{"id":2841,"date":"2009-08-06T12:24:01","date_gmt":"2009-08-06T12:24:01","guid":{"rendered":"http:\/\/171"},"modified":"2009-08-06T12:24:01","modified_gmt":"2009-08-06T12:24:01","slug":"f-charpentier-oeuvres-poetiques","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/siefar.org\/gb\/debats-articles\/f-charpentier-oeuvres-poetiques\/","title":{"rendered":"F. Charpentier &#8211; Oeuvres po\u00e9tiques&#8230;"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: rgb(128, 0, 0);\"><span style=\"font-size: small;\"><b>Postface &agrave; la r&eacute;&eacute;dition des <\/b><br \/>\n<b><i>&OElig;uvres po&eacute;tiques de Louise Lab&eacute; et de Pernette du Guillet<\/i><\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Depuis 1983, date de la pr&eacute;sente &eacute;dition, la voix t&eacute;nue de Louise Lab&eacute; a pris de l&#8217;ampleur, tant pour les lecteurs cultiv&eacute;s que dans les milieux universitaires, qui lui accordent une reconnaissance tardive. Une &eacute;dition compl&egrave;te (avec le <i>D&eacute;bat<\/i> et les <i>Ecrits &agrave; la louange de Louise Lab&eacute; Lyonnaise)<\/i> a &eacute;t&eacute; donn&eacute;e en &eacute;dition de Poche; une th&egrave;se, des travaux collectifs, un colloque lui ont &eacute;t&eacute; consacr&eacute;s. La tr&egrave;s s&eacute;rieuse biographie de M. Lazard, &eacute;tay&eacute;e de nombreux documents, a fait justice des l&eacute;gendes ridicules qui accompagnaient la m&eacute;moire de la Lyonnaise. Ce petit ensemble, vers et prose (moins de cent pages en &eacute;dition moderne) m&eacute;ritait-il cet exc&egrave;s d&#8217;honneur? La question vient d&#8217;&ecirc;tre brusquement pos&eacute;e, et n&eacute;gativement r&eacute;solue, par un ouvrage de Mme Mireille Huchon (<i>Louise Lab&eacute;, une cr&eacute;ature de papier<\/i>, Droz 2006): cette oeuvre serait le r&eacute;sultat d&#8217;une supercherie litt&eacute;raire; y aurait mis la main un groupe d&#8217;humanistes et &eacute;crivains amis du prestigieux libraire-imprimeur Jean de Tournes: ce volume serait un des fleurons de son atelier, en cette ann&eacute;e 1555 qui lui fut particuli&egrave;rement faste. L&#8217;existence m&ecirc;me de Louise Lab&eacute; n&#8217;est pas en jeu. Mais ces textes, pour lesquels l&#8217;auteur montre un certain d&eacute;dain, seraient dus aux participants du groupe, ceux-l&agrave; m&ecirc;me qui signent sous divers pseudonymes le recueil d&#8217;&laquo;&eacute;crits &agrave; la louange&#8230;&raquo; qui couronnent le livre, doublant ainsi son volume. Inutile donc de chercher comme on l&#8217;a fait une quelconque &laquo;sinc&eacute;rit&eacute;&raquo; dans cet ensemble artificiel.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Cette d&eacute;monstration est fond&eacute;e sur un ensemble de remarques convaincantes touchant la vie contemporaine et le r&eacute;seau des relations litt&eacute;raires, soutenues par une vaste &eacute;rudition. Cependant aucune preuve tangible, aucun document ne viennent l&#8217;&eacute;tayer. L&#8217;argumentation ne se fonde que sur un ensemble de conjectures donn&eacute;es comme convergentes. Les faits relev&eacute;s sont troublants, mais &agrave; les prendre un par un pourraient &ecirc;tre interpr&eacute;t&eacute;s dans un sens diam&eacute;tralement oppos&eacute;. Par exemple, la minceur de l&#8217;oeuvre: n&#8217;en va-t-il pas de m&ecirc;me pour ce diamant de la pens&eacute;e politique de la Renaissance qu&#8217;est le bref <i>Discours de la Servitude volontaire de La Bo&eacute;tie <\/i>(moins de 50 pages) suivi de son <i>M&eacute;moire sur les troubles&#8230; <\/i>(ensemble