{"id":2843,"date":"2009-08-06T12:50:49","date_gmt":"2009-08-06T12:50:49","guid":{"rendered":"http:\/\/173"},"modified":"2009-08-06T12:50:49","modified_gmt":"2009-08-06T12:50:49","slug":"b-roger-vasselin-seizieme-siecle","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/siefar.org\/gb\/debats-articles\/b-roger-vasselin-seizieme-siecle\/","title":{"rendered":"B. Roger-Vasselin &#8211; Seizi\u00e8me si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: rgb(128, 0, 0);\"><span style=\"font-size: small;\"><b>Introduction &agrave; l&#8217;article &laquo;La parodie chez Louise Lab&eacute;&raquo;<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">La r&eacute;cente parution de l&#8217;ouvrage de Mireille Huchon <i>Louise Lab&eacute;: une cr&eacute;ature de papier<\/i> (Droz, &laquo;Titre courant&raquo;, 2006) a fait sensation. L&#8217;apport &eacute;vident de cette &eacute;tude fouill&eacute;e<\/span> <a href=\"#note1\">(1)<\/a><span style=\"font-size: small;\"> est triple. Elle reconstitue avec pr&eacute;cision le milieu lyonnais des ann&eacute;es 1530-1560, enrichi des influences du cercle de Pontus de Tyard r&eacute;uni au ch&acirc;teau de Bissy, pr&egrave;s de Chalons-sur-Sa&ocirc;ne, et du groupe de la vall&eacute;e du Clain, pr&egrave;s de Poitiers, &agrave; travers la figure de Guillaume Aubert<\/span> <a href=\"#note2\">(2)<\/a><span style=\"font-size: small;\">. Elle &eacute;tablit avec rigueur des hypoth&egrave;ses plausibles d&#8217;identification. Surtout, en parlant de &laquo;supercherie&raquo;, de &laquo;mystification&raquo;<\/span><a href=\"#note3\"> (3)<\/a><span style=\"font-size: small;\">, elle met en avant la dimension parodique de l&#8217;ensemble de l&#8217;entreprise, et sp&eacute;cialement des <i>Escriz de divers Po&euml;tes<\/i>. Avant d&#8217;en venir &agrave; l&#8217;approche ici envisag&eacute;e de la parodie chez Louise Lab&eacute;, il convient de se pencher sur les premiers enseignements &agrave; tirer du travail critique qui vient d&#8217;&ecirc;tre propos&eacute;, avec cet ouvrage, &agrave; la recherche seizi&eacute;miste.<br \/>\nLe sous-titre choisi par Mireille Huchon exprime bien la th&egrave;se audacieuse qu&#8217;elle d&eacute;fend: les <i>EVVRES<\/i>, op&eacute;ration collective &eacute;labor&eacute;e dans l&#8217;atelier de Jean de Tournes par des auteurs tr&egrave;s impliqu&eacute;s dans la production de cet &eacute;diteur proche de Maurice Sc&egrave;ve, ne seraient qu&#8217;une brillante supercherie. En gros, Claude de Taillemont aurait r&eacute;dig&eacute; la pr&eacute;face, Olivier de Magny serait l&#8217;auteur des pi&egrave;ces po&eacute;tiques, Maurice Sc&egrave;ve celui du <i>Debat de Folie et d&#8217;Amour<\/i>, et leur groupe aurait organis&eacute;, avec les <i>Escriz<\/i>, la parution des <i>EVVRES<\/i>. Voici quelques formules essentielles (par lesquelles on ne pr&eacute;tend pas, tant s&#8217;en faut, r&eacute;sumer l&#8217;ouvrage):<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Il est remarquable que, dans le groupe des jeunes po&egrave;tes qui entourent Maurice Sc&egrave;ve, comme Guillaume de La Tayssoni&egrave;re, Philibert Bugnyon, Guillaume des Autels, il se manifeste une r&eacute;flexion sur les genres po&eacute;tiques et que prennent place un certain nombre d&#8217;exp&eacute;rimentations, signes d&#8217;une attention scrupuleuse aux formes et aux mod&egrave;les d&#8217;imitation, italiens ou