{"id":2766,"date":"2009-01-11T17:59:27","date_gmt":"2009-01-11T17:59:27","guid":{"rendered":"http:\/\/17"},"modified":"2009-01-11T17:59:27","modified_gmt":"2009-01-11T17:59:27","slug":"les-accords","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/siefar.org\/gb\/la-guerre-des-mots\/les-accords\/","title":{"rendered":"Les accords"},"content":{"rendered":"<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\">\n<p class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><em>Contributrices de cette rubrique : Aurore Evain, Edwige Keller-Rahb\u00e9, Eliane Viennot.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<ul>\n<li>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><strong>Accord de proximit\u00e9 <\/strong>(accord en nombre et\/ou en genre de l&#8217;adjectif, du participe pass\u00e9, du verbe, avec le substantif le plus proche lorsqu&#8217;il est coordonn\u00e9 ou juxtapos\u00e9 avec un autre ou plusieurs) : classique avant le XVIIe si\u00e8cle, courant jusqu&#8217;\u00e0 la R\u00e9volution fran\u00e7aise.<br \/> <\/span><\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">&#8211;<strong>1562<\/strong> : \u00abAu ciel est <em><strong>revoll\u00e9e<\/strong> <\/em>et <em>Justice <\/em>et Raison\u00bb <br \/> Ronsard, <em>Discours des mis\u00e8res de ce temps<\/em>, v.182-183.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">&#8211;<strong> 1563<\/strong> : \u00ab<em>(\u2026)<\/em> afin que ta cause et la <em>mienne <\/em>soit <em><strong>cognue<\/strong> <\/em>de tous <em>(\u2026)<\/em>\u00bb <br \/> Ronsard, \u00abEpistre au lecteur\u00bb, <em>Response de P. de Ronsard Gentilhomme Vandomois aux injures et calomnies\u2026<\/em>, derni\u00e8re phrase.<\/span><\/p>\n<p>&#8211; <strong>1647<\/strong> :\u00a0<em>(remise en question de l&#8217;accord de proximit\u00e9)<\/em>\u00a0\u00abUn adjectif avec deux substantifs de diff\u00e9rent genre. Exemple,\u00a0<em>Ce peuple a la coeur et la bouche ouverte \u00e0 vos louanges<\/em>. On demande s&#8217;il faut dire\u00a0<em>ouverte<\/em>\u00a0ou\u00a0<em>ouverts<\/em>. M. de Malherbe disait, qu&#8217;il fallait \u00e9viter cela comme un \u00e9cueil, et ce conseil est si sage, qu&#8217;on ne s&#8217;en saurait mal trouver. Mais il n&#8217;est pas question pourtant de gauchir toujours aux difficult\u00e9s, ils les faut vaincre, et \u00e9tablir une r\u00e8gle certaine pour la perfection de notre langue. Outre que bien souvent voulant \u00e9viter cette mauvaise rencontre, on perd la gr\u00e2ce de l&#8217;expression, et l&#8217;on prend un d\u00e9tour qui n&#8217;est pas naturel. Les Maitres du m\u00e9tier reconnaissent ais\u00e9ment cela. Comment dirons-nous donc\u00a0? <strong>Il faudrait dire\u00a0<em>ouverts<\/em>, selon la Grammaire Latine, qui en use ainsi, pour une raison qui semble \u00eatre commune \u00e0 toutes les langues, que le genre masculin \u00e9tant le plus noble, doit pr\u00e9dominer toutes les fois que le masculin et le f\u00e9minin se trouvent ensemble,<\/strong> mais l&#8217;oreille a de la peine \u00e0 s&#8217;y accommoder parce qu&#8217;elle n&#8217;a point accoutum\u00e9 de l&#8217;ou\u00efr ainsi de cette fa\u00e7on, et rien ne plait \u00e0 l&#8217;oreille, pour ce qui est de la phrase et de la diction, que ce qu&#8217;elle a accoutum\u00e9 d&#8217;ou\u00efr. Je voudrais donc dire\u00a0<em>ouverte<\/em>\u00a0qui est beaucoup plus doux, tant \u00e0 cause que cet adjectif se trouve joint au m\u00eame genre avec les substantifs qui le touche, que parce qu&#8217;ordinairement on parle ainsi,\u00a0<em>qui est la raison d\u00e9cisive<\/em>, et que par cons\u00e9quent l&#8217;oreille y est toute accoutum\u00e9e. Or qu&#8217;il soit vrai que l&#8217;on parle ainsi d&#8217;ordinaire dans la Cour, je l&#8217;assure comme y ayant pris garde souvent, et comme l&#8217;ayant fait dire de cette sorte \u00e0 tous ceux \u00e0 qui je l&#8217;ai demand\u00e9, par une certaine voie qu&#8217;il faut toujours tenir, quand on veut savoir assur\u00e9ment si une chose se dit, ou si il ne se dit pas. Mais qu&#8217;on ne s&#8217;en fie point \u00e0 moi, et que chacun se donne la peine de l&#8217;observer en son particulier.