{"id":13347,"date":"2024-11-03T05:34:13","date_gmt":"2024-11-03T13:34:13","guid":{"rendered":"https:\/\/siefar.org\/?p=11562"},"modified":"2024-11-03T05:34:13","modified_gmt":"2024-11-03T13:34:13","slug":"theatres-denfance-meconnus-des-xviiie-et-xixe-s","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/siefar.org\/gb\/theatres-denfance-meconnus-des-xviiie-et-xixe-s\/","title":{"rendered":"Th\u00e9\u00e2tres d&#8217;enfance m\u00e9connus des XVIIIe et XIXe s."},"content":{"rendered":"<p><strong> Dossier des <em>Cahiers Fablijes<\/em>, n\u00b02, 2025, dir. B\u00e9atrice Ferrier et Marine Wisniewski.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nombreux sont les travaux de recherche sur le th\u00e9\u00e2tre scolaire et le th\u00e9\u00e2tre d\u2019\u00e9ducation du XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle que nous regroupons sous l\u2019appellation \u00ab\u00a0th\u00e9\u00e2tre d\u2019enfance\u00a0\u00bb, qui d\u00e9signe un th\u00e9\u00e2tre con\u00e7u pour les \u00e9l\u00e8ves, enfants ou adolescents, dont l\u2019anthologie\u00a0<em>L\u2019Enfant r\u00eav\u00e9<\/em><sup>1<\/sup>\u00a0publie moult pi\u00e8ces, la plupart inconnues. Les textes, souvent peu accessibles \u2013 manuscrits pour les pi\u00e8ces scolaires, non r\u00e9\u00e9dit\u00e9s pour les recueils d\u2019\u00e9ducation \u2013 font appara\u00eetre des aspects m\u00e9connus de ce th\u00e9\u00e2tre d\u2019enfance. Par ailleurs, s\u2019il est largement r\u00e9pandu au XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, son existence se poursuit au XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, comme en t\u00e9moignent les nombreuses r\u00e9\u00e9ditions de recueils \u2013 parmi lesquels les \u0153uvres compl\u00e8tes de Berquin \u2013 et la parution de nouveaux volumes dans le champ \u00e9ditorial pour la jeunesse, m\u00eame si le genre romanesque domine. Ce num\u00e9ro des\u00a0<em>Cahiers Fablijes<\/em>\u00a0part du constat que tout un pan du th\u00e9\u00e2tre d\u2019enfance des XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0et XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cles, textes et pratiques, demeure ignor\u00e9 par la recherche. Ce sont ces aspects m\u00e9connus que nous souhaiterions mettre en lumi\u00e8re pour mieux comprendre les continuit\u00e9s et discontinuit\u00e9s qui s\u2019op\u00e8rent avec le th\u00e9\u00e2tre de jeunesse contemporain aujourd\u2019hui en plein essor, selon l\u2019hypoth\u00e8se que le XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle constitue un point de passage important largement ignor\u00e9 par la critique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, au XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, le th\u00e9\u00e2tre scolaire, en particulier celui des j\u00e9suites et celui de Saint-Cyr, ont fait l\u2019objet de nombreux travaux\u00a0; des recherches r\u00e9centes int\u00e8grent \u00e9galement les coll\u00e8ges de l\u2019Universit\u00e9 de Paris<sup>2<\/sup>. Mais du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019\u00e9ducation des gar\u00e7ons, les th\u00e9\u00e2tres des coll\u00e8ges g\u00e9r\u00e9s par les oratoriens, les doctrinaires, les g\u00e9nov\u00e9sains, les augustins, etc. sont encore relativement peu trait\u00e9s. De m\u00eame, du c\u00f4t\u00e9 des demoiselles, le th\u00e9\u00e2tre fait partie des pratiques que l\u2019on trouve par exemple dans la Maison lilloise de la Sainte et Noble Famille<sup>3<\/sup>, \u00e0 l\u2019Abbaye-aux-bois<sup>4<\/sup>, chez les carm\u00e9lites et les b\u00e9n\u00e9dictines<sup>5<\/sup>, chez les ursulines<sup>6<\/sup>, au couvent Smolny<sup>7<\/sup>\u2026 Quant aux recueils de th\u00e9\u00e2tre d\u2019\u00e9ducation, rares sont les t\u00e9moignages relatifs \u00e0 ces pratiques familiales qui rejoignent parfois le th\u00e9\u00e2tre de soci\u00e9t\u00e9, comme l\u2019a montr\u00e9 Marie-Emmanuelle Plagnol-Di\u00e9val.