{"id":11536,"date":"2024-11-03T03:05:28","date_gmt":"2024-11-03T11:05:28","guid":{"rendered":"https:\/\/siefar.org\/?p=11536"},"modified":"2024-11-03T03:05:28","modified_gmt":"2024-11-03T11:05:28","slug":"prisonnieres-mythes-fictions-et-recits-de-femmes-incarcerees","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/siefar.org\/gb\/prisonnieres-mythes-fictions-et-recits-de-femmes-incarcerees\/","title":{"rendered":"&#8220;Prisonni\u00e8res&#8221; : mythes, fictions et r\u00e9cits de femmes incarc\u00e9r\u00e9es"},"content":{"rendered":"<p><strong>Universit\u00e9 Rennes 2<\/strong><\/p>\n<p><strong>Organisation :\u00a0<\/strong><strong>Ja\u00eflys Duault et C\u00e9cile Tarjot<\/strong><\/p>\n<p>Parmi les lieux d\u2019enfermement, la prison est peut-\u00eatre celui qui est le moins assimil\u00e9 au genre f\u00e9minin\u00a0: en 2024, les femmes repr\u00e9sentent 3,59 % de la population carc\u00e9rale fran\u00e7aise et 6,9 % de la population carc\u00e9rale mondiale[1]. Si les femmes incarc\u00e9r\u00e9es sont minoritaires d\u2019un point de vue num\u00e9rique, elles le sont aussi d\u2019un point de vue politique, puisque d\u00e9pendantes d\u2019une \u00ab\u00a0institution pens\u00e9e pour les hommes[2]\u00a0\u00bb. Les prisonni\u00e8res subissent \u00e0 la fois l\u2019ordre patriarcal et \u00ab\u00a0l&#8217;ordre p\u00e9nitentiaire[3]\u00a0\u00bb. Sans minimiser la violence de l\u2019exp\u00e9rience carc\u00e9rale au masculin, des travaux men\u00e9s sur l\u2019histoire des prisons d\u00e9montrent les sp\u00e9cificit\u00e9s de l\u2019incarc\u00e9ration des femmes. Les penseur\u1427euse\u1427s de la prison p\u00e9nale, qui se d\u00e9veloppe tout au long du XIXe si\u00e8cle, sont notamment pr\u00e9occup\u00e9s par la docilit\u00e9, la vertu et la r\u00e9habilitation des femmes d\u00e9tenues. Cette obsession entra\u00eene une surveillance plus \u00e9troite et oppressive selon Lucia Zedner\u00a0: \u00ab\u00a0l&#8217;h\u00e9ritage historique des conditions carc\u00e9rales moins bonnes, la stigmatisation plus importante des femmes d\u00e9linquantes et la fusion des prisons pour femmes, qui a entra\u00een\u00e9 la d\u00e9tention de nombreuses femmes loin de chez elles, peuvent expliquer en partie pourquoi les femmes semblent avoir plus de mal que les hommes \u00e0 accepter l&#8217;emprisonnement[4]\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019essor des approches f\u00e9ministes et des\u00a0<em>gender studies<\/em>\u00a0\u00e0 l\u2019Universit\u00e9 a permis de d\u00e9noncer le manque d\u2019\u00e9tudes sur les femmes d\u00e9tenues du fait de cette double marginalit\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Oubli\u00e9es de l\u2019histoire, les prisonni\u00e8res le sont plus encore que les autres femmes[5]\u00a0\u00bb affirme l\u2019historienne Michelle Perrot. Dans la lign\u00e9e des travaux en sciences sociales, des chercheuses et chercheurs en lettres et arts se sont int\u00e9ress\u00e9\u00b7es d\u2019abord \u00e0 l\u2019enfermement au f\u00e9minin puis plus r\u00e9cemment aux sp\u00e9cificit\u00e9s de la cr\u00e9ation carc\u00e9rale au f\u00e9minin. Pour prolonger ces questionnements scientifiques et militants, cette journ\u00e9e d\u2019\u00e9tude sera d\u00e9di\u00e9e aux figures litt\u00e9raires de la prisonni\u00e8re, qu\u2019elles soient produites par la fiction ou par le t\u00e9moignage.<\/p>\n<p>\u00c0 la diff\u00e9rence de son \u00e9quivalent masculin, le nom f\u00e9minin \u00ab\u00a0prisonni\u00e8re\u00a0\u00bb convoque imm\u00e9diatement un imaginaire romanesque sans prison p\u00e9nale, passant de l\u2019h\u00e9ro\u00efne gothique anglaise \u00e0\u00a0<em>La Prisonni\u00e8re<\/em>\u00a0de Marcel Proust. Ces deux avatars de prisonni\u00e8res subissent un enfermement domestique qui \u00e9chappe aux circuits de la Justice, ce qui alimente l\u2019id\u00e9e de l\u2019invisibilisation des femmes judiciaris\u00e9es. Emprunt\u00e9 au vocabulaire militaire, ce mot de \u00ab\u00a0prisonni\u00e8re\u00a0\u00bb n\u2019est