\u00bb\u00bb\u00a0<br \/> Vaugelas,\u00a0<em>Remarques sur la langue fran\u00e7aise<\/em>, p. 83<\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">&#8211; <strong>1651<\/strong> : <em>(remise en question de l&#8217;accord de proximit\u00e9)<\/em> \u00abParce que le genre masculin est le plus noble, il pr\u00e9vaut seul contre deux ou plusieurs f\u00e9minins, quoiqu\u2019ils soient plus proches de leur adjectif\u00bb<\/span><br \/> <span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><em>Libert\u00e9 de la langue fran\u00e7aise dans sa puret\u00e9<\/em>, Scipion Dupleix, Paris, 1651, p.696 (note)<\/span><\/p>\n<p>&#8211; <strong>1677<\/strong> :\u00a0Mon mal vient de plus loin. \u00c0 peine au fils d\u2019Eg\u00e9e<br \/> Sous les lois de l\u2019hymen je m\u2019\u00e9tais engag\u00e9e,<br \/> <strong>Mon repos, mon bonheur semblait<\/strong> \u00eatre affermi,<br \/> Ath\u00e8nes me montra mon superbe ennemi.<br \/> Je le vis, je rougis\u2026 etc. \u00bb\u00a0<br \/> Racine,\u00a0<em>Ph\u00e8dre<\/em>, 1677<\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"> &#8211; <strong>1693 <\/strong>: \u00abelles <em>(les femmes)<\/em> n\u2019ont point d\u2019autre d\u00e9faut qui les emp\u00eache de regner, de gouverner, de commander et de conduire; que celui qui <em>(que)<\/em> leur <strong>impose<\/strong> <em>la Co\u00fbtume<\/em>, les Loix et le pouvoir absolu des hommes.\u00bb<\/span><br \/> <span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><em>Trait\u00e9 de la morale et de la politique, divis\u00e9 en trois parties, s\u00e7avoir, la libert\u00e9, la science et l\u2019autorit\u00e9, o\u00f9 l\u2019on voit que les personnes du Sexe, pour en \u00eatre priv\u00e9es, ne laissent pas d\u2019avoir une capacit\u00e9 naturelle, qui les en peut rendre participantes ; avec un petit trait\u00e9 de la foiblesse, de la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et de l\u2019inconstance qu\u2019on leur attribue mal \u00e0 propos ; par G. S. (GabrielleSuchon) Aristophile<\/em>, Lyon, B. Vignieu &amp; J. Certe, partie 3, p.136.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">&#8211; <strong>1795 <\/strong>: Une p\u00e9titionnaire d\u00e9clare \u00e0 la Convention que, si l\u2019Assembl\u00e9e revient sur l\u2019\u00e9galit\u00e9 des sexes devant l\u2019h\u00e9ritage, elle ira \u00ab jusqu\u2019\u00e0 \u00ab enhardir les pu\u00een\u00e9s et <em>les soeurs malheureuses<\/em>\u00a0<\/span><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">\u00e0 se rendre justice\u00a0<strong>elles-m\u00eames<\/strong>\u00a0parce que la loi ne s\u2019est int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 <strong>elles<em style=\"font-size: small;\">\u00a0<\/em><\/strong>qu\u2019un moment \u00bb.<\/span><br \/> <span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><em>P\u00e9tition de la ville Villier aux citoyens l\u00e9gislateurs,\u00a0<\/em>16 flor\u00e9al an III <em>(5 mai 1795)<\/em>, cit\u00e9e par Suzanne Desan, \u00ab P\u00e9titions de femmes en faveur d\u2019une r\u00e9forme r\u00e9volutionnaire de la famille \u00bb,\u00a0<em>Annale Historiques de la R\u00e9volution Fran\u00e7aise,<\/em>\u00a0344, avril-juin 2006 <em>(\u00ab La prise de parole publique des femmes \u00bb)<\/em>, p. 46).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">&#8211; <strong>1800 <\/strong>:(\u00e0 propos de Mme de Genlis) \u00ab Sa lettre sur les p\u00e2tres des Pyr\u00e9n\u00e9es peint les travaux et les vertus de ce peuple pasteur avec\u00a0la simplicit\u00e9 et<em> le ton<\/em>\u00a0qui <strong>convient<\/strong><\/span><strong><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\">\u00a0<\/span><\/span><\/strong><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">aux tableaux des m\u0153urs champ\u00eatres. \u00bb<\/span><\/span><br \/> <span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><em>Le Tribunal d\u2019Apollon ou jugement en dernier ressort de tous les auteurs vivans. Libelle injurieux, partial et diffamatoire, par une soci\u00e9t\u00e9 de Pygm\u00e9es litt\u00e9raires<\/em>, Paris, Marchand, vol. 1, an VII-1800, p.159-160.