{"id":15542,"date":"2025-12-02T09:38:26","date_gmt":"2025-12-02T08:38:26","guid":{"rendered":"https:\/\/siefar.org\/?p=15542"},"modified":"2025-12-02T09:38:57","modified_gmt":"2025-12-02T08:38:57","slug":"je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/siefar.org\/gb\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/","title":{"rendered":"\u00ab Je le vis, je rougis, je p\u00e2lis \u00e0 sa vue \u00bb. Les couleurs fugaces du visage dans la litt\u00e9rature fran\u00e7aise du XVIe au XVIIIe si\u00e8cle."},"content":{"rendered":"<p>Journ\u00e9e d\u2019\u00e9tude organis\u00e9e par Nathalie Godnair (CESR de Tours), Adeline Lionetto (Sorbonne Universit\u00e9) et \u00c9lodie Ripoll (Universit\u00e9 de Tr\u00e8ves \/ Universit\u00e4t Trier)<\/p>\n<p><strong>Comit\u00e9 scientifique\u00a0: Jean-Christophe Abramovici (Sorbonne Universit\u00e9), Damien Fortin (Sorbonne Universit\u00e9), J\u00e9r\u00f4me Laubner (Universit\u00e9 Paul Val\u00e9ry de Montpellier), Nina Mueggler (Universit\u00e9 de Neuch\u00e2tel \u2013 Suisse) ainsi que les trois organisatrices.<\/strong><\/p>\n<p>De nombreux colloques ont \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9s, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, au visage humain<a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Dans des soci\u00e9t\u00e9s occidentales o\u00f9 le num\u00e9rique est de plus en plus utilis\u00e9 pour mod\u00e9liser et transformer les visages qui circulent sur les r\u00e9seaux sociaux ou dans l\u2019espace public, mais aussi \u00e0 l\u2019\u00e8re de la reconnaissance faciale, le visage se charge en effet d\u2019un paradoxe : cach\u00e9 derri\u00e8re des filtres qui lui appliquent des normes qui gomment ses sp\u00e9cificit\u00e9s, il demeure pourtant le si\u00e8ge irr\u00e9ductible de l\u2019individualit\u00e9. Ces filtres uniformisent ses couleurs, font dispara\u00eetre les creux et les ombres pour faire de ce qui nous distingue toutes et tous un v\u00e9ritable masque num\u00e9rique sur lequel nulle tache ou anomalie color\u00e9e ne se laisse distinguer. La variation rapide des couleurs du visage traduit pourtant tr\u00e8s souvent le v\u00e9cu \u00e9motionnel d\u2019un individu : les filtres actuels qui s\u2019appliquent aux photographies mais aussi aux vid\u00e9os suppriment la possibilit\u00e9 de voir s\u2019exprimer sur nos visages quelque \u00e9motion que ce soit.\u00a0<strong>Bien en amont de ces ph\u00e9nom\u00e8nes contemporains, c\u2019est \u00e0 la repr\u00e9sentation litt\u00e9raire de ce lien entre \u00e9motions et couleurs du visage que nous aimerions nous int\u00e9resser<\/strong>.<\/p>\n<p>Dans les \u00e9tudes litt\u00e9raires, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment dans les travaux portant sur les couleurs, le visage ne tient en effet qu\u2019une place r\u00e9duite. Les \u00ab changements de couleur<a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>\u00a0\u00bb, comme les a nomm\u00e9s Descartes, sont pourtant fr\u00e9quents en litt\u00e9rature. L\u2019une des citations les plus connues de\u00a0<em>Ph\u00e8dre<\/em>\u00a0montre ainsi le personnage \u00e9ponyme soumis \u00e0 un choc si violent que son corps passe d\u2019un extr\u00eame \u00e0 l\u2019autre, sa peau trahissant ses secrets, tandis qu\u2019au si\u00e8cle suivant, la rougeur constitue l\u2019un des \u00ab\u00a0<em>topo\u00ef\u00a0<\/em>du roman au XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle<a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>\u00a0\u00bb. Or, si le rougissement a \u00e9t\u00e9 d\u00e9j\u00e0 abord\u00e9 par la critique,\u00a0<strong>le palissement comme les changements de couleurs successifs n\u2019ont que tr\u00e8s rarement \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9s<a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a><\/strong>.