grecs. <em>(&#8230;)<\/em> Les po&egrave;tes de Louise Lab&eacute; n&#8217;ont pas h&eacute;sit&eacute; &agrave; faire de la r&eacute;cup&eacute;ration de textes destin&eacute;s &agrave; d&#8217;autres femmes ou sans aucun rapport avec elle. Le travail de commande pour les louanges est av&eacute;r&eacute;. Ses pr&eacute;tendus laudateurs ne l&#8217;ont pas forc&eacute;ment connue, tel Guillaume Aubert ou Jean-Antoine de Ba&iuml;f. Il y a quelques certitudes &agrave; propos des &eacute;crits de ces divers po&egrave;tes. Il existe un vieux projet, sugg&eacute;r&eacute; par Marot &agrave; un des personnages-clefs de l&#8217;atelier de Tournes, Antoine du Moulin, &laquo;louer Louize&raquo;, repris ult&eacute;rieurement dans cet atelier. Il semble lui avoir &eacute;t&eacute; adjoint comme autre mot d&#8217;ordre des variations sur <i>labea<\/i> &laquo;l&egrave;vre&raquo; et le c&eacute;l&egrave;bre refrain marotique &laquo;en <b>la ba<\/b>isant&raquo;<\/span> <a href=\"#note4\">(4)<\/a><span style=\"font-size: small;\">. Dans ce recueil de pi&egrave;ces pr&eacute;tendument &agrave; la gloire de Louise Lab&eacute;, certaines sont sans rapport avec Louise, mais rel&egrave;vent de la louange de Maurice Sc&egrave;ne par ses amis ou de celle de Marguerite de Bourg dans le cercle de Pontus de Tyard. Les po&egrave;tes qui ont r&eacute;pondu &agrave; l&#8217;invite de c&eacute;l&eacute;bration ont souvent recycl&eacute; d&#8217;autres pi&egrave;ces. Le cynisme et la moquerie sont patents.<\/span> <a href=\"#note5\">(5)<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">En particulier, se fondant sur le t&eacute;moignage de Pierre de Sainct-Julien<\/span> <a href=\"#note6\">(6)<\/a><span style=\"font-size: small;\">, historien qui, dans les <i>Gemelles ou pareilles<\/i> (Lyon, Charles Pesnot, 1584), mentionne &laquo;le discours de dame Loyse l&#8217;Abb&eacute;, dicte la belle cordiere (oeuvre qui sent trop mieux l&#8217;erudite gaillardise de l&#8217;esprit de Maurice Sceve, que d&#8217;une simple Courtisane, encores que souvent doublee)&raquo;, Mireille Huchon semble exclure toute participation de Louise Lab&eacute; &agrave; la composition de ce morceau. Mais si l&#8217;influence d&#8217;un juriste para&icirc;t &eacute;vidente et indiscutable, pourquoi envisager prioritairement Maurice Sc&egrave;ve et non pas, par exemple, Antoine Fum&eacute;e, auquel les <i>EVVRES<\/i> sont redevables de la pi&egrave;ce XXII des <i>Escriz<\/i> selon toute vraisemblance<\/span> <a href=\"#note7\">(7)<\/a><span style=\"font-size: small;\">, ou m&ecirc;me le compagnon et l&eacute;gataire de Louise, Thomas Fortini? C&#8217;est que, r&eacute;pond Mireille Huchon, le go&ucirc;t pour la litt&eacute;rature paradoxale est dans l&#8217;air du temps, et que l&#8217;auteur de la <i>Delie<\/i> est bien plac&eacute; sur ce terrain. Sc&egrave;ve, qui avait donn&eacute; un exemple de ses talents de faussaire avec l&#8217;&eacute;pisode de la red&eacute;couverte du tombeau de Laure en 1533, s&#8217;est trouv&eacute; dans les ann&eacute;es 1540 en &eacute;mulation litt&eacute;raire avec Ortensio Lando, lequel affirmera &laquo;s&#8217;&ecirc;tre d&eacute;p&ecirc;ch&eacute; de donner son &eacute;dition originale des <i>Paradossi<\/i> en 1543 &agrave; Lyon par crainte d&#8217;une publication fran&ccedil;aise&#8230;&raquo;<\/span> <a href=\"#note8\">(8)<\/a><span style=\"font-size: small;\">, dont Sc&egrave;ve se serait