\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De telles pratiques se poursuivent au XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, le th\u00e9\u00e2tre p\u00e9dagogique semblant \u00ab\u00a0concurrencer une \u00e9cole encore d\u00e9faillante<sup>8<\/sup>\u00a0\u00bb selon Francis Marcoin, qui cite plusieurs recueils\u00a0: \u00a0<em>Entretiens pour l\u2019amusement et l\u2019instruction des enfants<\/em>\u00a0(Soci\u00e9t\u00e9 des Bons livres, 1833),\u00a0<em>Petit Th\u00e9\u00e2tre des maisons d\u2019\u00e9ducation pour les jeunes gens<\/em>\u00a0(Lille, Lefort, 1848),\u00a0<em>Th\u00e9\u00e2tre chr\u00e9tien \u00e0 l\u2019usage des maison d\u2019\u00e9ducation<\/em>\u00a0par la comtesse Zernein (Oliver-Fulgence, 1848),\u00a0<em>G\u00e9ographie dramatique de la jeunesse<\/em>\u00a0de Jauffret (Paris, Maumus, 1830, 2<sup>e<\/sup>\u00a0\u00e9dition). Mentionnons aussi les proverbes dramatiques de Madame Campan \u00e0 distribution f\u00e9minine publi\u00e9s entre 1824 et 1832, le\u00a0<em>Nouveau Th\u00e9\u00e2tre d\u2019\u00e9ducation pour les jeunes personnes<\/em>\u00a0de 1840 attribu\u00e9 \u00e0 Marie Emery ou encore le\u00a0<em>Nouveau Th\u00e9\u00e2tre des jeunes personnes<\/em>\u00a0(Paris, Guillier, 1858) de Madame Gu\u00e9not. Le th\u00e9\u00e2tre d\u2019\u00e9ducation conna\u00eet encore au XIX<sup>e\u00a0<\/sup>si\u00e8cle une certaine vitalit\u00e9, au gr\u00e9 de pratiques de soci\u00e9t\u00e9 qui en exploitent toujours le double enjeu r\u00e9cr\u00e9atif et \u00e9difiant (Madame de Flesselles, Petit Th\u00e9\u00e2tre de famille, Blanchard, 1823\u00a0;\u00a0<em>L\u2019Enfance en action. Petit th\u00e9\u00e2tre moral<\/em>, Paris, A. Marcilly, 1831\u00a0; Comtesse de S\u00e9gur,\u00a0<em>Com\u00e9dies et Proverbes<\/em>, Hachette, 1865), souvent dans le cadre d\u2019exp\u00e9riences scolaires (Jean Mac\u00e9,\u00a0<em>Th\u00e9\u00e2tre du Petit Ch\u00e2teau<\/em>, Hetzel, 1861).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des th\u00e9\u00e2tres sont \u00e9galement cr\u00e9\u00e9s pour des troupes de jeunes gens, dont le jeu exc\u00e8de ainsi la sph\u00e8re priv\u00e9e ou le cadre du th\u00e9\u00e2tre de soci\u00e9t\u00e9, non sans mal, car la loi interdit aux enfants de moins de quinze ans de se produire sur sc\u00e8ne et exige donc de nombreuses d\u00e9rogations adress\u00e9es \u00e0 la censure. Le Th\u00e9\u00e2tre des Jeunes-Artistes (1790-1807), le Gymnase enfantin (1829-1843) ou encore le Th\u00e9\u00e2tre Comte (1820-1846), proposent des spectacles exclusivement jou\u00e9s par des enfants, tandis que d\u2019autres \u00e9tablissements, comme le Th\u00e9\u00e2tre de S\u00e9raphin, surnomm\u00e9 \u00ab Spectacle des enfants de France \u00bb \u00e0 partir de 1781, affichent nettement le caract\u00e8re sp\u00e9cifique de leur auditoire. Certaines salles de spectacle, comme le Th\u00e9\u00e2tre de la Galerie Vivienne, proposent m\u00eame \u00e0 la fin du si\u00e8cle des \u00ab matin\u00e9es enfantines \u00bb, exhibant par cette temporalit\u00e9 particuli\u00e8re, la diff\u00e9renciation de leur public.