{"id":2218,"date":"2011-12-01T00:00:00","date_gmt":"2011-12-01T00:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/20320"},"modified":"2011-12-01T00:00:00","modified_gmt":"2011-12-01T00:00:00","slug":"le-drame-conjugal-dans-l-oeuvre-de-rtif-de-la-bretonne-dsastre-intime-et-enjeux-politiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/siefar.org\/gb\/le-drame-conjugal-dans-l-oeuvre-de-rtif-de-la-bretonne-dsastre-intime-et-enjeux-politiques\/","title":{"rendered":"Le drame conjugal dans l&#8217;oeuvre de R\u00e9tif de La Bretonne : d\u00e9sastre intime et enjeux politiques"},"content":{"rendered":"<p><\/em><\/p>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\">Colloque organis\u00e9 par l&#8217;\u00e9quipe \u00ab Lumi\u00e8res et Romantismes \u00bb du CELIS (EA 1002) avec le soutien de la Soci\u00e9t\u00e9 R\u00e9tif de La Bretonne<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><strong><span style=\"font-size: small;\">Comit\u00e9 scientifique : <\/span><\/strong><span style=\"font-size: small;\">Marie-Fran\u00e7oise Bosquet, Philippe Corno, Fran\u00e7oise Le Borgne<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\">La forte proportion des naissances pr\u00e9nuptiales et ill\u00e9gitimes au XVIIIe si\u00e8cle t\u00e9moigne d&#8217;un rel\u00e2chement du contr\u00f4le moral de l&#8217;\u00c9glise qui co\u00efncide avec une critique r\u00e9currente de l&#8217;institution matrimoniale. C&#8217;est \u00e0 cette \u00e9poque qu&#8217;\u00e9merge, dans la com\u00e9die et le roman, une nouvelle conception du mariage, fond\u00e9 sur l&#8217;inclination r\u00e9ciproque des partenaires et compatible avec leur \u00e9panouissement personnel. Si l&#8217;opposition traditionnelle de la passion et de la conjugalit\u00e9 subsiste, elle tend \u00e0 s&#8217;estomper, laissant place \u00e0 une valorisation du mariage, condition de possibilit\u00e9 d&#8217;un bonheur simple et vertueux.<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\">Dans leur volont\u00e9 de faire de la famille une micro-d\u00e9mocratie, cellule de base de la R\u00e9publique, les l\u00e9gislateurs r\u00e9volutionnaires ont encourag\u00e9 cette \u00e9volution en s\u00e9cularisant le mariage, qui devient, avec la loi du 20 septembre 1792 sur le divorce, un contrat r\u00e9vocable entre deux conjoints \u00e9gaux en droits.<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\">Au sein de l&#8217;abondant corpus primaire suscit\u00e9 \u00e0 la fin de l&#8217;Ancien R\u00e9gime et sous la R\u00e9volution par ces d\u00e9bats autour du mariage, l&#8217;\u0153uvre de R\u00e9tif de La Bretonne occupe une place \u00e0 part .<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\">Certes, R\u00e9tif a lui aussi choisi de mettre en sc\u00e8ne le conflit du sentiment amoureux et de l&#8217;ordre social et familial traditionnel en faisant du mariage impossible d&#8217;un jeune Fran\u00e7ais et d&#8217;une Anglaise le n&#8217;ud tragique de La Mal\u00e9diction paternelle (1780) et de ses avatars sc\u00e9niques (La Pr\u00e9vention nationale, 1784). Avec son Cur\u00e9 patriote (1790), il semble \u00e9galement d\u00e9fendre une libre dissolubilit\u00e9 de l&#8217;union matrimoniale garante des ? m&#8217;urs, <em>(du)<\/em> bonheur et <em>(de)<\/em> l&#8217;union dans les m\u00e9nages ?.