{"id":2846,"date":"2009-08-07T13:42:29","date_gmt":"2009-08-07T13:42:29","guid":{"rendered":"http:\/\/176"},"modified":"2009-08-07T13:42:29","modified_gmt":"2009-08-07T13:42:29","slug":"j-p-grosperrin-pastiche","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/siefar.org\/gb\/debats-articles\/j-p-grosperrin-pastiche\/","title":{"rendered":"J.-P. Grosperrin &#8211; Pastiche"},"content":{"rendered":"<h2 style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"font-size: small;\">La princesse de       Pecqueresseet sa fille la r&eacute;forme<\/span><\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"font-size: small;\">un pastiche sign&eacute;       Jean-Philippe Grosperrin<\/span><\/strong><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\n<p><span style=\"font-size: small;\"><i>Jean-Pierre Grosperrin est Ma&icirc;tre de conf&eacute;rences en litt&eacute;rature       fran&ccedil;aise (Universit&eacute; de Toulouse &#8211; Le Mirail).<\/i><\/span><\/p>\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">La magnificence et l&#8217;&eacute;conomie n&#8217;ont jamais paru en France avec tant d&#8217;&eacute;clat que dans les derni&egrave;res ann&eacute;es du r&egrave;gne de Nicolas premier. Ce prince &eacute;tait galant, mobile et amoureux; quoique sa passion pour la vitesse e&ucirc;t commenc&eacute; il y avait plus de vingt ans, elle n&#8217;en &eacute;tait pas moins violente, et il n&#8217;en donnait pas des t&eacute;moignages moins &eacute;clatants. <em>(&#8230;)<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Il parut alors une r&eacute;forme &agrave; l&#8217;universit&eacute;, qui attira les yeux de tout le monde, et l&#8217;on doit croire que c&#8217;&eacute;tait une r&eacute;forme hasardeuse, puisqu&#8217;elle donna de l&#8217;indignation dans un lieu o&ugrave; l&#8217;on &eacute;tait si accoutum&eacute; &agrave; en voir de belles. Elle &eacute;tait de la m&ecirc;me maison que l&#8217;ocde et une des plus grandes aventuri&egrave;res de France. Son p&egrave;re &eacute;tait introuvable, et l&#8217;avait laiss&eacute;e sous la conduite de Mme de Pecqueresse, dont le bien, la vertu et le m&eacute;rite &eacute;taient extraordinaires. Apr&egrave;s avoir perdu le temps &agrave; lire les oeuvres de monsieur Goethe et de monsieur Derrida, elle avait pass&eacute; plusieurs ann&eacute;es sans revenir &agrave; la cour. Pendant cette absence, elle avait donn&eacute; ses soins &agrave; la formation de sa fille, mais elle ne travailla pas seulement &agrave; cultiver son esprit et sa beaut&eacute;, elle songea aussi &agrave; lui donner de la performance et &agrave; la lui rendre aimable. La plupart des m&egrave;res s&#8217;imaginent qu&#8217;il suffit de ne parler jamais de l&#8217;universit&eacute; devant les jeunes personnes pour les en &eacute;loigner. Mme de Pecqueresse avait une opinion oppos&eacute;e, elle faisait souvent &agrave; sa fille des peintures de l&#8217;universit&eacute;; elle lui montrait ce qu&#8217;elle a d&#8217;agr&eacute;able pour la persuader plus ais&eacute;ment sur ce qu&#8217;elle lui en apprenait de dangereux, elle lui contait le peu de productivit&eacute; des professeurs, leur incurie et leurs pr&eacute;s carr&eacute;s, les malheurs scientifiques o&ugrave; plongent les recrutements; et elle lui faisait voir, d&#8217;un autre c&ocirc;t&eacute;, quelle prosp&eacute;rit&eacute; suivait la vie des ressources humaines, et combien la lru donnait d&#8217;&eacute;clat et d&#8217;&eacute;valuation &agrave; une personne qui avait de la docilit&eacute; et de la performance, mais elle lui faisait voir aussi combien il &eacute;tait difficile de conserver ces vertus, que par une extr&ecirc;me d&eacute;fiance des autres et par un grand soin de s&#8217;attacher &agrave; ce qui seul peut faire le bonheur d&#8217;un chercheur, qui est d&#8217;aimer son pr&eacute;sident et d&#8217;en &ecirc;tre caress&eacute;.