pas un participe substantiv\u00e9, \u00e0 la diff\u00e9rence des termes \u00ab\u00a0d\u00e9tenue\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0emprisonn\u00e9e\u00a0\u00bb. L\u2019action n\u00e9cessaire \u00e0 cette \u00ab\u00a0prise de corps\u00a0\u00bb semble occult\u00e9e. Le mot \u00ab\u00a0prisonni\u00e8re\u00a0\u00bb figerait d\u00e8s lors l\u2019\u00e9tat suppos\u00e9 transitoire de l\u2019incarc\u00e9ration, initi\u00e9 par une arrestation et parfois une condamnation. Cette atemporalit\u00e9 lexicale annulerait implicitement la possibilit\u00e9 d\u2019un mouvement inverse, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019une lib\u00e9ration. D\u2019un point de vue lexical, il enfermerait lui-m\u00eame l\u2019identit\u00e9 des femmes concern\u00e9es en les limitant \u00e0 leur situation carc\u00e9rale\u00a0: le lieu et l\u2019individu ne feraient plus qu\u2019un. Si le substantif \u00ab\u00a0prisonni\u00e8re\u00a0\u00bb interpelle d\u2019abord par les aspects contradictoires qu\u2019il associe (la prison et les femmes), il convoque pourtant un ensemble de figures mythiques, r\u00e9elles et\/ou fictionnelles. C\u2019est l\u2019articulation de ces trois entr\u00e9es litt\u00e9raires qui retiendra notre attention puisqu\u2019elles ne sont pas n\u00e9cessairement incompatibles ou oppos\u00e9es. Comment les femmes d\u00e9tenues se repr\u00e9sentent-elles par l\u2019\u00e9criture\u00a0? L\u2019emploi du terme de \u00ab\u00a0prisonni\u00e8re\u00a0\u00bb permet-il aux femmes d\u00e9tenues de retrouver une certaine agentivit\u00e9\u00a0? Qu\u2019est-ce que les figurations anciennes et contemporaines de prisonni\u00e8res disent de nos imaginaires genr\u00e9s et carc\u00e9raux\u00a0? Est-ce que les fictions mettant en r\u00e9cit des prisonni\u00e8res sont n\u00e9cessairement essentialisantes\u00a0? Est-ce que la mythification de prisonni\u00e8res imaginaires s\u2019oppose \u00e0 la matrimonialisation des luttes de prisonni\u00e8res historiques\u00a0? Derri\u00e8re le terme g\u00e9n\u00e9rique de \u00ab\u00a0prisonni\u00e8res\u00a0\u00bb, de qui parle-t-on\u00a0? Pour emprunter la formule d\u2019Angela Davis, nous nous demanderons si l\u2019arch\u00e9type litt\u00e9raire de la prisonni\u00e8re est obsol\u00e8te. Notre journ\u00e9e d\u2019\u00e9tude s\u2019int\u00e9ressera autant aux r\u00e9cits d\u2019autrices incarc\u00e9r\u00e9es, qu\u2019aux \u0153uvres de fiction qui imaginent l\u2019incarc\u00e9ration de prisonni\u00e8res r\u00e9elles ou invent\u00e9es. Nous chercherons \u00e0 analyser comment ces textes r\u00e9sistent au mythe de la prisonni\u00e8re ou, au contraire, l\u2019alimentent.\u00a0<\/p>\n<p><strong>A. \u00a0 (D\u00e9)mythifications de la prisonni\u00e8re<\/strong><\/p>\n<p>Nous vous proposons, par cette entr\u00e9e, de nous interroger sur la notion de \u00ab\u00a0mythe\u00a0\u00bb qui, de prime abord, convoque un imaginaire antiquisant et un savoir anthropologique. S\u2019attachant \u00e0 d\u00e9finir lesdits mythes grecs, Jean-Pierre Vernant d\u00e9signe ces derniers comme une fa\u00e7on de penser le monde, que ce soit par des mythes, rituels ou all\u00e9gories\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c0 travers ces \u0153uvres, nous recherchons ce qu\u2019a \u00e9t\u00e9 l\u2019homme lui-m\u00eame[6]\u00a0\u00bb. Et Claude L\u00e9vi-Strauss de souligner que les mythes sont pour l\u2019humanit\u00e9 le moyen de concilier entre eux des \u00e9l\u00e9ments qui s\u2019opposent dans une culture donn\u00e9e[7]. Le mythe de la prisonni\u00e8re permettrait alors de proposer une analyse simplifi\u00e9e d\u2019un probl\u00e8me qui para\u00eet, aux yeux de la soci\u00e9t\u00e9, irr\u00e9solu\u00a0: comment une femme peut-elle \u00eatre incarc\u00e9r\u00e9e\u00a0? Ainsi, dans le num\u00e9ro de la revue du CREMIS intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Se dire ou \u00eatre dit\u1427e\u00a0\u00bb, les autrices soulignent que les prisonni\u00e8res sont plus repr\u00e9sent\u00e9es