{"id":3000,"date":"2009-11-09T18:02:30","date_gmt":"2009-11-09T18:02:30","guid":{"rendered":"http:\/\/326"},"modified":"2009-11-09T18:02:30","modified_gmt":"2009-11-09T18:02:30","slug":"bourse-2006","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/siefar.org\/gb\/bourse-2006\/","title":{"rendered":"Bourse 2006"},"content":{"rendered":"<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Elle a &eacute;t&eacute; attribu&eacute;e le 12 mai &agrave; <strong>Claire Le Ninan,<\/strong> post-doctorante de l&#8217;universit&eacute; de Paris III, pour son projet d&#8217;&eacute;tudes iconographiques des textes politiques de Christine de Pizan.<\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\nSuite &agrave; l&#8217;obtention de sa bourse, le compte rendu de ses recherches en cours a &eacute;t&eacute; publi&eacute; dans <em>Dipl&ocirc;m&eacute;es<\/em>, Revue de l&#8217;AFFDU (Association fran&ccedil;aise des femmes dipl&ocirc;m&eacute;es des universit&eacute;s).<br \/>\n<\/span><\/div>\n<div class=\"titreJaune\" style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\nCompte rendu, <em>Dipl&ocirc;m&eacute;es<\/em>, sept. 2006<\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\nEcrivaine du d&eacute;but du XVe si&egrave;cle, Christine de Pizan a consacr&eacute; une partie de son oeuvre &agrave; la politique. Elle a compos&eacute; des textes qui s&rsquo;apparentent &agrave; des miroirs du prince, comme le <em>Livre des fais et bonnes meurs du sage roy Charles V<\/em>, le <em>Livre du corps de policie<\/em>, le <em>Livre de paix<\/em>, ou bien des textes plus courts qui, adress&eacute;s aux puissants et &agrave; l&rsquo;ensemble des sujets du royaume de France, appellent &agrave; la concorde civile et &agrave; un meilleur gouvernement. C&rsquo;est le cas du livre I de l&rsquo;<em>Advision Cristine<\/em>, de l&rsquo;<em>Epistre &agrave; la reine<\/em>, de la L<em>amentacion sur les maux de la France<\/em> et du <em>Diti&eacute; de Jehanne d&rsquo;Arc<\/em>. Mais quel que soit le genre auquel elles se rattachent, ces oeuvres constituent une r&eacute;action &agrave; la situation catastrophique de la France, affaiblie par des d&eacute;cennies de guerre contre les Anglais, et surtout, par la pr&eacute;sence sur le tr&ocirc;ne de Charles VI, le roi fou, que la maladie emp&ecirc;che de gouverner. La fragilit&eacute; du roi donne lieu &agrave; des luttes entre les princes pour l&rsquo;appropriation du pouvoir et ces rivalit&eacute;s d&eacute;boucheront sur une guerre civile. Face &agrave; la menace permanente d&rsquo;un chaos qui entra&icirc;nerait la disparition du royaume, Christine cherche &agrave; &eacute;duquer le dauphin, Louis de Guyenne, et d&eacute;fend un mod&egrave;le de bon gouverneur, incarn&eacute; par le grand-p&egrave;re du jeune homme, Charles V, qui allie int&eacute;r&ecirc;t pour le savoir et respect des vertus.<\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Christine de Pizan n&rsquo;est pas la seule &eacute;crivaine de la fin du Moyen &Acirc;ge &agrave; intervenir dans le domaine politique. Par contre, alors que des po&egrave;tes comme Eustache Deschamps conserve le vers pour s&rsquo;adresser aux princes, Christine abandonne la po&eacute;sie, art dans lequel pourtant elle excelle, pour adopter la prose et se placer dans le champ cl&eacute;rical. Ce choix constitue un moyen d&rsquo;imposer sa voix aupr&egrave;s des puissants tout en l&eacute;gitimant la prise de parole. La th&egrave;se de doctorat que j&rsquo;ai consacr&eacute;e &agrave; Christine de Pizan et l&rsquo;&eacute;criture du politique -Le sage roi et la clergesse: L&rsquo;&eacute;criture du politique dans l&rsquo;oeuvre de Christine de Pizan, dirig&eacute;e par Emmanu&egrave;le Baumgartner et soutenue &agrave; Paris III en 2004- interroge les postures prises par l&rsquo;&eacute;crivain ainsi que les figures de rh&eacute;toriques employ&eacute;es pour convaincre le prince de suivre ses conseils avis&eacute;s, deux &eacute;l&eacute;ments essentiels qui assurent l&rsquo;efficacit&eacute; du message politique. L&rsquo;&eacute;tude des repr&eacute;sentations litt&eacute;raires de l&rsquo;&eacute;crivaine permet de noter une &eacute;volution au fil des oeuvres. Dans les premiers textes (le Livre de l&rsquo;<em>Advision Cristine<\/em> et le<em> Charles V<\/em>), Christine se sert de l&rsquo;autobiographie pour construire son image de femme savante mais durement confront&eacute;e au r&eacute;el: elle rappelle ses origines italiennes, la fonction d&rsquo;astrologue occup&eacute;e