{"id":16013,"date":"2026-03-02T10:10:52","date_gmt":"2026-03-02T09:10:52","guid":{"rendered":"https:\/\/siefar.org\/?p=16013"},"modified":"2026-03-02T10:11:07","modified_gmt":"2026-03-02T09:11:07","slug":"femmes-et-espaces-de-spectacle-hors-de-la-capitale-xviiie-xixe-s-bordeaux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/siefar.org\/gb\/femmes-et-espaces-de-spectacle-hors-de-la-capitale-xviiie-xixe-s-bordeaux\/","title":{"rendered":"Femmes et espaces de spectacle hors de la capitale, XVIIIe-XIXe s. (Bordeaux)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Jeudi 17 septembre (apr\u00e8s-midi) et vendredi 18 septembre (journ\u00e9e) 2026, \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 Bordeaux Montaigne.<\/strong><\/p>\n<p>Ces journ\u00e9es s\u2019inscrivent dans le cadre des Journ\u00e9es du Matrimoine et du Patrimoine (19 et 20 septembre) et seront accompagn\u00e9es d\u2019une communication in situ, dans la ville de Bordeaux, ax\u00e9e sur la place des femmes dans l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me du spectacle bordelais (XVIII\u1d49-XIX\u1d49 s.).<\/p>\n<p>\u2014<\/p>\n<p>Ces journ\u00e9es d\u2019\u00e9tude souhaitent engager une r\u00e9flexion sur le lien entre les espaces de spectacle et les femmes, dans les provinces et les colonies fran\u00e7aises aux XVIII\u1d49 et XIX\u1d49 si\u00e8cles.<\/p>\n<p>Elles proposent de s\u2019int\u00e9resser \u00e0 plusieurs types d\u2019espaces, de la micro- \u00e0 la macro-\u00e9chelle, au prisme du genre, et selon trois axes : les femmes \u00e0 la t\u00eate des espaces hors de Paris, la place des femmes dans les lieux de spectacle, et la mobilit\u00e9 des femmes dans les espaces g\u00e9ographiques. Les acc\u00e8s aux espaces repr\u00e9sentant l\u2019un des enjeux majeurs de la fabrique et de la diffusion des \u0153uvres, il nous semble utile d\u2019interroger cet axe pour compl\u00e9ter une histoire du spectacle vivant, et en particulier celles des femmes. Le genre de ces femmes, notamment de celles qui \u00e9voluent souvent hors des plateaux, a-t-il une incidence sur les rapports qu\u2019elles entretiennent \u00e0 tous ces espaces ? Et si oui, comment ces ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9voluent-ils au cours des XVIII\u1d49 et XIX\u1d49 si\u00e8cles, alors que les pratiques du spectacle se structurent, que le b\u00e2timent de spectacle est pens\u00e9 diff\u00e9remment dans son architecture et dans les villes, et que de grands bouleversements sociaux et politiques impactent r\u00e9guli\u00e8rement la vie culturelle ?<\/p>\n<p><strong>Des professionnelles m\u00e9connues ?<\/strong><\/p>\n<p>Tout au long de cette p\u00e9riode, elles \u00e9voluent en tant qu\u2019autrices (comme en t\u00e9moignent les multiples tomes du \u00ab Th\u00e9\u00e2tre de femmes de l\u2019Ancien R\u00e9gime \u00bb d\u2019A. Evain, P. Gethner et H. Goldwyn), interpr\u00e8tes (L. Wiss\/O. Neveux), ou spectatrices (V. Lochert et al.), et voient leurs activit\u00e9s artistiques, sociales, \u00e9conomiques ou politiques impact\u00e9es par diff\u00e9rentes dynamiques, dont certaines relatives aux espaces. Les r\u00e9centes recherches montrent qu\u2019elles occupent aussi d\u2019autres types de fonctions dans le processus artistique, en encadrant la production, en s\u2019occupant de la logistique, en dirigeant un lieu ou une troupe (colloque \u00ab Les Patronnes \u00bb, N. Coutelet\/H. Marqui\u00e9 ; Femmes de spectacle au XIX\u1d49 si\u00e8cle, F. Fix\/V. Ponzetto), ou en participant hors sc\u00e8ne \u00e0 la cr\u00e9ation, \u00e0 l\u2019instar des \u00ab petites mains \u00bb (F. Filippi\/F. Naugrette) et des m\u00e9tiers techniques.