{"id":2999,"date":"2009-11-09T17:52:31","date_gmt":"2009-11-09T17:52:31","guid":{"rendered":"http:\/\/325"},"modified":"2009-11-09T17:52:31","modified_gmt":"2009-11-09T17:52:31","slug":"bourse-2007","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/siefar.org\/gb\/bourse-2007\/","title":{"rendered":"Bourse 2007"},"content":{"rendered":"<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\">Elle a &eacute;t&eacute; attribu&eacute;e le 11 juin &agrave; <strong>Valentina Denzel<\/strong>, doctorante de l&#8217;universit&eacute; de Paris 7, en Litt&eacute;rature compar&eacute;e, sous la direction de Fran&ccedil;oise Lavocat, pour son projet doctoral portant sur &laquo;Les personnages de Bradamante et de Marphise de l&#8217;&eacute;pop&eacute;e le Roland furieux et leur influence sur la Querelle des femmes en France et en Italie (1531-1696)&raquo;. Cette recherche porte en particulier sur plusieurs autrices fran&ccedil;aises ou ayant eu une influence sur la culture fran&ccedil;aise, &agrave; savoir Isabelle Andreini, Marie de Gournay et Catherine Bernard.<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\nL&#8217;obtention de cette bourse lui permettra de financer les co&ucirc;ts importants li&eacute;s &agrave; l&#8217;&eacute;tude des adaptations th&eacute;&acirc;trales de Marphise et Bradamante, en raison des s&eacute;jours en Italie et des frais de reproduction que cela va occasionner.<\/p>\n<p>Suite &agrave; l&#8217;obtention de sa bourse, le compte rendu de ses recherches en cours a &eacute;t&eacute; publi&eacute; dans <em>Dipl&ocirc;m&eacute;es<\/em>, Revue de l&#8217;AFFDU (Association fran&ccedil;aise des femmes dipl&ocirc;m&eacute;es des universit&eacute;s).<br \/>\n<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: center;\" class=\"titreJaune\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\nCompte rendu, <em>Dipl&ocirc;m&eacute;es<\/em>, sept. 2007<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\n<\/span><strong><span style=\"font-size: small;\">Marphise et Bradamante: deux guerri&egrave;res qui ont fa&ccedil;onn&eacute; l&rsquo;imaginaire de l&rsquo;Europe moderne<\/span><\/strong><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\">Par leur caract&egrave;re exceptionnel, int&eacute;grant des aspects f&eacute;minins et masculins, les deux grandes guerri&egrave;res des &eacute;pop&eacute;es italiennes de Boiardo (<em>Orlando innamorato<\/em>, 1495) et de l&rsquo;Arioste (<em>Orlando furioso<\/em>, 1532) ont inspir&eacute;, depuis la deuxi&egrave;me moiti&eacute; du XVIe si&egrave;cle, de tr&egrave;s nombreux auteurs et autrices. Elles sont devenues les h&eacute;ro&iuml;nes de plusieurs pi&egrave;ces de th&eacute;&acirc;tres et op&eacute;ras, o&ugrave; leurs hauts faits et leurs relations avec les h&eacute;ros constituent autant de motifs frappant l&rsquo;imagination. Elles ont &eacute;galement &eacute;t&eacute; la source de nombreux trait&eacute;s s&rsquo;inscrivant dans la &laquo;Querelle des femmes&raquo;, philogynes et misogynes ayant eu souvent recours &agrave; ces deux personnages pour appuyer leur conception positive ou n&eacute;gative du sexe f&eacute;minin.<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\">L&rsquo;&eacute;tude des &oelig;uvres fran&ccedil;aises et italiennes des XVIe et XVIIe si&egrave;cles o&ugrave; apparaissent ces deux h&eacute;ro&iuml;nes (fictions, trait&eacute;s politiques, trait&eacute;s po&eacute;tiques) constitue mon sujet de th&egrave;se. Leur comparaison fait appara&icirc;tre des repr&eacute;sentations diff&eacute;rentes, voire divergentes, dans les deux pays. En Italie, l&rsquo;image de Marphise et de Bradamante s&rsquo;inscrit surtout dans le cadre g&eacute;n&eacute;ral de la discussion sur les capacit&eacute;s des femmes: le personnage de la guerri&egrave;re incarne le d&eacute;passement des fronti&egrave;res dans lesquelles la condition f&eacute;minine est ordinairement maintenue. C&rsquo;est le cas de <em>La pazzia d&rsquo;Isabella<\/em> (&laquo;La folie d&rsquo;Isabelle&raquo;), com&eacute;die de la dramaturge et actrice Isabella Andreini, jou&eacute;e lors des noces de Ferdinand de M&eacute;dicis et Christine de Lorraine, le 13 mai 1589 &agrave; Florence, et de la com&eacute;die