par son p&egrave;re &agrave; la cour de Charles V, son veuvage pr&eacute;coce et son int&eacute;r&ecirc;t pour l&rsquo;&eacute;tude qui la conduit &agrave; composer ses premi&egrave;res oeuvres et subvenir, par ce moyen, aux besoins de sa famille. Ce double aspect est essentiel &agrave; la composition d&rsquo;une oeuvre politique qui doit &ecirc;tre le lien entre la th&eacute;orie et la pratique. Dans les oeuvres plus tardives, notamment le Livre de paix, l&rsquo;autobiographie occupe une place beaucoup plus r&eacute;duite et Christine donne alors l&rsquo;image d&rsquo;une femme savante, non plus par la mention de son amour de la lecture, mais par l&rsquo;habilet&eacute; avec laquelle elle manie la sagesse antique et m&eacute;di&eacute;vale, dont elle pr&eacute;l&egrave;ve les id&eacute;es et les formules correspondant le mieux &agrave; sa le&ccedil;on.<\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">L&rsquo;importance d&eacute;croissante de l&rsquo;autobiographie est &agrave; mettre en partie en relation avec l&rsquo;abandon de l&rsquo;all&eacute;gorie comme support privil&eacute;gi&eacute; de la critique des gouverneurs. Employ&eacute;e dans le Livre du chemin de longue &eacute;tude et dans l&rsquo;Advision Cristine, l&rsquo;all&eacute;gorie met en sc&egrave;ne la formation intellectuelle de Christine. Par contre, la technique de la compilation est commune &agrave; l&rsquo;ensemble des oeuvres politiques. Les &eacute;l&eacute;ments ins&eacute;r&eacute;s prennent la forme d&rsquo;exempla tir&eacute;s principalement de l&rsquo;histoire antique et biblique, ou de sententiae issues de floril&egrave;ges. L&rsquo;insertion de ces &eacute;l&eacute;ments donne lieu &agrave; un travail de s&eacute;lection et de r&eacute;&eacute;criture pour les adapter au nouveau cadre textuel. Mais surtout, parmi les fragments de texte puis&eacute;s &agrave; des sources reconnues, Christine glisse des morceaux de ses propres oeuvres. Ainsi, le Charles V sert de mat&eacute;riau au Livre de paix: de nombreux r&eacute;cits illustrant les propos th&eacute;oriques proviennent de la biographie du roi. Gr&acirc;ce &agrave; cette auto-citation, Christine inscrit ses textes parmi les classiques de la litt&eacute;rature politique de son &eacute;poque, et les rend dignes d&rsquo;&ecirc;tre cit&eacute;s et utilis&eacute;s comme sources pour l&rsquo;&eacute;laboration d&rsquo;autres oeuvres.<\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Christine de Pizan veille donc, au cours de son oeuvre politique, &agrave; &ecirc;tre parfaitement reconnaissable en tant qu&rsquo;auteure et &agrave; constituer &agrave; la fois par l&rsquo;unit&eacute; de sa figure d&rsquo;&eacute;crivaine -une femme veuve et savante- et par l&rsquo;autocitation l&rsquo;ensemble de ses textes comme un tout coh&eacute;rent, comme une oeuvre. Cette volont&eacute; de constituer et de souligner la coh&eacute;rence de l&rsquo;oeuvre se retrouve dans l&rsquo;iconographie des manuscrits dont Christine a supervis&eacute; la r&eacute;alisation. Toujours v&ecirc;tue d&rsquo;une robe bleue ou grise et portant une coiffe blanche, elle est repr&eacute;sent&eacute;e &agrave; sa table d&rsquo;&eacute;criture ou, dans les textes all&eacute;goriques, dans une attitude m&eacute;taphorique d&rsquo;acc&egrave;s au savoir. <\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Gr&acirc;ce &agrave; la bourse que la SIEFAR m&rsquo;a attribu&eacute;e en mai 2006, j&rsquo;envisage d&rsquo;&eacute;tudier les repr&eacute;sentations de l&rsquo;&eacute;crivaine dans ces manuscrits et de les comparer avec celles des manuscrits plus tardifs, dont la r&eacute;alisation n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; contr&ocirc;l&eacute;e par Christine. Il s&rsquo;agira de montrer que les images des premiers v&eacute;hiculent une conception du m&eacute;tier d&rsquo;&eacute;crivain, et notamment de l&rsquo;&eacute;crivain politique, profond&eacute;ment pens&eacute;e par Christine, que les seconds att&eacute;nuent ou d&eacute;naturent.<\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: right;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>Claire Le Ninan &ndash; Paris III<\/strong><\/span><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Elle a &eacute;t&eacute; attribu&eacute;e le 12 mai &agrave; Claire Le Ninan, post-doctorante de l&#8217;universit&eacute; de Paris III, pour son projet d&#8217;&eacute;tudes iconographiques des textes politiques de Christine de Pizan. 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