{"id":2875,"date":"2009-09-17T18:29:03","date_gmt":"2009-09-17T18:29:03","guid":{"rendered":"http:\/\/204"},"modified":"2009-09-17T18:29:03","modified_gmt":"2009-09-17T18:29:03","slug":"du-dialogo-de-la-bella-creanza-de-le-donne-1539-d-alessandro-piccolomini-a-l-instruction-pour-les-jeunes-dames-1572-de-marie-de-romieu-ou-quand-le-paradoxe-fait-l-opinion","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/siefar.org\/gb\/du-dialogo-de-la-bella-creanza-de-le-donne-1539-d-alessandro-piccolomini-a-l-instruction-pour-les-jeunes-dames-1572-de-marie-de-romieu-ou-quand-le-paradoxe-fait-l-opinion\/","title":{"rendered":"Du Dialogo de la bella creanza de le donne (1539) d&#8217;Alessandro Piccolomini \u00e0 l&#8217;Instruction pour les jeunes dames (1572) de Marie de Romieu, ou quand le paradoxe fait l&#8217;opinion"},"content":{"rendered":"<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"color: rgb(128, 0, 0);\"><strong><span style=\"font-size: small;\">Claude LA CHARIT&Eacute;<\/span><\/strong><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><strong><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\nTh&egrave;se en Litt&eacute;rature &#8211; Dir. Mireille Huchon, Universit&eacute; de Paris-IV-Sorbonne, d&eacute;cembre 2000<\/span><\/strong><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\nCe r&eacute;sum&eacute; de th&egrave;se a &eacute;galement paru dans la revue R<em>HR, Renaissance, Humanisme, R&eacute;forme :<br \/>\n<\/em><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\nLorsqu&#8217;&agrave; la toute fin des ann&eacute;es 1530, Alessandro Piccolomini donne lecture de son Dialogo de la bella creanza de le donne, &agrave; l&#8217;occasion d&#8217;une soir&eacute;e carnavalesque de l&#8217;Acad&eacute;mie des Intronati de Sienne, l&#8217;auteur se propose de d&eacute;noncer la rh&eacute;torique retorse et captieuse des maquerelles et, ce faisant, de conforter, &agrave; la mani&egrave;re des jeux fac&eacute;tieux sur la mati&egrave;re de br&eacute;viaire, la th&eacute;orie n&eacute;oplatonicienne de l&#8217;amour, &agrave; laquelle tous les Acad&eacute;miciens et leur auditoire f&eacute;minin adh&egrave;rent sans r&eacute;serve. Mais en 1572, lorsque Marie de Romieu fait para&icirc;tre son Instruction pour les jeunes dames, elle n&#8217;offre pas au public une simple traduction ou une simple adaptation du texte italien. En effet, alors qu&#8217;aux yeux de la critique moderne le Dialogo de Piccolomini constitue le mod&egrave;le achev&eacute; du dialogue comique, Marie de Romieu cong&eacute;die la maquerelle de la source, en chargeant une femme respectable et d&#8217;exp&eacute;rience de proposer &agrave; sa jeune amie, nouvelle mari&eacute;e, malheureuse de son mariage, un mod&egrave;le d&#8217;&eacute;ducation tout &agrave; fait anticonformiste, cette fois compl&egrave;tement assum&eacute; et revendiqu&eacute;. Le ma&icirc;tre mot de l&#8217;Instruction pour les jeunes dames pourrait sans doute &ecirc;tre &quot; en faire le semblant &quot;. La parfaite &quot; damoiselle &quot; doit faire semblant de se conformer aux mod&egrave;les traditionnels. Et plut&ocirc;t que de savoir vivre, la parfaite &quot; damoiselle &quot; doit savoir para&icirc;tre. Le contexte a rendu possible une telle apologie dans les ann&eacute;es 1570. Le contexte politique en particulier a favoris&eacute; la diffusion de Machiavel en France qui est constamment sollicit&eacute; par les Huguenots comme par les Catholiques pour d&eacute;noncer le cynisme pr&eacute;tendu de l&#8217;adversaire, appris dans les maximes du &quot; m&eacute;chant Florentin &quot;. La transposition du politique &agrave; l&#8217;&eacute;conomique se fait tout naturellement, puisque, comme le fait remarquer Innocent Gentillet, et je le cite, &quot; les subjets se conforment aux meurs et conditions du prince &quot;. Et d&egrave;s lors qu&#8217;il est envisageable que le prince soit machiav&eacute;lien ou machiav&eacute;lique, selon que l&#8217;on rejette ou que l&#8217;on accepte la doctrine de Machiavel, il devient possible pour la femme mari&eacute;e de guider son action en fonction des m&ecirc;mes r&egrave;gles. &Agrave; l&#8217;appui de cette lecture subversive du texte de Marie de Romieu, on trouve le t&eacute;moignage capital de Guillaume Colletet qui d&eacute;conseille la lecture du dialogue : &quot; Mais je