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019instauration d\u2019espaces nouveaux \u2013 qu\u2019il s\u2019agisse de salles de spectacle ou de la presse sp\u00e9cialis\u00e9e \u2013 am\u00e8ne \u00e0 s\u2019interroger sur les formes et les genres qui y sont pratiqu\u00e9s. Si les pi\u00e8ces d\u2019ombres de S\u00e9raphin revendiquent un r\u00e9pertoire de \u00ab petites pi\u00e8ces enfantines<sup>9<\/sup>\u00a0\u00bb et les spectacles de Guignol pr\u00e9sent\u00e9s dans les castelets des jardins publics semblent s\u2019adresser tout particuli\u00e8rement aux enfants<sup>10<\/sup>, ces deux formes th\u00e9\u00e2trales que sont le th\u00e9\u00e2tre d\u2019ombres et la marionnette ne sont pas a priori exclusivement r\u00e9serv\u00e9es \u00e0 la jeunesse \u2013 les marionnettes satiriques de Duranty et les pi\u00e8ces d\u2019ombres du cabaret du Chat Noir offrent deux contre-exemples \u00e9loquents. On peut d\u00e8s lors se demander, en comparant les r\u00e9pertoires, ce qui justifie la restriction du public. Celle-ci repose-t-elle sur le choix de genres d\u00e9di\u00e9s \u2013 le conte ou la com\u00e9die morale, par exemple \u2013, de formes plus br\u00e8ves, exploitant des \u00e9l\u00e9ments symboliques identifi\u00e9s, ou encore sur un contenu th\u00e9matique et moral sp\u00e9cifique\u00a0? Une porosit\u00e9 existe-t-elle entre les r\u00e9pertoires, permettant une polys\u00e9mie du discours\u00a0?\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Par ailleurs, les recherches se sont davantage int\u00e9ress\u00e9es \u00e0 la pratique th\u00e9\u00e2trale, aux grands principes et enjeux de ces r\u00e9pertoires, plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 l\u2019analyse pr\u00e9cise des textes, souvent disparus, que l\u2019anthologie <em>L\u2019Enfant r\u00eav\u00e9\u00a0<\/em>met en lumi\u00e8re et que les catalogues num\u00e9riques des biblioth\u00e8ques municipales permettent aujourd\u2019hui de d\u00e9couvrir progressivement. Or, l\u2019analyse des textes fait appara\u00eetre des aspects surprenants tels que les repr\u00e9sentations de la violence. Cela est particuli\u00e8rement marqu\u00e9 dans le th\u00e9\u00e2tre scolaire du XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle o\u00f9 les sujets historiques, bibliques, mythologiques n\u2019\u00e9pargnent pas les th\u00e8mes de la guerre, des massacres (li\u00e9s \u00e0 la religion), des vengeances, des luttes fratricides. Dans les recueils de th\u00e9\u00e2tre pour les familles, ces violences sont trait\u00e9es de mani\u00e8re diff\u00e9rente en raison de la mat\u00e9rialit\u00e9 des repr\u00e9sentations et de l\u2019influence du drame ou des valeurs familiales. Sans doute la violence se place-t-elle davantage \u00e0 hauteur d\u2019enfant, prenant par exemple la forme du rejet du fils par le p\u00e8re, de bagarres entre jeunes gens, de cruaut\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9gard des animaux, etc. L\u2019\u00e2ge, le sexe, le cadre p\u00e9dagogique, la langue choisie (fran\u00e7ais ou latin), le contexte historique et g\u00e9ographique conditionnent ind\u00e9niablement ces repr\u00e9sentations de la violence. Quelles en sont les formes\u00a0? Comment s\u2019op\u00e8rent les jeux de dissimulation ou d\u2019\u00e9dulcoration\u00a0? Nous pourrons en interpr\u00e9ter les enjeux en fonction de la r\u00e9ception adulte et\/ou enfantine, en observer le r\u00f4le jou\u00e9 par la repr\u00e9sentation