\u00a0<strong>Pourtant, les implications de ces r\u00e9actions physiologiques sont nombreuses et vont de l\u2019histoire des \u00e9motions et du genre<a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>\u00a0\u00e0 l\u2019\u00e9pist\u00e9mologie visuelle<a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a><\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Nous avons choisi de limiter notre corpus aux textes fran\u00e7ais du XVI<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle au XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle<\/strong>. En effet, par contraste avec les visages st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9s du Moyen \u00c2ge, l\u2019historien de l\u2019art Andr\u00e9 Chastel \u00e9voque une \u00ab Renaissance pleine de visages \u00bb, grande \u00e9poque, selon toute une tradition historiographique, de l\u2019affirmation de l\u2019individu et de son arrachement au groupe. C\u2019est aussi \u00e0 cette p\u00e9riode que l\u2019on accorde une attention\u00a0<strong>plus grande aux couleurs passag\u00e8res de ces visages, des couleurs fugaces vues comme les signes accidentels des \u00e9motions.<\/strong>\u00a0Le discours m\u00e9dical sur les couleurs h\u00e9rite en effet de l\u2019essor du genre m\u00e9di\u00e9val des r\u00e9gimes de sant\u00e9<a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>, mais aussi de la diffusion de plus en plus large de trait\u00e9s de m\u00e9decine antique comme les\u00a0<em>Aphorismes<\/em>\u00a0d\u2019Hippocrate, le\u00a0<em>Tegni\u00a0<\/em>de Galien ou\u00a0<em>l\u2019Isagoge ad Tegni Galieni<\/em>\u00a0de Johannitius, qui consacrent des d\u00e9veloppements sp\u00e9cifiques aux diverses couleurs du corps. Sous la plume de plusieurs commentateurs m\u00e9di\u00e9vaux,<strong>\u00a0se dessine ainsi peu \u00e0 peu la cat\u00e9gorie des \u00ab couleurs spirituelles \u00bb, ou des couleurs \u00ab non-naturelles<a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>\u00a0\u00bb<\/strong>. On observe par ailleurs une lente inflexion des trait\u00e9s de physiognomonie, qui s\u2019int\u00e9ressent peu \u00e0 peu non seulement aux signes fixes du visage, repr\u00e9sentatifs d\u2019un temp\u00e9rament donn\u00e9, mais aussi \u00e0\u00a0<strong>des signes plus accidentels<\/strong>\u00a0jusque-l\u00e0 absents de cet art de lire les visages, parmi lesquels les changements de couleur<a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>.<\/p>\n<p>Le d\u00e9chiffrement du corps demeure un sujet majeur \u00e0 l\u2019\u00e2ge classique<a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>. Descartes aborde longuement les \u00ab signes ext\u00e9rieurs des passions<a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>\u00a0\u00bb comme les \u00ab changements de couleur \u00bb, surtout la rougeur, tant\u00f4t associ\u00e9e \u00e0 la honte<a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>, \u00e0 une forme de pudeur<a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a>, le fameux \u00ab vermillon de la honte<a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a>\u00a0\u00bb, comme l\u2019a nomm\u00e9 Somaize. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne physiologique, apparemment discret, r\u00e9alise la synth\u00e8se de plusieurs grandes pr\u00e9occupations de l\u2019\u00e2ge classique : les passions de l\u2019\u00e2me, le corps \u00e9loquent pris entre simulation et dissimulation<a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a>, mais aussi l\u2019obsc\u00e9nit\u00e9 qui r\u00e9sonne dans les habitudes langagi\u00e8res, les d\u00e9bats sur l\u2019honn\u00eatet\u00e9, la pudeur des femmes ou encore les biens\u00e9ances artistiques<a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a>. La rougeur \u00ab n\u2019est plus une marque de spontan\u00e9it\u00e9 mais le signe de l\u2019inconfort d\u2019une femme tenue de r\u00e9primer l\u2019authenticit\u00e9 de ses \u00e9mois pour para\u00eetre innocente\u00a0\u00bb, d\u00e9voilant ainsi \u00ab la violence d\u2019un code social qui soumettait le corps f\u00e9minin \u00e0 une surveillance de tous les instants<a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Si la physiognomonie perd son autorit\u00e9 au XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle<a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a>, l\u2019interpr\u00e9tation des couleurs du visage se poursuit sur de nouvelles pr\u00e9misses. Le mod\u00e8le des passions est abandonn\u00e9 au profit du sentiment, une \u00ab cat\u00e9gorie plus subtile et vari\u00e9e, et surtout plus positive<a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftn19\" name=\"_ftnref19\">[19]<\/a>\u00a0\u00bb.