{"id":13352,"date":"2024-11-03T07:17:23","date_gmt":"2024-11-03T15:17:23","guid":{"rendered":"https:\/\/siefar.org\/?p=11577"},"modified":"2024-11-03T07:17:23","modified_gmt":"2024-11-03T15:17:23","slug":"voix-de-femmes-sur-la-noblesse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/siefar.org\/gb\/voix-de-femmes-sur-la-noblesse\/","title":{"rendered":"Voix de femmes sur la noblesse"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Colloque international<\/strong><br \/>\n<strong>Institut catholique de Rennes<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Organisation :<\/strong><br \/>\n<strong>Bertrand Goujon (Universit\u00e9 de Reims Champagne-Ardenne, CERHiC\u00a0\u2013 UR\u00a02616)<\/strong><br \/>\n<strong>Camille Pollet (CRH \u2013 UMR 8558, CRHIA \u2013 UR 1163)<\/strong><br \/>\n<strong>Cl\u00e9ment de Vasselot (Institut catholique de Rennes, CESCM \u2013 UMR 7302)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Entre 1637 et 1644, la comtesse d\u2019Aranda, Luisa de Padilla y Manrique, publie quatre ouvrages \u00e0 la fois th\u00e9oriques et didactiques sur la question de la noblesse. Les trois premiers sont publi\u00e9s sous le nom de son confesseur, mais le dernier l\u2019est sous le sien propre. Si le cas de cette autrice de quatre trait\u00e9s moralistes et th\u00e9oriques sur la noblesse est, \u00e0 bien des \u00e9gards, exceptionnel, il n\u2019est cependant pas isol\u00e9 puisque nombre de femmes, appartenant ou non \u00e0 l\u2019aristocratie, aux \u00e9poques m\u00e9di\u00e9vale, moderne et contemporaine, \u00e0 travers diff\u00e9rents types d\u2019\u00e9crits et gr\u00e2ce \u00e0 d\u2019autres supports d\u2019expression, ont abord\u00e9 la question et pris position dans les r\u00e9flexions et les d\u00e9bats sur ce qu\u2019est la noblesse ainsi que sur la fa\u00e7on dont ses membres devraient se conduire. Alors que l\u2019histoire des femmes et du genre a mis en lumi\u00e8re les modalit\u00e9s de l\u2019agentivit\u00e9 f\u00e9minine et que la part f\u00e9minine du groupe aristocratique a \u00e9t\u00e9 bien \u00e9tudi\u00e9e, il convient de se demander non seulement comment ces femmes concevaient leur place au sein de ce groupe et au sein de la soci\u00e9t\u00e9 dans son ensemble, mais \u00e9galement dans quelle mesure et selon quelles modalit\u00e9s elles \u00e9taient susceptibles de (ou enclines \u00e0) l\u2019exprimer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Se pose alors la question des d\u00e9bats autour du concept de noblesse, dont les acceptions sont plurielles au fil du temps et dans les diff\u00e9rents espaces politiques europ\u00e9ens. Entendu comme une qualit\u00e9 morale et comportementale cens\u00e9e distinguer un groupe \u00e9litaire et constituant la pierre angulaire de \u00ab\u00a0l\u2019id\u00e9e de noblesse\u00a0\u00bb (Philippe Contamine), il a aussi \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s progressivement et partiellement encadr\u00e9 sur le plan juridique \u00e0 partir des xiv<sup>e<\/sup>\u00a0et xv<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cles, puis \u00e0 l\u2019\u00e9poque moderne, au travers des anoblissements, des exemptions fiscales, des privil\u00e8ges divers, etc. Si ces derniers sont peu \u00e0 peu remis en cause, abandonn\u00e9s ou abolis dans l\u2019espace europ\u00e9en, la persistance de d\u00e9finitions juridiques et d\u2019une \u00ab\u00a0culture d\u2019ordre\u00a0\u00bb (Claude Isabelle Brelot) singuli\u00e8re invite \u00e0 ne pas r\u00e9duire la noblesse \u00e0 un simple \u00ab\u00a0ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019opinion\u00a0\u00bb (Adeline Daumard) dans l\u2019Europe des longs xix<sup>e<\/sup>\u00a0et xx<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019importance donn\u00e9e par de nombreux th\u00e9oriciens de la noblesse \u00e0 la dimension h\u00e9r\u00e9ditaire invite naturellement \u00e0 s\u2019interroger sur la place que les femmes s\u2019attribuaient dans le processus de transmission de la qualit\u00e9 ou du statut nobiliaire, l\u2019ascendance maternelle, suffisante aux x<sup>e<\/sup>-xi<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cles, \u00e9tant progressivement battue en br\u00e8che dans une large partie de l\u2019Europe, voire presque totalement invisibilis\u00e9e en France, o\u00f9 seule l\u2019h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 masculine rend noble. Elle suppose aussi de s\u2019int\u00e9resser aux discours f\u00e9minins sur les m\u00e9canismes de transmission des biens, des titres et des offices au sein des familles nobles. Elle invite \u00e9galement \u00e0 se pencher sur la perception que ces femmes avaient de leurs r\u00f4les, que ce soit dans l\u2019espace public (action politique, gouvernance domaniale) ou sur le plan domestique (gestion, \u00e9ducation de la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration), en prenant en compte non seulement le poids des assignations de genre, mais aussi leurs \u00e9ventuelles contestations et recompositions. Se pose en outre la question du regard des femmes d\u2019origine non-noble sur le groupe social qu\u2019elles int\u00e8grent par mariage ou par anoblissement, ainsi que de celui des femmes nobles ayant prononc\u00e9 des v\u0153ux