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: small;\">* * *<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Elle passa tout le jour chez elle &agrave; se r&eacute;former, pour se trouver le soir au bal et au festin royal qui se faisait au Palais Universitaire. Lorsqu&#8217;elle arriva, l&#8217;on admira sa beaut&eacute; et sa parure; le bal commen&ccedil;a et, comme elle dansait avec M. de Sarquise, il se fit un assez grand bruit vers la porte de la salle, comme de quelqu&#8217;un qui entrait et &agrave; qui on faisait place. Mme de Pecqueresse acheva de danser et, pendant qu&#8217;elle cherchait des yeux quelqu&#8217;un du comit&eacute; de s&eacute;lection qu&#8217;elle avait dessein de prendre, le roi lui cria de prendre celui qui arrivait. Elle se tourna et vit un homme qu&#8217;elle crut d&#8217;abord ne pouvoir &ecirc;tre que M. de Secours, qui passait par-dessus quelques d&eacute;crets pour arriver o&ugrave; l&#8217;on dansait. Ce prince &eacute;tait fait d&#8217;une sorte qu&#8217;il &eacute;tait difficile de n&#8217;&ecirc;tre pas surprise de le voir quand on ne l&#8217;avait jamais vu, surtout ce soir-l&agrave;, o&ugrave; le soin qu&#8217;il avait pris de s&#8217;autonomiser, augmentait encore l&#8217;air brillant qui &eacute;tait dans sa personne, mais il &eacute;tait difficile aussi de voir Mme de Pecqueresse pour la premi&egrave;re fois sans en avoir un grand &eacute;tonnement.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">M. de Secours fut tellement surpris de sa lru que, lorsqu&#8217;il fut proche d&#8217;elle et qu&#8217;elle lui fit la r&eacute;v&eacute;rence, il ne put s&#8217;emp&ecirc;cher de donner des marques de son admiration. Quand ils commenc&egrave;rent &agrave; danser, il s&#8217;&eacute;leva dans la salle un murmure de louanges. Le roi et les reines se souvinrent qu&#8217;ils ne s&#8217;&eacute;taient jamais lus, et trouv&egrave;rent quelque chose de singulier de les voir danser et se jauger sans se conna&icirc;tre. Ils les appel&egrave;rent quand ils eurent fini sans leur donner le loisir de parler &agrave; personne et leur demand&egrave;rent, s&#8217;ils n&#8217;avaient pas bien envie de savoir qui ils &eacute;taient et s&#8217;ils ne s&#8217;en doutaient point.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">&#8211; Pour moi, madame, dit M. de Secours, je n&#8217;ai pas d&#8217;incertitude, mais comme Mme de Pecqueresse n&#8217;a pas les m&ecirc;mes raisons pour deviner qui je suis que celles que j&#8217;ai pour la reconna&icirc;tre, je voudrais bien que Votre Majest&eacute; e&ucirc;t la bont&eacute; de lui apprendre mon rang.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">&#8211; Je crois, dit Mme la dauphine, qu&#8217;elle le sait aussi bien que vous savez le sien.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">&#8211; Je vous assure, madame, reprit Mme de Pecqueresse, qui paraissait un peu embarrass&eacute;e, que je ne r&eacute;forme pas si bien que vous pensez.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">&#8211; Vous r&eacute;formez fort bien, r&eacute;pondit Mme la dauphine, et il y a m&ecirc;me quelque chose d&#8217;obligeant pour M. de Secours &agrave; ne vouloir pas avouer que vous l&#8217;&eacute;valuez sans l&#8217;avoir jamais lu.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><span style=\"font-size: small;\">Ce pastiche a d&#8217;abord paru sur le site Fabula.org sous le titre &laquo;Mme       de Pecqueresse et M. de Sarquise&raquo;:       <\/span><\/em><a href=\"http:\/\/www.fabula.org\/actualites\/article28865.php\" mce_href=\"http:\/\/www.fabula.org\/actualites\/article28865.php\"><em><span style=\"font-size: small;\">http:\/\/www.fabula.org\/actualites\/article28865.php<\/span><\/em><\/a><em><span style=\"font-size: small;\"><\/span><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><span style=\"font-size: small;\">Il a &eacute;t&eacute; republi&eacute; sous le titre sur le site de Marianne, &laquo;Journal       des d&eacute;connautes&raquo;,       11 f&eacute;vrier 2009 : <\/span><\/em><a href=\"http:\/\/www.marianne2.fr\/La-princesse-de-Pecqueresse-et-sa-fille-la-reforme_a174989.html\" mce_href=\"http:\/\/www.marianne2.fr\/La-princesse-de-Pecqueresse-et-sa-fille-la-reforme_a174989.html\"><em><span style=\"font-size: small;\">http:\/\/www.marianne2.fr\/La-princesse-de-Pecqueresse-et-sa-fille-la-reforme_a174989.html<\/span><\/em><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La princesse de Pecqueresseet sa fille la r&eacute;forme un pastiche sign&eacute; Jean-Philippe Grosperrin Jean-Pierre Grosperrin est Ma&icirc;tre de conf&eacute;rences en litt&eacute;rature fran&ccedil;aise (Universit&eacute; de Toulouse &#8211; Le Mirail). 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