{"id":3326,"date":"2011-02-15T13:42:35","date_gmt":"2011-02-15T13:42:35","guid":{"rendered":"http:\/\/660"},"modified":"2011-02-15T13:42:35","modified_gmt":"2011-02-15T13:42:35","slug":"le-rire-galant-usages-du-comique-dans-les-fictions-narratives-de-la-seconde-moitie-du-xviie-siecle","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/siefar.org\/gb\/publications-articles\/le-rire-galant-usages-du-comique-dans-les-fictions-narratives-de-la-seconde-moitie-du-xviie-siecle\/","title":{"rendered":"Le Rire galant. Usages du comique dans les fictions narratives de la seconde moiti\u00e9 du XVIIe si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"<div class=\"corpsTexte\"><span style=\"color: rgb(128, 0, 0);\"><strong><span style=\"font-size: small;\">Nathalie GRANDE<\/span><\/strong><\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\"><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"font-size: small;\">Paris, Honor&eacute; Champion, collection &laquo; Lumi&egrave;re classique &raquo; n&deg; 87, 332 pages, 2011.<\/span><\/strong><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"250\" height=\"250\" align=\"left\" src=\"docsiefar\/image\/Riregalant.jpg\" style=\"margin-right: 10px; margin-bottom: 10px;\" alt=\"\" \/>Quand  le genre de &laquo; l&rsquo;histoire comique &raquo; se dissout, vers le milieu du XVIIe  si&egrave;cle, le comique ne dispara&icirc;t pas pour autant des narrations, mais  rev&ecirc;t, sous l&rsquo;influence de la galanterie, des formes renouvel&eacute;es. Cet  ouvrage, s&rsquo;appuyant sur de nombreux textes, certains connus, et beaucoup  d&rsquo;autres m&eacute;connus, est consacr&eacute; &agrave; la mise en &eacute;vidence des modalit&eacute;s  galantes du rire dans les r&eacute;cits. En effet, la recherche de la  vraisemblance dans la narration et le succ&egrave;s des nouvelles historiques  sont loin d&rsquo;&eacute;puiser l&rsquo;inventivit&eacute; de la fiction narrative dans la  seconde partie du si&egrave;cle, et elles n&rsquo;emp&ecirc;chent en rien la persistance,  et m&ecirc;me le renouveau, d&rsquo;une disposition pour le rire, qui &eacute;claire d&rsquo;un  jour souvent plaisant le go&ucirc;t du &laquo; Si&egrave;cle de Louis XIV &raquo;. Si la  raillerie tendre, le go&ucirc;t du badinage, le plaisir de la bagatelle et le  mod&egrave;le du jeu mettent en &oelig;uvre un comique plaisant, on constate aussi  que le rire galant va jusqu&rsquo;&agrave; user du ridicule, transgresser les  biens&eacute;ances, oser la satire des autorit&eacute;s. Quand des r&eacute;cits devenus  pamphlets s&rsquo;en prennent au Tr&ocirc;ne et &agrave; l&rsquo;Autel, ils r&eacute;v&egrave;lent comment le  XVIIe a pr&eacute;par&eacute; le XVIIIe si&egrave;cle.<\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Dans  une premi&egrave;re partie sont questionn&eacute;es les formes narratives qui  pouvaient r&eacute;pondre au go&ucirc;t galant pour le rire et le sourire, ce qui a  amen&eacute; &agrave; &eacute;tudier la raillerie tendre dans les conversations scud&eacute;riennes,  les notions de badinage et de ridicule, et m&ecirc;me une modalit&eacute;  licencieuse de l&rsquo;&eacute;criture galante. Le jeu est apparu en particulier  comme un paradigme de la narration galante, car le r&eacute;cit est construit  souvent sur une fiction de jeu, quand ce n&rsquo;est pas l&rsquo;&eacute;criture elle-m&ecirc;me  qui se pr&eacute;sente comme un jeu litt&eacute;raire. Cela a conduit &agrave; envisager les  effets de l&rsquo;hybridation g&eacute;n&eacute;rique (entre vers et prose, entre fiction et  correspondance, entre fiction et conversation, entre fiction et  m&eacute;moires&hellip;).<\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Dans  un deuxi&egrave;me temps, les nouveaut&eacute;s introduites par l&rsquo;esth&eacute;tique galante  sont confront&eacute;es aux traditions h&eacute;rit&eacute;es du comique. La d&eacute;monstration  s&rsquo;appuie sur l&rsquo;&eacute;tude d&rsquo;un motif &ndash; le travestissement &ndash;, d&rsquo;un registre  comique &ndash; la gauloiserie &ndash;, et d&rsquo;un topos &ndash; la paillardise cl&eacute;ricale.  