qu\u2019\u00e9cout\u00e9es, ce qui suppose alors une certaines f\u00e9tichisation de cette figure par les m\u00e9dias[8]. Nous proposons donc par les termes de mythification et de d\u00e9mythification une analyse de la figure de la\/des prisonni\u00e8re(s) selon deux paradigmes\u00a0:\u00a0<\/p>\n<ul>\n<li>Dans une perspective diachronique, nous pouvons nous demander dans quelle mesure les mythes tels que celui de la catabase, des paraboles religieuses, des r\u00e9cits de r\u00e9v\u00e9lations influencent l\u2019\u00e9criture de la prison \u00e0 travers les t\u00e9moignages et fictions\u00a0; et si les circulations d\u2019une modalit\u00e9 \u00e0 l\u2019autre permettent un d\u00e9passement de l\u2019opposition entre celles-ci.\u00a0<\/li>\n<li>Dans un second temps, nous pouvons nous poser la question d\u2019un mouvement inverse\u00a0: la culture populaire, la fiction, les litt\u00e9ratures \u00ab\u00a0blanches\u00a0\u00bb et de l\u2019imaginaire produisent des discours plus ou moins fantasm\u00e9s sur la prison. Dans quelle mesure ces discours construisent-ils une mythification des prisonni\u00e8res, \u00e0 laquelle semblent parfois\u00a0<em>devoir\u00a0<\/em>et\/ou\u00a0<em>vouloir\u00a0<\/em>r\u00e9pondre les t\u00e9moignages\u00a0?\u00a0<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>B. \u00a0 \u00c9crits et t\u00e9moignages de prisonni\u00e8res<\/strong><\/p>\n<p>Le mythe essentialisant de la prisonni\u00e8re tend \u00e0 invisibiliser les voix des femmes incarc\u00e9r\u00e9es. Cette journ\u00e9e d\u2019\u00e9tude cherche \u00e0 r\u00e9unir des \u00e9crits personnels de femmes d\u00e9tenues \u00e0 travers les si\u00e8cles et les langues. Il s\u2019agira de mettre en lumi\u00e8re ces r\u00e9cits, de prendre le temps de les consid\u00e9rer et d\u2019\u00e9tudier la vari\u00e9t\u00e9 des expressions de l\u2019exp\u00e9rience carc\u00e9rale en comparant leurs diff\u00e9rences et leurs similitudes g\u00e9n\u00e9riques, stylistiques et th\u00e9matiques. Albertine Sarrazin affirme par exemple dans son\u00a0<em>Journal de prison<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est toujours un peu en captive que j\u2019\u00e9cris\u2026[9]\u00a0\u00bb. Cette \u00e9tude diachronique nous permettra de consid\u00e9rer en miroir l\u2019\u00e9volution des prisons et celle du r\u00e9cit carc\u00e9ral puisque \u00ab\u00a0les \u00e9crits eux aussi t\u00e9moignent\u00a0: ils portent t\u00e9moignage sur des pratiques d\u2019\u00e9criture qu\u2019il faut contextualiser dans une histoire des formes de pr\u00e9sence de la litt\u00e9rature[10]\u00a0\u00bb. L\u2019\u00e9criture suppose des comp\u00e9tences r\u00e9dactionnelles qui ne sont pas accessibles \u00e0 toutes les personnes d\u00e9tenues. Les formes du r\u00e9cit de soi carc\u00e9ral sont nombreuses\u00a0: on d\u00e9nombre le journal, les m\u00e9moires, l\u2019autobiographie, la correspondance, mais aussi la po\u00e9sie de circonstance et le t\u00e9moignage. Si le t\u00e9moignage est \u00ab\u00a0un document personnel[11]\u00a0\u00bb, il faudra analyser la fa\u00e7on dont les autrices revendiquent ou d\u00e9clinent leur statut d\u2019autrice. Est-ce que ces \u00e9critures intimes affichent une vis\u00e9e politique\u00a0? Si oui, s\u2019agit-il de raconter l\u2019injustice de son incarc\u00e9ration ou de d\u00e9noncer le syst\u00e8me carc\u00e9ral dans son ensemble\u00a0? Nous discuterons de la fa\u00e7on dont cette \u00e9criture du r\u00e9el d\u00e9joue les fantasmes et les lieux communs concernant les femmes incarc\u00e9r\u00e9es tout en offrant \u00ab\u00a0un texte \u00e0 soi\u00a0\u00bb, o\u00f9 l\u2019autrice judiciaris\u00e9e peut se repr\u00e9senter comme elle l\u2019entend. Quelle trace reste-t-il de ce passage carc\u00e9ral\u00a0?