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">&#8211; <strong>1832 <\/strong>: \u00ab Le go\u00fbt du si\u00e8cle, la toute puissance des hommes, a d\u00e9poss\u00e9d\u00e9 les femmes d\u2019un genre de <em>litt\u00e9rature <\/em>qui, depuis plus d\u2019un si\u00e8cle, leur semblait <strong>d\u00e9volue <\/strong>; car ce sont les hommes aujourd\u2019hui qui font les romans. \u00bb<span style=\"font-size: 12pt;\">\u00bb<\/span><br \/> <\/span><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Mme de Choiseul-Meuse, <em>Le Journal des femmes<\/em>, cit\u00e9 par Catherine Nesci, \u00ab\u201cCe sont les hommes aujourd\u2019hui qui font les romans\u201d. Les femmes et la fiction dans la presse f\u00e9minine (1820-1835)\u00bb, in A. Del Lungo &amp; B. Louichon (dir.),\u00a0<em>La Litt\u00e9rature en bas-bleus. Romanci\u00e8res sous la Resta<br \/>\nuration et la monarchie de Juillet (1815-1848)<\/em>,\u00a0Paris, Classiques Garnier, 2010, p. 377.<\/span><\/p>\n<p>&#8211; <strong>1895<\/strong> :\u00a0\u00ab Quant \u00e0 chercher uniquement \u00e0 plaire \u00e0 l\u2019homme, je demande seulement \u00e0 ceux qui pensent cette absurdit\u00e9, de me dire \u00e0 quel homme <strong>cherche<\/strong> <em>[sic]<\/em> \u00e0 plaire la carm\u00e9lite, la s\u0153ur de charit\u00e9, la religieuse de tout ordre et cette multitude innombrable de chr\u00e9tiennes qui refusent de se marier, soit par l\u2019horreur que leur inspirent les vices de l\u2019homme, soit parce qu\u2019elles consacrent leur vie au travail pour soutenir leur famille [\u2026]. \u00bb\u00a0<br \/>Maria Deraismes,<em> La Revue f\u00e9ministe<\/em>, 5 novembre 1895, \u00e0 propos d\u2019une citation de Rousseau (\u00ab\u201cLa femme, a dit Rousseau, ne peut s\u2019occuper de v\u00e9rit\u00e9s abstraites. La femme, qui est faible, a besoin de s\u2019appuyer sur plus fort qu\u2019elle. Toute son attention consiste donc \u00e0 plaire \u00e0 l\u2019homme, pour s\u2019en faire un protecteur\u201d\u00bb). Cit\u00e9 par Tanguy L\u2019Aminot, \u00e0 qui revient le [sic]\u00a0soulignant l\u2019accord (\u00ab<a href=\"http:\/\/rousseaustudies.free.fr\/ArticleTanguy.htm\">La critique f\u00e9ministe de Rousseau sous la Troisi\u00e8me R\u00e9publique<\/a>\u00bb, 1995)<\/p>\n<div style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/div>\n<ul>\n<li>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><strong>Accord du participe pass\u00e9 avec l\u2019objet direct, o\u00f9 qu\u2019il soit plac\u00e9<\/strong><br \/> <\/span><\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><br \/> &#8211; <strong>fin des ann\u00e9es 1530<\/strong> : \u00abEpistre. Jeanne Flore a Madame Minerve sa chiere Cousine, Salut. Suyvant la <em><strong>promesse<\/strong> <\/em>que je vous avois <em><strong>faicte<\/strong> <\/em>l\u2019autre jour de vous transmettre les comptes <em>(\u2026)<\/em> j\u2019avois prinse la plume en main pour le vous mettre par escript.\u00bb<br \/> <span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><em>Comptes amoureux par Madame Jeanne Flore<\/em> (\u00e9d. Gabriel P\u00e9rouse et al., Presses universitaires de Lyon, 1980, p.97).<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><br \/> &#8211; <strong>1563 <\/strong>: \u00abMais l\u2019Evangile sainct du Sauveur Jesuschrist<br \/> M\u2019a fermement <em><strong>grav\u00e9e <\/strong><\/em>une <em><strong>foy<\/strong> <\/em>dans l\u2019esprit <em>(\u2026)<\/em>\u00bb<br \/> Ronsard, <em>Remontrance au peuple de France<\/em>, v.83-84.