charg&eacute; sinon. Par ailleurs, le mod&egrave;le majeur du <i>Debat<\/i> est, pr&eacute;cise Mireille Huchon, non pas directement Ersme, mais <i>La Pazzia<\/i>, ouvrage italien anonyme paru en 1540, connu de Sc&egrave;ve et que Jean du Thier traduit en 1566 en fran&ccedil;ais sous le titre <i>Les Louanges de la Folie, traict&eacute; fort plaisant en forme de paradoxe<\/i><\/span> <a href=\"#note9\">(9)<\/a><span style=\"font-size: small;\">. Ind&eacute;pendamment du <i>Debat<\/i>, le r&ocirc;le d&#8217;autres femmes que Louise Lab&eacute; dans les cercles litt&eacute;raires lyonnais du milieu du XVIe si&egrave;cle est soulign&eacute;, sp&eacute;cialement celui de Marguerite de Bourg, dame de Gage, dont les perfections diverses en mati&egrave;re d&#8217;arts lib&eacute;raux pourraient &ecirc;tre vis&eacute;es par la pi&egrave;ce XXI des <i>Escriz<\/i>, laquelle, plut&ocirc;t qu&#8217;&agrave; Antoine du Moulin, devrait alors revenir &agrave; Philibert Bugnyon<\/span> <a href=\"#note10\">(10)<\/a><span style=\"font-size: small;\">. Au total, Louise Lab&eacute; n&#8217;appara&icirc;trait plus gu&egrave;re que comme une &laquo;femelle de paille&raquo; (p.275). On le voit &agrave; travers ces quelques aper&ccedil;us, une telle approche renouvelle &agrave; l&#8217;&eacute;vidence &#8211; peut-&ecirc;tre m&ecirc;me a-t-elle l&#8217;ambition de chambouler, de bouleverser radicalement&#8217; &#8211; l&#8217;analyse critique des <i>EVVRES <\/i>de Louise Lab&eacute;.<br \/>\nSa principale limite est n&eacute;anmoins, nous semble-t-il, de forcer le trait. Plusieurs interpr&eacute;tations paraissent solliciter le texte &agrave; l&#8217;exc&egrave;s. Prenons-en deux exemples concrets. Premier exemple, les retouches de la pr&eacute;face. Pourquoi affirmer que les corrections sous presse de l&#8217;&eacute;p&icirc;tre &laquo;A.M.C.D.B.L.&raquo;, d&#8217;une &eacute;dition (1555) &agrave; l&#8217;autre (1556) des <i>EVVRES<\/i>, sp&eacute;cialement la correction qui remplace &laquo;Car ayant est&eacute; tant favorisee des Cieux, que d&#8217;avoir l&#8217;esprit grand assez pour comprendre&#8230;&raquo; par &laquo;Si j&#8217;eusse est&eacute; tant favorisee&#8230;&raquo; (cit&eacute; p.170-171), devraient se lire forc&eacute;ment comme une mise en cause de Louise Lab&eacute;, mettant &laquo;en doute l&#8217;excellence de ses capacit&eacute;s intellectuelles&raquo;? Le clou touchant ces corrections est clairement enfonc&eacute; (toujours p.170-171):<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Elles mettent en doute l&#8217;excellence de ses capacit&eacute;s intellectuelles (<i>car ayant est&eacute; tant favorisee<\/i> transform&eacute; en une hypoth&eacute;tique &agrave; subjonctif plus-que-parfait, &agrave; valeur d&#8217;irr&eacute;el du pass&eacute;, <i>si j&#8217;eusse est&eacute;<\/i>), ce qui laisse entendre, contrairement &agrave; la premi&egrave;re version, qu&#8217;elle n&#8217;a pas la capacit&eacute; de comprendre pour servir d&#8217;exemple.