sc\u00e9nique (chants, danses, d\u00e9cors). Comment le sacrifice d\u2019Abraham, par exemple, est-il trait\u00e9 par le P. \u00a0Brumoy, par l\u2019abb\u00e9 Aunillon ou par Madame de Genlis\u00a0? Qu\u2019en est-il de la trahison et des exactions d\u2019Absalon sur la sc\u00e8ne des oratoriens au XVIIe si\u00e8cle, sur celles de Madame de Maintenon (\u00e0 Saint-Cyr et \u00e0 Versailles) sous la plume de Duch\u00e9 de Vancy ou encore sur les tr\u00e9teaux des j\u00e9suites, en France et en Italie, gr\u00e2ce aux versions du P. Marion au XVIIIe si\u00e8cle\u00a0? Au XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, dans le recueil de marionnettes qu\u2019elle con\u00e7oit initialement pour ses filles, Laure Bernard \u00e9voque l\u2019effroi provoqu\u00e9 par une mise en sc\u00e8ne de Barbe Bleue tout en proposant une r\u00e9\u00e9criture du combat de David et Goliath couronn\u00e9 par une d\u00e9capitation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin les modalit\u00e9s de circulation de ces th\u00e9\u00e2tres interrogent. Au XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, les pi\u00e8ces circulent d\u2019une sc\u00e8ne scolaire \u00e0 l\u2019autre, du th\u00e9\u00e2tre des filles \u00e0 celui des gar\u00e7ons\u00a0; tel est le cas d\u2019<em>Athalie<\/em>\u00a0que l\u2019on retrouve dans les coll\u00e8ges sous le titre de\u00a0<em>Joas<\/em>\u00a0ou dans le\u00a0<em>Th\u00e9\u00e2tre \u00e0 l&#8217;usage des coll\u00e8ges<\/em>, des \u00e9coles royales militaires et des pensions particuli\u00e8res de Nougaret en 1789 avec une distribution enti\u00e8rement masculine. Au XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, le d\u00e9veloppement d\u2019une presse sp\u00e9cialis\u00e9e, qui convoque par ses titres un jeune public \u2013\u00a0<em>Journal des enfants, Journal des jeunes personnes, Journal des demoiselles<\/em>\u00a0\u2013 et leur associe des enjeux explicites \u2013 on pensera au c\u00e9l\u00e8bre\u00a0<em>Magasin d\u2019\u00e9ducation et de r\u00e9cr\u00e9ation<\/em>\u00a0de Jules Hetzel \u2013, diffuse certes essentiellement le roman sous la forme du feuilleton, mais le th\u00e9\u00e2tre n\u2019en est pas absent. On pourra interroger la place qu\u2019y tient le th\u00e9\u00e2tre et analyser le r\u00e9pertoire qu\u2019elles proposent\u00a0: quels genres sont pr\u00e9sent\u00e9s\u00a0? quels th\u00e8mes sont abord\u00e9s\u00a0? quels enjeux les pi\u00e8ces ainsi publi\u00e9es recouvrent-elles\u00a0? quel public enfantin sp\u00e9cifique visent-elles\u00a0? et quels discours ces pi\u00e8ces tiennent-elles sur l\u2019enfance, mais aussi sur la soci\u00e9t\u00e9 dans son ensemble\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Axes de r\u00e9flexion<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Nous proposons quelques pistes de r\u00e9flexion non-exhaustives afin de mieux appr\u00e9hender ces th\u00e9\u00e2tres selon des perspectives historiques, litt\u00e9raires et artistiques. Les propositions qui ne rel\u00e8vent pas d\u2019un de ces axes seront aussi examin\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1 \u2013 Du c\u00f4t\u00e9 des\u00a0<strong>r\u00e9pertoires<\/strong>\u00a0et des\u00a0<strong>pratiques<\/strong>, quels sont les th\u00e9\u00e2tres d\u2019enfance m\u00e9connus du XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle\u00a0? Que r\u00e9v\u00e8lent-ils des pratiques institutionnelles du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019\u00e9ducation