u00e9e au public qui regarde la reine devenue jolie femme en tenue d\u2019int\u00e9rieur. Ad\u00e9la\u00efde Labille-Guiard sera nomm\u00e9e \u00e0 la fin du si\u00e8cle \u00ab Premier Peintre de Mesdames \u00bb, autant de preuves s\u2019il en est des fonctions \u00e9minemment politiques de ces portraits.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Libert\u00e9, pr\u00e9carit\u00e9 <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Entre ces femmes artistes, aux profils divers, quelles constantes apparaissent ? Liens familiaux et conjugaux, probl\u00e8mes de la signature, du nom et du renom, dimensions priv\u00e9 et public : tels semblent \u00eatre les invariants. \u00c0 plus de trois si\u00e8cles de distance, ces femmes artistes sont \u00e0 maints \u00e9gards nos contemporaines, \u00e9tonnamment modernes. En reliant certaines oppositions \u2013 artistes et femmes, \u00e9l\u00e8ves et ma\u00eetres, tirant leur force de leur faiblesse \u2013 elles d\u00e9nouent les contradictions et rapprochent les \u00eatres. Il s\u2019agit alors surtout pour elles d\u2019\u00eatre artiste, ce qui impose ind\u00e9pendamment des sexes un rapport \u00e0 des pratiques et un certain regard sur le monde. Ces artistes femmes d\u00e9cha\u00eenent les haines. Des hommes s\u2019en m\u00e9fient et les rejettent ; mais d\u2019autres les estiment, les prot\u00e8gent et les aident. Des femmes m\u00fbres et au pouvoir soutiennent ces jeunes artistes ; d\u2019autres, leurs a\u00een\u00e9es, les emp\u00eachent, entre elles r\u00e8gnent rivalit\u00e9 ou \u00e9mulation, selon les natures humaines. Et la misogynie artistique est loin de se trouver toujours l\u00e0 o\u00f9 l\u2019on s\u2019y attendrait. La barri\u00e8re qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve est peut-\u00eatre surtout sociale. Puisqu\u2019\u00e0 de rares exceptions pr\u00e8s, ce sont les femmes de la bourgeoisie et de la noblesse qui vivent de leur travail ou cultivent leur don, jamais les femmes du peuple, les grandes oubli\u00e9es de l\u2019art. Il revient aux recherches critiques actuelles de devenir les tombeaux de l\u2019artiste inconnue. Dans ce parcours de carri\u00e8re artistique, combien \u2013 devenues m\u00e8res ou artisans \u2013 sont contraintes \u00e0 l\u2019abandon ? On pourrait penser que ces artistes, \u00e0 tout le moins celles qui parviennent \u00e0 \u00eatre reconnues telles \u2013 m\u00e9rite, statut, argent \u2013 ont consenti \u00e0 la hi\u00e9rarchie s\u00e9lective, la course aux prix et \u00e0 la reconnaissance, et m\u00eame ent\u00e9rin\u00e9 cet \u00e9tat de faits. Nul doute en effet que leurs traces ne dessinent un parcours de la combattante en art r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 une \u00e9lite. Mais n\u2019y a-t-il pas parmi elles, en nombre, des artistes qui choisissent de se fondre d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment dans ce syst\u00e8me des arts pour mieux en saper de l\u2019int\u00e9rieur, et avec l\u2019aide de certains hommes artistes, \u00e0 la fois l\u2019autorit\u00e9 et les fondements ? Et promouvoir ainsi une raison artistique nouvelle, qui met en son centre le corps et le renouvellement non des formes mais des pratiques. Reste \u00e0 saisir ce qui distingue, ou non, ces femmes artistes, c\u00e9l\u00e8bres ou ignor\u00e9es, de leurs homologues masculins, non pas tant une vision ou une pratique de l\u2019art, possiblement communes, mais la conscience peut\u00eatre plus aigue d\u2019une libert\u00e9 artistique pr\u00e9caire, et dont il faut user, et profiter, de peur qu\u2019elle ne s\u2019\u00e9teigne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Comit\u00e9 scientifique<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Michel Delon, Universit\u00e9 Paris Sorbonne<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Guillaume Faroult, Mus\u00e9e du Louvre<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dena Goodman, University of Michigan<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Huguette Krief, Universit\u00e9 de Provence<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c9lisabeth Lavezzi, Universit\u00e9 Rennes II<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Christophe Martin, Universit\u00e9 Paris Sorbonne<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Madeleine Pinault