homonyme de Flaminio Scala, publi&eacute;e en 1611. Andreini et Scala mettent en sc&egrave;ne un personnage, Isabelle, qui symbolise l&rsquo;androgynie. La premi&egrave;re h&eacute;ro&iuml;ne d&eacute;passe son statut de femme par une fureur divine qui est en m&ecirc;me temps une force cr&eacute;atrice: elle sort de la maison, s&rsquo;exprime en plusieurs langues, bannit le dogme du silence f&eacute;minin. La seconde d&eacute;fend son amour &agrave; la force de l&rsquo;&eacute;p&eacute;e. Des op&eacute;ras sont par ailleurs consacr&eacute; aux deux guerri&egrave;res, comme<em> Il palazzo incantato <\/em>(1642) de Rospigliosi, et la <em>Bradamante<\/em> (1650) de Bissari, o&ugrave; les deux femmes brillent par leurs prouesses et affichent leur caract&egrave;re belliqueux.<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\">En France, la premi&egrave;re r&eacute;ception des deux viragos est surtout li&eacute;e aux troubles civils et religieux, qui firent rage durant les quatre derni&egrave;res d&eacute;cennies du XVIe si&egrave;cle. D&rsquo;une part, en cette &eacute;poque de mis&egrave;re et de d&eacute;solation, la th&eacute;matique h&eacute;ro&iuml;que et sentimentale du <em>Roland furieux <\/em>constitue une forme d&rsquo;&eacute;vasion. En t&eacute;moignent les commentaires du m&eacute;morialiste Brant&ocirc;me, ainsi que les &oelig;uvres de Vauquelin de La Fresnaye. Le premier rappelle que Catherine de M&eacute;dicis fit repr&eacute;senter &agrave; la cour, pendant le carnaval de 1564, une com&eacute;die intitul&eacute;e <em>La Belle Geni&egrave;vre<\/em>, tir&eacute;e de l&rsquo;&oelig;uvre de l&rsquo;Arioste; aux lendemains de la premi&egrave;re guerre de religion, il se f&eacute;licite de cette initiative, qu&rsquo;il relie au souci de la reine de &laquo;donner toujours quelque recr&eacute;ation &agrave; son peuple ou &agrave; sa cour&raquo;[<a href=\"#note1\">1<\/a>]. Vauquelin de La Fresnaye &eacute;voque pour sa part, dans son <em>Art po&eacute;tique<\/em> &eacute;crit pendant les troubles religieux, plusieurs &eacute;pisodes du <em>Roland furieux <\/em>comme exemples de bons sujets de th&eacute;&acirc;tre, la mati&egrave;re ariost&eacute;enne se pr&ecirc;tant selon lui aussi bien &agrave; la trag&eacute;die qu&rsquo;&agrave; la tragi-com&eacute;die. D&rsquo;autre part, certains &eacute;crivains se r&eacute;f&egrave;rent &agrave; Marphise et &agrave; Bradamante pour symboliser une position politique. Ainsi Robert Garnier et Marie de Gournay font-ils des deux amazones des agents du retour &agrave; l&rsquo;ordre et &agrave; la paix. La tragi-com&eacute;die du premier, <em>Bradamante<\/em>, publi&eacute;e en 1582, est inspir&eacute;e des trois derniers chants du <em>Roland furieux<\/em>. Par les conflits int&eacute;rieurs qui l&rsquo;agitent, la protagoniste incarne le conflit qui divise la France, tandis que son int&eacute;grit&eacute; et sa vaillance repr&eacute;sentent des espoirs pour la fin des guerres. Marie de Gournay, elle, publie dans <em>Le Proumenoir de Monsieur de Montaigne<\/em> (1594) un po&egrave;me intitul&eacute; <em>Pour des Amazones d&eacute;sarm&eacute;es<\/em>. HenriIV vient alors de prendre le pouvoir, la guerre civile est pour l&rsquo;essentiel termin&eacute;e. Contrairement &agrave; la tragi-com&eacute;die de Garnier, les guerri&egrave;res, ici, ne participent pas &agrave; la pacification du pays. Elles symbolisent plut&ocirc;t le triomphe de la paix et invitent le peuple fran&ccedil;ais &agrave; d&eacute;poser les armes. D&rsquo;une certaine mani&egrave;re, dans ce po&egrave;me, Marie de Gournay condamne l&rsquo;utilisation de la force par les femmes. Pour l&rsquo;&eacute;crivaine, les vertus de son sexe r&eacute;sident plut&ocirc;t dans les lettres, le &laquo;beau parler&raquo;, la &laquo;gr&acirc;ce&raquo; et l&rsquo;&laquo;&oelig;illade&raquo;; les amazones sont obsol&egrave;tes et le temps est venu de la virago savante.