{"id":2840,"date":"2009-08-06T12:19:27","date_gmt":"2009-08-06T12:19:27","guid":{"rendered":"http:\/\/170"},"modified":"2009-08-06T12:19:27","modified_gmt":"2009-08-06T12:19:27","slug":"e-viennot-theatre-de-femmes-de-l-ancien-regime","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/siefar.org\/gb\/debats-articles\/e-viennot-theatre-de-femmes-de-l-ancien-regime\/","title":{"rendered":"E. Viennot &#8211; Th\u00e9\u00e2tre de femmes de l&#8217;Ancien R\u00e9gime"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: rgb(128, 0, 0);\"><span style=\"font-size: small;\"><b>Notice sur Louise Lab&eacute;<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">La vie de Louise Lab&eacute;, comme celle de tant d&#8217;auteurs de la Renaissance, est assez mal connue. Fille de marchands cordiers lyonnais fortun&eacute;s, elle est n&eacute;e vers 1520 de Pierre Charly, surnomm&eacute; Lab&eacute;, et d&#8217;&Eacute;tiennette Roybet, qui devait d&eacute;c&eacute;der peu apr&egrave;s sa naissance. Vers 1544, elle &eacute;pousa un cordier, Ennemond Perrin, &eacute;galement install&eacute; &agrave; Lyon. De sa beaut&eacute;, chant&eacute;e par diff&eacute;rents po&egrave;tes, on a quelque id&eacute;e gr&acirc;ce au seul portrait r&eacute;alis&eacute; de son vivant par Pierre Wo&euml;riot vers 1555 et reproduit dans la plupart des &eacute;ditions modernes. De son &eacute;ducation (son initiation &agrave; la musique, sa familiarit&eacute; avec les armes), on ne sait que ce qu&#8217;elle a bien voulu dire (ou qu&#8217;elle s&#8217;est amus&eacute;e &agrave; dire) dans ses propres &eacute;crits. Il en est de m&ecirc;me de ses amours, &agrave; propos desquelles elle ne prononce aucun nom. Quant &agrave; ce &laquo;savoir&raquo;, ce &laquo;parler suave&raquo;, ce &laquo;doux style&raquo; que vanta de son temps Jacques Pelletier du Mans, on ignore aupr&egrave;s de quels ma&icirc;tres elle les a acquis; mais les professeurs n&#8217;&eacute;taient pas rares dans le Lyon des ann&eacute;es 1530, et les riches marchands aux id&eacute;es &laquo;avanc&eacute;es&raquo; n&#8217;h&eacute;sitaient pas &agrave; les engager comme pr&eacute;cepteurs de leurs filles, afin qu&#8217;elles soient, comme celles des nobles, solidement instruites.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Li&eacute;e &agrave; des cercles lettr&eacute;s fort influenc&eacute;s par l&#8217;humanisme italien et la culture de cour, &eacute;voluant dans un milieu lib&eacute;ral et mixte (des femmes tenaient salon &agrave; Lyon d&egrave;s les ann&eacute;es 1540), Louise Lab&eacute; a longuement m&ucirc;ri ses &eacute;crits avant de les publier ensemble, en 1555, dans un volume intitul&eacute; Euvres de Louize Lab&eacute; Lyonnoise. Ce recueil tr&egrave;s pens&eacute;, et assur&eacute;ment pens&eacute; collectivement, pr&eacute;sente tout d&#8217;abord quatre textes d&#8217;elle: un manifeste f&eacute;ministe en forme d&#8217;&eacute;p&icirc;tre d&eacute;dicatoire &agrave; une jeune noble lyonnaise, o&ugrave; elle exhorte les femmes &agrave; l&acirc;cher leurs quenouilles pour s&#8217;adonner aux joies imp&eacute;rissables de la cr&eacute;ation litt&eacute;raire; le texte satirique en prose qui fait l&#8217;objet de cette &eacute;dition; trois courtes &eacute;l&eacute;gies d&#8217;aspect autobiographique, et vingt-quatre sonnets d&#8217;un lyrisme &agrave; la fois sensuel, violent et contenu. Dans chacune de ces &oelig;uvres, Louise Lab&eacute; explore les conceptions de l&#8217;amour et des relations entre les sexes, toutes choses alors en d&eacute;bat parmi les lettr&eacute;s. Dans une seconde partie, viennent vingt-quatre po&egrave;mes de ses amis, t&eacute;moignage de leur affection ou de leur admiration et preuve de leur volont&eacute; de soutenir l&#8217;&eacute;mergence des femmes de lettres, &agrave; une &eacute;poque o&ugrave; l&#8217;enseignement sup&eacute;rieur &eacute;tait r&eacute;serv&eacute; aux hommes, et o&ugrave; leur arriv&eacute;e sur la sc&egrave;ne litt&eacute;raire, gr&acirc;ce &agrave; la toute nouvelle imprimerie, suscitait bien des irritations.