<\/p>\n<p><strong>C. \u00a0 Fictionnaliser\u00a0: litt\u00e9ratures &#8220;blanches&#8221;, litt\u00e9ratures de l&#8217;imaginaires<\/strong><\/p>\n<p>Nous proposons d\u2019analyser la figure de la prisonni\u00e8re \u00e0 travers les diff\u00e9rents genres litt\u00e9raires dans lesquels cet arch\u00e9type peut \u00eatre convoqu\u00e9e\u00a0: t\u00e9moignages, litt\u00e9rature g\u00e9n\u00e9rale, science-fiction, fantasy, textes fantastiques ou gothiques, entre autres. Par ce biais, nous replacerons ces discours dans une perspective litt\u00e9raire, afin de nous interroger sur l\u2019aspect diachronique et id\u00e9ologique que supposent les choix formels des auteur\u1427ice\u1427s. Il s\u2019agira d\u2019analyser la fa\u00e7on dont des t\u00e9moignages fictionnels et exp\u00e9riences de pens\u00e9e[12] se mettraient en place dans ces r\u00e9cits. Comment s\u2019articuleraient les faits et la fiction[13], c\u2019est-\u00e0-dire les t\u00e9moignages et le r\u00e9investissement fictionnel de ces derniers, \u00e0 travers des formes interm\u00e9diaires telles que les romans historiques, historicisants ou de science-fiction fantasy\u00a0?<\/p>\n<p><strong>Proposition d\u2019axes de recherche<\/strong><\/p>\n<p><strong>Axe 1 &#8211; Raconter la (non) violence de femmes prisonni\u00e8res\u00a0: des h\u00e9ro\u00efnes ou des \u00ab\u00a0Femmes-Monstres\u00a0\u00bb\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>La femme violente serait sortie de son genre, ce qui interrogerait, aux yeux de la soci\u00e9t\u00e9, la l\u00e9gitimit\u00e9 de sa violence[14]. La prisonni\u00e8re non violente serait alors consid\u00e9r\u00e9e comme une h\u00e9ro\u00efne, voire une martyre, si l\u2019on pense \u00e0 Antigone emmur\u00e9e, Jeanne d\u2019Arc captive ou aux femmes incarc\u00e9r\u00e9es puis guillotin\u00e9es sous la Terreur comme Manon Roland ou Olympe de Gouges. La femme pr\u00e9sum\u00e9e violente serait \u00e0 l\u2019inverse une \u00ab\u00a0Femme-Monstre[15]\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019instar des sorci\u00e8res incarc\u00e9r\u00e9es durant les proc\u00e8s de Salem, telles que Tituba\u00a0; ou de Marie Capelle Lafarge accus\u00e9e d\u2019empoisonnement en 1840. Or, dans la mesure o\u00f9 toute violence n\u2019est pas n\u00e9cessairement \u00e9mancipation, nous souhaitons analyser ce double paradigme d\u2019h\u00e9ro\u00efsation ou de\u00a0<em>monstruation\u00a0<\/em>: comment sont repr\u00e9sent\u00e9es les prisonni\u00e8res, dans les r\u00e9cits de fiction et r\u00e9\u00e9critures, entre autres\u00a0? Comment s\u2019auto-repr\u00e9sentent les autrices prisonni\u00e8res\u00a0? Comment sont-elles caract\u00e9ris\u00e9es en termes de genre ou, autrement dit, la martyre et la monstre d\u00e9placent-elles les crit\u00e8res attendues quant \u00e0 la repr\u00e9sentation des femmes\u00a0?<\/p>\n<p><strong>Axe 2 &#8211; Les violences subies en prison\u00a0: comment dire ces corps en peine\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Dans son r\u00e9cit\u00a0<em>Prison<\/em>, Emmy Hennings pr\u00e9sente l\u2019\u00e9criture carc\u00e9rale comme un acte de survie et de courage\u00a0: \u00ab\u00a0Des \u00eatres humains flanqu\u00e9s \u00e0 terre ont pris la peine d\u2019\u00e9crire encore[16]\u00a0\u00bb. La journ\u00e9e d\u2019\u00e9tude questionnera la fa\u00e7on dont les prisonni\u00e8res mettent en r\u00e9cit leurs sensations et \u00e9motions carc\u00e9rales. Quelles sont les strat\u00e9gies textuelles d\u00e9ploy\u00e9es pour soustraire un corps \u00e0 l\u2019espace coercitif qui le retient\u00a0? En miroir de ces zones de r\u00e9sistance, il faudra aussi interroger les probl\u00e9matiques \u00e9thiques de la repr\u00e9sentation du corps f\u00e9minin, \u00e0 la fois d\u00e9tenu et violent\u00e9, en litt\u00e9rature\u00a0: peut-il \u00e9chapper \u00e0 la fois au voyeurisme carc\u00e9ral et au\u00a0<em>male gaze\u00a0<\/em>? La journ\u00e9e d\u2019\u00e9tude tentera d\u2019analyser comment l\u2019\u00e9criture permet aux prisonni\u00e8res de ressaisir leur corps par le langage afin de restaurer l\u2019intime.