masculine ou f\u00e9minine\u00a0? Que sait-on des pratiques priv\u00e9es, des petits th\u00e9\u00e2tres mis en place dans les familles comme les th\u00e9\u00e2tres de marionnettes\u00a0? Quels r\u00e9pertoires dramatiques sp\u00e9cifiques se constituent au XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle pour la jeunesse\u00a0? On pourra \u00e9tudier la post\u00e9rit\u00e9 du th\u00e9\u00e2tre d\u2019\u00e9ducation, tout en envisageant les autres formes mises en \u0153uvre et la diversit\u00e9 des genres pratiqu\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a02 \u2013 Du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019<strong>analyse des pi\u00e8ces<\/strong>, quels sont les enjeux de ce th\u00e9\u00e2tre sp\u00e9cifique\u00a0? Port\u00e9 par un souci d\u2019\u00e9dification morale et religieuse, de r\u00e9cr\u00e9ation mais aussi d\u2019\u00e9ducation, ce th\u00e9\u00e2tre \u2013 et en particulier le th\u00e9\u00e2tre publi\u00e9 dans la presse \u2013 joue-t-il un r\u00f4le de vulgarisation des savoirs\u00a0? Quel(s) discours sur la soci\u00e9t\u00e9 tient-il\u00a0? Celui-ci est-il toujours corset\u00e9 ou peut-on d\u00e9celer un propos plus subversif\u00a0? Quels aspects surprenants (violence, pouvoir politique, religion, amour\u2026) l\u2019analyse pr\u00e9cise des textes r\u00e9v\u00e8le-t-elle\u00a0?\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3 \u2013 Quels\u00a0<strong>lieux<\/strong>\u00a0sp\u00e9cifiques le th\u00e9\u00e2tre d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la jeunesse investit-il\u00a0? Quelle est la\u00a0<strong>temporalit\u00e9<\/strong>\u00a0propre de ces th\u00e9\u00e2tres\u00a0? Comment cette temporalit\u00e9 influe-t-elle sur la repr\u00e9sentation dramatique et son contenu\u00a0? Quelles\u00a0<strong>sociabilit\u00e9s<\/strong>\u00a0sp\u00e9cifiques implique-t-elle\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">4 \u2013 Quel int\u00e9r\u00eat la\u00a0<strong>critique dramatique<\/strong>\u00a0porte-t-elle aux pi\u00e8ces plus sp\u00e9cifiquement adress\u00e9es aux enfants\u00a0? Existe-t-il une critique dramatique propre\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">5 \u2013 Comment se constitue l\u2019id\u00e9e m\u00eame d\u2019un\u00a0<strong>public enfantin sp\u00e9cifique<\/strong>\u00a0? Existe-t-il des strat\u00e9gies \u00e9ditoriales, des discours qui participent \u00e0 la construction de l\u2019id\u00e9e d\u2019enfant-spectateur\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les\u00a0<strong>propositions d\u2019article<\/strong>\u00a0en fran\u00e7ais (environ 500 mots) ainsi qu\u2019une courte bio-bibliographie seront \u00e0 envoyer par courrier\u00a0<strong>avant le 1<sup>er<\/sup>\u00a0d\u00e9cembre 2024<\/strong>, conjointement \u00e0 Marine Wisniewski (<a href=\"mailto:marine.wisniewski@gmail.com\">marine.wisniewski@gmail.com<\/a>) et B\u00e9atrice Ferrier (<a href=\"mailto:beatrice.ferrier@univ-artois.fr\">beatrice.ferrier@univ-artois.fr<\/a>).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les\u00a0<strong>articles (30 000 signes environ)<\/strong>\u00a0seront attendus pour le\u00a0<strong>30 avril 2025<\/strong>.<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0Bibliographie indicative<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Nicolas Brucker (dir.),\u00a0<em>Le Th\u00e9\u00e2tre de coll\u00e8ge au XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, \u00c9tudes sur le XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle<\/em>, n\u00b0 50, Universit\u00e9 Libre de Bruxelles, 2023.