\u00a0 Parall\u00e8lement, l\u2019influence des sciences naturelles et l\u2019av\u00e8nement de l\u2019empirisme m\u00e8nent \u00e0 \u00ab une revalorisation de l\u2019observation et une nouvelle confiance dans les donn\u00e9es des sens \u00bb qui \u00ab modifie la mani\u00e8re m\u00eame d\u2019\u00e9crire<a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a>\u00a0\u00bb entra\u00eenant un \u00ab renouveau des pratiques descriptives<a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftn21\" name=\"_ftnref21\">[21]<\/a>\u00a0\u00bb d\u00e8s les ann\u00e9es 1760 dans les belles-lettres.<\/p>\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat pour les couleurs passag\u00e8res des individus prendra une nouvelle dimension au XIX<strong><sup>e<\/sup><\/strong>\u00a0si\u00e8cle : certes \u00ab l\u2019expressivit\u00e9 en public<a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftn22\" name=\"_ftnref22\">[22]<\/a>\u00a0\u00bb d\u00e9cline mais la description s\u2019autonomise en litt\u00e9rature et de nouvelles techniques de l\u2019observateur apparaissent<a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftn23\" name=\"_ftnref23\">[23]<\/a>\u00a0\u2013 tous ces nouveaux enjeux ent\u00e9rinent la rupture avec les si\u00e8cles pr\u00e9c\u00e9dents justifiant nos bornes temporelles.<\/p>\n<p><strong>Au sein des diff\u00e9rents genres, ces mentions color\u00e9es rev\u00eatent par ailleurs des enjeux diff\u00e9rents qui m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre consid\u00e9r\u00e9s dans leurs sp\u00e9cificit\u00e9s.<\/strong>\u00a0Dans les romans, les changements de couleur, aussi fugaces soient-ils, repoussent ainsi les limites traditionnelles entre narration et description : ils font progresser l\u2019intrigue \u00e0 travers l\u2019analyse des \u00e9motions et la communication non-verbale des personnages tout en t\u00e9moignant des \u00e9volutions des mani\u00e8res de voir et de d\u00e9crire. Rougeur et p\u00e2leur sont des instantan\u00e9s chromatiques \u00e0 part enti\u00e8re, variant en intensit\u00e9 (ou en saturation) selon la force de l\u2019\u00e9motion tandis que rougissement et palissement rendent compte de la dimension cin\u00e9tique de ces ph\u00e9nom\u00e8nes. On parle certes de couleurs mais cette perception visuelle d\u00e9passe les simples tonalit\u00e9s. Il est question de clart\u00e9, de saturation, mais aussi d\u2019\u00e9clat du teint, de fra\u00eecheur de la peau : la brillance est une autre qualit\u00e9 visuelle (parachromatique).<\/p>\n<p>En po\u00e9sie, les blasons du corps f\u00e9minin ne sont pas d\u00e9pourvus de notations color\u00e9es mais ces couleurs sont g\u00e9n\u00e9ralement fixes, comme si elles avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9es par un peintre sur la surface d\u2019une toile ou d\u2019une statue, ce qui conf\u00e8re une apparence stable et immuable \u00e0 la femme \u00e9voqu\u00e9e. Le visage f\u00e9minin est ainsi bien souvent, dans la po\u00e9sie de la Renaissance, saisi dans son invariabilit\u00e9 alors que la prose du roman sentimental de la m\u00eame \u00e9poque (songeons aux\u00a0<em>Angoisses douloureuses qui proc\u00e8dent d\u2019amour\u00a0<\/em>d\u2019H\u00e9lisenne de Crenne, \u00e0\u00a0<em>Melicello<\/em>\u00a0de Jean Maugin ou encore \u00e0\u00a0<em>L\u2019Amant ressuscit\u00e9 de la mort d\u2019amour<\/em>, attribu\u00e9 \u00e0 Nicolas Denisot) traite justement de la perturbation de cette disposition des couleurs par les \u00e9motions. L\u2019agitation int\u00e9rieure vient de fait alt\u00e9rer l\u2019apparence du visage. Toutefois une certaine porosit\u00e9 existe entre po\u00e9sie et roman et certains portraits f\u00e9minins sont trait\u00e9s, chez H\u00e9lisenne de Crenne par exemple, selon les codes du blason, genre \u00e0 la mode au moment de la composition des\u00a0<em>Angoisses douloureuses qui proc\u00e8dent d\u2019amour<\/em>.