conseille &agrave; celles qui voudront conserver leur innocence et vivre dans la puret&eacute; de consulter d&#8217;autres oracles que ceux-l&agrave;, puisqu&#8217;ils ne peuvent rien prononcer de favorable en ce rencontre; c&#8217;est plutost une instruction &agrave; bien faire l&#8217;amour qu&#8217;&agrave; vivre dans la reten&uuml;e &quot;. Il convient de porter un regard &agrave; la fois r&eacute;capitulatif et r&eacute;trospectif sur cette th&egrave;se, en &eacute;voquant &agrave; la fois la gen&egrave;se probable de l&#8217;Instruction dans la mouvance du salon de Madeleine de L&#8217;Aubespine et la m&eacute;tamorphose du dialogue italien en instruction fran&ccedil;aise &agrave; la fois sur le plan microtextuel et du point de vue de la po&eacute;tique des genres.<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\n<\/span><strong><span style=\"font-size: small;\">I &#8211; Le salon &laquo;paillard&raquo; de Madeleine de L&#8217;Aubespine et la gen&egrave;se de l&#8217;Instruction pour les jeunes dames<\/span><\/strong><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\n&Agrave; d&eacute;faut d&#8217;avoir pu trouver la preuve documentaire qui m&#8217;aurait permis d&#8217;accr&eacute;diter l&#8217;hypoth&egrave;se quant &agrave; la gen&egrave;se de l&#8217;Instruction pour les jeunes dames, preuve que j&#8217;esp&eacute;rais trouver jusqu&#8217;au bout, je vous pr&eacute;sente le faisceau d&#8217;indices convergents et concordants qui la rendent &agrave; tout le moins vraisemblable, peut-&ecirc;tre m&ecirc;me probable. Il est possible que le projet de l&#8217;Instruction pour les jeunes ait &eacute;t&eacute; formul&eacute; dans le cadre du salon litt&eacute;raire de Madeleine de L&#8217;Aubespine. En effet, ce salon se voulait un c&eacute;nacle concurrent du celui plus en vue et plus c&eacute;l&egrave;bre de la mar&eacute;chale de Retz. &Agrave; la diff&eacute;rence de sa rivale, Madeleine de L&#8217;Aubespine r&eacute;unissait dans son salon des po&egrave;tes bourgeois, alors que la mar&eacute;chale de Retz pr&eacute;tendait n&#8217;ouvrir ses portes qu&#8217;aux seuls nobles. D&#8217;ailleurs, parmi les participants du salon de Madeleine de L&#8217;Aubespine, se trouvaient une majorit&eacute; de secr&eacute;taires du roi et de secr&eacute;taires de la chambre du roi. Compte tenu que Jacques de Romieu a &eacute;t&eacute; promu secr&eacute;taire ordinaire de la chambre du roi &agrave; cette &eacute;poque, il est probable qu&#8217;il ait particip&eacute; aux s&eacute;ances du salon et peut-&ecirc;tre aussi, par le fait m&ecirc;me, sa sur, Marie de Romieu. En tout &eacute;tat de cause, l&#8217;une des figures dominantes de ce salon a &eacute;t&eacute; Philippe Desportes, dont l&#8217;influence, certes seconde apr&egrave;s celle de Ronsard, a fortement impr&eacute;gn&eacute; les Premieres uvres poetiques de Marie de Romieu, comme le constatait Andr&eacute; Winandy dans son &eacute;dition (<a href=\"#note1\">1)<\/a>. D&#8217;autre part, chronologiquement, les activit&eacute;s du salon s&#8217;&eacute;chelonnent sur presque vingt ans, du d&eacute;but des ann&eacute;es 1560 jusqu&#8217;&agrave; la fin des ann&eacute;es 1570, ce qui co&iuml;ncide avec la p&eacute;riode de r&eacute;daction de l&#8217;Instruction pour les jeunes dames. Enfin, et peut-&ecirc;tre surtout, certains auteurs rattach&eacute;s &agrave; ce salon se sont m&eacute;rit&eacute; le surnom de &quot; paillard &quot;, dont le sens reste &agrave; d&eacute;terminer, entre autres Nicole Li&eacute;bault, &agrave; tel point que les critiques de la fin du XIXe si&egrave;cle qui se sont int&eacute;ress&eacute;s &agrave; l&#8217;entourage de Madeleine de L&#8217;Aubespine n&#8217;h&eacute;sitent pas &agrave; parler de &quot; salon paillard &quot;. Ce qui est certain, c&#8217;est que les auteurs de ce salon se livraient &agrave; des exercices po&eacute;tiques sur des th&egrave;mes impos&eacute;s, dont les plus r&eacute;currents &eacute;taient pr&eacute;cis&eacute;ment le mariage et l&#8217;adult&egrave;re. Il est &agrave; peu pr&egrave;s certain que les Stances sur le mariage de Nicole Li&eacute;bault ont &eacute;t&eacute; compos&eacute;es dans ce cadre et &agrave; cette occasion, m&ecirc;me s&#8217;il est probable qu&#8217;elles ont &eacute;t&eacute; retouch&eacute;es pour publication<a href=\"#note2\"> (2)<\/a>. Pour toutes ces raisons, on admettra qu&#8217;il est s&eacute;duisant de penser que l&#8217;Instruction pour les jeunes des dames ait pu avoir &eacute;t&eacute; imagin&eacute; dans le cadre du salon paillard.