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Marie Bernanoce et Sandrine Le Pors (dir.),\u00a0<em>Entre th\u00e9\u00e2tre et jeunesse\u00a0: formes esth\u00e9tiques d\u2019un engagement, Recherches et Travaux<\/em>, n\u00b0 87, 2015.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Marie Bernanoce et Sandrine Le Pors (dir.),\u00a0<em>Po\u00e9tiques du th\u00e9\u00e2tre jeunesse<\/em>, Arras, Artois Presses Universit\u00e9, coll. \u00c9tudes litt\u00e9raires, 2018.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Jean-Fr\u00e9d\u00e9ric Chevalier, \u00ab\u00a0La violence dans le th\u00e9\u00e2tre j\u00e9suite en France\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Le Th\u00e9\u00e2tre, la violence et les arts en Europe (XVI<sup>e<\/sup>-XVII<sup>e<\/sup>\u00a0s.)<\/em>, sous la direction de Christian Biet et Marie-Madeleine Fragonard,\u00a0<em>Litt\u00e9ratures classiques<\/em>, n\u00b0 73, 2010, p. 215-227.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Isabelle De Peretti et B\u00e9atrice Ferrier (dir.),\u00a0<em>Th\u00e9\u00e2tre d\u2019enfance et de jeunesse\u00a0: de l\u2019hybridit\u00e9 \u00e0 l\u2019hybridation<\/em>, Arras, Artois Presses Universit\u00e9, coll. \u00c9tudes litt\u00e9raires. Enfance, 2016.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 \u00a0 \u00a0 \u00a0 B\u00e9atrice Ferrier, \u00ab\u00a0Le th\u00e9\u00e2tre entre jeu et texte\u00a0: une longue tradition scolaire\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Pour l\u2019enseignement du th\u00e9\u00e2tre<\/em>, sous la direction d\u2019Isabelle de Peretti et de Christine Mongenot,\u00a0<em>Le Fran\u00e7ais aujourd\u2019hui<\/em>, n\u00b0 180, mars 2013, p. 11-25.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 \u00a0 \u00a0 \u00a0Francis Marcoin (dir.),\u00a0<em>Polichinelle, Cahiers Robinson,<\/em>\u00a0n\u00b0 6, 1999.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Francis Marcoin (dir.),\u00a0<em>L\u2019Enfant des tr\u00e9teaux, Cahiers Robinson<\/em>, n\u00b0 8, 2000.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Francis Marcoin,\u00a0<em>Librairie de jeunesse et litt\u00e9rature industrielle au XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle<\/em>, Paris, Honor\u00e9 Champion, 2006.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Christiane Page,\u00a0<em>Troupes et jeunesse, Cahiers Robinson<\/em>, n\u00b0 18, 2006.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Marie-Emmanuelle Plagnol-Di\u00e9val,\u00a0<em>M<sup>me<\/sup>\u00a0de Genlis et le th\u00e9\u00e2tre d\u2019\u00e9ducation au XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle<\/em>, Oxford, Voltaire Foundation, 1997.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Marie-Emmanuelle Plagnol-Di\u00e9val, \u00ab\u00a0Cat\u00e9chisme ou th\u00e9\u00e2tre\u00a0? Quelques figures bibliques sur sc\u00e8ne au XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle\u00a0\u00bb, dans\u00a0<em>Bible et litt\u00e9rature<\/em>, dir. Olivier Millet, Paris, Champion, 2003, p. 163-181.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Marie-Emmanuelle Plagnol-Di\u00e9val, \u00ab\u00a0Introduction g\u00e9n\u00e9rale\u00a0\u00bb, dans\u00a0<em>L\u2019Enfant r\u00eav\u00e9. Anthologie des th\u00e9\u00e2tres d\u2019\u00e9ducation du XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle<\/em>, sous la direction de Marie-Emmanuelle Plagnol-Di\u00e9val, Paris, Classiques Garnier, 2022, t. I, p. 7-68.