<\/p>\n<p>\u00a0<strong>Axe 3 &#8211; \u00ab\u00a0Prisonni\u00e8res\u00a0\u00bb au pluriel\u00a0: quelles communaut\u00e9s carc\u00e9rales\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Est-il possible de faire communaut\u00e9 en prison\u00a0? Emprisonn\u00e9e en 1793, Sophie de Bohm constate qu\u2019elle forme avec ses compagnes de cellule une sorte de communaut\u00e9, malgr\u00e9 l\u2019urgence carc\u00e9rale r\u00e9volutionnaire\u00a0: \u00ab\u00a0notre commun malheur nous rendait, pour ainsi dire, solidaires[17]\u00a0\u00bb. Si cette solidarit\u00e9 carc\u00e9rale n\u2019est pas syst\u00e9matique, de nombreux r\u00e9cits de prison racontent les liens familiaux, amicaux ou amoureux qui unissent des femmes incarc\u00e9r\u00e9es entre elles. Puisque cette journ\u00e9e d\u2019\u00e9tude consid\u00e8re les femmes d\u00e9tenues dans leur pluralit\u00e9, il importera d\u2019analyser comment les communaut\u00e9s impos\u00e9es et\/ou choisies de prisonni\u00e8res sont racont\u00e9es dans la fiction et les r\u00e9cits personnels. Nous pourrons questionner \u00e0 la fois ce qui rassemble et ce qui oppose ces femmes aux motifs d\u2019arrestation et aux parcours extr\u00eamement vari\u00e9s. Nous interrogerons l\u2019observation de Goliarda Sapienza\u00a0: \u00ab\u00a0Seul le prisonnier politique s&#8217;attarde \u00e0 raconter la prison[18]\u00a0\u00bb. Les prisonni\u00e8res militantes sont-elles plus vocales que les prisonni\u00e8res arr\u00eat\u00e9es pour des affaires de droit commun\u00a0? Une parole carc\u00e9rale r\u00e9sistante et collective est-elle possible\u00a0?<\/p>\n<p><strong>Axe 4 &#8211; Une marginalisation complexe &#8211; perspectives intersectionnelles<\/strong><\/p>\n<p>Nous proposons, dans cet axe, d\u2019\u00e9largir la r\u00e9flexion \u00e0 des pistes intersectionnelles. Si l\u2019enfermement des femmes constitue une premi\u00e8re marginalisation physique, doubl\u00e9e d\u2019une marginalisation symbolique issue de la stigmatisation des d\u00e9linquantes et criminelles, les discriminations raciales ou d\u2019orientation sexuelle ajoutent une troisi\u00e8me forme de mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart. Une violence suppl\u00e9mentaire semble se mettre en place contre les femmes incarc\u00e9r\u00e9es qui ne correspondent ni aux normes de genre ni \u00e0 la race dite \u00ab\u00a0dominante\u00a0\u00bb. Il s\u2019agira donc pour cet axe d\u2019analyser entre autres les caract\u00e9ristiques raciales, genr\u00e9es, d\u2019orientation sexuelle, autour de la figure de la \u00ab\u00a0subalterne\u00a0\u00bb (Gayatri Spivak, Angela Davis) qui justifient une triple peine.<\/p>\n<p><strong>Comit\u00e9 d\u2019organisation<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Ja\u00eflys Duault\u00a0<a href=\"mailto:jailys.duault@univ-rennes2.fr\">jailys.duault@univ-rennes2.fr<\/a>\u00a0<\/p>\n<p>C\u00e9cile Tarjot\u00a0<a href=\"mailto:cecile.tarjot@univ-rennes2.fr\">cecile.tarjot@univ-rennes2.fr<\/a>\u00a0<\/p>\n<p><strong>Modalit\u00e9s de soumission<\/strong><\/p>\n<p>La journ\u00e9e d\u2019\u00e9tude se tiendra \u00e0 Rennes, le jeudi 6 mars 2025. Les communications dureront 20 minutes, elles devront \u00eatre in\u00e9dites et en fran\u00e7ais. \u00a0<\/p>\n<p>Les propositions de communication (titre et r\u00e9sum\u00e9 de 250 mots, avec une courte bio-bibliographie mentionnant l\u2019\u00e9tablissement de rattachement, le(s) sujet(s) de recherche et les publications, s\u2019il y a lieu) devront \u00eatre envoy\u00e9es avant le 12 d\u00e9cembre 2024 \u00e0 l\u2019adresse suivante\u00a0:\u00a0<a href=\"mailto:asso.adhoc@gmail.com\">asso.adhoc@gmail.com<\/a>.<\/p>\n<p>Les personnes ayant soumis une proposition recevront une r\u00e9ponse au plus tard le 6 janvier 2025.<\/p>\n<p>Cette journ\u00e9e d&#8217;\u00e9tude est organis\u00e9e dans le cadre des activit\u00e9s de l\u2019association Ad Hoc (association des doctorant\u00b7es et des jeunes chercheur\u00b7euses du CELLAM), avec le soutien de \u00a0l\u2019unit\u00e9 de recherche CELLAM ainsi que de l\u2019\u00e9cole doctorale \u00ab\u00a0Arts, Lettres, Langues\u00a0\u00bb (Bretagne).