<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\n<\/span><strong><span style=\"font-size: small;\">II &#8211; L&#8217;adaptation de l&#8217;Instruction : le retranchement du comique et la fusion du castiglionisme et du machiav&eacute;lisme<\/span><\/strong><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\nMarie de Romieu s&#8217;accorde bien plus de licences que ne tol&eacute;rait l&#8217;&eacute;thique du traducteur renaissant. En effet, pour parvenir &agrave; ses fins, elle est contrainte &agrave; la fois de d&eacute;samorcer le comique omnipr&eacute;sent de la source, de renforcer et de resserrer les &eacute;l&eacute;ments constitutifs du mod&egrave;le d&#8217;&eacute;ducation subversif que portait en germe le Dialogo de Piccolomini. La suppression du comique r&eacute;sulte le plus souvent dans le retranchement de passages entiers, destin&eacute;s &agrave; faire rire le lecteur de Piccolomini. La syst&eacute;matisation du mod&egrave;le de la femme machiav&eacute;lienne proc&egrave;de elle de l&#8217;emploi judicieux et parfaitement calibr&eacute; des redoublements de termes.<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\nPour reprendre sur le mode s&eacute;rieux le contenu didactique du texte-source, Marie de Romieu a d&ucirc;, dans un premier temps, substituer au &quot; proemio &quot; paradoxal de Piccolomini une &eacute;p&icirc;tre liminaire &agrave; vis&eacute;e univoque et strictement didactique. Ensuite, pour restaurer l&#8217;improbable cr&eacute;dibilit&eacute; de la maquerelle italienne, &agrave; qui revient l&#8217;initiative de la conversation, l&#8217;adaptatrice a &eacute;t&eacute; oblig&eacute;e de remodeler compl&egrave;tement son personnage. D&#8217;abord, elle a supprim&eacute; syst&eacute;matiquement ce qui, dans son attitude, trahissait sa nature de maquerelle, en en &eacute;laguant au moins deux des trois chefs d&#8217;accusation constituant le crime de maquerelage dans les textes juridiques de l&#8217;&eacute;poque. Tout ce qui sugg&eacute;rait la v&eacute;nalit&eacute; a &eacute;t&eacute; omis, entre autres le d&eacute;nuement de la m&egrave;re d&#8217;&eacute;lection, ses demandes indirectes et insistantes de b&eacute;n&eacute;fice en nature ou en argent, l&#8217;extorsion de promesses et d&#8217;engagements solennels &agrave; c&eacute;der au soupirant et enfin le choix impos&eacute; d&#8217;un amant dans la conclusion du dialogue. En outre, Marie de Romieu retire de l&#8217;Instruction pour les jeunes dames les nombreux passages o&ugrave; la maquerelle de Piccolomini laissait libre cours &agrave; sa m&eacute;disance et au plaisir de tourner en ridicule ses connaissances et ses contemporaines. D&#8217;une fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale, les plaisantes digressions se fondant sur la caract&eacute;risation pouss&eacute;e des personnages et des situations, propre &agrave; la com&eacute;die, sont abandonn&eacute;es. Tout ce qui ne concourt pas directement au mod&egrave;le d&#8217;&eacute;ducation que propose la m&egrave;re d&#8217;&eacute;lection ne figure pas non plus dans le texte fran&ccedil;ais, en particulier les nombreuses variantes d&eacute;risoires et &agrave; bon march&eacute; de cosm&eacute;tiques, dont la parfaite &quot; damoiselle &quot; ne saurait que faire. Enfin, Marie de Romieu prend soin d&#8217;ajouter certains d&eacute;veloppements qui adaptent les pr&eacute;ceptes sur l&#8217;habillement aux sp&eacute;cificit&eacute;s de la mode fran&ccedil;aise des ann&eacute;es 1570, en plus de compl&eacute;ter les r&egrave;gles de savoir-vivre, entre autres, par l&#8217;enseignement fondamentale de Castiglione sur la &quot; gr&acirc;ce nonchalante &quot;, mieux connue sous son nom italien de sprezzatura. En somme, pour reprendre la d&eacute;finition c&eacute;l&egrave;bre du Tasse &agrave; propos du dialoguiste, hybride entre le po&egrave;te et dialecticien, Marie de Romieu att&eacute;nue la part du po&egrave;te, pour mieux mettre en valeur le travail du dialecticien.