<\/p>\n<p>De mani\u00e8re plus explicitement didactique, les couleurs passag\u00e8res apparaissent enfin dans des trait\u00e9s relevant de domaines aussi vari\u00e9s que la m\u00e9decine, la physiognomonie, la th\u00e9ologie ou la civilit\u00e9. Il s\u2019agit alors d\u2019indiquer au lecteur (qu\u2019il soit m\u00e9decin, pr\u00eatre ou simple observateur) comment lire et interpr\u00e9ter ces changements de couleur, afin qu\u2019il devienne \u00e0 son tour herm\u00e9neute des mouvements de l\u2019\u00e2me et du corps.<\/p>\n<p>Nous vous sugg\u00e9rons quelques pistes de recherche, non-exhaustives :<\/p>\n<p><strong>Repr\u00e9senter la couleur du visage et ses changements<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>\u00a0 \u00a0 O\u00f9 les changements de couleur se localisent-ils sur le visage ? Y a-t-il des zones o\u00f9 ils se manifestent de mani\u00e8re privil\u00e9gi\u00e9e ?<\/li>\n<li>\u00a0 \u00a0 Par quel lexique, par quelles tournures syntaxiques, m\u00e9taphores ou comparaisons r\u00e9currentes les changements de couleurs sont-ils \u00e9voqu\u00e9s ?<\/li>\n<li>\u00a0 \u00a0 Comment les auteurs et les artistes retranscrivent-ils le mouvement, l\u2019intensit\u00e9, l\u2019\u00e9clat des couleurs ? Cette repr\u00e9sentation convoque-t-elle d\u2019autres sens que celui de la vue, en particulier le toucher ? (le grain de la peau, sa chaleur ou sa froideur\u2026)<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c0 la fronti\u00e8re des discours<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>\u00a0 \u00a0 Peut-on \u00e9tablir une typologie stable des couleurs associ\u00e9es \u00e0 chaque \u00e9motion ?<\/li>\n<li>\u00a0 \u00a0 Dans quelle mesure cette s\u00e9miotique sous-jacente s\u2019inscrit-elle dans une tradition litt\u00e9raire et artistique (h\u00e9ritage gr\u00e9co-latin de l\u2019\u00e9l\u00e9gie, h\u00e9ritage m\u00e9di\u00e9val de la\u00a0<em>descriptio puellae<\/em>\u00a0; h\u00e9ritage renaissant de la po\u00e9sie p\u00e9trarquiste) ?<\/li>\n<li>\u00a0 \u00a0 Dans quelle mesure se r\u00e9f\u00e8re-t-elle \u00e0 un discours m\u00e9dical ? Quels liens entretient-elle en particulier avec le corpus hippocratique, le corpus gal\u00e9nique, les r\u00e9gimes de sant\u00e9 m\u00e9di\u00e9vaux, les trait\u00e9s de physiognomonie ?<\/li>\n<li>\u00a0 \u00a0 Dans quelle mesure et quand la repr\u00e9sentation des couleurs fugaces du visage se d\u00e9tache-t-elle de ces discours sous-jacents pour rev\u00eatir une dimension essentiellement esth\u00e9tique\u00a0?<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Changement de couleur et regard social<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>\u00a0 \u00a0 Quel est le regard social port\u00e9 sur le changement de couleur du XVI<sup>e<\/sup>\u00a0au XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle ? Qu\u2019en disent par exemple les trait\u00e9s de civilit\u00e9 ? S\u2019agit-il d\u2019une manifestation que l\u2019on cherche \u00e0 dissimuler ?<\/li>\n<li>\u00a0 \u00a0 Le changement de couleur est-il consid\u00e9r\u00e9 comme un signe sinc\u00e8re ? Qui peut d\u00e9coder ces changements de couleur (le m\u00e9decin, l\u2019ami, l\u2019\u00eatre aim\u00e9, l\u2019artiste, le lecteur \u2026) ?<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Couleurs fugaces et question du genre<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>\u00a0 \u00a0 Le changement de couleur du visage est-il une manifestation des \u00e9motions genr\u00e9e ? Existe-t-il des diff\u00e9rences de nature et de localisation entre les couleurs passag\u00e8res des visages f\u00e9minins et masculins et les \u00e9motions auxquelles elles sont associ\u00e9es ?<\/li>\n<li>\u00a0 \u00a0 \u00c0 qui s\u2019adressent les \u0153uvres faisant la part belle \u00e0 cette repr\u00e9sentation de la fugacit\u00e9 des couleurs du visage ? \u00c0 un public f\u00e9minin ?