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>Bibliographie indicative (non exhaustive)<\/strong><\/p>\n<p>1. \u00a0 \u00a0 Ressources sur la prison<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Claustre Julie, Heullant Donat Isabelle, Lusset Elisabeth (dir.),\u00a0<em>Enfermements. Volume I. Le clo\u00eetre et la prison (vie-xviiie si\u00e8cle)<\/em>, Paris, Editions de la Sorbonne, coll. \u201cHommes et soci\u00e9t\u00e9\u201d, 2011.<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0 Claustre Julie, Heullant Donat Isabelle, Lusset Elisabeth, Bretschneider Falk (dir.),\u00a0<em>Enfermements. Volume II. R\u00e8gles et d\u00e9r\u00e8glements en milieu clos (IVe-XIX si\u00e8cle)<\/em>, Paris, Editions de la Sorbonne, coll. \u201cHomme et soci\u00e9t\u00e9\u201d, 2015.<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Claustre Julie, Heullant Donat Isabelle, Lusset Elisabeth, Bretschneider Falk (dir.),\u00a0<em>Enfermement. Volume III. Le genre enferm\u00e9. Hommes et femmes en milieux clos (XIIIe-XXe)<\/em>, Paris, Editions de la Sorbonne, coll. \u201cHommes et soci\u00e9t\u00e9\u201d, 2017.<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Foucault Michel,\u00a0<em>Surveiller et Punir<\/em>, Paris, Gallimard, 1975.<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Morris Norval, Rothman David J. (dir),\u00a0<em>The Oxford History of Prison\u00a0: The Practice of Punishment in Western Society<\/em>, Oxford, Oxford University Press, 1997.<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Perrot Michelle,\u00a0<em>L\u2019Impossible Prison\u00a0: recherches sur le syst\u00e8me p\u00e9nitentiaire au XIXe si\u00e8cle<\/em>, n\u00b0 28, Paris, \u00c9ditions du Seuil, coll. L\u2019Univers historique, 1980.<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Ross Luana,\u00a0<em>Inventing the Savages\u00a0: The Social Construction of Native American Criminality<\/em>, Austin, University of Texas Press, 1998.<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Scott James C.,\u00a0<em>La domination et les arts de la r\u00e9sistance\u00a0: fragments du discours subalterne<\/em>, trad. par Olivier Ruchet, Paris, \u00c9ditions Amsterdam, 2019.\u00a0<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Vimont Jean-Claude,\u00a0<em>La Prison politique en France. Gen\u00e8se d\u2019un mode d\u2019incarc\u00e9ration sp\u00e9cifique (XVIIIe-XXe si\u00e8cles)<\/em>, Paris, Anthropos-Economica, 1993.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>2. \u00a0 \u00a0 Femmes et prison(s)<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Blanchard V\u00e9ronique, Niget David, Cardi Caroline, Perrot Michelle (dir.),\u00a0<em>Mauvaises filles. Incorrigibles et rebelles<\/em>, Paris, Textuel, coll. \u201cTextuel Archives\u201d, 2016.<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Cardi Caroline, Pruvost Genevi\u00e8ve (dir.),\u00a0<em>Penser la violence des femmes<\/em>, Paris, La D\u00e9couverte, coll. \u201cSciences humaines\u201d, 2012.<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Chetcuti-Osorovitz Natacha,\u00a0<em>Femmes en prison et violences de genre. R\u00e9sistances \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9<\/em>, Paris, La Dispute, 2021.<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Davis Angela,\u00a0<em>La prison est-elle obsol\u00e8te\u00a0?<\/em>\u00a0[2003], trad. par Nathalie Perrony, Paris, Au Diable Vauvert, 2014.<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0George Amanda,\u00a0<em>\u201cStrip Searches\u00a0: Sexual Assault by the State\u201d, Alternative Law Journal<\/em>, n\u00b01 vol. 18, Clayton, Sage Publication, 1993.\u00a0<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Hamelin France,\u00a0<em>Femmes en prison dans la nuit noire de l&#8217;occupation\u00a0: Le D\u00e9p\u00f4t, la petite Roquette, le camp des Tourelles<\/em>, Paris, Tir\u00e9sias, 2004.<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Jo\u00ebl Myriam,\u00a0<em>La Sexualit\u00e9 en prison de femmes<\/em>, Paris, Presses de Sciences Po, 2017.