Sorensen, Mus\u00e9e du Louvre<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Catriona Seth, University of Oxford, All Souls College<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Richard Wrigley, University of Nottingham<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Calendrier <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Remise des propositions (titre, pr\u00e9sentation d\u2019une page et bio-bibliographie) avant le 20 d\u00e9cembre 2017. Validation par le comit\u00e9 scientifique : 30 janvier 2018. Colloque : jeudi 31 mai et vendredi 1er juin 2018. <span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Date limite de candidature repouss\u00e9e au 30 janvier 2018<\/strong><\/span><br \/>Lieu \u2013 Mus\u00e9e du Louvre. <br \/>Organisation et contacts Les propositions de communication (titre et pr\u00e9sentation d\u2019une page) ainsi qu\u2019une courte bio-bibliographie (500 signes, espaces incluses) sont \u00e0 envoyer avant le 20 d\u00e9cembre 2017 \u00e0 St\u00e9phane Pujol (<a href=\"mailto:stephane.pujol@parisnanterre.fr\">stephane.pujol@parisnanterre.fr<\/a>) et \u00c9lise Pavy-Guilbert (<a href=\"mailto:elise.pavy@u-bordeaux-montaigne.fr\">elise.pavy@u-bordeaux-montaigne.fr<\/a>).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">St\u00e9phane Pujol, universit\u00e9 Paris Nanterre, CSLF (EA 1586, Centre des Sciences de la Litt\u00e9rature Fran\u00e7aise) <a href=\"mailto:stephane.pujol@parisnanterre.fr\">stephane.pujol@parisnanterre.fr <\/a><br \/>\u00c9lise Pavy-Guilbert, universit\u00e9 Bordeaux Montaigne, CLARE (EA 4593, Cultures, Litt\u00e9ratures, Arts, Repr\u00e9sentations, Esth\u00e9tiques)\/ CEREC (Centre de Recherche sur l\u2019Europe Classique) <a href=\"mailto:elise.pavy@u-bordeaux-montaigne.fr\">elise.pavy@u-bordeaux-montaigne.fr\u00a0<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/clare.u-bordeaux3.fr\/colloques-manifestations\/appels-a-contribution\/699-2018-31-mai-1er-juin-femmes-artistes-colloque-international-paris-louvre-appel-dl\">http:\/\/clare.u-bordeaux3.fr\/colloques-manifestations\/appels-a-contribution\/699-2018-31-mai-1er-juin-femmes-artistes-colloque-international-paris-louvre-appel-dl<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1 L\u2019exposition \u00ab \u00c9lisabeth Louise Vig\u00e9e-Le Brun. 1755-1842 \u00bb a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e par la R\u00e9union des Mus\u00e9es Nationaux et le Grand Palais, le Metropolitan Museum of Art de New York et le Mus\u00e9e des Beaux-Arts du Canada (\u00e0 Paris, du 23\/09\/2015 au 11\/01\/2016, New York du 9\/02 au 15\/05\/2016 et Ottawa du 10\/06 au 12\/09\/2016). 2 Les nombreuses \u00e9ditions ainsi que les traductions t\u00e9moignent de l\u2019engouement que suscita tr\u00e8s rapidement les m\u00e9moires de Vig\u00e9eLe Brun, voir notamment leur parution chez les \u00e9diteurs Fournier (1835-1837) et Charpentier (Paris, 1869) et les \u00e9ditions de Claudine Hermann, Pierre de Nohlac et r\u00e9cemment Didier Masseau (Paris, Tallandier, 2015), Genevi\u00e8ve Haroche-Bouzinac (Paris, Champion, r\u00e9\u00e9d. 2015) et Patrick Wald Lasowski (Paris, Citadelles &amp; Mazenod, 2015). 3 \u00ab Marguerite G\u00e9rard (1761-1837). Artiste en 1789, dans l\u2019atelier de Fragonard \u00bb, Paris, Mus\u00e9e Cognacq-Jay, du 10\/09 au 6\/12\/2009. 4 Marie-Gabrielle Capet (1761-1818). Une virtuose de la miniature, Catalogue de l\u2019exposition pr\u00e9sent\u00e9e au mus\u00e9e des Beaux-arts de Caen (14\/06-21\/09\/2014), Snoeck, Heule, 2014. 5 Le tableau est conserv\u00e9 depuis 1953 dans les collections du Metropolitan Museum of Art de New York. 6 http:\/\/www.latribunedelart.com\/le-portrait-de-violoniste-d-anne-vallayer-coster-a-ete-acquis-par-stockholm. 7 \u00ab elles@centrepompidou. Artistes femmes dans les collections du Mus\u00e9e national d\u2019art moderne \u00bb accrochage th\u00e9matique des collections permanentes du Mus\u00e9e National d\u2019Art Moderne du 27\/05\/2009 au 21\/02\/2011, Centre Georges Pompidou. Le Seattle Art Museum a prolong\u00e9 cette manifestation avec l\u2019accrochage \u00ab elles : sam \u00bb du 11\/10\/2012 au 17\/02\/2013. Dans ce sillage, l\u2019exposition \u00ab Sculpture\u2019Elles. Sculpteurs femmes du XVIIIe si\u00e8cle \u00e0 nos jours \u00bb a eu lieu au Mus\u00e9e des Ann\u00e9es 30, espace Landowski, Boulogne-Billancourt, du 12\/05 au 2\/10\/2011.8 Voir notamment Arlette Farge, La R\u00e9volte de Mme Montjean \u2013 L\u2019Histoire d\u2019un couple d\u2019artisans au si\u00e8cle des Lumi\u00e8res, Paris, Albin Michel, 2016, chapitre \u00ab La \u201cpintresse\u201d \u00bb, p. 47-53. 