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Mais une telle hypoth&egrave;se n&#8217;est vraisemblable que si l&#8217;on admet que c&#8217;est Claude de Taillemont, et non pas Louise, qui aurait, sinon compl&egrave;tement r&eacute;dig&eacute;, du moins con&ccedil;u et assum&eacute; auctorialement (m&ecirc;me &agrave; titre officieux dans le cercle des initi&eacute;s de la supercherie), le principe et la teneur de ccette pr&eacute;face. Si l&#8217;on s&#8217;en tient au contraire au sch&eacute;ma d&#8217;interpr&eacute;tation le plus simple, celui d&#8217;une Louise capable de tenir la plume, f&ucirc;t-ce avec une aide qu&#8217;elle aurait sollicit&eacute;e, on jugera que ces retouches relativisent tout bonnement une pr&eacute;tention intellectuelle qui pourrait para&icirc;tre excessive et qu&#8217;elles rel&egrave;vent de la <i>capatatio benevolentiae <\/i>la plus courante. Second exemple, Mireille Huchon all&egrave;gue un passage &#8211; l&#8217;avant-derni&egrave;re strophe de la pi&egrave;ce XIX des <i>Escriz de divers Po&euml;tes<\/i>, une ode attribu&eacute;e &agrave; Magny &#8211; qu&#8217;elle pr&eacute;sente comme &laquo;capital&raquo; pour sa d&eacute;monstration, dans la mesure o&ugrave; le contraste entre la version des <i>Escriz<\/i> et celle qu&#8217;on trouvera dans les <i>Odes<\/i> de 1559 est fort sensible. Ce passage, relatif au personnage d&#8217;Occasion et au &laquo;tems de ce dous loisir&raquo;, comporte dans la version qui nous int&eacute;resse quatre vers: &laquo;De pouvoir gayement <b>ici<\/b> Dire et ouir meintes sornettes, Et adoucir notre souci, En contant de nos amourettes&raquo;, qui ne se retrouvent pas en 1559. Mireille Huchon en conclut (p.223):<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Olivier de Magny y indique de fa&ccedil;on tr&egrave;s d&eacute;pr&eacute;ciative le mode d&#8217;emploi de ces textes de divers po&egrave;tes, dont le loisir est ici de dire et d&#8217;ou&iuml;r des sornettes, laissant m&ecirc;me entendre qu&#8217;il s&#8217;agit de leurs propres amourettes. La variante dans la version des <i>Euvres<\/i> de Louise Lab&eacute; est donc particuli&egrave;rement d&eacute;valorisante, bien &eacute;loign&eacute;e de ce pr&eacute;tendu dessein de louer Louise. Elle montre le peu de cas fait de Louise Lab&eacute; qui n&#8217;est qu&#8217;un pr&eacute;texte. Ce n&#8217;est pas un fait unique dans ces &laquo;Escriz&raquo;. Les sous-entendus de certains de ces textes sont particuli&egrave;rement d&eacute;sobligeants.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Seulement, si Louise &eacute;tait per&ccedil;ue par ses contemporains comme une courtisane notoire<\/span> <a href=\"#note11\">(11)<\/a><span style=\"font-size: small;\">, si elle &eacute;tait volontiers &laquo;scandaleuse&raquo; de temp&eacute;rament comme on dit aux Antilles, en quoi des sous-entendus obsc&egrave;nes ou sulfureux seraient-ils &laquo;d&eacute;sobligeants&raquo; pour elle? Tout le coup de force de la parution des <i>EVVRES<\/i> a consist&eacute; pr&eacute;cis&eacute;ment, en toute hypoth&egrave;se, &agrave; jouer de cette image. De plus, dans le passage de Magny, &laquo;ici&raquo; ne signifie pas n&eacute;cessairement &laquo;de la bouche de Louise Lab&eacute;&raquo;, mais pourquoi pas, &laquo;chez elle&raquo; ou &laquo;dans son entourage&raquo;. La fac&eacute;tie parodique n&#8217;implique pas forc&eacute;ment que la moquerie s&#8217;adresse &agrave; Louise. C&#8217;est le lecteur qui ferait plut&ocirc;t les frais &#8211; mais pour son plus grand plaisir, et combien d&#8217;&eacute;crivains signataires d&#8217;ouvrages, aujourd&#8217;hui encore, en sont vraiment seuls les auteurs&#8217; &#8211; d&#8217;un &laquo;coup&raquo; auquel la jeune femme, forte personnalit&eacute;, aurait imprim&eacute; sa marque.