<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Notes<\/strong><br \/>\n[1] Marie-Emmanuelle Plagnol-Di\u00e9val (dir.),\u00a0<em>L\u2019Enfant r\u00eav\u00e9. Anthologie des th\u00e9\u00e2tres d\u2019\u00e9ducation du XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle<\/em>, Paris, Classiques Garnier, 2022, t. I et II.<br \/>\n[2] Marie Demeilliez, \u00ab\u00a0Un plaisir sage et r\u00e9gl\u00e9\u00a0\u00bb. Musiques et danses sur la sc\u00e8ne des coll\u00e8ges parisiens (1640-1762), th\u00e8se de musicologie, dir. par Rapha\u00eblle Legrand, universit\u00e9 Paris-Sorbonne, 2010.<br \/>\n[3] L\u00e9on Lefebvre,\u00a0<em>Le Th\u00e9\u00e2tre des J\u00e9suites et des Augustins dans leurs coll\u00e8ges de Lille, du XVII<sup>e<\/sup>\u00a0au XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle<\/em>, Nancy, impr. de Berger-Levrault, 1907.<br \/>\n[4] Il est notamment signal\u00e9 dans les ouvrages suivants\u00a0: Genevi\u00e8ve Reynes,\u00a0<em>Couvents de femmes. La vie des religieuses clo\u00eetr\u00e9es dans la France des XVII<sup>e<\/sup>\u00a0et XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cles<\/em>, Paris, Fayard, 1987; Martine Sonnet,\u00a0<em>L\u2019\u00c9ducation des filles au temps des Lumi\u00e8res<\/em>, Paris, CNRS\/ Cerf, 2011 [1987].<br \/>\n[5] Voir Anne-Sophie Gallo, Th\u00e9\u00e2tre et identit\u00e9 j\u00e9suite\u00a0: pratique, discours et culture dramatiques de la suppression au r\u00e9tablissement de la Compagnie de J\u00e9sus en France (1757-1828), th\u00e8se d\u2019histoire, dir. par Gilles Bertrand, universit\u00e9 de Grenoble, 2015.<br \/>\n[6] Plusieurs pi\u00e8ces sont mentionn\u00e9es dans les\u00a0<em>Nouvelles eccl\u00e9siastiques<\/em>.<br \/>\n[7] Maciej Forycki, \u00ab\u00a0Denis Diderot et le Saint-Cyr p\u00e9tersbourgeois\u00a0\u00bb, dans\u00a0<em>L\u2019\u00c9ducation des jeunes filles nobles en Europe XVII<sup>e<\/sup>-XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cles<\/em>, dir. Chantal Grell et Arnaud Rami\u00e8re de Fortanier, PUPS, 2004 p. 145-156.<br \/>\n[8] Francis Marcoin,\u00a0<em>Librairie de jeunesse et litt\u00e9rature industrielle au XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle<\/em>, Paris, Honor\u00e9 Champion, 2000, p. 49.<br \/>\n[9] Arthur Pougin, \u00ab\u00a0Un th\u00e9\u00e2tre enfantin. Les ombres chinoises de S\u00e9raphin\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Revue universelle illustr\u00e9e<\/em>, 1890.<br \/>\n[10] Dans son\u00a0<em>Dictionnaire historique et pittoresque du th\u00e9\u00e2tre<\/em>, Arthur Pougin \u00e9voque les \u00ab\u00a0jeux de marionnettes dont nos enfants peuvent voir les descendants aux Tuileries et aux Champs-\u00c9lys\u00e9es\u00a0\u00bb (Paris, Firmin-Didot et Cie, 1885, p. 386).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dossier des Cahiers Fablijes, n\u00b02, 2025, dir. B\u00e9atrice Ferrier et Marine Wisniewski. Nombreux sont les travaux de recherche sur le th\u00e9\u00e2tre scolaire et le th\u00e9\u00e2tre d\u2019\u00e9ducation du XVIIIe\u00a0si\u00e8cle que nous regroupons sous l\u2019appellation \u00ab\u00a0th\u00e9\u00e2tre d\u2019enfance\u00a0\u00bb, qui d\u00e9signe un th\u00e9\u00e2tre con\u00e7u pour les \u00e9l\u00e8ves, enfants ou adolescents, dont l\u2019anthologie\u00a0L\u2019Enfant r\u00eav\u00e91\u00a0publie moult pi\u00e8ces, la plupart inconnues. 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