{"id":3002,"date":"2009-11-09T18:23:35","date_gmt":"2009-11-09T18:23:35","guid":{"rendered":"http:\/\/328"},"modified":"2009-11-09T18:23:35","modified_gmt":"2009-11-09T18:23:35","slug":"bourse-2004","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/siefar.org\/gb\/bourse-2004\/","title":{"rendered":"Bourse 2004"},"content":{"rendered":"<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\">Elle a &eacute;t&eacute; attribu&eacute;e &agrave; <strong>Eug&eacute;nie Pascal<\/strong>, doctorante travaillant sur une th&egrave;se intitul&eacute;e &laquo;Liens de famille, pratiques de pouvoir, conscience de soi. Princesses &eacute;pistoli&egrave;res au tournant du XVIIe si&egrave;cle&raquo; (Universit&eacute; Paris 3, dir. M.-M. Fragonard).<\/p>\n<p>Suite &agrave; l&#8217;obtention de sa bourse, le compte rendu de ses recherches en cours a &eacute;t&eacute; publi&eacute; dans <em>Dipl&ocirc;m&eacute;es<\/em>, Revue de l&#8217;AFFDU (Assosciation fran&ccedil;aise des femmes dipl&ocirc;m&eacute;es des universit&eacute;s), septembre 2004, &laquo;Echos de recherches en cours \/ Femmes et pouvoir: princesses &eacute;pistoli&egrave;res au tournant du XVIe au XVIIe si&egrave;cle&raquo;<\/p>\n<p><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: center;\" class=\"titreJaune\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\nCompte rendu, <em>Dipl&ocirc;m&eacute;es<\/em>, sept. 2004<\/p>\n<p><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\n<strong>&laquo;Femmes et pouvoir: princesses &eacute;pistoli&egrave;res au tournant du XVIe au XVIIe si&egrave;cle&raquo;<\/strong><\/p>\n<p>La p&eacute;riode 1560-1630 constitue un moment charni&egrave;re de l&rsquo;histoire moderne, autant en raison de sa proximit&eacute; avec des d&eacute;couvertes qui transformeront profond&eacute;ment la vision du monde (exp&eacute;ditions au Nouveau Monde, invention de l&rsquo;imprimerie, passage du g&eacute;ocentrisme &agrave; l&rsquo;h&eacute;liocentrisme, naissance de la religion r&eacute;form&eacute;e), que par les troubles particuli&egrave;rement d&eacute;cisifs qui l&rsquo;agitent. Si les historiens, privil&eacute;giant l&rsquo;&eacute;tude des institutions, ont pass&eacute; sous silence le r&ocirc;le jou&eacute; par les femmes, que ce soit dans les guerres de religion de la fin du XVIe si&egrave;cle ou dans les complots nobiliaires du d&eacute;but du XVIIe, l&rsquo;&eacute;tude des lettres de princesses[<\/span><span style=\"font-size: small;\"><a href=\"#note1\"><span style=\"font-size: small;\">1<\/span><\/a><span style=\"font-size: small;\">], dont la plupart n&rsquo;ont pas &eacute;t&eacute; &eacute;dit&eacute;es[<\/span><a href=\"#note2\"><span style=\"font-size: small;\">2<\/span><\/a><span style=\"font-size: small;\">], ouvre de nombreuses pistes de recherche[<\/span><a href=\"#note3\"><span style=\"font-size: small;\">3<\/span><\/a><span style=\"font-size: small;\">].<\/p>\n<p>Ces correspondances t&eacute;moignent de la grande ma&icirc;trise qu&rsquo;ont ces femmes de l&rsquo;outil &eacute;pistolaire, aussi bien sur le plan rh&eacute;torique que sur un plan plus mat&eacute;riel. L&rsquo;abondance et le contenu de leurs lettres r&eacute;v&egrave;lent la place cruciale occup&eacute;e par les princesses au sein des relations familiales, r&eacute;seaux politiques par lesquels elles se d&eacute;finissent, aussi bien &agrave; travers le r&ocirc;le qu&rsquo;elles y jouent effectivement, qu&rsquo;&agrave; travers les repr&eacute;sentations de ces relations et de ce r&ocirc;le.