<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Couleurs passag\u00e8res et enjeux litt\u00e9raires<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>\u00a0 \u00a0 Quelles sont les fonctions de la repr\u00e9sentation de cette fugacit\u00e9 des couleurs dans les \u0153uvres dans lesquelles elle prend place ?<\/li>\n<li>\u00a0 \u00a0 S\u2019inscrit-elle dans un moment de pause descriptive ayant pour fonction de rendre visibles les \u00e9motions et de permettre aux lecteurs d\u2019y acc\u00e9der ? Participe-t-elle de la communication non-verbale des protagonistes ? Constitue-t-elle un \u00e9l\u00e9ment moteur dans la narration ? Rev\u00eat-elle une vis\u00e9e didactique et morale ?<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les propositions de communication\u00a0<strong>n\u2019exc\u00e8deront pas 250 mots<\/strong>\u00a0et seront accompagn\u00e9es d\u2019une\u00a0<strong>courte bio-bibliographie<\/strong>\u00a0de quelques lignes. Nous vous prions d\u2019envoyer le tout,\u00a0<strong>avant le 15 janvier 2026<\/strong>, aux trois organisatrices :\u00a0<a href=\"mailto:godnairnathalie@gmail.com\">godnairnathalie@gmail.com<\/a>,\u00a0<a href=\"mailto:adeline.lionetto@sorbonne-universite.fr\">adeline.lionetto@sorbonne-universite.fr<\/a>, et\u00a0<a href=\"mailto:ripoll@uni-trier.de\">ripoll@uni-trier.de<\/a>\u00a0). L\u2019ensemble sera soumis au comit\u00e9 scientifique de la journ\u00e9e d\u2019\u00e9tude dont les r\u00e9ponses seront transmises un mois environ apr\u00e8s la fin de l\u2019appel. La journ\u00e9e d\u2019\u00e9tude aura lieu \u00e0 l\u2019automne 2026 (la date sera pr\u00e9cis\u00e9e au printemps 2026).<\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>\u00c9l\u00e9ments bibliographiques :<\/strong><\/p>\n<p>Abramovici, Jean-Christophe, \u00ab \u201cCommander le silence \u00e0 sa physionomie\u201d : la rougeur des hommes \u00bb,\u00a0<em>Dix-Huiti\u00e8me Si\u00e8cle<\/em>, 2019, vol. 51, n\u00b0 1, p. 305-319. DOI :<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/dhs.051.0305\">\u00a010.3917\/dhs.051.0305<\/a><\/p>\n<p>Abramovici, Jean-Christophe, \u00ab Dialectique de la rougeur \u00bb,\u00a0<em>Europe<\/em>,<em>\u00a0Choderlos de Laclos<\/em>, janvier-f\u00e9vrier 2003, n\u00b0 885-886, p. 106-115.<\/p>\n<p>Abramovici, Jean-Christophe,\u00a0<em>Obsc\u00e9nit\u00e9 et classicisme<\/em>, Paris, Presses Universitaires de France (Perspectives litt\u00e9raires), 2003.<\/p>\n<p>Abramovici, Jean-Christophe, \u00ab Au temps o\u00f9 l\u2019on savait encore \u201cce que c\u2019est que rougir\u201d. Interdits langagiers et pudeur f\u00e9minine \u00e0 l\u2019\u00e2ge classique \u00bb,\u00a0<em>Romanistische Zeitschrift f\u00fcr Literaturgeschichte \/ Cahiers d\u2019Histoire des Litt\u00e9ratures Romanes<\/em>, 1999, 23, 1\/2, p. 27-38.<\/p>\n<p>Boehm, Isabelle, \u00ab La couleur du corps chez Galien. Coloration naturelle et couleurs modifi\u00e9es dans la polychromie du vivant \u00bb dans\u00a0<em>Le corps polychrome, couleurs et sant\u00e9, Antiquit\u00e9, Moyen \u00c2ge, \u00c9poque moderne<\/em>, dir. Franck Collard et \u00c9velyne Sammama, Paris, L\u2019Harmattan, 2017, p. 11-21.<\/p>\n<p>Courtine, Jean-Jacques, Haroche, Claudine,\u00a0<em>Histoire du visage, Exprimer et taire ses \u00e9motions (XVI<\/em><sup>e<\/sup><em>-d\u00e9but XIX<\/em><sup>e<\/sup><em>\u00a0si\u00e8cle)<\/em>, Paris, \u00c9ditions Rivages (Petite Biblioth\u00e8que Payot), [1988] 2007.<\/p>\n<p>Crary, Jonathan,<em>Techniques de l\u2019observateur. Vision et modernit\u00e9 au XIX<\/em><sup>e<\/sup><em>\u00a0si\u00e8cle<\/em>, Bellevaux, \u00c9ditions dehors, 2016.<\/p>\n<p>Desjardins, Lucie, \u00ab De la \u201csurface trompeuse\u201d \u00e0 l\u2019agr\u00e9able imposture. Le visage au XVII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Interm\u00e9dialit\u00e9s \/ Intermediality<\/em>, automne, 2006, n\u00b0 8, p. 53-66. URL :\u00a0<a href=\"https:\/\/id.erudit.org\/iderudit\/1005539ar\">https:\/\/id.erudit.org\/iderudit\/1005539ar<\/a><\/p>\n<p>Desjardins, Lucie,\u00a0<em>Le corps parlant. Savoirs et repr\u00e9sentation des passions au XVII<\/em><sup>e<\/sup><em>\u00a0si\u00e8cle<\/em>, Qu\u00e9bec\/Paris, Les Presses de l\u2019Universit\u00e9 Laval\/L\u2019Harmattan, 2001.