<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Le Pennec Anne,\u00a0<em>Histoires de prisonni\u00e8res. Les femmes incarc\u00e9r\u00e9es dans les maisons centrales du sud de la France au XIX\u00e8 s.<\/em>, Universit\u00e9 Toulouse Jean Jaur\u00e8s, Presses Universitaires du midi, coll. \u201cEn tous genres\u201d, 2022.<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Norris Anna,\u00a0<em>L&#8217;\u00c9criture du d\u00e9fi\u202f: textes carc\u00e9raux f\u00e9minins du XIXe et du XXe si\u00e8cles, entre l\u2019aiguille et la plume<\/em>, Birmingham (Alabama), Summa Publications, 2003.<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Ricordeau Gwenola,\u00a0<em>Pour elles toutes\u00a0: femmes contre la prison<\/em>, Montr\u00e9al, Lux Canada, 2019.<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Rostaing Corinne,\u00a0<em>La Relation carc\u00e9rale\u00a0: identit\u00e9s et rapports sociaux dans les prisons<\/em>, Paris, Presses Universitaires de France, coll. \u201cLe lien social\u201d, 1997.<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Verschoot Odile,\u00a0<em>Des Femmes en prison<\/em>, Paris, Editions Imago, 2022.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>3. \u00a0 \u00a0 \u00c9crits et t\u00e9moignages de femmes incarc\u00e9r\u00e9es<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Balzerani Barbara,\u00a0<em>Camarade lune<\/em>, trad. par Monique Baccelli, Paris, Cambourakis, 2019.<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0De Bohm Sophie,\u00a0<em>Prisonni\u00e8re sous la Terreur<\/em>, Paris, \u00a0Cosmopole, 2006.<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Dogan Zehra,\u00a0<em>Nous aurons aussi de beaux jours\u00a0: \u00c9crits de prison<\/em>, Paris, \u00e9ditions des femmes,-Antoinette Fouque, coll. \u201ct\u00e9moignage\u201d, 2019.\u00a0<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Guiller Audrey,\u00a0<em>Emprisonn\u00e9es: Dix femmes, dix pays, dix histoires<\/em>, Montreuil, Libertalia, 2024.<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Guyon Jeanne-Marie,\u00a0<em>R\u00e9cits de captivit\u00e9<\/em>, Marie Louise Gondal (ed.), Grenoble, J. Millon, 1992.\u00a0<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Harel Simon, Missirian Mira, Pancaldi Valentina (dir.),\u00a0<em>Femmes passe-murailles: \u00c9crits et voix de prison<\/em>, Laval, Presses de l\u2019Universit\u00e9 de Laval, 2024.<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Hennings Emmy,\u00a0<em>Prison<\/em>, trad. par Sacha Zilberfarb, Broye, Monts m\u00e9tallif\u00e8res \u00e9ditions, 2022.\u00a0<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Hillier Pauline,\u00a0<em>Les contempl\u00e9es<\/em>, Paris, La Manufacture de livres, 2023.\u00a0<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Lomb\u00e9 Lisette, Masson Elvira, Rose Fabrice, De Vigan Delphine,\u00a0<em>Histoires de femmes &#8211; \u00c9crits de prison<\/em>, Paris, Robert Laffont, coll. \u201cLa b\u00eate noire\u201d, 2022.<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Luxemburg Rosa,\u00a0<em>Herbier de prison\u00a0: 1915-1918<\/em>, \u00e9dition \u00e9tablie et pr\u00e9fac\u00e9e par Muriel Pic\u00a0; trad. par Claudie Weill, Gilbert Badia, Ir\u00e8ne Petit et Muriel Pic, Gen\u00e8ve, H\u00e9ros-limite, 2023.<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Michel Louise,\u00a0<em>\u201cJe vous \u00e9cris de ma nuit\u201d\u00a0: correspondance g\u00e9n\u00e9rale de Louise Michel, 1850-1904<\/em>, Xavi\u00e8re Gauthier (\u00e9d), 2e \u00e9d., Paris, les \u00c9d. de Paris, 2005.<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0 R\u00e9al Gris\u00e9lidis,\u00a0<em>Suis-je encore vivante\u00a0?\u00a0: journal de prison<\/em>, Paris, Verticales-Phase deux, 2008.<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Roland Manon,\u00a0<em>M\u00e9moires<\/em>, ed. Paul de Roux, Paris, Mercure de France, 2004.