{"id":2885,"date":"2009-09-17T18:54:41","date_gmt":"2009-09-17T18:54:41","guid":{"rendered":"http:\/\/214"},"modified":"2009-09-17T18:54:41","modified_gmt":"2009-09-17T18:54:41","slug":"au-chevet-de-la-nation-sexe-race-et-medecine-xviie-xviiie-s","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/siefar.org\/gb\/au-chevet-de-la-nation-sexe-race-et-medecine-xviie-xviiie-s\/","title":{"rendered":"Au Chevet de la Nation. Sexe, race et m\u00e9decine (XVIIe-XVIIIe s.)"},"content":{"rendered":"<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: rgb(128, 0, 0);\"><strong><span style=\"font-size: small;\">Elsa DORLIN<\/span><\/strong><\/span><strong><br \/>\n<\/strong><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\nTh&egrave;se en Philosophie &#8211; Dir. Pierre-Fran&ccedil;ois Moreau, Universit&eacute; de Paris IV &#8211; Sorbonne, 2 d&eacute;cembre 2004.<\/span><\/strong><span style=\"font-size: small;\"><\/p>\n<p>\nSoutenance de th&egrave;se d&#8217;Elsa Dorlin &#8211; Institut National d&#8217;Histoire de l&#8217;Art, 6 de la rue des Petits Champs, Paris.<\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\nElsa Dorlin a soutenu publiquement sa th&egrave;se de philosophie &laquo;Au Chevet de la Nation. Sexe, race et m&eacute;decine (XVIIe-XVIIIe s.)&raquo; sous la direction de Monsieur le Professeur Pierre-Fran&ccedil;ois Moreau (Universit&eacute; Paris IV\/ENS-LSH), Bertrand Guillarme (Professeur Science politique Universit&eacute; Paris VIII) Sandra Laugier (Professeur Philosophie Universit&eacute; d&#8217;Amiens) Fr&eacute;d&eacute;rique Matonti (Professeur Science politique Universit&eacute; Paris I) Eleni Varikas (Ma&icirc;tre de conf&eacute;rences Science politique Universit&eacute; Paris VIII).<\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\nNotion centrale de la m&eacute;decine et de la philosophie depuis l&#8217;Antiquit&eacute;, le temp&eacute;rament permet de d&eacute;finir les caract&eacute;ristiques physiologiques et physionomiques des corps, ainsi que leurs pr&eacute;dispositions pathologiques et psychologiques. Pour les m&eacute;decins de l&#8217;&Acirc;ge classique, les femmes ont un temp&eacute;rament froid et humide, imparfait et maladif. Hyst&eacute;rie, nymphomanie, grossesses, accouchements, ischurie, prolapsus : cette &eacute;tiologie sexu&eacute;e constitue l&#8217;objet ambigu des nombreux trait&eacute;s des Maladies des femmes. Ce corpus offre un champ d&#8217;investigation pr&eacute;cieux pour analyser la fa&ccedil;on dont les cat&eacute;gories du sain et du malsain se constituent comme cat&eacute;gories de pouvoir dans le cadre d&#8217;une g&eacute;n&eacute;alogie de la Nation. Aux XVIIe si&egrave;cle et XVIIIe si&egrave;cle, la conception du corps des femmes comme un corps pathog&egrave;ne justifie efficacement une in&eacute;galit&eacute; pr&eacute;tendument naturelle entre les sexes. Les premiers naturalistes prennent mod&egrave;le sur la domination de genre : les Indiens, les Cara&iuml;bes, ou les esclaves d&eacute;port&eacute;s, sont per&ccedil;us comme des populations au temp&eacute;rament eff&eacute;min&eacute; et faible. Le concept de temp&eacute;rament est donc progressivement utilis&eacute; &agrave; la fois comme une norme de sant&eacute; ou de maladie et comme un instrument de naturalisation et de racialisation des rapports sociaux.<\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\nAu d&eacute;but du XVIIIe si&egrave;cle, le souci de la sant&eacute; et la crainte du d&eacute;peuplement poussent les m&eacute;decins &agrave; d&eacute;finir un concept de sant&eacute; f&eacute;minine pour promouvoir socialement le mod&egrave;le d&#8217;une femme saine et vigoureuse, m&egrave;re des enfants d&#8217;une Nation forte. La &quot;m&egrave;re&quot; devient le type f&eacute;minin de la sant&eacute;, oppos&eacute; aux figures d&#8217;une f&eacute;minit&eacute; mutante ou &laquo;d&eacute;g&eacute;n&eacute;r&eacute;e&raquo; &shy; la vaporeuse, la vivandi&egrave;re hommasse, la prostitu&eacute;e ou l&#8217;esclave africaine. La prise de contr&ocirc;le de l&#8217;univers de la naissance par les autorit&eacute;s permet d&#8217;&eacute;carter les sages-femmes et surtout les nourrices. Dans les colonies, cette nouvelle gestion de la reproduction est cruciale pour le syst&egrave;me plantocratique : les &eacute;pouses transmettent par leur lait leur temp&eacute;rament vigoureux &agrave; leurs enfants, quelques soient les influences du climat. Elles sont les garantes de l&#8217;int&eacute;grit&eacute; des caract&egrave;res nationaux et de la sup&eacute;riorit&eacute; des &laquo;Blancs&raquo; sur les &laquo;Noirs&raquo;. Elles deviennent ainsi un mod&egrave;le et une arme pour la r&eacute;g&eacute;n&eacute;ration de la Nation et l&#8217;unit&eacute; du peuple fran&ccedil;ais.<\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\n<strong>Mots cl&eacute;s : <\/strong>Temp&eacute;rament, historicit&eacute; du sexe biologique, m&eacute;decine humorale, concept de genre, maladies des femmes, hyst&eacute;rie, nymphomanie, sant&eacute;, normes, maladies des Noirs, esclavage, colonies, virilit&eacute;, nourrices, sages-femmes, gestion sociale de la reproduction, population, d&eacute;peuplement, anthropologie, d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence, racisme, sexisme, Nation, temp&eacute;rament\/caract&egrave;re national, hybridation, m&eacute;tissage, techniques politiques, mutation de genre.<\/p>\n<p><\/span><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Elsa DORLIN Th&egrave;se en Philosophie &#8211; Dir. 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