<\/p>\n<p>Gaillard, Aur\u00e9lia,<em>\u00a0L\u2019invention de la couleur par les Lumi\u00e8res,\u00a0<\/em>Paris, Les Belles, Lettres, 2024.<\/p>\n<p>Gaillard, Aur\u00e9lia et Lano\u00eb, Catherine (dir.),\u00a0<em>La couleur des Lumi\u00e8res, Dix-Huiti\u00e8me si\u00e8cle<\/em>, 51,\u00a02019.<\/p>\n<p>Guyot, Sylvaine,\u00a0<em>Racine et le corps tragique<\/em>, Paris, PUF, 2014.<\/p>\n<p>Malisse, H\u00e9lo\u00efse, \u00ab Le\u00a0<em>pudor<\/em>\u00a0f\u00e9minin dans les \u0153uvres ovidiennes ou un aper\u00e7u du comportement id\u00e9al d\u2019une Romaine selon Ovide \u00bb,\u00a0<em>Revue belge de Philologie et d\u2019Histoire,\u00a0<\/em>2014, n\u00b092, p. 71-101.<\/p>\n<p>Marcucci, La\u00ebtitia, \u00ab Le r\u00f4le m\u00e9connu de la physiognomonie dans les th\u00e9ories et pratiques artistiques de la Renaissance \u00e0 l\u2019\u00c2ge classique \u00bb,\u00a0<em>Nouvelle revue d\u2019esth\u00e9tique<\/em>, 2015\/1, no 15, Paris, Presses universitaires de France, 2015, p.123-133.<\/p>\n<p>Marcucci, La\u00ebtitia, \u00ab Couleurs et \u00e9motions dans la physiognomonie des XVI<sup>e<\/sup>\u00a0et XVII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cles \u00bb,\u00a0<em>Le corps polychrome. Couleurs et sant\u00e9. Antiquit\u00e9, Moyen \u00c2ge, \u00c9poque Moderne<\/em>, dir. Franck Collard et Evelyne Samama, Paris, L\u2019Harmattan, 2018, p. 219-229.<\/p>\n<p>Ripoll, \u00c9lodie, \u00ab Les changements de couleur sont-ils des\u00a0<em>topo\u00ef<\/em>\u00a0comme les autres ? \u00bb,\u00a0<em>Topiques, \u00e9tudes satoriennes<\/em>\u00a0[En ligne], vol. 8, 2024. URL :\u00a0<a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/topiques\/333\">http:\/\/journals.openedition.org\/topiques\/333<\/a><\/p>\n<p>Ripoll, \u00c9lodie,\u00a0<em>Penser la couleur en litt\u00e9rature. Explorations romanesques des Lumi\u00e8res au r\u00e9alisme<\/em>, Paris, Classiques Garnier, 2018.<\/p>\n<p>Sch\u00f6ch, Christof,\u00a0<em>La Description double dans le roman fran\u00e7ais des Lumi\u00e8res (1760-1800)<\/em>, Paris, Classiques Garnier, 2012.<\/p>\n<p>Stewart, Philip,\u00a0<em>L\u2019Invention du sentiment : roman et \u00e9conomie affective au XVIII<\/em><sup>e<\/sup><em>\u00a0si\u00e8cle<\/em>, Oxford, Voltaire Foundation, 2010.<\/p>\n<p>Van der Lugt, Maaike, \u00ab Les couleurs de la peau dans les commentaires sur l\u2019<em>Isagoge<\/em>\u00a0de Johannitius \u00bb,\u00a0<em>Le corps polychrome. Couleurs et sant\u00e9. Antiquit\u00e9, Moyen \u00c2ge, \u00c9poque Moderne<\/em>, dir. Franck Collard et Evelyne Samama, Paris, L\u2019Harmattan, 2018, p. 49-66.<\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a>\u00a0\u00ab Le visage et la voix \u00bb, Centre culturel international de Cerisy, du 29 juin au 6 juillet 2002, sous la dir. d\u2019Annie Gutmann et Pierre Sullivan ; \u00ab Le visage, la rencontre de l\u2019autre \u00bb, CRIF, CRAN et Coll\u00e8ge des Bernardins, 10 octobre 2010 ; \u00ab La politique du visage. Fanatisme esth\u00e9tique et regard \u00e9thique \u00bb, Universit\u00e9 de Rennes, 5 et 6 avril 2018, sous la dir. de Leszek Brogowski, Gwenola Druel et Anna Szyjkowska ; \u00ab\u00a0Visages perturb\u00e9s \u00bb, Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve et Association suisse de litt\u00e9rature g\u00e9n\u00e9rale et compar\u00e9e, du 3 au 5 novembre 2022, sous la dir d\u2019Evelyn Dueck et Guillemette Bolens ; \u00ab Le visage dans les cultures humaines : approches interdisciplinaires \u00bb, Marrakech, 14-15 novembre 2023, sous la dir. de Fatima Ez, Zahra Benkhallouq et Hicham Feteh ; \u00ab Visage, visag\u00e9it\u00e9, reconnaissance faciale \u00bb, Universit\u00e9 Polytechnique Hauts-de-France, 6-7 juin 2024, sous la dir. de Vincent Viv\u00e8s.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a>\u00a0Ren\u00e9 Descartes,\u00a0<em>Les Passions de l\u2019\u00e2me<\/em>, \u00e9d. Jean-Maurice Monnoyer, Paris, Gallimard, [1649] 1988, art. 112, p. 219.