<\/p>\n<p>Dans le prolongement de ces manifestations et de ces \u00e9tudes, nous proposons ici de favoriser l\u2019\u00e9tude des femmes qui participent \u00e0 la fabrique des spectacles, chacune \u00e0 un moment et dans des espaces diff\u00e9rents de la production et\/ou de la diffusion. Une attention particuli\u00e8re sera port\u00e9e aux femmes non-interpr\u00e8tes : les directrices, entrepreneuses, ma\u00eetresses de ballet, cheffes d\u2019orchestres, m\u00eame si certains de ces m\u00e9tiers n\u2019excluent pas le cumul avec la fonction d\u2019artiste. Mais qu\u2019en est-il \u00e9galement de celles qu\u2019on ne voit pas, qui travaillent dans les coulisses, les bureaux et les ateliers, et qui ne b\u00e9n\u00e9ficient pas particuli\u00e8rement de visibilit\u00e9 m\u00e9diatique en leur temps ? Les r\u00e9gisseuses \u2013 en tant qu\u2019encadrantes de troupes, de lieux, mais aussi en tant que metteuses en sc\u00e8ne selon les \u00e9poques \u2013, les souffleuses, les caissi\u00e8res, et autres machinistes ont-elles seulement exist\u00e9, et si oui, comment les \u00e9tudier, aussi discr\u00e8tes soient-elles dans les sources ?<\/p>\n<p><strong>Un regard sur les provinces<\/strong><\/p>\n<p>De nombreux exemples non-exploit\u00e9s de femmes de spectacle pars\u00e8ment les archives des villes fran\u00e7aises. Ils r\u00e9v\u00e8lent un riche tissu territorial de protagonistes f\u00e9minines, au-del\u00e0 de celles qui \u00e9voluent dans la capitale, un terrain qu\u2019il convient d\u2019\u00e9tudier selon ses sp\u00e9cificit\u00e9s.<\/p>\n<p>Toutes les localit\u00e9s ne b\u00e9n\u00e9ficiant pas d\u2019une troupe permanente, ni d\u2019un th\u00e9\u00e2tre permanent (surtout au d\u00e9but du XVIII\u1d49 si\u00e8cle), certaines communes doivent compter sur la circulation des artistes pour b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une offre culturelle. Par cons\u00e9quent, les mobilit\u00e9s inter- et intra-provinciales (jusqu\u2019outre-atlantique) font partie de l\u2019essence m\u00eame du syst\u00e8me de diffusion des spectacles hors de Paris, et sont compl\u00e9t\u00e9es au fur et \u00e0 mesure par une offre s\u00e9dentaire sur certains territoires. Lors de ces journ\u00e9es d\u2019\u00e9tude, nous proposons ainsi de porter le regard sur les provinces et les colonies fran\u00e7aises, afin d\u2019\u00e9tudier \u00e0 la fois les circulations des professionnelles du spectacle \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9chelles, et \u00e0 la fois les femmes dans leur rapport aux th\u00e9\u00e2tres, cirques, caf\u00e9s-concerts, et autres lieux. Les logiques particuli\u00e8res en \u0153uvre sur ce(s) territoire(s) s\u2019observent cependant dans des dynamiques et selon des leviers diff\u00e9rents aux XVIII\u1d49 et XIX\u1d49 si\u00e8cles.