<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\nMais le plus important de ce travail de refonte consiste dans les redoublements de termes, m&ecirc;me si ces retouches sont moins visibles et plus subtiles. Sans &ecirc;tre &agrave; proprement parler des redoublements de termes, la contamination d&#8217;italianismes, c&#8217;est-&agrave;-dire la r&eacute;currence plus &eacute;lev&eacute;e dans l&#8217;Instruction que dans la source italienne, contribue &agrave; accentuer les lignes de force du mod&egrave;le de comportement propos&eacute; &agrave; la jeune femme mal mari&eacute;e. Deux exemples de ce ph&eacute;nom&egrave;ne sont particuli&egrave;rement probants : la polys&eacute;mie de &quot; caresse &quot; et de &quot; courtiser &quot;. Il est certain que, dans les deux cas, la mise &agrave; la mode de ces deux termes dans la premi&egrave;re traduction du Courtisan par Jean Colin en 1537 a contribu&eacute; &agrave; leur reprise et &agrave; leur emploi fr&eacute;quent dans l&#8217;Instruction pour les jeunes dames, ce qui doit &agrave; nouveau se rattacher &agrave; la volont&eacute; de la po&eacute;tesse de recentrer le propos de son texte autour du mod&egrave;le courtisan de Castiglione. Le dialogue de Marie de Romieu fait ainsi le d&eacute;part entre les mauvaises &quot; caresses &quot;, qui correspondraient aux d&eacute;clarations emphatiques, intempestives et maladroites des soupirants &agrave; &eacute;viter, et les bonnes &quot; caresses &quot;, c&#8217;est-&agrave;-dire les attouchements sensuels des amants clandestins dans l&#8217;intimit&eacute;. L&#8217;opposition entre les deux sens du verbe &quot; courtiser &quot; rev&ecirc;t la m&ecirc;me valeur : la m&egrave;re stigmatise l&#8217;attitude ridicule des soupirants qui &quot; courtisent &quot; &agrave; tout va, pour mieux insister sur l&#8217;habilet&eacute; du parfait serviteur qui sait jouer le courtisan avec un art consomm&eacute;, en &quot; courtisant &quot; parfois sa dame pour mieux faire croire qu&#8217;il ne la &quot; courtise &quot; pas. Mais les redoublements de termes proposent un remodelage encore plus &eacute;vident du mod&egrave;le de la femme machiav&eacute;lienne. D&#8217;une fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale, dans ces redoublements, le premier terme traduit approximativement le mot italien correspondant et le second indique le r&eacute;sultat et l&#8217;effet recherch&eacute; par la parfaite &quot; damoiselle &quot; ou par son parfait serviteur. Dans ce syst&egrave;me, la morale abstraite est souvent ramen&eacute;e &agrave; un jugement esth&eacute;tique concret, le &quot; r&eacute;pr&eacute;hensible &quot; devenant ce qui d&eacute;pla&icirc;t esth&eacute;tiquement, lorsque, par exemple, l&#8217;adaptatrice traduit &quot; da biasimare &quot; par &quot; laid ou difforme &quot;. Le redoublement de termes op&egrave;re le m&ecirc;me rapprochement entre un terme neutre et l&#8217;effet recherch&eacute; &agrave; propos du comportement, lorsque l&#8217;adaptatrice prend le parti de rendre en fran&ccedil;ais &quot; movimenti &quot; par &quot; gestes et mouvemens &quot;, ce qui correspond exactement &agrave; la d&eacute;finition de la parfaite ma&icirc;trise des gestes de l&#8217;orateur dans l&#8217;actio de la rh&eacute;torique antique, gestes qui deviennent ainsi un langage non verbal aussi &eacute;loquent que la parole. Mais surtout, l&agrave; o&ugrave; ces rapprochements sont les plus efficaces, c&#8217;est &agrave; propos de l&#8217;indispensable simulation-dissimulation, concept tout droit sorti du Prince de Machiavel. L&agrave; o&ugrave; Piccolomini insistait seulement sur la dissimulation, Marie de Romieu y associe constamment la simulation, traduisant &agrave; plusieurs reprises &quot; fingere &quot; par &quot; feindre et dissimuler &quot; ou &quot; fintione &quot; par &quot; fainte ou dissimulation &quot;.<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\nCette red&eacute;finition du mod&egrave;le inscrit en filigrane dans le Dialogo et que Marie de Romieu syst&eacute;matise et remotive en recourant &agrave; la fois &agrave; Machiavel et &agrave; Castiglione est propre &agrave; l&#8217;Instruction pour les jeunes dames. D&#8217;ailleurs, cette fusion du castiglionisme et du machiav&eacute;lisme apparaissait presque impossible &agrave; l&#8217;&eacute;poque de Piccolomini, puisque Castiglione avait &eacute;crit son Livre du Courtisan en partie pour r&eacute;futer le Prince de Machiavel. N&eacute;anmoins, la fusion qu&#8217;op&egrave;re Marie de Romieu correspond assez exactement &agrave; ce que toute une litt&eacute;rature antiaulique contemporaine de l&#8217;Instruction, entre autres Le Philosophe de Court (1547) de Philbert de Vienne, d&eacute;nonce dans la culture courtisane, &agrave; savoir le mariage monstrueux de Machiavel et de Castiglione.