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a>\u00a0Christophe Lesueur, \u00ab \u201cThey blush because they understand\u201d : la rh\u00e9torique de la rougeur dans les romans de Samuel Richardson \u00bb,\u00a0<em>Miranda<\/em>, 2012, vol. 6, \u00a72. DOI :<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/miranda.3005\">\u00a010.4000\/miranda.3005<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a>\u00a0\u00c9lodie Ripoll, \u00ab Les changements de couleur sont-ils des\u00a0<em>topo\u00ef<\/em>\u00a0comme les autres ? \u00bb,\u00a0<em>Topiques, \u00e9tudes satoriennes<\/em>\u00a0[En ligne], vol. 8, 2024. URL :\u00a0<a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/topiques\/333\">http:\/\/journals.openedition.org\/topiques\/333<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a>\u00a0Voir Jean-Christophe Abramovici, \u00ab \u201cCommander le silence \u00e0 sa physionomie\u201d : la rougeur des hommes\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Dix-Huiti\u00e8me Si\u00e8cle<\/em>, 2019, vol. 51, n\u00b0 1, p. 305-319. DOI :<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/dhs.051.0305\">\u00a010.3917\/dhs.051.0305<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a>\u00a0Voir \u00c9lodie Ripoll,\u00a0<em>Penser la couleur en litt\u00e9rature. Explorations romanesques des Lumi\u00e8res au r\u00e9alisme<\/em>, Paris, Classiques Garnier, 2018, p. 393-404.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a>\u00a0Voir Maryline Nicoud,\u00a0<em>Les r\u00e9gimes de sant\u00e9 au Moyen \u00c2ge \u00e0 Rome. Naissance et diffusion d\u2019une \u00e9criture m\u00e9dicale (XIII<\/em><sup>e<\/sup><em>-XV<\/em><sup>e\u00a0<\/sup><em>si\u00e8cle)<\/em>, Rome, \u00c9cole fran\u00e7aise de Rome, 2007, p. 4.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a>\u00a0Voir l\u2019article de Maaike Van der Lugt, \u00ab Les couleurs de la peau dans les commentaires sur l\u2019<em>Isagoge<\/em>\u00a0de Johannitius \u00bb dans\u00a0<em>Le corps polychrome. Couleurs et sant\u00e9. Antiquit\u00e9, Moyen \u00c2ge, \u00c9poque moderne<\/em>, Paris, L\u2019Harmattan, 2018, p. 57.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a>\u00a0Voir La\u00ebtitia Marcucci, \u00ab Couleurs et \u00e9motions dans la physiognomonie des XVI<sup>e<\/sup>\u00a0et XVII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle \u00bb dans\u00a0<em>Le corps polychrome [\u2026]<\/em>,\u00a0<em>op. cit<\/em>., p.219-229.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a>\u00a0Voir Marin Cureau de La Chambre,\u00a0<em>Les Caract\u00e8res des passions<\/em>, Paris, Jacques D\u2019Allin, 1640-1662, 5 vol. ;\u00a0<em>L\u2019Art de connoistre les hommes d\u2019apr\u00e8s la physionomie<\/em>, Paris, J. D. Allin, [1659] 1663 ; Claude de La Belli\u00e8re,\u00a0<em>La Physionomie raisonn\u00e9e ou secret curieux pour connoitre les inclinations naturelles de ch\u00e2cun par les regles naturelles<\/em>, Paris, Edme Couterot, 1664.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a>\u00a0Ren\u00e9 Descartes,\u00a0<em>Les Passions de l\u2019\u00e2me<\/em>, \u00e9d. cit\u00e9e, art. 112, p. 219.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a>\u00a0Cureau de la Chambre,\u00a0<em>Les Caract\u00e8res des passions<\/em>, 1640, p. 6.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a>\u00a0Le chevalier de M\u00e9r\u00e9 cit\u00e9 par Lucie Desjardins,\u00a0<em>Le Corps parlant. Savoirs et repr\u00e9sentation des passions au XVII<\/em><em><sup>e<\/sup><\/em>\u00a0<em>si\u00e8cle<\/em>, Qu\u00e9bec\/Paris, Les Presses de l\u2019Universit\u00e9 Laval\/L\u2019Harmattan, 2001, p. 106.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a>\u00a0Antoine Baudeau de Somaize,\u00a0<em>Le Grand Dictionnaire des pr\u00e9cieuses<\/em>, \u00e9d. Charles-Louis Livet, Hildesheim\/New York, Olms, [1856] 1972, 2 vol., p. 201.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a>\u00a0Voir Lucie Desjardins,<em>\u00a0Le Corps parlant<\/em>,<em>\u00a0op. cit.<\/em>, p. 103-159.