<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\">Marphise et Bradamante ne sortent pas pour autant de l&rsquo;imaginaire fran&ccedil;ais, et leur souvenir se prolonge bien avant dans le XVIIe si&egrave;cle, &agrave; travers des &oelig;uvres fictionnelles ou non. L&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t que certaines &eacute;crivaines pr&eacute;cieuses portent &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de Marphise et de Bradamante se manifeste notamment dans <em>Les Femmes illustres ou les Harangues h&eacute;ro&iuml;ques<\/em> de Madeleine de Scud&eacute;ry (1642-1644). Dans la tradition de la &laquo;Querelle des femmes&raquo;, Marphise et Bradamante incarnent ici des femmes valeureuses et fi&egrave;res, mais Scud&eacute;ry ajoute sa touche personnelle en raffinant sur les sentiments &ndash;et les ressentiments&ndash; de Bradamante &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de Roger. Lors de la Fronde, par ailleurs (1648-1652), on observe plusieurs analogies entre les viragos ariost&eacute;ennes et la repr&eacute;sentation de certaines femmes qui n&rsquo;h&eacute;sitent pas &agrave; prendre les armes, comme la duchesse de Montpensier, la fameuse &laquo;Grande Mademoiselle&raquo;. Bien que ces figures disparaissent ensuite, en m&ecirc;me temps que cessent les prises d&rsquo;armes aristocratiques, la fin du si&egrave;cle voit encore para&icirc;tre des repr&eacute;sentations de ces guerri&egrave;res de l&eacute;gende. La trag&eacute;die <em>Bradamante <\/em>(1696), g&eacute;n&eacute;ralement attribu&eacute;e Thomas Corneille, en est un exemple. Le caract&egrave;re fortement philogyne de cette &oelig;uvre, ainsi que l&rsquo;innovation dramaturgique qui consiste &agrave; faire de Marphise une femme aimante, t&eacute;moignent de la pr&eacute;gnance de ces personnages au temps du Roi Soleil. L&rsquo;hypoth&egrave;se ancienne, selon laquelle cette trag&eacute;die serait due &agrave; Catherine Bernard, &eacute;clairerait sous un jour nouveau, si elle &eacute;tait confirm&eacute;e, l&rsquo;aspect philogyne de cette <em>Bradamante<\/em>. Cette trag&eacute;die montre en outre de fortes ressemblances avec une autre <em>Bradamante<\/em>, anonyme et jamais publi&eacute;e. <\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\">La bourse SIEFAR m&rsquo;aidera &agrave; poursuivre mes recherches sur ces deux pi&egrave;ces, en couvrant notamment les co&ucirc;ts de plusieurs reproductions de manuscrits italiens qui sont n&eacute;cessaires &agrave; cette &eacute;tude. <\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><\/div>\n<div style=\"text-align: right;\" class=\"corpsTexte\"><strong><span style=\"font-size: small;\">Valentina Denzel &#8211; Paris VII <\/span><\/strong><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\n<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\n<a name=\"note1\"><\/a><em>(1)<\/em> Brant&ocirc;me, <em>Discours sur Catherine de M&eacute;dicis<\/em>, in <em>Recueil des dames, po&eacute;sies et tombeaux<\/em>, &eacute;d. &Eacute;tienne Vaucheret, Paris, Gallimard &laquo;la pl&eacute;iade&raquo;, 1992. <\/p>\n<p>\n<\/span><\/div><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Elle a &eacute;t&eacute; attribu&eacute;e le 11 juin &agrave; Valentina Denzel, doctorante de l&#8217;universit&eacute; de Paris 7, en Litt&eacute;rature compar&eacute;e, sous la direction de Fran&ccedil;oise Lavocat, pour son projet doctoral portant sur &laquo;Les personnages de Bradamante et de Marphise de l&#8217;&eacute;pop&eacute;e le Roland furieux et leur influence sur la Querelle des femmes en France et en [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"categorie_personnage":[],"class_list":["post-2999","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-debats"],"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"3.0.0","language":"gb","enabled_languages":["fr","gb"],"languages":{"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":false},"gb":{"title":false,"content":false,"excerpt":false}}},"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2999","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2999"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2999\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2999"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2999"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2999"},{"taxonomy":"categorie_personnage","embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_personnage?post=2999"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}