<\/p>\n<p>Il est instructif, en lisant les lettres des princesses, de constater que celles-ci ne se d&eacute;crivent que tr&egrave;s rarement en fonction de leur appartenance &agrave; la nature ou au genre f&eacute;minins. De fait, le groupe social dont elles participent naturellement &ndash; puisque dans la haute noblesse, plus qu&rsquo;ailleurs, la place sociale repose sur le sang &ndash; constitue leur crit&egrave;re principal de d&eacute;finition de soi. En outre, la grande majorit&eacute; des correspondants des princesses sont des hommes, puisque les charges d&rsquo;administration de leurs domaines sont ferm&eacute;es aux femmes. Les interm&eacute;diaires entre les princesses et leurs peuples sont ainsi essentiellement masculins.<\/p>\n<p>Consid&eacute;r&eacute;es par nombre de leurs contemporains[<\/span><a href=\"#note4\"><span style=\"font-size: small;\">4<\/span><\/a><span style=\"font-size: small;\">] comme les seules femmes &agrave; qui il est l&eacute;gitime d&rsquo;accorder une &eacute;ducation approfondie, les princesses ne reconnaissent que peu, dans leurs lettres, une fa&ccedil;on genr&eacute;e de gouverner. C&rsquo;est au m&ecirc;me titre que leurs p&egrave;res, fr&egrave;res, maris et fils &ndash; en tant que grandes[<\/span><a href=\"#note5\"><span style=\"font-size: small;\">5]<\/span><\/a><span style=\"font-size: small;\"> &ndash; qu&rsquo;elles exercent le pouvoir. Ceci explique que, tout en utilisant ponctuellement l&rsquo;expression &laquo; femme d&rsquo;&Eacute;tat &raquo; &ndash; ce qui t&eacute;moigne de leur int&eacute;gration de la nouvelle notion d&rsquo;&Eacute;tat, mais aussi du caract&egrave;re courant d&rsquo;une pratique du pouvoir par les princesses &ndash;, celles-ci &eacute;vitent soigneusement d&rsquo;insister sur leur condition de femmes. Les rares fois o&ugrave; elles exploitent le topos de l&rsquo;inf&eacute;riorit&eacute; f&eacute;minine, elles le rendent caduc et s&rsquo;attachent &agrave; s&rsquo;en exclure.<\/p>\n<p>On peut penser que c&rsquo;est la difficile conciliation des qualit&eacute;s associ&eacute;es au genre f&eacute;minin et de la pratique du pouvoir politique &ndash; accord&eacute;e par exception &agrave; ces femmes de tr&egrave;s haut rang &ndash; qui emp&ecirc;che les princesses, contrairement aux femmes de rang inf&eacute;rieur oblig&eacute;es de s&rsquo;adonner &agrave; une r&eacute;flexion-justification de leur prise de parole en tant que femmes, de s&rsquo;arr&ecirc;ter sur leur double statut de gouvernantes et de femmes[<\/span><a href=\"#note6\"><span style=\"font-size: small;\">6<\/span><\/a><span style=\"font-size: small;\">]. Dans cette perspective, il serait particuli&egrave;rement int&eacute;ressant de comparer la rh&eacute;torique employ&eacute;e par des femmes et des hommes de m&ecirc;mes groupes sociaux, et ceux de femmes appartenant &agrave; des groupes diff&eacute;rents. Une telle &eacute;tude crois&eacute;e contribuerait &agrave; d&eacute;terminer s&rsquo;il existe une mani&egrave;re f&eacute;minine de se concevoir et de se repr&eacute;senter en Europe au d&eacute;but de l&rsquo;&eacute;poque moderne.<\/span><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><\/div>\n<div style=\"text-align: right;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>Eug&eacute;nie Pascal<\/strong><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"font-size: small;\"><\/p>\n<p><\/span><a name=\"note1\"><\/a><span style=\"font-size: small;\"><em>(1)<\/em> Le terme, entendu au sens large, d&eacute;signe des femmes apparent&eacute;es &agrave; des familles souveraines r&eacute;gnantes, issues de lign&eacute;es comme les Valois, les Cl&egrave;ves, les Bourbon-Vend&ocirc;me, les Bourbon-Montpensier, les Nassau, les Lorraine, les Montmorency ou les Rohan.