{"id":16683,"date":"2026-10-19T23:17:27","date_gmt":"2026-10-19T21:17:27","guid":{"rendered":"https:\/\/siefar.org\/?p=16683"},"modified":"2026-10-20T21:55:59","modified_gmt":"2026-10-20T19:55:59","slug":"votre-bonne-soeur-et-vraie-amie-les-relations-des-femmes-avec-leurs-adelphes-perspectives-europeennes-xe-xviiie-siecle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/siefar.org\/gb\/votre-bonne-soeur-et-vraie-amie-les-relations-des-femmes-avec-leurs-adelphes-perspectives-europeennes-xe-xviiie-siecle\/","title":{"rendered":"\u00ab Votre bonne s\u0153ur et vraie amie \u00bb. Les relations des femmes avec leurs adelphes : perspectives europ\u00e9ennes (Xe-XVIIIe si\u00e8cle)"},"content":{"rendered":"<div class=\"row texte\">\n<div class=\"col-12\">\n<p>Dans la conclusion de Fr\u00e8res et s\u0153urs du Moyen \u00c2ge \u00e0 nos jours, Didier Lett insistait sur le fait \u00ab\u00a0qu\u2019on ne peut plus aujourd\u2019hui traiter de l\u2019histoire des fr\u00e8res et s\u0153urs [&#8230;] sans prendre en compte autant les s\u0153urs que les fr\u00e8res\u00a0\u00bb [dans Boudjaaba et al., 2016]. En t\u00e9moigne l\u2019emploi grandissant en fran\u00e7ais du terme \u00ab\u00a0adelphie\u00a0\u00bb, synonyme de \u00ab\u00a0<em>sibling<\/em>\u00a0\u00bb et qui, contrairement \u00e0 \u00ab\u00a0fratrie\u00a0\u00bb, d\u00e9signe un ensemble de fr\u00e8res et s\u0153urs sans invisibiliser la place des femmes [Cassagnes-Brouquet et Yvernault, 2010\u00a0; Audebrand, 2023]. Le d\u00e9s\u00e9quilibre dans la conservation des sources produites par des femmes ou concernant des femmes entra\u00eene cependant une asym\u00e9trie genr\u00e9e des travaux au d\u00e9triment des s\u0153urs [Bollmann, 2012\u00a0; Atienza L\u00f3pez, 2022\u00a0; Grimmer, 2025]. Les s\u0153urs ont en effet une place ambig\u00fce au sein de l\u2019adelphie\u00a0: leur mariage complexifie leur appartenance familiale en leur donnant une double identification \u00e0 leur famille de naissance et \u00e0 celle de leur \u00e9poux, tandis que l\u2019entr\u00e9e en religion les \u00e9loigne physiquement de leurs adelphes. Cela a des cons\u00e9quences m\u00e9thodologiques\u00a0: diss\u00e9min\u00e9es dans plusieurs fonds d\u2019archives associ\u00e9s \u00e0 leurs p\u00e8res, leurs fr\u00e8res, leurs maris ou aux ordres religieux auxquels elles appartiennent, les sources qui les concernent impliquent des proc\u00e9d\u00e9s de d\u00e9pouillement sp\u00e9cifiques. Ce colloque propose donc de se confronter \u00e0 ces difficult\u00e9s documentaires pour \u00e9tudier les relations adelphiques exclusivement du point de vue des s\u0153urs en Europe, du Xe si\u00e8cle au XVIIIe si\u00e8cle, en adoptant une approche interdisciplinaire. L\u2019objectif est ainsi d\u2019examiner leur r\u00f4le dans l\u2019entretien des relations et dans les rapports de pouvoir au sein des familles en fonction de leur milieu social, leur statut civil et leur ancrage g\u00e9ographique.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin du haut Moyen \u00c2ge, les pr\u00e9misses de la mise en place de la primog\u00e9niture transforment les relations adelphiques en accentuant les conflits entre fr\u00e8res et la hi\u00e9rarchisation genr\u00e9e au sein de l\u2019adelphie [Audebrand, 2023]. Du Xe au XIIe si\u00e8cle, l\u2019apparition lente et heurt\u00e9e des structures lignag\u00e8res et la valorisation progressive de la parent\u00e9 agnatique m\u00e8nent \u00e0 une exclusion croissante des s\u0153urs au moment de la succession [Lett, 2000\u00a0; Faini, 2009]. Cette \u00e9volution au d\u00e9triment des s\u0153urs caract\u00e9rise toute la p\u00e9riode \u00e9tudi\u00e9e, du Xe au XVIIIe si\u00e8cle, avec une acc\u00e9l\u00e9ration \u00e0 partir du XVIIe si\u00e8cle quand le mod\u00e8le patrilin\u00e9aire, encore en construction aux XVe et XVIe si\u00e8cles, s\u2019impose [Haddad, 2024]. La deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du XVIIIe si\u00e8cle constitue un moment charni\u00e8re\u00a0: si les relations de parent\u00e9 restent structurantes, elles laissent davantage de place au sentiment et aux r\u00e9seaux d\u2019affinit\u00e9 [Sabean et al., 2007]. Par ailleurs, la R\u00e9volution fran\u00e7aise enclenche d\u2019importantes transformations dans le droit de la famille dans toute l\u2019Europe.<\/p>\n<p>L\u2019approche comparatiste \u00e0 l\u2019\u00e9chelle europ\u00e9enne a vocation \u00e0 \u00e9tudier la place des s\u0153urs au sein de leurs familles au regard de la diversit\u00e9 des syst\u00e8mes de parent\u00e9, en r\u00e9interrogeant les mod\u00e8les construits par la d\u00e9mographie historique au cours du XXe si\u00e8cle, entre une Europe du nord aux pratiques de transmission plut\u00f4t \u00e9galitaires et une Europe du sud plut\u00f4t caract\u00e9ris\u00e9e par les syst\u00e8mes \u00e0 \u00ab\u00a0maison\u00a0\u00bb [Yver, 1966\u00a0; Delille, 2011]. Par ailleurs, \u00e0 partir de la fin du XVe si\u00e8cle, la colonisation du continent am\u00e9ricain questionne les \u00e9ventuelles transformations de ce que signifie \u00ab\u00a0\u00eatre s\u0153ur\u00a0\u00bb en situation coloniale [Gourdon et Ruggiu, 2011].<\/p>\n<p><strong>Axe 1 \u2013 Qui est s\u0153ur\u00a0? Structures et contours de la sororit\u00e9 et de l\u2019adelphit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>La p\u00e9riode prise en consid\u00e9ration invite \u00e0 questionner les interactions entre les mutations de longue dur\u00e9e des structures de parent\u00e9 et la conception des relations adelphiques et sororales. Pour ne citer qu\u2019un exemple, le renforcement progressif des tendances lignag\u00e8res patrilin\u00e9aires aux XIe-XIIIe si\u00e8cles entra\u00eene une exclusion croissante des s\u0153urs de la succession parentale au b\u00e9n\u00e9fice de leurs fr\u00e8res, faisant d\u2019elles des membres de second rang de l\u2019adelphie. \u00c9tudier les effets des structures de parent\u00e9 sur l\u2019adelphie implique de prendre en compte l\u2019ancrage social et g\u00e9ographique des s\u0153urs ainsi que leur statut matrimonial\u00a0: quelle place les s\u0153urs occupent-elles dans l\u2019adelphie, suivant qu\u2019elles appartiennent \u00e0 un lignage aristocratique aux multiples ramifications, \u00e0 une cellule nucl\u00e9aire artisane \u00e9migr\u00e9e en ville ou \u00e0 un foyer rural \u00e0 structure complexe incluant plusieurs couples\u00a0? Les s\u0153urs mari\u00e9es jouissent-elles d\u2019une plus grande consid\u00e9ration que les c\u00e9libataires [Eym\u00e9oud et Gaillard, 2023], en particulier suite au renforcement du mod\u00e8le conjugal dans les classes interm\u00e9diaires urbaines au tournant des XIVe et XVe si\u00e8cles\u00a0? Au sein des couples, l\u2019appartenance sociale souvent plus \u00e9lev\u00e9e des \u00e9pouses [Nassiet, 2000] peut permettre une valorisation de leurs adelphies dans l\u2019\u00e9ducation des enfants.