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">L&#8217;ensemble pr&eacute;sente ainsi une tr&egrave;s forte unit&eacute; th&eacute;matique et politique, que viennent renforcer, par-del&agrave; les diff&eacute;rents genres o&ugrave; Louise Lab&eacute; a choisi de s&#8217;illustrer, l&#8217;unit&eacute; stylistique profonde de ses propres &eacute;crits, la ferveur de son ton, la force de ses convictions. Cette unit&eacute; figure au premier rang des arguments qui permettent de repousser la r&eacute;cente tentative d&#8217;attribution de ses &eacute;crits &agrave; quelques-uns des po&egrave;tes de son entourage plut&ocirc;t qu&#8217;&agrave; elle-m&ecirc;me -petit jeu dont tant d&#8217;autrices ont d&eacute;j&agrave; fait les frais, mais auquel elle avait jusqu&#8217;ici &eacute;chapp&eacute;. B&acirc;tie sur une s&eacute;rie de suppositions non probantes, et sur l&#8217;id&eacute;e re&ccedil;ue qu&#8217;une femme de moyenne extraction ne pouvait ni acqu&eacute;rir une telle maestria ni &ecirc;tre admir&eacute;e de po&egrave;tes r&eacute;put&eacute;s, cette tentative prouve au moins une chose: que l&#8217;hostilit&eacute; envers cette f&eacute;ministe &eacute;picurienne et savante n&#8217;est toujours pas morte. Le succ&egrave;s imm&eacute;diat de ses &oelig;uvres, republi&eacute;es quatre fois en 1556 (&agrave; Lyon, Paris et Rouen), semble en effet avoir beaucoup agac&eacute;. En t&eacute;moigne, d&egrave;s 1560, l&#8217;insulte de Calvin: plebeia meretrix, &laquo;vulgaire putain&raquo;, qu&#8217;on retrouve sous sa forme euph&eacute;mis&eacute;e de &laquo;courtisane&raquo; chez d&#8217;autres commentateurs, d&egrave;s la fin du XVI<sup>e<\/sup> si&egrave;cle.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Peut-&ecirc;tre d&eacute;stabilis&eacute;e par ces attaques, ou chagrin&eacute;e par la fin de la douce p&eacute;riode que les premi&egrave;res guerres de religion &eacute;taient en train de clore, Louise Lab&eacute; s&#8217;est retir&eacute;e dans la campagne lyonnaise. Elle y est morte en 1566, apr&egrave;s avoir g&eacute;n&eacute;reusement dot&eacute; par testament un certain nombre de femmes et de jeunes filles dans le besoin. Ses &oelig;uvres quant &agrave; elles ne sont jamais tomb&eacute;es dans l&#8217;oubli. Traduites en de tr&egrave;s nombreuses langues, abondamment r&eacute;&eacute;dit&eacute;es, elles ont suscit&eacute; l&#8217;admiration constante des gens de th&eacute;&acirc;tre et des amoureux de po&eacute;sie, des commentaires vibrant d&#8217;enthousiasme, ainsi que de longues supputations sur ses m&oelig;urs. Longtemps tenue &agrave; l&#8217;&eacute;cart du panth&eacute;on litt&eacute;raire masculiniste que la France s&#8217;est constitu&eacute; au XIX<sup>e<\/sup> si&egrave;cle, Louise Lab&eacute; s&#8217;est r&eacute;cemment vu ouvrir toute grande la porte des &laquo;grands hommes&raquo;: en 2005, pour la premi&egrave;re fois, ses &oelig;uvres ont &eacute;t&eacute; mises au programme de l&#8217;Agr&eacute;gation de Lettres. Ce qui explique peut-&ecirc;tre que la &laquo;courtisane&raquo; ait ressurgi peu apr&egrave;s, et, cette fois-ci, d&eacute;lest&eacute;e de ses &oelig;uvres&#8230;<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: right;\"><span style=\"font-size: small;\"><b>Eliane Viennot (<i>Th&eacute;&acirc;tre de femmes de l&#8217;Ancien R&eacute;gime<\/i>, vol. 1 XVIe si&egrave;cle, Saint-Etienne, Publications de l&#8217;Universit&eacute;, d&eacute;cembre 2006, p. 377-379)<\/b><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notice sur Louise Lab&eacute; La vie de Louise Lab&eacute;, comme celle de tant d&#8217;auteurs de la Renaissance, est assez mal connue. Fille de marchands cordiers lyonnais fortun&eacute;s, elle est n&eacute;e vers 1520 de Pierre Charly, surnomm&eacute; Lab&eacute;, et d&#8217;&Eacute;tiennette Roybet, qui devait d&eacute;c&eacute;der peu apr&egrave;s sa naissance. 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