<br \/>\nDe m&ecirc;me, le fait que certains &eacute;loges puissent concerner d&#8217;autres femmes, comme la savante Pasith&eacute;e de Pontus de Tyard ou la Francine de Ba&iuml;f, n&#8217;a rien d&#8217;incompatible avec un projet &eacute;ditorial concert&eacute; sous l&#8217;&eacute;gide de la courtisane elle-m&ecirc;me: l&#8217;id&eacute;e a pu &ecirc;tre de plaquer sur Louise Lab&eacute; tout ce qui brillait &agrave; l&#8217;&eacute;poque, pour faire de la &laquo;Belle Cordiere&raquo; (pour autant que cette formule la d&eacute;signe en propre)<\/span> <a href=\"#note12\">(12)<\/a><span style=\"font-size: small;\">, une cr&eacute;ature litt&eacute;raire et, dirait-on aujourd&#8217;hui, m&eacute;diatique.<br \/>\nD&egrave;s lors, les effets d&#8217;anagramme et d&#8217;inclusion onomastique dont Sc&egrave;ve est l&#8217;expert attitr&eacute; (ici une allusion magistralement repr&eacute;r&eacute;e par Mireille Huchon, p.163-164, &agrave; un passage de la traduction des <i>Dialogues d&#8217;Amour<\/i> de L&eacute;on l&#8217;H&eacute;breu, dans la pi&egrave;ce III des <i>Escriz<\/i>, un sonnet intitul&eacute; d&#8217;ailleurs &laquo;En grace du Dialogue d&#8217;Amour et de Folie&raquo;, dont la chute est: &laquo;Ou de Raison la <b>Loy se labe<\/b>rynte&raquo;), la brouille m&ecirc;me de Magny et de Jacques Peletier, seul auteur &agrave; s&#8217;&ecirc;tre retir&eacute; du jeu pour pr&eacute;senter dans l&#8217;un de ses propres ovrages un hommage personnel de Louise Lab&eacute;, la figure de La&iuml;s que le graveur lorrain Pierre Woeiriot aurait superpos&eacute;e, avec un mascaron grotesque, au portrait pr&eacute;vu pour figurer dans l&#8217;&eacute;dition des <i>EVVRES<\/i> de 1555<\/span> <a href=\"#note13\">(13)<\/a><span style=\"font-size: small;\">, tout concourt &agrave; la dimension ironique du projet d&#8217;ensemble, sans doute, mais non pas pour autant &agrave; des &laquo;jeux cruels&raquo; (p.273) dont Louise aurait &eacute;t&eacute; la dupe.<br \/>\nUne derni&egrave;re observation, pour en arriver &agrave; la parodie dans les <i>EVVRES<\/i>. Mireille Huchon &eacute;crit (p.236): &laquo;Il semble que certains sonnets de Louise Lab&eacute; ne doivent pas &ecirc;tre lus au premier degr&eacute;, mais comme parodiques.&raquo; Cela para&icirc;t m&ecirc;me certains. Mais pourquoi la &laquo;nouvelle Sapho lyonnaise&raquo; devrait-elle se r&eacute;duire &agrave; une femme objet et victime? pourquoi pas, &agrave; l&#8217;inverse, une femme de t&ecirc;te, consciente des n&eacute;cessit&eacute;s de l&#8217;&eacute;poque et des servitudes qu&#8217;elles impliquent afin de r&eacute;ussir en litt&eacute;rature quand on appartient &agrave; la gent f&eacute;minine? Quoi qu&#8217;il en soit, on aura compris que cet ouvrage, mine de renseignements pr&eacute;cieux et d&#8217;aper&ccedil;us utiles, est &agrave; lire d&#8217;urgence, ne serait-ce que pour rafra&icirc;chir la lecture que chacun se fait des <i>EVVRES<\/i>.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"note1\"><\/a>(1)<span style=\"font-size: small;\"> Elle compte 275 pages, auxquelles s&#8217;ajoutent, pour les &eacute;tayer et les agr&eacute;menter, divers fac-simil&eacute;s, dont celui &#8211; fondamental &#8211; de l&#8217;&eacute;dition des <i>Euvres<\/i> de 1555.<br \/>\n<\/span><a name=\"note2\"><\/a>(2)<span style=\"font-size: small;\"> Sur Lyon, voir la toute premi&egrave;re partie de l&#8217;ouvrage: &laquo;Magnificences de Lyon et fureur po&eacute;tique au milieu du si&egrave;cle&raquo;, p.15-69; sur le c&eacute;nacle de Bissy, p.157 et 168-169; sur le groupe du Clain, p.199-200 et 272.