<\/p>\n<p><strong>Des femmes de spectacle, d\u2019un si\u00e8cle \u00e0 l\u2019autre<\/strong><\/p>\n<p>Sous l\u2019Ancien R\u00e9gime, plusieurs facteurs permettent aux femmes d\u2019exercer des professions de dirigeantes. L\u2019absence d\u2019encadrement corporatif de l\u2019entreprenariat dans le domaine du spectacle est favorable \u00e0 celles qui souhaitent se lancer dans les affaires. L\u2019engouement pour le th\u00e9\u00e2tre qui s\u2019intensifie durant la seconde moiti\u00e9 du si\u00e8cle est caract\u00e9ris\u00e9 par des \u00e9volutions structurelles qui (r\u00e9)organisent la vie th\u00e9\u00e2trale, en particulier dans les provinces du royaume. Les troupes de spectacles fonctionnent d\u00e9sormais pour la plupart \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019une entreprise, les artistes \u00e9tant des salari\u00e9\u00b7es, engag\u00e9\u00b7e\u00b7s et dirig\u00e9\u00b7e\u00b7s par un\u00b7e entrepreneur\u00b7euse de spectacle, \u00e9ventuellement accompagn\u00e9\u00b7e d\u2019un r\u00e9gisseur. Dans ce contexte, de nombreuses directrices de spectacles ont men\u00e9 une ou plusieurs troupes \u00e0 travers le territoire (Mlle Montansier et son r\u00e9seau urbain dans le Nord-Ouest), ou ont su s\u2019imposer durablement dans certaines villes (Mme Destouches-Lobreau \u00e0 Lyon, Mme Nicetti \u00e0 Reims, Mlle Marthe \u00e0 Saint-Marc [Saint-Domingue], etc.). De m\u00eame, de nombreuses femmes sont recens\u00e9es \u00e0 la direction de th\u00e9\u00e2tres, comme le montre l\u2019exemple de Bordeaux : entre 1735 et 1738, Mlle Dujardin dirigeait la premi\u00e8re salle municipale ; Mme Dorfeuille dirige le Grand Th\u00e9\u00e2tre et les Vari\u00e9t\u00e9s de 1791 \u00e0 1795, puis le Th\u00e9\u00e2tre Moli\u00e8re, et Suzanne Latappy, actrice et chanteuse, prend sa rel\u00e8ve jusqu\u2019en 1799. Ces femmes n\u2019ont pas encore fait l\u2019objet d\u2019\u00e9tudes pr\u00e9cises, bien qu\u2019elles aient activement particip\u00e9 au si\u00e8cle de la \u00ab th\u00e9\u00e2tromanie \u00bb, en occupant des r\u00f4les de gestionnaire et d\u2019administratrice.<\/p>\n<p>L\u2019exemple bordelais montre aussi que l\u2019activit\u00e9 de ces directrices continue durant la p\u00e9riode r\u00e9volutionnaire. \u00c0 l&#8217;inverse, certaines entrepreneuses disparaissent des espaces provinciaux \u00e0 partir de cette p\u00e9riode (Mlle Montansier concentre son activit\u00e9 \u00e0 Paris et Versailles). Ce constat questionne les opportunit\u00e9s offertes par la lib\u00e9ralisation th\u00e9\u00e2trale de 1791, mais aussi les cons\u00e9quences des tensions politiques et \u00e9conomiques sur leurs carri\u00e8res\/trajectoires\/parcours.<\/p>\n<p>Napol\u00e9on bouscule durablement la lib\u00e9ralisation th\u00e9\u00e2trale r\u00e9volutionnaire, en restreignant \u00e0 la fois le nombre de lieux en province et l\u2019acc\u00e8s aux postes de d\u00e9cision, et en contraignant les femmes \u00e0 des positions d\u2019interpr\u00e8tes. Pourtant, dans la pratique, les femmes ne disparaissent pas des m\u00e9tiers de la production, mais leur statut \u00e9volue par rapport \u00e0 l\u2019Ancien R\u00e9gime, car elles semblent peu \u00e0 peu rel\u00e9gu\u00e9es aux espaces d\u00e9di\u00e9s aux spectacles de curiosit\u00e9s, qui accueillent de petits divertissements. Cette forme de marginalisation des femmes, associ\u00e9e au statut d\u2019ex\u00e9cutantes auxquelles elles sont cantonn\u00e9es