<\/p>\n<p>Ces remarques soul\u00e8vent la question des limites et des marges de l\u2019adelphie. Dans des soci\u00e9t\u00e9s pr\u00e9industrielles o\u00f9 veuvage et remariage sont monnaie courante, celles que nous appelons aujourd\u2019hui demi-s\u0153urs sont-elles consid\u00e9r\u00e9es comme des membres \u00e0 part enti\u00e8re de l\u2019adelphie, en particulier quand elles sont n\u00e9es d\u2019un premier lit\u00a0? Qu\u2019en est-il des s\u0153urs b\u00e2tardes, souvent invisibilis\u00e9es [Fieyre, 2026]\u00a0? Les belles-s\u0153urs peuvent-elles participer d\u2019une \u00ab\u00a0fraternit\u00e9 sans liens du sang\u00a0\u00bb [Chabot, 2020], en particulier dans les familles o\u00f9 s\u2019op\u00e8rent des mariages crois\u00e9s entre deux adelphies\u00a0?<\/p>\n<p>Toujours au-del\u00e0 de ces liens du sang, si la fraternit\u00e9 sert de mod\u00e8le fondant des formes politiques et associatives (corps de ville, association de m\u00e9tier, confr\u00e9rie), on y rencontre parfois aussi des \u00ab\u00a0cons\u0153urs\u00a0\u00bb. La sororit\u00e9 sert aussi \u00e0 penser certains modes d\u2019association, souvent sur une base d\u00e9votionnelle (ainsi des communaut\u00e9s de moniales, ou du r\u00e9cent projet Sorores sur les religieuses non clo\u00eetr\u00e9es [Duval et al., 2024]), dont le degr\u00e9 d\u2019influence sur la pens\u00e9e politique ne doit pas \u00eatre sous-estim\u00e9. En effet, pour les \u00e9pouses de seigneurs italiens (fin du XIVe-XVe si\u00e8cle), le vocabulaire de la sororie fictive peut \u00eatre employ\u00e9 pour s\u2019adresser \u00e0 une destinataire de la m\u00eame g\u00e9n\u00e9ration, l\u2019int\u00e9grant dans son r\u00e9seau relationnel et de pouvoir [Lazzarini, 2025].<\/p>\n<p>De tels questionnements sont indissociables d\u2019un travail sur la construction discursive des normes r\u00e9gissant l\u2019appartenance \u00e0 l\u2019adelphie. Celles-ci incluent la normativit\u00e9 doctrinale, ex\u00e9g\u00e9tique et juridique, sans s\u2019y limiter\u00a0: chroniques familiales et dynastiques, g\u00e9n\u00e9alogies, livres de familles, portraits et repr\u00e9sentations iconographiques construisent des repr\u00e9sentations id\u00e9ales et performatives qui d\u00e9limitent les contours de l\u2019adelphie. Le croisement des sources normatives et de la pratique, ainsi qu\u2019une approche interdisciplinaire, doivent permettre de penser les absences ou les modalit\u00e9s de la pr\u00e9sence des s\u0153urs dans ces mod\u00e8les, qui sont autant de constructions politiques. L\u2019\u00e9tude des repr\u00e9sentations iconographiques, en particulier, pourra donner lieu \u00e0 des r\u00e9flexions sur la ressemblance entre adelphes [Borello, 2016], et \u00e0 la mani\u00e8re dont le genre oriente les repr\u00e9sentations.<\/p>\n<p><strong>Axe 2 \u2013 Vivre l&#8217;adelphit\u00e9\u00a0: affects, solidarit\u00e9s et conflits dans les relations des s\u0153urs avec leurs adelphes<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ni toujours bas\u00e9es sur une collaboration absolue et sans r\u00e9serve, ni sur un conflit permanent\u00a0\u00bb [Zucca Micheletto, 2016], les relations quotidiennes des s\u0153urs aux autres membres de leur adelphie apparaissent fonci\u00e8rement ambigu\u00ebs, s\u2019apparentant plut\u00f4t \u00e0 de la coop\u00e9tition [Joye et Le Jan, 2018]. Cette tension permanente dans les affects adelphiques et sororaux devra \u00eatre mise en lumi\u00e8re, sans ignorer ni leur dimension construite et \u00e9volutive [Boquet et Nagy, 2015], ni les difficult\u00e9s voire les impossibilit\u00e9s d\u2019acc\u00e8s \u00e0 ces affects dans la documentation disponible [Crouzet-Pavan, 2001].