<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\n<\/span><strong><span style=\"font-size: small;\">III- Du dialogus tentativus au dialogus expositivus : la m&eacute;tamorphose du dialogue en instruction<\/span><\/strong><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\n&Agrave; plus grande &eacute;chelle, ce travail de r&eacute;&eacute;criture vise surtout &agrave; inscrire le texte fran&ccedil;ais, non pas dans le genre d&#8217;origine du dialogue, mais plut&ocirc;t dans le genre didactique et univoque de l&#8217;instruction. &Agrave; cet &eacute;gard, le seul parti d&#8217;intituler le texte fran&ccedil;ais Instruction pour les jeunes dames, l&agrave; o&ugrave; Piccolomini avait opt&eacute; pour Dialogo de la bella creanza de le donne, t&eacute;moigne suffisamment de la volont&eacute; de passer d&#8217;un genre &agrave; un autre, surtout lorsque l&#8217;on a l&#8217;esprit la d&eacute;finition de Sperone Speroni qui, dans son Apologie, assimile le dialogue &agrave; la com&eacute;die, d&#8217;o&ugrave; il d&eacute;coule que le dialoguiste est aussi peu responsable des propos de ses devisants que l&#8217;est l&#8217;auteur comique des travers de ses personnages.<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\nN&eacute;anmoins, Marie de Romieu, dans l&#8217;&eacute;p&icirc;tre liminaire aux jeunes dames, pr&eacute;cise bien que son instruction est compos&eacute;e sous forme de &quot; Colloque ou Dialogue &quot;. C&#8217;est donc dire que le genre de l&#8217;instruction et le genre dialogique ne sont pas compl&egrave;tement mutuellement exclusifs. Ainsi donc, il faut envisager le Dialogo de Piccolomini et l&#8217;Instruction de Marie de Romieu comme relevant d&#8217;un m&ecirc;me genre englobant, le dialogue, mais ressortissant chacun &agrave; des sous-genres particuliers. On peut ainsi, en reprenant la typologie d&#8217;Eva Kushner, rattacher le Dialogo de Piccolomini au sous-genre du dialogue polyphonique, alors que l&#8217;Instruction de Marie de Romieu s&#8217;inscrirait plut&ocirc;t dans le sous-genre du dialogue monologique. Cette opposition entre le dialogue v&eacute;ritablement dialogique, o&ugrave; les points de vue des intervenants s&#8217;enrichissent de fa&ccedil;on dialectique &agrave; force d&#8217;&ecirc;tre confront&eacute;s les uns aux autres, et le dialogue monologique, o&ugrave; la mise en conversation est purement formelle et destin&eacute;e &agrave; all&eacute;ger ce qui serait autrement un trait&eacute; lin&eacute;aire et aride se trouve formalis&eacute;e par Carlo Sigonio dans son De Dialogo liber (1562), o&ugrave; sont oppos&eacute;s dialogus tentativus et dialogus expositivus.<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\nLa nature exploratoire et polyphonique, en un mot tentativus, &agrave; la mani&egrave;re d&#8217;un coup d&#8217;essai, du Dialogo ne se manifeste pas tant dans la conversation entre la maquerelle Raffaella et la jeune mari&eacute;e Margarita. En effet, &agrave; cet &eacute;gard l&#8217;Instruction pour les jeunes dames demeure fid&egrave;le &agrave; sa source : dans les deux cas, l&#8217;a&icirc;n&eacute;e conserve l&#8217;initiative de la parole et se pr&eacute;sente en d&eacute;positaire des connaissances &agrave; transmettre, tandis que la jeune dame est investie tout au plus du r&ocirc;le de faire-valoir par ses kyrielles de questions na&iuml;ves. La nature polyphonique du texte de Piccolomini est assum&eacute;e par le paratexte, c&#8217;est-&agrave;-dire le &quot; proemio &quot;, et par la doxa ambiante sur le mariage, la fid&eacute;lit&eacute; et l&#8217;adult&egrave;re. C&#8217;est une fois confront&eacute;es aux id&eacute;es re&ccedil;ues de la soci&eacute;t&eacute; siennoise en g&eacute;n&eacute;ral et de l&#8217;Acad&eacute;mie des Intronati en particulier, qui constituent l&#8217;implicite du texte, que les id&eacute;es de la maquerelle en mati&egrave;re de vie conjugale peuvent appara&icirc;tre comme une tentative d&#8217;apporter une r&eacute;ponse anticonformiste et originale au probl&egrave;me de l&#8217;&eacute;panouissement de la femme au sein de la soci&eacute;t&eacute; patriarcale, m&ecirc;me s&#8217;il est &eacute;vident que ce coup d&#8217;essai ressemble finalement &agrave; un coup d&#8217;&eacute;p&eacute;e dans l&#8217;eau et est destin&eacute; &agrave; d&eacute;montrer par l&#8217;absurde la validit&eacute; de la doxa ambiante.