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a>\u00a0Jean-Christophe Abramovici,\u00a0<em>Obsc\u00e9nit\u00e9 et classicisme<\/em>, Paris, Presses Universitaires de France, coll. Perspectives litt\u00e9raires, 2003, p. 10-11.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a>\u00a0Jean-Christophe Abramovici, \u00ab Au temps o\u00f9 l\u2019on savait encore \u201cce que c\u2019est que rougir\u201d. Interdits langagiers et pudeur f\u00e9minine \u00e0 l\u2019\u00e2ge classique \u00bb,\u00a0<em>Romanistische Zeitschrift f\u00fcr Literaturgeschichte \/ Cahiers d\u2019Histoire des Litt\u00e9ratures Romanes<\/em>, 1999, 23, 1\/2, p. 36.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a>\u00a0Jean-Jacques Courtine et Claudine Haroche,\u00a0<em>Histoire du visage<\/em>. e<em>xprimer et taire ses \u00e9motions (du XVI<\/em><em><sup>e<\/sup><\/em><em>\u00a0au d\u00e9but du XIX<\/em><em><sup>e<\/sup><\/em><em>\u00a0si\u00e8cle<\/em>), Paris, \u00c9ditions Rivages, [1988] 2007, p. 97\u00a0<em>sqq<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a>\u00a0Philip Stewart,\u00a0<em>L\u2019Invention du sentiment : roman et \u00e9conomie affective au XVIII<\/em><strong><em><sup>e<\/sup><\/em><\/strong><em>\u00a0si\u00e8cle<\/em>, Oxford, Voltaire Foundation, 2010, p. 2.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a>\u00a0Christof Sch\u00f6ch,\u00a0<em>La Description double dans le roman fran\u00e7ais des Lumi\u00e8res (1760-1800)<\/em>, Paris, Classiques Garnier, 2012, p. 70.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftnref21\" name=\"_ftn21\">[21]<\/a>\u00a0<em>Ibid<\/em>., p. 11.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftnref22\" name=\"_ftn22\">[22]<\/a>\u00a0Jean-Jacques Courtine et Claudine Haroche,\u00a0<em>Histoire du visage<\/em>,\u00a0<em>op. cit<\/em>., p.14.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/cornucopia16.com\/blog\/event\/je-le-vis-je-rougis-je-palis-a-sa-vue-les-couleurs-fugaces-du-visage-dans-la-litterature-francaise-du-xvie-au-xviiie-siecle\/#_ftnref23\" name=\"_ftn23\">[23]<\/a>\u00a0Voir Jonathan Crary,\u00a0<em>Techniques de l\u2019observateur. Vision et modernit\u00e9 au XIX<\/em><em><sup>e<\/sup><\/em><em>\u00a0si\u00e8cle<\/em>, Bellevaux, \u00c9ditions dehors, 2016.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Journ\u00e9e d\u2019\u00e9tude organis\u00e9e par Nathalie Godnair (CESR de Tours), Adeline Lionetto (Sorbonne Universit\u00e9) et \u00c9lodie Ripoll (Universit\u00e9 de Tr\u00e8ves \/ Universit\u00e4t Trier) Comit\u00e9 scientifique\u00a0: Jean-Christophe Abramovici (Sorbonne Universit\u00e9), Damien Fortin (Sorbonne Universit\u00e9), J\u00e9r\u00f4me Laubner (Universit\u00e9 Paul Val\u00e9ry de Montpellier), Nina Mueggler (Universit\u00e9 de Neuch\u00e2tel \u2013 Suisse) ainsi que les trois organisatrices. De nombreux colloques ont [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":15314,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[],"categorie_personnage":[],"class_list":["post-15542","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-appels-contribution"],"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"3.0.0","language":"gb","enabled_languages":["fr","gb"],"languages":{"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":false},"gb":{"title":false,"content":false,"excerpt":false}}},"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15542","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15542"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15542\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15546,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15542\/revisions\/15546"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15314"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15542"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15542"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15542"},{"taxonomy":"categorie_personnage","embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_personnage?post=15542"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}