dans le monde du spectacle (certains m\u00e9tiers d\u2019artistes, d\u2019artisanat [costumi\u00e8re] ou de service [ouvreuse]) est le reflet d\u2019une id\u00e9ologie soci\u00e9tale plus large \u00e0 cette p\u00e9riode, appliqu\u00e9e aussi \u00e0 la sph\u00e8re domestique (comme en t\u00e9moigne la promulgation du Code Civil en 1804), et qui tend \u00e0 supprimer les capacit\u00e9s d\u2019actions f\u00e9minines. Les l\u00e9gislations qui se succ\u00e8dent ensuite tout au long du si\u00e8cle modifient ces rapports, comme le montre l\u2019ordonnance du 8 d\u00e9cembre 1824 sur les th\u00e9\u00e2tres des d\u00e9partements : \u00ab Les directions de[s] troupes ne pourront pas \u00eatre confi\u00e9es \u00e0 des femmes \u00bb. Malgr\u00e9 l\u2019assouplissement des r\u00e9glementations dans les ann\u00e9es 1860, des r\u00e9sistances officieuses perdurent, fortement enracin\u00e9es dans la soci\u00e9t\u00e9. Des interdits moraux demeurent jusque dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XX\u1d49 si\u00e8cle, incarn\u00e9s par la censure ou la police des m\u0153urs. Au caf\u00e9-concert par exemple, ces derni\u00e8res r\u00e9gissent encore, pour les femmes, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 certains espaces dans le public ou interdisent progressivement la qu\u00eate et les contacts entre artistes et spectateur\u00b7ice\u00b7s.<\/p>\n<p>Les parcours de ces femmes, \u00e0 la fois sur le plan g\u00e9ographique, \u00e9conomique, social et artistique, sont autant de t\u00e9moignages de leur agency, dont la diversit\u00e9 des formes et des exp\u00e9riences m\u00e9rite d\u2019\u00eatre mise en lumi\u00e8re, questionn\u00e9e, compar\u00e9e. Ils interrogent les espaces investis par les femmes de spectacle des XVIII\u1d49 et XIX\u1d49 si\u00e8cles et leur participation active au dynamisme de la vie artistique locale, voire \u00e0 sa transformation (construction de lieux de spectacle). Tant\u00f4t leur parcours est sem\u00e9 d\u2019emb\u00fbches qui freinent la r\u00e9alisation de leurs projets artistiques, tant\u00f4t le spectacle est pour elles un milieu propice \u00e0 certaines formes d\u2019\u00e9mancipation. Mais les archives r\u00e9gionales, regorgeant de cas de femmes entrepreneuses ou directrices, semblent montrer que leur pr\u00e9sence dans les espaces du spectacle vivant est plus banale que ne le laissent penser les cas extraordinaires \u2013 spectaculaires ou m\u00e9diatis\u00e9s \u2013 des quelques femmes des XVIII\u1d49 et XIX\u1d49 si\u00e8cles qui ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une certaine visibilit\u00e9 historique.<\/p>\n<p><strong>Axes de recherche propos\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>Pour ces journ\u00e9es d\u2019\u00e9tude, un premier axe sera consacr\u00e9 aux femmes \u00e0 la t\u00eate des espaces : les femmes sont-elles associ\u00e9es \u00e0 certaines typologies de lieux (diff\u00e9rentes de celles des hommes) en fonction de leur genre ? Quels sont les espaces qu\u2019elles dirigent et comment les administrent-elles ? Observe-t-on des permanences ou des mutations dans ces r\u00e9alit\u00e9s selon les \u00e9poques, les contextes politiques, ou les territoires ? Quels sont les freins administratifs, l\u00e9gislatifs ou politiques auxquels elles doivent faire face ?