<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\nEn revanche, il en va tout autrement de l&#8217;Instruction pour les jeunes dames de Marie de Romieu. En effet, d&#8217;une part, le texte lui-m&ecirc;me ne confronte pas diff&eacute;rents points de vue sur la question de l&#8217;adult&egrave;re. Le texte liminaire aux jeunes dames va dans le m&ecirc;me sens que l&#8217;Instruction elle-m&ecirc;me. D&#8217;autre part, la doxa sur cette question &eacute;pineuse semble beaucoup plus ambivalente que dans les ann&eacute;es 1530 &agrave; Sienne. Socialement, l&#8217;adult&egrave;re est per&ccedil;u comme une preuve d&#8217;ing&eacute;niosit&eacute;. Juridiquement, la loi punissant l&#8217;adult&egrave;re est tomb&eacute;e en d&eacute;su&eacute;tude. Politiquement, le pouvoir se refuse &agrave; promulguer une ordonnance rappelant les sujets mari&eacute;s &agrave; leurs obligations conjugales et ce, malgr&eacute; les demandes insistantes des repr&eacute;sentants des trois ordres aux &Eacute;tats d&#8217;Orl&eacute;ans de 1560. Ainsi, la nouvelle &eacute;thique conjugale ne se trouve pas inscrite pas dans une polyphonie implicite dont elle constituerait une antith&egrave;se extr&ecirc;me &agrave; r&eacute;futer. D&#8217;ailleurs, le genre m&ecirc;me de l&#8217;instruction ne souffre pas de r&eacute;futation ou d&#8217;objections, compte tenu du rapport d&#8217;autorit&eacute; &eacute;tabli entre l&#8217;enseignant et l&#8217;enseign&eacute;. Le terme m&ecirc;me d&#8217;instruction, dans toutes ses acceptions, est marqu&eacute; par ce rapport d&#8217;autorit&eacute;. Ainsi, comme nous l&#8217;apprend le Tr&eacute;sor de la langue fran&ccedil;aise <a href=\"#note3\">(3)<\/a>, le terme appara&icirc;t pour la premi&egrave;re fois en 1320 au sens de &quot; ordre, directive donn&eacute;s par un sup&eacute;rieur &agrave; ses subordonn&eacute;s &quot;. Le second sens, &quot; action d&#8217;instruire quelqu&#8217;un, de lui communiquer des connaissances &quot; et qui nous int&eacute;resse plus particuli&egrave;rement, parce qu&#8217;il est au fondement du genre litt&eacute;raire &eacute;tudi&eacute; ici, appara&icirc;t, lui, en 1483 dans l&#8217;inventaire des biens de Charlotte de Savoie o&ugrave; l&#8217;on retrouve &quot; ung livre de l&#8217;Instruction d&#8217;un jeune prince &quot;. En fait, ce dernier sens est un d&eacute;riv&eacute; technique du premier : dans tous les cas, il s&#8217;agit d&#8217;ordres ou de directives d&#8217;un sup&eacute;rieur &agrave; un subordonn&eacute;. Dans le sens didactique, il s&#8217;agit souvent d&#8217;une m&egrave;re &agrave; sa fille, d&#8217;un p&egrave;re &agrave; son fils. Dans certains cas, les deux sens peuvent se confondre, par exemple dans l&#8217;instruction du 4 mai 1543 que donne Charles Quint &agrave; son fils Philippe II (<a href=\"#note4\">4<\/a>). C&#8217;est au nom de ce rapport d&#8217;autorit&eacute; et au nom aussi du rapport filial &shy; puisque la m&egrave;re d&#8217;&eacute;lection pr&eacute;tend se substituer &agrave; la d&eacute;funte m&egrave;re de la jeune mari&eacute;e, ce que son interlocutrice lui conc&egrave;de volontiers &shy; que la dame d&#8217;exp&eacute;rience prodigue &agrave; sa jeune amie une &eacute;ducation &agrave; la vie adult&egrave;re.<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\nApr&egrave;s avoir envisag&eacute; l&#8217;instruction dans son rapport avec le dialogue, il nous faut maintenant nous pencher sur le genre de l&#8217;instruction en lui-m&ecirc;me. Le genre ne se trouve pas codifi&eacute; explicitement dans les trait&eacute;s de rh&eacute;torique et de po&eacute;tique. N&eacute;anmoins, Pierre Charron en offre une typologie qui, pour &ecirc;tre plus tardive &shy; son trait&eacute; De la sagesse date de 1601 &shy; n&#8217;en est pas moins particuli&egrave;rement &eacute;clairante pour l&#8217;Instruction pour les jeunes dames. L&#8217;auteur consid&egrave;re qu&#8217;il existe trois grands types d&#8217;instruction, par les pr&eacute;ceptes, par