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><br \/> &#8211; <strong>1563<\/strong> : \u00ab Et vous, Nobles aussi, qui n\u2019av\u00e9s <strong>renonc\u00e9e<\/strong><br \/> La <strong><em>foy<\/em><\/strong>, de pere en fils qui vous est annonc\u00e9e \u00bb <br \/> Ronsard, <em>Remontrance au peuple de France<\/em>, v.515-516; m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne, ibid., v.735-736;<em> Response aux injures et calomnies<\/em>, v.611-612 ; v.895-96 ; v.1055-1056.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><br \/> <\/span><\/p>\n<ul>\n<li>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><strong>Accord de participe pr\u00e9sent et du g\u00e9rondif avec le substantif : <\/strong>classique dans l&#8217;ancienne langue, qui ne les diff\u00e9rencie pas de l&#8217;adjectif verbal. <br \/> <\/span><\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><br \/> &#8211; <strong>1550 <\/strong>: \u00abMais en vain ser\u00e9s <em>pendante<\/em><br \/> Toute \u00e0 mon col, <em><strong>attandante<\/strong><\/em><br \/> (Tenant un peu l\u2019\u0153il baiss\u00e9) <br \/> Pardon de m\u2019avoir laiss\u00e9.\u00bb<br \/> <em>(= vous vous pendrez \u00e0 mon cou, attendant\u2026 mon pardon)<\/em><br \/> Ronsard, <em>Les Odes<\/em>, II, 24.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><br \/> &#8211; <strong>1709 <\/strong>: <em>Les Dernieres \u0152uvres de Monsieur Scarron, divis\u00e9es en deux parties, <\/em><strong>contenantes<\/strong> <em>plusieurs Lettres amoureuses et galantes<\/em>, <em>(\u2026)<\/em> <br \/> Tome premier, Chez Michel David.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><br \/> &#8211; <strong>1740 <\/strong>: \u00abil y eut <em>lettres <strong>contenantes<\/strong> <\/em>mandement tr\u00e8s-express, pour lui faire ouverture\u2026\u00bb<br \/> Pierre Bayle, <em>Dictionnaire historique et critique<\/em>, art. Du Tillet, 5e \u00e9dition, tome 4, p. 352.<br \/> <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<ul>\n<li>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><strong>Accord du pronom attribut (je la suis) :<\/strong> les grammairiens au d\u00e9but du XVIIe si\u00e8cle \u00e9tablissent comme r\u00e8gle l\u2019emploi du pronom \u201cle\u201d invariable, mais il faut plusieurs g\u00e9n\u00e9rations pour qu\u2019elle s\u2019impose, et ce sont les femmes qui y r\u00e9sistent le plus.<br \/> <\/span><\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><br \/> &#8211; <strong>1665 <\/strong>: \u00abL\u00e9onor. \u2014 Voil\u00e0 d&#8217;une <em>coquette <\/em>\u00e0 peu pr\u00e8s la le\u00e7on. D. Elvire. \u2014 Certes je ne sais pas si <em>je <strong>la<\/strong> suis<\/em> ou non, \/ Mais je m\u2019aime beaucoup et j\u2019aime fort \u00e0 plaire.\u00bb<br \/> Mme de Villedieu, <em>Le Favori<\/em>, 1665, Acte II, sc\u00e8ne 1, vv.435-37 (<em>Th\u00e9\u00e2tre de femmes de l&#8217;Ancien R\u00e9gime<\/em>, vol. 2, Saint-Etienne, Publications de l&#8217;Universit\u00e9, 2008)<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><br \/> &#8211; <strong>1690 <\/strong>: \u00abMme Argante. \u2014 Il porte expr\u00e8s des perruques brunes , et il dit partout qu\u2019il a trente-cinq ans, pour m\u2019emp\u00eacher de para\u00eetre <em>aussi jeune que je <strong>la<\/strong> suis<\/em>.\u00bb<br \/> Mme Ulrich, <em>La Folle ench\u00e8re<\/em>, 1690, sc\u00e8ne 5 (<em>Th\u00e9\u00e2tre de femmes de l&#8217;Ancien R\u00e9gime<\/em>, vol. 3, Saint-Etienne, Publications de l&#8217;Universit\u00e9, 2011)<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><br \/> &#8211; <strong>1694 <\/strong>: \u00abMadame de S\u00e9vigny s&#8217;informant de ma sant\u00e9, je lui dis : Madame, je suis enrhum\u00e9.<em> Je <strong>la<\/strong> suis aussi<\/em>, me dit-elle. Il me semble, lui dis-je, Madame, que selon les r\u00e8gles de notre langue, il faudrait dire, <em>Je le suis<\/em>. Vous direz comme il vous plaira, ajouta-t-elle, mais pour moi je croirais avoir de la barbe si je disais autrement.