<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\">Pourtant, l&#8217;id\u00e9alisation du mariage d&#8217;amour, librement contract\u00e9 et dissout par les \u00e9poux, se heurte chez lui \u00e0 la conscience aigu\u00eb des limites de ce type d&#8217;union, entretenue par son exp\u00e9rience matrimoniale d\u00e9sastreuse avec Agn\u00e8s Leb\u00e8gue (dont il divorce en 1794) et les d\u00e9boires de sa fille Agn\u00e8s (mari\u00e9e au sadique Aug\u00e9 de 1781 \u00e0 1794) : que devient l&#8217;union conjugale soumise aux al\u00e9as du seul d\u00e9sir \u00ab en particulier f\u00e9minin ? A contre-courant de ses contemporains, R\u00e9tif pr\u00f4nera donc \u00e9galement une conception du mariage archa\u00efque \u00bb celle d&#8217;Arnolphe dans <em>L&#8217;Ecole des femmes<\/em>, qu&#8217;il loue dans<em> Les Gynographes<\/em> (1777) ?, faisant du couple parental f\u00e9tichis\u00e9 dans <em>La Vie de mon p\u00e8re<\/em> (1779) et \u00ab La Femme de laboureur \u00bb (<em>183e Contemporaine<\/em>) un mod\u00e8le ind\u00e9passable.<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\">Ainsi, \u00e0 l&#8217;effort pour formuler et promouvoir, dans maints textes fictifs et r\u00e9glementaires diss\u00e9min\u00e9s dans l&#8217;\u0153uvre \u00e0 la suite des Gynographes, une norme conjugale fond\u00e9e sur la soumission \u00ab naturelle \u00ab de la femme \u00e0 son \u00e9poux et du couple \u00e0 la famille, r\u00e9pond une s\u00e9rie d&#8217;\u0153uvres qui d\u00e9noncent des unions ? monstrueuses \u00bb, soit que la femme y domine \u00bb <em>Le M\u00e9nage parisien<\/em> (1773), <em>La Femme infid\u00e8le <\/em>(1786) ?, soit que l&#8217;homme y outrepasse par trop ses droits, discr\u00e9ditant l&#8217;autorit\u00e9 l\u00e9gitime du mari, comme on le voit dans <em>Ing\u00e9nue Saxancour ou la Femme s\u00e9par\u00e9e<\/em> (1789).<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\">La th\u00e9matique du mariage traverse ainsi toute l&#8217;\u0153uvre de R\u00e9tif de La Bretonne, articulant en permanence mise en perspective d&#8217;une exp\u00e9rience intime conflictuelle et r\u00e9flexion plus large sur les enjeux socio-politiques de l&#8217;institution conjugale. Le colloque de 2012 vise \u00e0 analyser ces deux dimensions, en questionnant notamment :<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><\/span>&#8211; <span style=\"font-size: small;\">La coh\u00e9rence ou l&#8217;incoh\u00e9rence d&#8217;une th\u00e9orie r\u00e9tivienne du mariage et la tension qu&#8217;elle instaure entre des formes conjugales traditionnelles, fond\u00e9es sur le primat du collectif sur l&#8217;individuel, du masculin sur le f\u00e9minin, et des formes conjugales plus modernes ouvertes sur l&#8217;inclination personnelle et le droit au changement. On pourra insister en particulier sur le retournement de perspective qui caract\u00e9rise parfois le traitement du motif conjugal chez R\u00e9tif, le conduisant par exemple \u00e0 la revalorisation probl\u00e9matique de figures traditionnellement ridicules (le cocu) et \u00e0 la d\u00e9valorisation corollaire des passions extra-conjugales de la femme mal mari\u00e9e (mais non de l&#8217;\u00e9poux d\u00e9\u00e7u?).<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\">&#8211; La mani\u00e8re dont les r\u00e9flexions de R\u00e9tif sur le mariage sont l\u00e9gitim\u00e9es ou brouill\u00e9es par des choix d&#8217;\u00e9criture. Comment et dans quelle mesure les th\u00e8ses r\u00e9tivienne sont-elles promues dans le roman \u00e9pistolaire polyphonique (<em>La Femme infid\u00e8le<\/em>), les recueils de nouvelles (Les Contemporaines), l&#8217;utopie dramatique (<em>L&#8217;An 200<\/em>), etc. \u00ab Comment, inversement, ces diff\u00e9rents genres mettent-ils \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve la th\u00e9orie conjugale de R\u00e9tif en faisant resurgir des conflits entre d\u00e9sir et ordre social qui en soulignent les limites \u00bb Comment, enfin, des \u0153uvres plus fantasmatiques, qui pr\u00e9sentent des configurations matrimoniales peu orthodoxes, fond\u00e9es sur la polygamie ou les \u00e9changes de partenaires, peuvent-elles ramener la r\u00e9flexion \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9cue ou, \u00e0 l&#8217;inverse, permettre d&#8217;\u00e9chapper par la fiction aux apories d&#8217;une th\u00e9orie en tension permanente ?