<\/p>\n<p>Ces liens d\u2019attachement, d\u2019entraide et de rivalit\u00e9s doivent \u00eatre test\u00e9s au prisme de multiples variables\u00a0: le genre, mais aussi l\u2019\u00e2ge, le milieu social, le rang de naissance, le statut marital, la pr\u00e9sence ou non des parents. Dans quelle mesure la place grandissante que la patrilin\u00e9arit\u00e9 conf\u00e8re au fr\u00e8re le plus \u00e2g\u00e9 \u2013 qui n\u2019est pas toujours l\u2019a\u00een\u00e9 de l\u2019adelphie \u2013 accro\u00eet-elle la conflictualit\u00e9 avec les s\u0153urs\u00a0? La naissance du protestantisme dans l\u2019Europe du XVIe si\u00e8cle introduit-elle des pratiques confessionnelles d\u2019entretien des relations et d\u2019expression des sentiments entre adelphes\u00a0? Les s\u0153urs d\u00e9veloppent-elles un rapport fonctionnel et compl\u00e9mentaire, voire s\u00e9lectif, \u00e0 leurs diff\u00e9rents adelphes\u00a0? Il sera int\u00e9ressant de comparer ces rapports au sein des adelphies, compos\u00e9es de fr\u00e8res et de s\u0153urs, et des sorories, compos\u00e9es exclusivement de s\u0153urs. Existe-t-il, au sein des adelphies, des formes de sororit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019entraide sp\u00e9cifique entre s\u0153urs [Atienza L\u00f3pez, 2022]\u00a0? Les liens familiaux de sororit\u00e9 peuvent par ailleurs \u00eatre redoubl\u00e9s par des liens spirituels, par exemple quand des s\u0153urs biologiques sont religieuses dans un m\u00eame couvent.<\/p>\n<p>La distance g\u00e9ographique et la part fondatrice qu\u2019elle occupe dans le v\u00e9cu sororal devront \u00eatre discut\u00e9es \u2013 que cette distance entre adelphes soit le fruit d\u2019une \u00e9ducation s\u00e9par\u00e9e, d\u2019un mariage ou d\u2019une entr\u00e9e au monast\u00e8re. Parfois obstacle \u00e0 l\u2019entretien de relations, cet \u00e9loignement peut aussi faire des s\u0153urs des \u00ab\u00a0op\u00e9rateurs de pouvoir\u00a0\u00bb [Haddad, 2009] entre leurs fr\u00e8res et leurs \u00e9poux, et intensifier la n\u00e9cessit\u00e9 pour les fr\u00e8res d\u2019entretenir les relations avec leurs s\u0153urs\u00a0: en t\u00e9moigne la figure de la <em>Schwesterfraw<\/em>, ou \u00ab\u00a0<em>sister-wife<\/em>\u00a0\u00bb, dans le monde germanique de l\u2019\u00e9poque moderne [H\u00f6fert et al., 2017]. Cette distance soul\u00e8ve \u00e9galement un enjeu documentaire\u00a0: il est plus difficile pour l\u2019historien\u00b7ne de saisir les contours d\u2019une relation caract\u00e9ris\u00e9e par le c\u00f4toiement quotidien que par l\u2019\u00e9loignement, qui implique de devoir s\u2019\u00e9crire pour communiquer [Dauphin, 2002]. Cela introduit un \u00e9vident biais social en faveur des \u00e9lites ma\u00eetrisant l\u2019outil scripturaire, mais aussi un biais chronologique en direction de l\u2019\u00e9poque moderne, o\u00f9 les correspondances sont mieux conserv\u00e9es \u00e0 partir du XVIe si\u00e8cle et ces pratiques d\u2019\u00e9criture adopt\u00e9es par un plus grand nombre de femmes \u00e0 la fin de la p\u00e9riode [Monagle et al., 2023]. Pour contourner cet \u00e9cueil, tous les types de sources permettant de documenter l\u2019histoire familiale pourront par ailleurs \u00eatre mobilis\u00e9s (actes notari\u00e9s, archives judiciaires, chroniques, sources du for priv\u00e9\u2026).