la conversation et par l&#8217;exemple, selon une progression qui va du plus explicitement didactique au plus efficacement didactique, dans un passage que je vous cite int&eacute;gralement :<br \/>\n<em>Les moyens d&#8217;instruction sont divers. Premierement, deux : l&#8217;un par parole, c&#8217;est-&agrave;-dire preceptes, instructions et le&ccedil;ons verbales; ou bien par conferences avec les honnestes et habiles hommes, frottant et limant nostre cervelle contre la leur, comme le fer qui s&#8217;esclaircit, se nettoye et embellit par le frotter. Ceste fa&ccedil;on est agreable, douce, naturelle. L&#8217;autre par faicts, c&#8217;est l&#8217;exemple, qui est prins non seulement des bons par imitation et similitude, mais encore des mauvais par disconvenance. <\/em><a href=\"#note5\">(5)<\/a><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\nOr, Marie de Romieu a pris le parti de donner son instruction de la mani&egrave;re la plus agr&eacute;able, la plus douce et la plus naturelle qui soit, par la conf&eacute;rence, c&#8217;est-&agrave;-dire en faisant converser la m&egrave;re d&#8217;&eacute;lection et la jeune femme mal mari&eacute;e. Mais elle ne s&#8217;est pas content&eacute;e de cette seule mani&egrave;re d&#8217;instruction. Elle a, en outre, pris soin d&#8217;enseigner aussi par l&#8217;exemple, en faisant dire &agrave; l&#8217;&eacute;pistoli&egrave;re du prologue qu&#8217;elle a elle-m&ecirc;me mis en pratique les enseignements de la m&egrave;re pour son plus grand b&eacute;n&eacute;fice : &quot; <em>(&#8230;)<\/em> <em>(J)<\/em>e me suis infiniment bien trouv&eacute;e l&#8217;ayant mis en practique &quot;. Ainsi, la po&eacute;tesse de Viviers a fait le choix du didactisme qui, passant le plus inaper&ccedil;u, en est d&#8217;autant plus efficace <a href=\"#note6\">(6)<\/a>.<br \/>\n<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><\/div>\n<div style=\"text-align: center;\" class=\"corpsTexte\">***<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\nAu-del&agrave; du cas anecdotique de l&#8217;Instruction pour les jeunes dames, cette &eacute;tude permet d&#8217;entrevoir le statut particulier du paradoxe dans l&#8217;&eacute;pist&eacute;m&egrave; renaissante. Malgr&eacute; l&#8217;opinion bien-pensante colport&eacute;e d&#8217;auteur en auteur et que l&#8217;on retrouve, par exemple sous la plume de Charles Estienne en t&ecirc;te de ses Paradoxes, selon laquelle &quot; la verit&eacute; d&#8217;un propos se trouve beaucoup plus clere quand les raisons contraires luy sont de bien pres approch&eacute;es &quot;, le paradoxe renaissant ne sert pas seulement, loin s&#8217;en faut, &agrave; conforter les id&eacute;es re&ccedil;ues. Bien au contraire, dans de nombreux cas, le paradoxe appara&icirc;t comme un coup de sonde dans le monde des possibles. En fait, le paradoxe est une hardiesse de la pens&eacute;e qui, dans certains cas, peut &ecirc;tre retourn&eacute;e et r&eacute;cup&eacute;r&eacute;e sur le mode endoxal, ce qui serait inenvisageable &agrave; d&#8217;autres &eacute;poques et en particulier de nos jours. Le proc&eacute;d&eacute; &eacute;tait familier &agrave; Marie de Romieu, puisqu&#8217;elle ent&eacute;rinera &agrave; nouveau un paradoxe, tir&eacute; lui d&#8217;Ortensio Lando, en publiant en 1581 le &quot; Brief Discours que l&#8217;excellence de la femme surpasse celle de l&#8217;homme &quot; en t&ecirc;te de ses Premieres uvres poetiques. En 1572, l&#8217;Instruction pour les jeunes dames repr&eacute;sentait le moyen d&#8217;imposer une nouvelle doxa, jadis paradoxale et d&eacute;sormais l&eacute;gitim&eacute;e par l&#8217;exp&eacute;rience, en profitant de ce que la soci&eacute;t&eacute; du temps avait une attitude ambivalente par rapport &agrave; l&#8217;adult&egrave;re, partag&eacute;e qu&#8217;elle &eacute;tait entre la n&eacute;cessit&eacute; de pr&eacute;server la puret&eacute; du lignage, pierre angulaire de l&#8217;ordre social hi&eacute;rarchique, et l&#8217;irr&eacute;pressible prestige social dont jouissaient les adult&egrave;res, que Marie de Romieu appelle, dans ses po&eacute;sies, &quot; ceux qui ont &agrave; m&eacute;pris la loi de mariage &quot;.<\/p>\n<p><strong>Notes<\/strong><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\n<a name=\"note1\"><\/a>1) Marie DE ROMIEU, Premi&egrave;res uvres po&eacute;tiques, &eacute;d. Andr&eacute; Winandy, Gen&egrave;ve, Droz, 1972, p. XXIX.