9 Dictionnaire critique de la langue fran\u00e7aise, par M. l\u2019abb\u00e9 F\u00e9raud, auteur du Dictionaire gramatical (sic), Marseille, Mossy, 1787-1788,<br \/>\n articles AMATRICE, I, p. 94 : \u00ab *AMATRICE, s. f. J. J. Rousseau et M. Linguet ont employ\u00e9 ce mot. Un inconu (sic) pr\u00e9tend que c\u2019est un mot nouveau et inutile, et qu\u2019on doit dire une femme amateur comme on dit une femme auteur. Il est certain qu\u2019amatrice est un mot nouveau, mais il n\u2019est rien moins qu\u2019inutile aujourd\u2019hui que les femmes se piquent de go\u00fbt pour les arts, autant et plus que les hommes. Pour la femme amateur, que l\u2019inconu veut qu\u2019on emploie au lieu d\u2019amatrice, et \u00e0 l\u2019imitation de la femme auteur ; c\u2019est aussi une nouveaut\u00e9, et moins autoris\u00e9e, et qui choque bien plus l\u2019oreille qu\u2019amatrice. \u00bb, FEMME, II, p. 231 et PEINTRE, III, p. 115. 10 Louis S\u00e9bastien Mercier, N\u00e9ologie, ou Vocabulaire des mots nouveaux, \u00e0 renouveler ou pris dans des acceptions nouvelles, Paris, Moussard\/Maradan, 1801, AMATRICE, I, p. 24-31 et PEINTRESSE, I, p. 173-174.\u00a011 Voir l\u2019article \u00ab Gravure \u00bb r\u00e9dig\u00e9 par Martial Gu\u00e9dron, Dictionnaires des femmes des Lumi\u00e8res, Huguette Krief et Val\u00e9rie Andr\u00e9 (dir.), Paris, Champion, \u00ab Dictionnaire et r\u00e9f\u00e9rences \u00bb, 2015. Sur le th\u00e8me des femmes artistes, cf. \u00e9galement les articles \u00ab Femme auteur \u00bb par Vicki Mitacco, \u00ab Gloire \u00bb par Huguette Krief, \u00ab Images picturales de la femme \u00bb par Martial Gu\u00e9dron, \u00ab Maternit\u00e9 (sc\u00e8ne de genre) \u00bb par Lesley Walker, \u00ab Peintre \u00bb par Martial Gu\u00e9dron, \u00ab Portrait \u00bb par Catriona Seth, \u00ab Querelle de la langue \u00bb par \u00c9liane Viennot, \u00ab Repr\u00e9sentation politique \u00bb par Anne Verjus et \u00ab Sensibilit\u00e9 \u00bb par Genevi\u00e8ve Goubier ainsi que les monographies synth\u00e9tiques sur chacune des artistes.\u00a012 En r\u00e9f\u00e9rence aux propos d\u2019\u00c9milie du Ch\u00e2telet, Discours sur le bonheur (1706-1749), Robert Mauzi (\u00e9d.), Paris, Les Belles Lettres, 1961, p. 21 : \u00ab Il est certain que l\u2019amour de l\u2019\u00e9tude est bien moins n\u00e9cessaire au bonheur des hommes qu\u2019\u00e0 celui des femmes. Les hommes ont une infinit\u00e9 de ressources pour \u00eatre heureux, qui manquent enti\u00e8rement aux femmes. Ils ont bien d\u2019autres moyens d\u2019arriver \u00e0 la gloire, &amp; il est s\u00fbr que l\u2019ambition de rendre ses talents utiles \u00e0 son pays &amp; de servir ses concitoyens, soit par son habilet\u00e9 dans l\u2019art de la guerre, ou par ses talents pour le gouvernement, ou les n\u00e9gociations, est fort au-dessus de [celle] qu\u2019on peut se proposer pour l\u2019\u00e9tude ; mais les femmes sont exclues, par leur \u00e9tat, de toute esp\u00e8ce de gloire, &amp; quand, par hasard, il s\u2019en trouve quelqu\u2019une qui est n\u00e9e avec une \u00e2me assez \u00e9lev\u00e9e, il ne lui reste que l\u2019\u00e9tude pour la consoler de toutes les exclusions &amp; de toutes les d\u00e9pendances auxquelles elle se trouve condamn\u00e9e par \u00e9tat. \u00bb 13 Voir notamment Thomas Crow, Painters and Public Life in Eighteenth-Century, Paris, Yale University, 1985 et Richard Wrigley, The Origins of French Art Criticism. From the Ancien R\u00e9gime to the Restoration, Oxford, Clarendon Press, 1993.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Colloque international Universit\u00e9 Paris Nanterre &#8211; Universit\u00e9 Bordeaux Montaigne et avec le soutien de l\u2019universit\u00e9 Paris VIII et du mus\u00e9e du Louvre Paris, jeudi 31 mai et vendredi 1er juin 2018 L\u2019art au f\u00e9minin n\u2019est plus regard\u00e9 comme une anomalie. Plusieurs expositions ont r\u00e9cemment mis \u00e0 l\u2019honneur des peintres femmes du XVIIIe si\u00e8cle. 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