<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Sapienza Goliarda,\u00a0<em>\u00a0L&#8217;Universit\u00e9 de Rebibbia<\/em>, trad. par Nathalie Castagn\u00e9, Paris, Le Tripode, 2013.<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0 \u00a0Sarrazin Albertine,\u00a0<em>Le Times\u00a0: Journal de prison, 1959-2013<\/em>, Nolay, Editions du chemin de fer, 2013.<\/p>\n<hr \/>\n<p>\n[1] Guiller Audrey,\u00a0<em>Emprisonn\u00e9es\u00a0: dix femmes, dix pays, dix histoires<\/em>, 2024, Montreuil, Libertalia, p. 8 et 9.<br \/>\n[2] Ricordeau Gwenola,\u00a0<em>Pour elles toutes\u00a0: femmes contre la prison<\/em>, 2019, Montr\u00e9al, Lux \u00e9diteur, \u00a0p. 110.<br \/>\n[3] Delarue Jean-Marie,\u00a0<em>En prison\u00a0: l&#8217;ordre p\u00e9nitentiaire des choses<\/em>, Paris, Dalloz, 2018.\u00a0<br \/>\n[4] Zedner Lucia,\u00a0<em>\u201cWayward Sisters: The Prison for Women\u201d<\/em>\u00a0in Morris Norval, Rothman David J. (dir), The Oxford History of Prison: The Practice of Punishment in Western Society, Oxford, Oxford University Press, 1997, p. 360.<br \/>\n[5] Perrot Michelle. \u00ab\u00a0\u00a0Pr\u00e9face\u00a0\u00bb.\u00a0<em>Enfermements. Volume III<\/em>, \u00e9dit\u00e9 par Isabelle Heullant-Donat et al., \u00c9ditions de la Sorbonne, 2017,\u00a0<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/books.psorbonne.71882\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/books.psorbonne.71882<\/a>.\u00a0<br \/>\n[6] Vernant Jean-Pierre,\u00a0<em>Mythe et pens\u00e9e chez les Grecs<\/em>, Paris, La D\u00e9couverte, coll. Poche\/sciences humaines et sociales, 1996, p. 9.<br \/>\n[7] L\u00e9vi-Strauss Claude,\u00a0<em>La Pens\u00e9e sauvage<\/em>, Paris, Plon, 1962.<br \/>\n[8] Mensah Maria, Chesnay Catherine, Foray Caroline Keisha, Fournier Laurie, \u00ab\u00a0T\u00e9moignages publics et repr\u00e9sentations culturelles de femmes judiciaris\u00e9es\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Revue du CREMIS<\/em>, vol. 14 n\u00b02, 2023.<br \/>\n[9] Sarrazin Albertine,\u00a0<em>Journal de prison<\/em>, Nolay, Les \u00e9ditions du chemin de fer, 2013, p. 92.<br \/>\n[10] Jouhaud Christian, Ribard Dinah, Schapira Nicolas,\u00a0<em>Histoire, litt\u00e9rature, t\u00e9moignage\u00a0: \u00e9crire les malheurs du temps<\/em>, Paris, Gallimard, 2009, p. 13.<br \/>\n[11] Detue Fr\u00e9d\u00e9rik, Lacoste Charlotte, \u201cCe que le t\u00e9moignage fait \u00e0 la litt\u00e9rature\u201d,\u00a0<em>T\u00e9moigner en litt\u00e9rature<\/em>, Europe, 2016, p. 12.\u00a0<br \/>\n[12] Deluermoz Quentin, Singarav\u00e9lou Pierre,\u00a0<em>Pour une histoire des possibles. Analyses contrefactuelles et mondes non advenus<\/em>, Paris, Editions Seuil, 2016.<br \/>\n[13] Lavocat Fran\u00e7oise,\u00a0<em>Fait et fiction<\/em>, Paris, Seuil, coll. \u201cPo\u00e9tique\u201d, 2016.<br \/>\n[14] Farge Arlette, \u201cPr\u00e9face\u201d, Cardi Caroline, Pruvost Genevi\u00e8ve (dir.),\u00a0<em>Penser la violence des femmes<\/em>, Paris, La D\u00e9couverte, coll. \u201cSciences humaines\u201d, 2012, p. 9-13.<br \/>\n[15] Bois Jules,\u00a0<em>Le Couple futur<\/em>, Paris, Librairie des Annales Politiques et Litt\u00e9raires, 1912, p. 27.<br \/>\n[16] Henning Emmy,\u00a0<em>Prison<\/em>, trad. par Zilberfarb Sacha, Broye, \u00e9ditions Monts-Metallif\u00e8res, 2022, p. 56<br \/>\n[17] De Bohm Sophie,\u00a0<em>Prisonni\u00e8re sous la Terreur<\/em>, Paris, \u00a0Cosmopole, 2006, p. 81.<br \/>\n[18] Sapienza Goliarda, \u00a0<em>L&#8217;Universit\u00e9 de Rebibbia<\/em>, trad. par Nathalie Castagn\u00e9, Paris, Le Tripode, 2013, \u00a0p. 80.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Universit\u00e9 Rennes 2 Organisation :\u00a0Ja\u00eflys Duault et C\u00e9cile Tarjot Parmi les lieux d\u2019enfermement, la prison est peut-\u00eatre celui qui est le moins assimil\u00e9 au genre f\u00e9minin\u00a0: en 2024, les femmes repr\u00e9sentent 3,59 % de la population carc\u00e9rale fran\u00e7aise et 6,9 % de la population carc\u00e9rale mondiale[1]. 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