Est particuli&egrave;rement mise en &eacute;vidence la mani&egrave;re dont l&rsquo;esth&eacute;tique  galante n&rsquo;am&egrave;ne pas forc&eacute;ment &agrave; l&rsquo;&eacute;dulcoration de la causticit&eacute; comique :  le travestissement m&egrave;ne &agrave; la confusion des sexes ; la gauloiserie ne  s&rsquo;oppose pas toujours &agrave; la galanterie ; et les r&eacute;cits de paillardise  cl&eacute;ricale laissent entendre un rire libertin.<\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">C&rsquo;est  pourquoi le dernier volet de la d&eacute;monstration est consacr&eacute; &agrave; quelques  modalit&eacute;s socialement et politiquement subversives de la fiction comique  et galante. L&rsquo;importance prise par l&rsquo;argent met par exemple &agrave; mal une  certaine image de l&rsquo;aristocratie. L&rsquo;histoire, revue et corrig&eacute;e par le  r&eacute;cit galant, tourne &agrave; la farce burlesque et d&eacute;sacralise l&rsquo;exercice du  pouvoir. Si la nouvelle historique s&rsquo;en prend pour ce faire aux mod&egrave;les  anciens, les satires pornographiques osent pour leur part s&rsquo;attaquer  directement aux autorit&eacute;s en place et n&rsquo;&eacute;pargnent ni le roi ni les  Grands.<\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Apr&egrave;s un tel parcours, une approche quelque peu iconoclaste de <em>La Princesse de Cl&egrave;ves <\/em>a  enfin &eacute;t&eacute; propos&eacute;e. Une lecture relevant les &eacute;l&eacute;ments satiriques,  parodiques, ironiques&hellip; que rec&egrave;le l&rsquo;&oelig;uvre de Mme de Lafayette a &eacute;t&eacute;  exp&eacute;riment&eacute;e pour &eacute;prouver la validit&eacute; d&rsquo;une d&eacute;marche qui tente de  sortir le chef d&rsquo;&oelig;uvre de la gangue de r&eacute;v&eacute;rence oblig&eacute;e qui tend &agrave;  l&rsquo;&eacute;touffer.<\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Ces  quelques directions ne peuvent pr&eacute;tendre faire le tour de la question  du comique narratif dans la seconde moiti&eacute; du XVIIe si&egrave;cle ; cependant  elles contribuent sensiblement &agrave; revisiter le tableau traditionnel de la  fiction narrative dans ce versant du si&egrave;cle. Dans le quasi silence  critique sur les aspects comiques de la fiction narrative, nous avons pu  lire l&rsquo;effet induit par la construction du classicisme, comme mod&egrave;le  esth&eacute;tique et comme moyen d&rsquo;enseignement moral. Par une meilleure  connaissance des fictions franchement comiques, et par une meilleure  attention &agrave; la dimension comique de certains textes trop vite catalogu&eacute;s  comme s&eacute;rieux, ce ne sont pas seulement certains territoires de la  fiction narrative que ce travail veut d&eacute;couvrir et faire d&eacute;couvrir, mais  c&rsquo;est encore une certaine image du XVIIe si&egrave;cle qu&rsquo;il travaille &agrave;  modifier.<\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><em><span style=\"font-size: small;\">S&rsquo;int&eacute;ressant  particuli&egrave;rement aux questions de genre et aux liens r&eacute;ciproques entre  litt&eacute;rature et soci&eacute;t&eacute;, Nathalie Grande est une sp&eacute;cialiste des formes  narratives qu&rsquo;emprunte la fiction au XVIIe si&egrave;cle. Elle a d&eacute;j&agrave; publi&eacute; S<\/span><\/em><span style=\"font-size: small;\">trat&eacute;gies de romanci&egrave;res, de Cl&eacute;lie &agrave; La Princesse de Cl&egrave;ves <\/span><em><span style=\"font-size: small;\">(Champion, 1999), <\/span><\/em><span style=\"font-size: small;\">Le Roman au XVIIe si&egrave;cle, l&rsquo;exploration du genre<\/span><em><span style=\"font-size: small;\"> (Br&eacute;al, 2002) ainsi qu&rsquo;une &eacute;dition de <\/span><\/em><span style=\"font-size: small;\">Mathilde <\/span><em><span style=\"font-size: small;\">de Madeleine de Scud&eacute;ry (Champion, 2002).<\/span><\/em><span style=\"font-size: small;\"><\/p>\n<p><\/span><\/div><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nathalie GRANDE Paris, Honor&eacute; Champion, collection &laquo; Lumi&egrave;re classique &raquo; n&deg; 87, 332 pages, 2011. 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