<\/p>\n<p><strong>Axe 3 \u2013 Gouverner par les s\u0153urs\u00a0: pouvoirs, patrimoines et strat\u00e9gies adelphiques\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Les s\u0153urs membres d\u2019une adelphie r\u00e9gnante (dont au moins l\u2019un\u00b7e des membres exerce des fonctions de gouvernement princier, royal ou imp\u00e9rial) ob\u00e9issent-elles aux m\u00eames logiques dynastiques que les familles aristocratiques\u00a0? Ou, au contraire, les contraintes propres \u00e0 la souverainet\u00e9 et \u00e0 la repr\u00e9sentation du pouvoir modifient-elles les usages politiques du lien adelphique\u00a0? Qu\u2019il s\u2019agisse de transmissions patrimoniales, de strat\u00e9gies matrimoniales, de r\u00e9seaux politiques et diplomatiques, des liens unissant adelphe(s) r\u00e9gnant\u00b7e(s) et adelphe(s) entr\u00e9\u00b7e(s) en religion, cette distinction avec le reste des \u00e9lites n\u2019a rien d\u2019une \u00e9vidence au XIIe si\u00e8cle. La question se pose avec de plus en plus d\u2019acuit\u00e9 au fur et \u00e0 mesure que s\u2019affirment les pouvoirs princiers, monarchiques et \u00e9tatiques [Nassiet, 2000]. L\u2019importance des solidarit\u00e9s adelphiques y a souvent \u00e9t\u00e9 mise en avant par le prisme des fratries, o\u00f9 les collaborations et rivalit\u00e9s des fr\u00e8res sont souvent plus perceptibles, \u00e0 la guerre comme au conseil du prince. Les s\u0153urs participent au renforcement du pouvoir familial via leur participation aux alliances matrimoniales [Poutrin et Schaub, 2007], mais aussi en s\u2019investissant directement pour la d\u00e9fense de leur lignage\u00a0: des recherches r\u00e9centes sur les guerres de Religion [Grimmer, 2025\u00a0; Pascucci, 2022] ou la Fronde [Vergnes, 2013] ont mis en avant le r\u00f4le actif des s\u0153urs des nobles et princes engag\u00e9s dans les guerres civiles, capables de revendiquer une action politique et de se mobiliser en faveur, ou \u00e0 l\u2019encontre, de leurs adelphes. Certaines s\u0153urs obtiennent aussi un pouvoir r\u00e9el lors des successions dynastiques, comme Anne de France pendant la minorit\u00e9 de son fr\u00e8re Charles VIII. Au XVIIe si\u00e8cle, Henriette-Anne d&#8217;Angleterre est sollicit\u00e9e comme interm\u00e9diaire entre Louis XIV et Charles II, son fr\u00e8re, lors de la n\u00e9gociation du Trait\u00e9 de Douvres.<\/p>\n<p>En filigrane se joue la question des cons\u00e9quences de la composition de l\u2019entourage princier et de son degr\u00e9 d\u2019institutionnalisation. Quelles transformations peut-on observer de la place des s\u0153urs dans les familles r\u00e9gnantes selon qu\u2019elles \u00e9voluent dans une cour aristocratique m\u00e9di\u00e9vale d\u2019empreinte domestique ou dans une cour \u00ab\u00a0bureaucratico-rituelle\u00a0\u00bb de la Renaissance [Cattini et Romani, 1982]\u00a0? Les s\u0153urs sont-elles int\u00e9gr\u00e9es \u00e0 la ritualisation politique croissante entourant leur(s) adelphe(s) r\u00e9gnant(s), \u00e0 l\u2019instar des fr\u00e8res [Duchesne, 2024] \u2013 et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, selon quels rythmes et modalit\u00e9s\u00a0? Quel degr\u00e9 de formalisation (h\u00f4tel, titulature, repr\u00e9sentation diplomatique, etc.) est conf\u00e9r\u00e9 \u00e0 leur lien familial\u00a0? Les s\u0153urs des rois ont-elles une place plus grande \u00e0 la cour en l\u2019absence d\u2019\u00e9pouses ou de filles de roi [Giraudier, 2018]\u00a0? L\u2019analyse des effets de la curialit\u00e9 pourra dialoguer avec l\u2019\u00e9pineux bin\u00f4me conceptuel du degr\u00e9 de \u00ab\u00a0public\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0priv\u00e9\u00a0\u00bb des formations politiques consid\u00e9r\u00e9es, sans pr\u00e9juger du caract\u00e8re \u00e9mique ou \u00e9tique de ces cat\u00e9gories selon le contexte consid\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Modalit\u00e9s