que Montaigne, &eacute;diteur infid&egrave;le, omet dans son &eacute;dition de 1571 chez F&eacute;d&eacute;ric Morel)? Louise s&#8217;est totalement effac&eacute;e de la vie litt&eacute;raire de son temps, aucun hommage po&eacute;tique ne t&eacute;moigne plus d&#8217;elle apr&egrave;s 1556: n&#8217;en va-t-il pas de m&ecirc;me du consid&eacute;rable Maurice Sc&egrave;ve, dont la date de <i>Microcosme<\/i> n&#8217;est suppos&eacute;e que par ses derniers vers, et dont la date de mort, inconnue, est rest&eacute;e dans un profond silence? Etc.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">La vraie question est d&#8217;ordre litt&eacute;raire. Elle touche le texte m&ecirc;me et son interpr&eacute;tation : y a-t-il une coh&eacute;rence, une unit&eacute; d&#8217;inspiration et d&#8217;&eacute;criture, dans cet ensemble, vers et prose compris&#8217; Les recherches r&eacute;centes n&#8217;ont pas &eacute;lud&eacute; ce probl&egrave;me <\/span><a href=\"#note1\"><span style=\"font-size: small;\">(1)<\/span><\/a><span style=\"font-size: small;\">. A cette lumi&egrave;re, la question de la &laquo;sinc&eacute;rit&eacute;&raquo; est repouss&eacute;e au second plan, elle appartient au domaine des genres et de la &laquo;circonstance lyrique&raquo;. Faut-il croire par ailleurs que des voix multiples, exclusivement masculines, aient pu produire ces pages, o&ugrave; l&#8217;on peut entendre &#8211; m&ecirc;me sans croire &agrave; des &laquo;marques f&eacute;minines de l&#8217;&eacute;criture&raquo; &#8211; une voix qui se revendique, pour une des premi&egrave;res fois sans doute, comme f&eacute;minine? quel en est le degr&eacute; d&#8217;authenticit&eacute;? L&#8217;espace de cette postface ne permet pas, en regard des 278 pages de l&#8217;ouvrage en question, de r&eacute;pondre &agrave; ce questionnement. Le vrai probl&egrave;me est celui de l&#8217;auteur multiple ou unique, et de son appartenance au masculin ou f&eacute;minin: car dans le dernier cas, quelle importance qu&#8217;il ou elle ait rev&ecirc;tu l&#8217;indentit&eacute; d&#8217;une certaine Lyonnaise qui vivait dans les ann&eacute;es 1520-1560? Seule compte l&#8217;accent, la pouss&eacute;e d&#8217;une voix po&eacute;tique qui reste singuli&egrave;re apr&egrave;s plus de quatre si&egrave;cles. Nous laissons les lecteurs en juger &agrave; leur fa&ccedil;on, devant le texte dans sa nudit&eacute; et sa force.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Cependant la note bibliographique qui suit peut leur fournir quelques instruments utiles.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a class=\"mceItemAnchor\" name=\"note1\"><\/a><span style=\"font-size: small;\">(1) Voir par exemple F. Charpentier, (dans <i>Les Voix du lyrisme<\/i>), 1990; Daniel Martin, (<i>Signe(s) d&#8217;Amante<\/i>)<i>,<\/i>1999; F. Charpentier, (dans la revue <i>M&eacute;thode!, <\/i>Pau), 2005.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><span style=\"font-size: small;\"><b>Fran&ccedil;oise Charpentier (<i>&OElig;uvres po&eacute;tiques de Louise Lab&eacute; et de Pernette du Guillet, <\/i>Gallimard-po&eacute;sie, 2006)<\/b><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Postface &agrave; la r&eacute;&eacute;dition des &OElig;uvres po&eacute;tiques de Louise Lab&eacute; et de Pernette du Guillet Depuis 1983, date de la pr&eacute;sente &eacute;dition, la voix t&eacute;nue de Louise Lab&eacute; a pris de l&#8217;ampleur, tant pour les lecteurs cultiv&eacute;s que dans les milieux universitaires, qui lui accordent une reconnaissance tardive. 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