<br \/>\n<\/span><a name=\"note3\"><\/a>(3)<span style=\"font-size: small;\"> Le terme &laquo;supercherie&raquo; fournit son titre &agrave; la troisi&egrave;me partie du livre: &laquo;les dessous d&#8217;une supercherie litt&eacute;raire: hommes et textes&raquo;, p.141-269; &laquo;mystification&raquo; se retrouve notamment p.227 et 273; les mots &laquo;parodie&raquo; et &laquo;parodique&raquo; sont employ&eacute;s &agrave; plusieurs reprises, entre autres p.228, 234, 236 et 274.<br \/>\n<\/span><a name=\"note4\"><\/a>(4)<span style=\"font-size: small;\"> C&#8217;est moi qui introduis les gras afin de mettre l&#8217;accent sur l&#8217;allusion au patronyme de Louise. Dans les citations qui suivent, les gras sont &eacute;galement de mon fait.<br \/>\n<\/span><a name=\"note5\"><\/a>(5)<span style=\"font-size: small;\"> <i>Ibid<\/i>., p.162 et 224.<br \/>\n<\/span><a name=\"note6\"><\/a>(6)<span style=\"font-size: small;\"> <i>Ibid<\/i>., p.132-133.<br \/>\n<\/span><a name=\"note7\"><\/a>(7)<span style=\"font-size: small;\"> Sur Antoine Fum&eacute;e, voir <i>ibid<\/i>., p.187-188.<br \/>\n<\/span><a name=\"note8\"><\/a>(8)<span style=\"font-size: small;\"> <i>Ibid<\/i>., p.135.<br \/>\n<\/span><a name=\"note9\"><\/a>(9)<span style=\"font-size: small;\"> Mireille Huchon insiste sur les emprunts du <i>Debat <\/i>&agrave; <i>La Pazzia<\/i>, <i>ibid.<\/i>, p.136-137 et p.241-244.<br \/>\n<\/span><a name=\"note10\"><\/a>(10)<span style=\"font-size: small;\"> Sur Marguerite de Bourg, <i>ibid<\/i>., p.214.<br \/>\n<\/span><a name=\"note11\"><\/a>(11)<span style=\"font-size: small;\"> C&#8217;est la conclusion, p.139, de la deuxi&egrave;me partie de l&#8217;&eacute;tude, &laquo;Images de Louise Lab&eacute;&raquo; (p.71-139): &laquo;Les t&eacute;moignages contemporains sont finalement sans ambigu&iuml;t&eacute;. Louise fut, &agrave; coup s&ucirc;r, une courtisane.&raquo;<br \/>\n<\/span><a name=\"note12\"><\/a>(12)<span style=\"font-size: small;\"> Voir <i>ibid<\/i>., p.125-129.<br \/>\n<\/span><a name=\"note13\"><\/a>(13)<span style=\"font-size: small;\"> Voir <i>ibid<\/i>., p.100-106. Rappelons, au demeurant, ce que dit Montaigne de la courtisane La&iuml;s au chapitre &laquo;De la vanit&eacute;&raquo; (<i>Essais<\/i>, III, 9, &eacute;d. Villey-Saulnier, p.U.F., 1965, p.990): &laquo;Je ne s&ccedil;ay quels livres, disoit la courtisane Lays, quelle sapience, quelle philosophie, mais ces gens l&agrave; battent aussi souvant &agrave; ma porte que aucuns autres.&raquo; Une telle boutade correspond parfaitement &agrave; la posture arbor&eacute;e par Louise Lab&eacute; sur la sc&egrave;ne litt&eacute;raire de son temps: les &eacute;crivains et penseurs honorables acourent chez elle et jusque dans son ouvrage, malgr&eacute; qu&#8217;ils en aient.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: right;\"><span style=\"font-size: small;\"><b>Bruno Roger-Vasselin (<i>Seizi&egrave;me si&egrave;cle<\/i>, 2006-2, p.111-115)<\/b><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction &agrave; l&#8217;article &laquo;La parodie chez Louise Lab&eacute;&raquo; La r&eacute;cente parution de l&#8217;ouvrage de Mireille Huchon Louise Lab&eacute;: une cr&eacute;ature de papier (Droz, &laquo;Titre courant&raquo;, 2006) a fait sensation. 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