<\/p>\n<p>Un deuxi\u00e8me axe de recherche sera d\u00e9di\u00e9 \u00e0 leur place dans les lieux d\u00e9di\u00e9s aux spectacles \u2013 entendus dans une large acception : cage de sc\u00e8ne, salle, coulisses, b\u00e2timents, quartiers, rues, places, etc. \u2013 et \u00e0 la mani\u00e8re dont elles les occupent. Car si certains travaux de recherches, mais aussi des supports journalistiques, des essais ou des m\u00e9dias grand-public se questionnent sur la place symbolique laiss\u00e9e aux femmes dans l\u2019histoire, qu\u2019en est-il des espaces physiques ? Quelles places occupaient-elles dans ces b\u00e2timents ? Dans quels espaces autres que la sc\u00e8ne peuvent-elles cr\u00e9er et diffuser leurs \u0153uvres ou celles des autres ? \u00c0 quels espaces avaient-elles acc\u00e8s ou non, et quelles sont les cons\u00e9quences \u00e0 ces restrictions en termes de libert\u00e9 culturelle ?<\/p>\n<p>Un troisi\u00e8me axe sera, quant \u00e0 lui, vou\u00e9 \u00e0 la question des circulations dans les espaces g\u00e9ographiques, \u00e0 plusieurs niveaux \u2013 quartiers, communes, ruralit\u00e9s, arrondissements, d\u00e9partements, r\u00e9gions, colonies. Comment se d\u00e9pla\u00e7aient-elles dans la ville pour venir ou partir du th\u00e9\u00e2tre ? Comment les femmes de spectacle ont-elles investi des espaces en marge des zones urbaines ? Leur genre a-t-il eu une influence sur leurs mobilit\u00e9s, sur leurs choix de circulation d\u2019une localit\u00e9 \u00e0 l\u2019autre, sur les conditions de voyage ? Comment s\u2019articulent les logiques de mobilit\u00e9s des troupes men\u00e9es par des entrepreneuses ? Quelle compr\u00e9hension du territoire et des espaces provinciaux cela traduit-il ? Quelles sont leurs strat\u00e9gies territoriales et peut-on identifier des sp\u00e9cificit\u00e9s dans leur fa\u00e7on de s\u2019impliquer dans la vie th\u00e9\u00e2trale des provinces ? La constitution et l\u2019entretien de r\u00e9seaux (territoriaux, sociaux et artistiques) sont cruciaux pour tout entrepreneur\u00b7euse de spectacle. \u00c9tudier ces trajectoires de femmes soul\u00e8ve une double interrogation : peut-on identifier des r\u00e9seaux d\u2019entraide sp\u00e9cifiquement f\u00e9minins, ou, au contraire, des dynamiques de comp\u00e9tition \u00e9quivalentes \u00e0 celles qui les opposent \u00e0 leurs homologues masculins, voire plus intenses ?<\/p>\n<p>Il pourra \u00e9galement \u00eatre question d\u2019interroger les m\u00e9thodologies applicables pour traiter de ce type de sujets, qui souffre de plusieurs obstacles : \u00e0 la fois de la disparit\u00e9 de r\u00e9partition et de conservation des archives concernant la province, de la marginalisation produite par une historiographie androcentr\u00e9e, et de la difficult\u00e9 d\u2019\u00e9tudier les m\u00e9tiers hors de la lumi\u00e8re des projecteurs.<\/p>\n<p>\u2014<\/p>\n<p>Les propositions de communication pourront s\u2019inscrire dans une ou plusieurs des approches suivantes, sans exclure d\u2019autres possibilit\u00e9s en lien avec les espaces :<\/p>\n<p>&#8211; Des trajectoires de femmes en particulier en province(s) et le rapport aux espaces qu\u2019elles traversent (b\u00e2timents, zones g\u00e9ographiques) ou dirigent<br \/>\n&#8211; Plusieurs femmes d\u2019un m\u00eame corps de m\u00e9tier \u00e9voluant au sein d\u2019un territoire d\u00e9fini ou entre plusieurs localit\u00e9s<br \/>\n&#8211; Les conditions d\u2019exercice de certains de ces m\u00e9tiers, r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques et mat\u00e9rielles (acc\u00e8s \u00e0 certains espaces, espaces non-mixtes, etc.)