\u00bb<br \/> M\u00e9nage, <em>Menagiana, ou les bons mots, les pens\u00e9es critiques, historiques, morales et d\u2019\u00e9rudition de Monsieur M\u00e9nage, recueillies par ses amis, <\/em>seconde \u00e9d.augment\u00e9e. Paris, Delausne, 1694, p. 87.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><br \/> &#8211; <strong>1704 <\/strong>: Remarque, &#8220;La pour le&#8221; :\u00abC\u2019est une faute que font presque toutes les femmes, et de Paris, et de la Cour. Par exemple je dis \u00e0 une femme, &#8220;quand je suis malade, j\u2019aime \u00e0 voir compagnie&#8221;, elle me r\u00e9pond &#8220;Et moi <em>quand je la suis<\/em>, je suis bien aise de ne voir personne&#8221;. Je dis que c\u2019est une faute de dire &#8220;quand je la suis&#8221;, et qu\u2019il faut dire &#8220;quand je le suis&#8221;. La raison de cela est que ce &#8220;le&#8221;, qu\u2019il faut dire, ne se rapporte pas \u00e0 la personne, car en ce cas l\u00e0 il est certain qu\u2019une femme aurait raison de parler ainsi, mais il se rapporte \u00e0 la chose (\u2026) N\u00e9anmoins puisque toutes les femmes aux lieux o\u00f9 l\u2019on parle bien, disent &#8220;la&#8221;, et non pas &#8220;le&#8221;, peut-\u00eatre que l\u2019usage l\u2019emportera sur la Raison, et ce ne sera plus une faute. Pour &#8220;les&#8221; au pluriel, il ne se dit point, ni par la Raison, ni par l\u2019usage.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-\nsize: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Observation : la r\u00e8gle que M. de Vaugelas \u00e9tablit dans cette Remarque est appuy\u00e9e sur de si fortes raisons que personne ne doit se dispenser de la suivre. Ainsi on ne peut trop s\u2019opposer \u00e0 l\u2019abus que les femmes font de la particule &#8220;la&#8221;, quand elles l\u2019emploient au lieu de &#8220;le&#8221;, il faut dire absolument dans la phrase propos\u00e9e, &#8220;et moi quand je le suis&#8221;, c\u2019est-\u00e0-dire, quand je suis malade, en supposant que c\u2019est une femme qui parle, et non pas, <em>quand je la suis<\/em>.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><em>Observations de l\u2019Acad\u00e9mie Fran\u00e7aise sur les remarques de M. de Vaugelas<\/em>, 1704, Tome I, XXVII.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"> <br \/> <\/span><\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">\n<p><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><strong>A propos du masculin qui l&#8217;emporte sur le f\u00e9minin<br \/> <\/strong><\/span><\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">\u00a0<\/span><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><br \/> &#8211;<strong>1792 <\/strong>:\u00ab Article 3. Le genre masculin ne sera plus regard\u00e9, m\u00eame dans la grammaire, comme le genre le plus noble, attendu que tous les genres, tous les sexes et tous les \u00eatres doivent \u00eatre et sont \u00e9galement nobles. \u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><em>Requ\u00eate des dames \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale<\/em>, projet de d\u00e9cret, 1792 (<a href=\"http:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k426587\/f14.image\">en ligne sur Gallica<\/a>).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><br \/> <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Contributrices de cette rubrique : Aurore Evain, Edwige Keller-Rahb\u00e9, Eliane Viennot. \u00a0 Accord de proximit\u00e9 (accord en nombre et\/ou en genre de l&#8217;adjectif, du participe pass\u00e9, du verbe, avec le substantif le plus proche lorsqu&#8217;il est coordonn\u00e9 ou juxtapos\u00e9 avec un autre ou plusieurs) : classique avant le XVIIe si\u00e8cle, courant jusqu&#8217;\u00e0 la R\u00e9volution fran\u00e7aise. 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