de participation<\/strong><\/p>\n<p>Pourront \u00eatre accept\u00e9es des propositions dans toutes les disciplines et champs d\u2019\u00e9tudes concern\u00e9s par la p\u00e9riode\u00a0: histoire, histoire de l\u2019art, anthropologie, \u00e9tudes de civilisations europ\u00e9ennes et litt\u00e9rature. Les communications se feront en fran\u00e7ais. Elles devront n\u00e9cessairement partir du point de vue des s\u0153urs\u00a0: les propositions portant sur les relations des fr\u00e8res avec leurs adelphes ne seront pas accept\u00e9es. La publication des actes du colloque est pr\u00e9vue.<\/p>\n<p>Les propositions d\u2019une page maximum (titre, r\u00e9sum\u00e9 de la communication et notice biographique) sont \u00e0 adresser \u00e0 <a href=\"mailto:colloque.soeurs@gmail.com\">colloque.soeurs@gmail.com<\/a>.<\/p>\n<p><strong>Comit\u00e9 d\u2019organisation<\/strong><\/p>\n<p>Priscilla Bucher (Aix Marseille Universit\u00e9, LERMA), Camille Hamon (Sorbonne Universit\u00e9, Centre Roland Mousnier), Sol\u00e8ne Minier (Universit\u00e9 Rennes 2 et Sorbonne Universit\u00e9, Tempora et Centre Roland Mousnier), Julie \u00d6zcan (Universit\u00e9 Rennes 2 et EHESS, Tempora et CRH), Lia Paupi\u00e8re (Universit\u00e9 Rennes 2, Tempora).<\/p>\n<p><strong>Comit\u00e9 scientifique<\/strong><\/p>\n<p>Justine Audebrand (Universit\u00e9 de Tours, CETHIS), Fabrice Boudjaaba (EHESS, CRH), Aur\u00e9lie Chatenet-Calyste (Universit\u00e9 Rennes 2, Tempora), \u00c9lie Haddad (CNRS-EHESS, CRH), Flavie Leroux (CRCV).<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<footer>\n<div class=\"col-12\">\n<ul>\n<li><b>Responsable :<\/b><br \/>\n<a href=\"mailto:colloque.soeurs@gmail.com\">Priscilla Bucher, Camille Hamon, Sol\u00e8ne Minier, Julie \u00d6zcan, Lia Paupi\u00e8re<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<\/footer>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans la conclusion de Fr\u00e8res et s\u0153urs du Moyen \u00c2ge \u00e0 nos jours, Didier Lett insistait sur le fait \u00ab\u00a0qu\u2019on ne peut plus aujourd\u2019hui traiter de l\u2019histoire des fr\u00e8res et s\u0153urs [&#8230;] sans prendre en compte autant les s\u0153urs que les fr\u00e8res\u00a0\u00bb [dans Boudjaaba et al., 2016]. En t\u00e9moigne l\u2019emploi grandissant en fran\u00e7ais du terme [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":15314,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[],"categorie_personnage":[],"class_list":["post-16683","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-appels-contribution"],"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"3.0.0","language":"gb","enabled_languages":["fr","gb"],"languages":{"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":false},"gb":{"title":false,"content":false,"excerpt":false}}},"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16683","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16683"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16683\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":16758,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16683\/revisions\/16758"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15314"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16683"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16683"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16683"},{"taxonomy":"categorie_personnage","embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_personnage?post=16683"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}