<\/p>\n<p><\/span><a name=\"note2\"><\/a><span style=\"font-size: small;\"><em>(2)<\/em> Seule la correspondance de Marguerite de Valois a &eacute;t&eacute; r&eacute;cemment &eacute;dit&eacute;e dans sa totalit&eacute; (&eacute;d. &Eacute;. Viennot, Champion, 1998). Les correspondances compl&egrave;tes de Louise de Coligny et de Catherine de Bourbon existent &eacute;galement, mais dans des &eacute;ditions dat&eacute;es (1887 et 1927).<\/p>\n<p><\/span><a name=\"note3\"><\/a><span style=\"font-size: small;\"><em>(3)<\/em> Aucune &eacute;tude d&rsquo;ensemble n&rsquo;existe &agrave; ce jour sur les correspondances des princesses fran&ccedil;aises de la p&eacute;riode. En outre, on commence tout juste &agrave; s&rsquo;int&eacute;resser au statut et &agrave; la fonction de la princesse, entendue au sens strict (&eacute;pouse ou m&egrave;re &ndash; &eacute;ventuellement soeur &ndash; de roi). Voir par exemple F. Consandey, <em>La Reine de France<\/em>, Paris, Gallimard, 2000; C. Martin-Ulrich, L<em>a Persona de la princesse au XVIe si&egrave;cle: personnage litt&eacute;raire et personnage politique<\/em>, Paris, Champion, 2004.<\/p>\n<p><\/span><a name=\"note4\"><\/a><span style=\"font-size: small;\"><em>(4)<\/em> Ainsi, Agrippa d&rsquo;Aubign&eacute; &eacute;crit: &laquo;<em>(L)<\/em>es Princesses <em>(&#8230;)<\/em> sont par leur condition obligees au soin, &agrave; la coignoissance, &agrave; la suffisance, aux gestions et auctoritez des hommes&raquo; (&laquo;&Agrave; mes filles touchant les femmes doctes de nostre siecle&raquo;, <em>Lettres sur diverses sciences <\/em>n&deg; VIII, <em>&OElig;uvres<\/em>, &eacute;d. H. Wepler, Paris, Gallimard, &laquo;La Pl&eacute;iade&raquo;, 1969, p.854).<\/p>\n<p><\/span><a name=\"note5\"><\/a><span style=\"font-size: small;\"><em>(5)<\/em> Les &laquo;grands&raquo; sont ainsi d&eacute;finis par A. Jouanna: &laquo;On d&eacute;signe par ce terme les princes du sang royal, &agrave; qui leur parent&eacute; avec le souverain donnait une qualit&eacute; &eacute;minente, ceux qu&rsquo;on appelait les &lsquo;princes &eacute;trangers&rsquo; (comme les Cl&egrave;ves, les Savoie-Nemours, les Rohan, les Lorraine, les Gonzague-Mantoue, les Grimaldi-Monaco, etc.), les ducs qui poss&eacute;daient, comme les premiers, la dignit&eacute; de pairs, et enfin les ducs sans pairie. Ce groupe avait un large acc&egrave;s aux plus importantes charges du royaume, grands offices de la Couronne (par exemple ceux de conn&eacute;table, de mar&eacute;chal, d&rsquo;amiral, de grand ma&icirc;tre de France) ou gouvernements des provinces.&raquo; (<em>Le Devoir de r&eacute;volte. La noblesse fran&ccedil;aise et la gestation de l&rsquo;&Eacute;tat moderne<\/em>, 1559-1661, Paris, Fayard, 1989, p.35.) Seule l&rsquo;interdiction de l&rsquo;acc&egrave;s &agrave; l&rsquo;honneur militaire et &agrave; la plupart des charges et dignit&eacute;s privil&eacute;gi&eacute;es &ndash; dont elles jouissent par procuration en collaborant &eacute;troitement avec leurs maris, fils et fr&egrave;res &ndash; distingue consid&eacute;rablement les princesses de ceux-ci.<\/p>\n<p><\/span><a name=\"note6\"><\/a><\/span><span style=\"font-size: small;\"><em>(6)<\/em> &Agrave; l&rsquo;extr&ecirc;me, cette dualit&eacute; donne lieu &agrave; des cas comme celui de Marguerite de Valois, qui, pour se repr&eacute;senter en personne de pouvoir, s&rsquo;identifie syst&eacute;matiquement, dans ses lettres comme dans ses M&eacute;moires, &agrave; des figures masculines.<\/p>\n<p><\/span><\/div>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Elle a &eacute;t&eacute; attribu&eacute;e &agrave; Eug&eacute;nie Pascal, doctorante travaillant sur une th&egrave;se intitul&eacute;e &laquo;Liens de famille, pratiques de pouvoir, conscience de soi. 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