<br \/>\n&#8211; Les r\u00e9seaux et les dynamiques de solidarit\u00e9, transmission ou concurrence entre femmes dans ces m\u00e9tiers<br \/>\n&#8211; Les approches l\u00e9gislatives : les autorisations, interdictions, lois, d\u00e9crets, arr\u00eat\u00e9s locaux relatifs aux femmes dans les espaces de spectacle<br \/>\n&#8211; L\u2019historiographie des femmes dans le domaine du spectacle vivant, abordant les espaces et\/ou les provinces<br \/>\n&#8211; Les approches pluridisciplinaires (qui croisent par exemple les \u00e9tudes de genre ou les \u00e9tudes d\u00e9coloniales) sont aussi les bienvenues.<br \/>\n&#8211; etc.<\/p>\n<p>\u2014<\/p>\n<p><strong>Modalit\u00e9s de soumission :<\/strong><\/p>\n<p>Les propositions de communication (500 mots) doivent \u00eatre envoy\u00e9es, accompagn\u00e9es d\u2019une courte biographie aux deux adresses suivantes : <a href=\"mailto:clemence.patelli02@univ-paris8.fr\">clemence.patelli02@univ-paris8.fr<\/a> et <a href=\"mailto:louisedesedouy@gmail.com\">louisedesedouy@gmail.com<\/a><\/p>\n<p>La date limite d\u2019envoi est fix\u00e9e au 10 mai 2026.<\/p>\n<p>Les communications de 20 minutes pourront se faire en fran\u00e7ais ou en anglais, et seront suivies d\u2019un temps d\u2019\u00e9changes avec le public.<\/p>\n<p>La journ\u00e9e d\u2019\u00e9tude est ouverte \u00e0 tous\u00b7tes les chercheur\u00b7euse\u00b7s, tous statuts et disciplines confondus.<\/p>\n<p>Les frais d\u2019h\u00e9bergement pourront \u00eatre pris en charge sur demande, les frais de d\u00e9placement sont \u00e0 la charge du laboratoire du\u00b7de la chercheur\u00b7euse.<\/p>\n<p>\u2014<\/p>\n<p><strong>Comit\u00e9 Organisateur<\/strong><\/p>\n<p>Louise de S\u00e9douy, docteure en histoire des spectacles (Universit\u00e9 Bordeaux Montaigne, ARTES &#8211; UR 24141)<\/p>\n<p>Cl\u00e9mence Patelli, doctorante contractuelle en histoire des formes spectaculaires (Universit\u00e9 Paris 8, UR Sc\u00e8nes du monde, cr\u00e9ation, savoirs critiques &#8211; EA 1573)<\/p>\n<p>\u2014<\/p>\n<p><strong>Comit\u00e9 Scientifique<\/strong><\/p>\n<p>Pauline Beauc\u00e9 (ARTES, Universit\u00e9 Bordeaux Montaigne)<\/p>\n<p>Valentina Ponzetto (Centre d&#8217;\u00e9tudes Th\u00e9\u00e2trales, Universit\u00e9 de Lausanne)<\/p>\n<p>Nathalie Coutelet (Sc\u00e8nes du Monde, Cr\u00e9ation, savoirs, Critiques, Universit\u00e9 Paris 8)<\/p>\n<p>Sandrine Dubouilh (ARTES, Universit\u00e9 Bordeaux Montaigne \/ Ecole Nationale Sup\u00e9rieure d\u2019Architecture Paris-Val-de-Seine).<\/p>\n<p>\u2014<\/p>\n<p>Bibliographie indicative<\/p>\n<p>Bionda Romain et Ponzetto Valentina (dir.), Femmes de spectacle (danse, op\u00e9ra, th\u00e9\u00e2tre). Cr\u00e9ation, repr\u00e9sentation et sociabilit\u00e9 au f\u00e9minin, 1650-1914, Brill, pp.1-21, 2024, C.R.I.N. : Cahiers de recherche des instituts n\u00e9erlandais de langue et de litt\u00e9rature fran\u00e7aise, 2024.<\/p>\n<p>Clay Lauren R., Stagestruck. The Business of Theater in Eighteenth-Century France and its Colonies, Ithaca and London, Cornell University Press, 2013.