religieux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019expression des femmes sur la noblesse am\u00e8ne, bien s\u00fbr, \u00e0 questionner leur auctorialit\u00e9, la l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 laquelle elles pr\u00e9tendent sur ce sujet, l\u2019\u00e9ventuelle sp\u00e9cificit\u00e9 genr\u00e9e de leurs arguments et de leurs positionnements ou, au contraire, leur reprise de points de vue et de raisonnements d\u2019auteurs masculins \u2013 sans exclure le possible recours \u00e0 des voix f\u00e9minines, r\u00e9elles ou fictives, par des hommes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les \u00ab\u00a0voix\u00a0\u00bb de femmes sur la noblesse renvoient \u00e0 tout l\u2019\u00e9ventail des modes d\u2019expression, depuis le trait\u00e9 savant jusqu\u2019au blog. Au travers d\u2019\u00e9tudes de cas, de comparaisons ou de vues d\u2019ensemble, on pourra chercher \u00e0 comprendre les situations sociales dans lesquelles des femmes ont pris la plume \u2013 ou se sont saisies d\u2019autres supports \u2013 pour prendre part \u00e0 la r\u00e9flexion sur la noblesse, \u00e0 mesurer l\u2019inscription de ces prises d\u2019\u00e9criture \u2013 ou de parole \u2013 parmi les dispositifs juridiques, les m\u0153urs et les usages du temps, ou encore \u00e0 contextualiser les modalit\u00e9s de circulation et de publicisation de ces points de vue et \u00e0 analyser leurs enjeux politiques, sociaux et genr\u00e9s. On pourra mettre en lumi\u00e8re les d\u00e9pendances envers d\u2019autres acteurs, masculins ou f\u00e9minins, de ces expressions f\u00e9minines et de leur diffusion. Demeure enfin la question du public, de la r\u00e9ception, des usages et de la temporalit\u00e9 de ces points de vue f\u00e9minins sur la noblesse et de leurs supports d\u2019expression.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Ce colloque invite donc \u00e0 confronter, d\u2019une part, l\u2019histoire des femmes, et, plus sp\u00e9cifiquement, celle de l\u2019auctorialit\u00e9 et de l\u2019expression f\u00e9minines, sans r\u00e9duire celles-ci au simple champ de l\u2019\u00e9criture, et, d\u2019autre part, celle de l\u2019aristocratie et du concept de noblesse en particulier. Il s\u2019agira de r\u00e9fl\u00e9chir sur tout\u00a0<strong><u>discours f\u00e9minin<\/u><\/strong>\u00a0v\u00e9hiculant des id\u00e9es \u00e0 propos de la noblesse, provenant d\u2019une\u00a0<strong><u>membre de la noblesse<\/u><\/strong>, d\u2019une\u00a0<strong><u>femme ext\u00e9rieure \u00e0 celle-ci<\/u><\/strong>\u00a0ou d\u2019un\u00a0<strong><u>personnage f\u00e9minin fictif<\/u><\/strong>. En vue de saisir les \u00e9volutions sur le temps long et de faire \u00e9merger une r\u00e9flexion comparative, il se veut\u00a0<strong><u>transp\u00e9riodique<\/u><\/strong>, portant\u00a0<strong><u>sur l\u2019espace europ\u00e9en de la p\u00e9riode m\u00e9di\u00e9vale \u00e0 l\u2019\u00e9poque contemporaine<\/u><\/strong>. Ce cadre temporel et g\u00e9ographique doit amener \u00e0 d\u00e9gager aussi bien les continuit\u00e9s que les \u00e9volutions et les sp\u00e9cificit\u00e9s chronologiques et r\u00e9gionales. Les contributions sont susceptibles d\u2019aborder un\u00a0<strong><u>large \u00e9ventail de sources<\/u><\/strong>\u00a0: trait\u00e9s th\u00e9oriques, sources \u00e9pistolaires ou diaristes, m\u00e9moires, \u0153uvres litt\u00e9raires, repr\u00e9sentations artistiques et musicales, voire sources orales pour l\u2019\u00e9poque contemporaine, etc. Le colloque appelle donc \u00e0 une\u00a0<strong><u>approche interdisciplinaire<\/u><\/strong>, dans la mesure o\u00f9 ses th\u00e9matiques peuvent \u00eatre abord\u00e9es tant du point de vue de l\u2019histoire, que de la litt\u00e9rature, de la sociologie, de l\u2019histoire de l\u2019art, de la musicologie, etc.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Colloque international Institut catholique de Rennes Organisation : Bertrand Goujon (Universit\u00e9 de Reims Champagne-Ardenne, CERHiC\u00a0\u2013 UR\u00a02616) Camille Pollet (CRH \u2013 UMR 8558, CRHIA \u2013 UR 1163) Cl\u00e9ment de Vasselot (Institut catholique de Rennes, CESCM \u2013 UMR 7302) Entre 1637 et 1644, la comtesse d\u2019Aranda, Luisa de Padilla y Manrique, publie quatre ouvrages \u00e0 la fois [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":3693,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[],"categorie_personnage":[],"class_list":["post-13352","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-appels-contribution"],"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"3.0.0","language":"gb","enabled_languages":["fr","gb"],"languages":{"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":false},"gb":{"title":false,"content":false,"excerpt":false}}},"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13352","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13352"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13352\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13352"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13352"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13352"},{"taxonomy":"categorie_personnage","embeddable":true,"href":"https:\/\/siefar.org\/gb\/wp-json\/wp\/v2\/categorie_personnage?post=13352"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}