<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\n<a name=\"note2\"><\/a>2) L&#8217;une des rares &eacute;paves qui aient pass&eacute; l&#8217;&eacute;preuve du temps et qui nous ait &eacute;t&eacute; transmise est le manuscrit fran&ccedil;ais 1662. Si la lecture de ce manuscrit confirme bien la th&eacute;matique dominante du salon et sa libert&eacute; de ton et de propos, n&eacute;anmoins il est bien difficile d&#8217;identifier correctement les auteurs, pour la plupart anonymes, sinon dissimul&eacute;s derri&egrave;re un pseudonyme ou un cryptonyme. M&ecirc;me dans les rares cas o&ugrave; l&#8217;auteur est facilement identifiable, comme dans le cas de Philippe Desportes, ces textes n&#8217;ont jamais &eacute;t&eacute; repris dans les uvres imprim&eacute;es, de sorte qu&#8217;on ne peut pas prendre argument du fait que le nom de Marie ou de Jacques de Romieu n&#8217;appara&icirc;t nulle part, pour rejeter l&#8217;hypoth&egrave;se qu&#8217;ils aient pu participer aux activit&eacute;s du salon paillard.<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\n<a name=\"note3\"><\/a>3) Tr&eacute;sor de la langue fran&ccedil;aise, &eacute;ditions du CNRS, 1983, tome X, p. 346.<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\n<a name=\"note4\"><\/a>4) Il s&#8217;agit, en effet, des directives &agrave; la fois d&#8217;un sup&eacute;rieur &agrave; son subordonn&eacute; et d&#8217;un prince &agrave; son d&eacute;l&eacute;gu&eacute;. M&ecirc;me si cette instruction a un caract&egrave;re contingent et ponctuel, puisqu&#8217;il s&#8217;agit pour Charles Quint de confier l&#8217;int&eacute;rim du royaume d&#8217;Espagne &agrave; son fils pendant son absence temporaire en Allemagne, la missive de l&#8217;empereur a aussi pour but de former &agrave; plus long terme et de fa&ccedil;on plus g&eacute;n&eacute;rale son fils, destin&eacute; &agrave; lui succ&eacute;der, au difficile m&eacute;tier de roi. Alfred MOREL-FATIO, &quot; L&#8217;Instruction de Charles-Quint &agrave; son fils Philippe II &quot;, Bulletin hispanique, tome I, no 3, juillet-septembre 1899, p. 135-148.<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\n<a name=\"note5\"><\/a>5) Pierre CHARRON, De la sagesse, Paris, Chaignieau, 1797, p. 548.<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\n<a name=\"note6\"><\/a>6) Cet enseignement par l&#8217;exemple correspond d&#8217;ailleurs &agrave; une illustration de Fureti&egrave;re sous la rubrique &quot; instruction <em>(&#8230;.)<\/em> &eacute;ducation de la jeunesse &quot;, exemple qui se lit : &quot; La vie scandaleuse de cette femme est une mauvaise instruction qu&#8217;elle donne &agrave; sa fille. &quot; Antoine Fureti&egrave;re, Dictionnaire universel, fac-simil&eacute; de l&#8217;&eacute;dition de La Haye, Hildesheim &shy; New York, Georg Olms, 1972, tome II, Aaaaaa, vo.<\/p>\n<p><\/span><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Claude LA CHARIT&Eacute; Th&egrave;se en Litt&eacute;rature &#8211; Dir. Mireille Huchon, Universit&eacute; de Paris-IV-Sorbonne, d&eacute;cembre 2000 Ce r&eacute;sum&eacute; de th&egrave;se a &eacute;galement paru dans la revue RHR, Renaissance, Humanisme, R&eacute;forme : Lorsqu&#8217;&agrave; la toute fin des ann&eacute;es 1530, Alessandro Piccolomini donne lecture de son Dialogo de la bella creanza de le donne, &agrave; l&#8217;occasion d&#8217;une soir&eacute;e [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"categorie_personnage":[],"class_list":["post-2875","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-debats"],"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"3.0.0","language":"gb","enabled_languages":["fr","gb"],"languages":{"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":false},"gb":{"title":false,"content":false,"excerpt":false}}},"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2875","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2875"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2875\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2875"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2875"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2875"},{"taxonomy":"categorie_personnage","embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_personnage?post=2875"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}