<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\">&#8211; Les liens qu&#8217;entretient l&#8217;\u0153uvre de R\u00e9tif avec d&#8217;autres discours contemporains sur le mariage. On pourra s&#8217;int\u00e9resser dans cette perspective aux th\u00e9ories du mariage d\u00e9velopp\u00e9es \u00e0 la fin de l&#8217;Ancien-R\u00e9gime (on pense au dernier chapitre de l&#8217;<em>\u00c9mile<\/em>) et, bien-s\u00fbr, \u00e0 l&#8217;\u00e9poque r\u00e9volutionnaire, les d\u00e9bats sur le mariage des pr\u00eatres et sur le divorce trouvant un \u00e9cho explicite dans les nouvelles qui composent la troisi\u00e8me partie du Palais-Royal ou des drames tels que Le Libertin fix\u00e9. Mais il sera \u00e9galement possible de confronter l&#8217;\u0153uvre r\u00e9tivienne aux \u00e9crits intimes, fictionnels ou non, qui, \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, contribuent \u00e0 la revalorisation de l&#8217;union conjugale et \u00e0 la modification de son statut.<\/span><\/div>\n<div styl\ne=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\">Les propositions de communication (1000 signes environ) sont \u00e0 adresser avant le 1er d\u00e9cembre 2011 \u00e0 Fran\u00e7oise Le Borgne (<a _fcksavedurl=\"mailto:flb75@yahoo.fr\" href=\"mailto:flb75@yahoo.fr\">flb75@yahoo.fr<\/a>) ou \u00e0 Siham Olivier, CELIS, Equipe Lumi\u00e8res et romantisme, Maison des Sciences de l&#8217;Homme, 4, rue Ledru, F-63057 Clermont-Ferrand cedex 1. Tel : 04 73 34 68 44.<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\" class=\"corpsTexte\"><span style=\"font-size: small;\"><\/span><\/div>\n<p><\/p>\n<p><em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Colloque organis\u00e9 par l&#8217;\u00e9quipe \u00ab Lumi\u00e8res et Romantismes \u00bb du CELIS (EA 1002) avec le soutien de la Soci\u00e9t\u00e9 R\u00e9tif de La Bretonne Comit\u00e9 scientifique : Marie-Fran\u00e7oise Bosquet, Philippe Corno, Fran\u00e7oise Le Borgne La forte proportion des naissances pr\u00e9nuptiales et ill\u00e9gitimes au XVIIIe si\u00e8cle t\u00e9moigne d&#8217;un rel\u00e2chement du contr\u00f4le moral de l&#8217;\u00c9glise qui co\u00efncide avec [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":362,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[7,9],"tags":[],"categorie_personnage":[],"class_list":["post-2218","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites","category-appels-contribution"],"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"3.0.0","language":"gb","enabled_languages":["fr","gb"],"languages":{"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":false},"gb":{"title":false,"content":false,"excerpt":false}}},"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2218","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2218"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2218\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2218"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2218"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2218"},{"taxonomy":"categorie_personnage","embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_personnage?post=2218"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}