<\/p>\n<p>Coutelet Nathalie et Marqui\u00e9 H\u00e9l\u00e8ne (dir.), \u00ab Les patronnes : directrices du Spectacle vivant. Enjeux historiques et contemporains \u00bb, 18 et 19 juin 2025, Universit\u00e9 Paris 8.<\/p>\n<p>Delaunay L\u00e9onor, Poirson Martial, Yon Jean-Claude (dir.), \u00ab Histoire(s) de travail \u00bb, Revue d\u2019Histoire du Th\u00e9\u00e2tre, n\u00b0285, T1, 2020 [en ligne].<\/p>\n<p>Denizot Marion (dir.), \u00ab Le genre, une cat\u00e9gorie utile \u00e0 l\u2019histoire du th\u00e9\u00e2tre du XX\u1d49 si\u00e8cle ? Le cas de Jacques Copeau et Suzanne Bing \u00bb, Revue d\u2019Histoire du Th\u00e9\u00e2tre, \u00ab Les oublis de l\u2019histoire du th\u00e9\u00e2tre \u00bb, n\u00b0270, T2, 2016 [en ligne].<\/p>\n<p>Evain Aurore, Gethner Perry et Goldwyn Henriette (dir.), Th\u00e9\u00e2tre de femmes de l\u2019Ancien R\u00e9gime, tomes I \u00e0 V, Saint-\u00c9tienne, Publications de l\u2019Universit\u00e9 de Saint-\u00c9tienne, coll. \u00ab la cit\u00e9 des dames \u00bb, 2006-\u00e0 para\u00eetre.<\/p>\n<p>Filippi Florence et Naugrette Florence (dir.), \u00ab Voix d\u2019or et petites mains. Une histoire d\u00e9construite du travail des femmes au th\u00e9\u00e2tre \u00bb, Revue d\u2019Histoire du Th\u00e9\u00e2tre, n\u00b0 300 [en ligne], mis \u00e0 jour le 01\/01\/2025.<\/p>\n<p>Fix Florence et Ponzetto Valentina (dir.), Femmes de spectacle au XIX\u1d49 si\u00e8cle, coll. Dramaturgies, Vol. 42, Bruxelles, Peter Lang, 2022.<\/p>\n<p>Fuchs Max, La vie th\u00e9\u00e2trale en province au XVIII\u1d49 si\u00e8cle, Paris, E. Droz, 1933.<\/p>\n<p>Le Berre Anne, Michelle Poncet ou la \u00ab Destouches-Lobreau \u00bb : directrice de l\u2019op\u00e9ra de Lyon au XVIIIe si\u00e8cle, Lyon, Sym\u00e9trie, 2023.<\/p>\n<p>Lochert V\u00e9ronique, Bouha\u00efk-Giron\u00e8s Marie, Candiard C\u00e9line, Cavaill\u00e9 Fabien, Hostiou Jeanne-Marie, Traversier M\u00e9lanie (dir.), Spectatrices ! De l\u2019Antiquit\u00e9 \u00e0 nos jours, Paris, CNRS \u00c9ditions, 2022.<\/p>\n<p>Nestola Barbara, De Luca Emanuele, Ruimi Jennifer, \u00ab Femmes de th\u00e9\u00e2tre et revendications : en guise d&#8217;introduction \u00bb, Revendications des gens de th\u00e9\u00e2tre (interpr\u00e8tes et techniciens), Paris, 2022.<\/p>\n<p>Rosello Julie, \u00ab Des autrices dramatiques parisiennes dans l\u2019espace public du XIX\u1d49 si\u00e8cle (1789-1914) \u00bb, th\u00e8se de litt\u00e9rature, sous la dir. de B\u00e9r\u00e9nice Hamidi Kim, Universit\u00e9 de Lyon, 2020.<\/p>\n<p>Triolaire Cyril, Tr\u00e9teaux dans le Massif, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise-Pascal, 2022.<\/p>\n<p>Zwer Nephtys, Pour un spatio-f\u00e9minisme. De l\u2019espace \u00e0 la carte, coll. Cahiers Libres, Paris, \u00c9ditions La D\u00e9couverte, 2024.<\/p>\n<p>Neveux Olivier et Wiss Lorraine (dir.), \u00ab Sc\u00e8nes th\u00e9\u00e2trales \u00e9mancipatrices \u00bb, Clio. Femmes, Genre, Histoire, n\u00b062, 2, Paris, Belin, 2025, disponible [en ligne]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jeudi 17 septembre (apr\u00e8s-midi) et vendredi 18 septembre (journ\u00e9e) 2026, \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 Bordeaux Montaigne. 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