{"id":2765,"date":"2009-01-11T17:58:57","date_gmt":"2009-01-11T17:58:57","guid":{"rendered":"http:\/\/16"},"modified":"2009-01-11T17:58:57","modified_gmt":"2009-01-11T17:58:57","slug":"le-genre-des-mots","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/siefar.org\/gb\/la-guerre-des-mots\/le-genre-des-mots\/","title":{"rendered":"Le genre des mots"},"content":{"rendered":"<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: right;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;\"><em>Contributrices de cette rubrique: Aurore Evain, Edwige Keller-Rahb\u00e9, Eliane Viennot.<\/em><\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: right;\">\u00a0<\/div>\n<ul>\n<li class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;\"><b>Genre des mots : th\u00e9ories et difficult\u00e9s<\/b><\/span><\/li>\n<\/ul>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;\">Comme la plupart des langues romanes, le fran\u00e7ais ne connait plus que deux genres: le f\u00e9minin et le masculin. Le neutre, d\u00e9j\u00e0 d\u00e9fectif en latin, devenu rare en ancien fran\u00e7ais, a presque enti\u00e8rement disparu. Les rares pronoms neutres qui ont surv\u00e9cu (ceci, cela, \u00e7a, que interrogatif, quoi) connotent bien le registre des objets et autres \u00eatres inanim\u00e9s (que vois-tu? \/qui vois-tu?), mais ils ne peuvent plus s\u2019accorder qu\u2019avec des mots f\u00e9minins ou masculins (c\u2019est ma s\u0153ur, c\u2019est mon soulier, c\u2019est urgent).<\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\">\u00c0 la Renaissance, la mise au point de l\u2019imprimerie a entrain\u00e9 l\u2019essor de la r\u00e9flexion sur les langues vernaculaires. Les grammairiens qui commencent \u00e0 d\u00e9crire la langue fran\u00e7aise n\u2019y voient aucun neutre. En revanche, ils suivent parfois les grammairiens de l\u2019Antiquit\u00e9, qui identifiaient d\u2019autres genres dans le grec et le latin.<\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\">Comme Colette Demaizi\u00e8re le rappelle, Sylvius (1531), Meurier (1557) et Ramus (1562) pensent qu\u2019il y a deux genres, mais Cauchie en identifie quatre en 1570 (masculin, f\u00e9minin, commun et \u00e9pic\u00e8ne), et trois seulement en 1586 (l\u2019\u00e9pic\u00e8ne a disparu). Bosquet (1586) est sur cette derni\u00e8re ligne. Le genre <i>commun<\/i> d\u00e9signe pour eux les termes \u00absans marque, soit parce que le mot, adjectif, a les deux valeurs, ex.: affable, soit parce que c\u2019est un nom valable pour les deux genres, ex.: un h\u00e9ron\u00bb (Colette Demaizi\u00e8re, <i>La Grammaire fran\u00e7aise au XVIe si\u00e8cle: les grammairiens picards<\/i>, 1983, th\u00e8se, p.653).<\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;\">La description des langues souffre alors de trois maux principaux\u00a0: les outils d\u2019analyse sont extr\u00eamement sommaires; les grammairiens sont influenc\u00e9s par les concepts forg\u00e9s pour les langues antiques (notamment le latin dont ils ont une pratique assidue), qui sont difficilement applicables aux langues vernaculaires; et l\u2019id\u00e9ologie vient constamment influencer la pens\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;\">La citation ci-dessous montre que l\u2019auteur 1) tente de d\u00e9crire la diff\u00e9rence entre les finales masculines des noms ou des adjectifs, qui en fran\u00e7ais sont le plus souvent vocaliques (meuni\u00e9, heureu, cousin) et leurs correspondantes f\u00e9minines, qui sont le plus souvent consonantiques (meuni\u00e8r, heureuz, cousin\u2019); 2) passe sans crier gare des finales \u00e0 l\u2019\u00abindice\u00bb des noms, c\u2019est-\u00e0-dire leur article (le, la); 3) d\u00e9crit les sons d\u2019apr\u00e8s les impressions qu\u2019ils lui sugg\u00e8rent \u00e0 travers l\u2019id\u00e9ologie sexiste; 4) m\u00e9lange genre et sexe, l\u2019id\u00e9e de femme l\u2019entrainant vers celle de sexe (Qu\u2019est-ce de masculin genre? [\u2026] Qu\u2019est-ce de Feminin sexe?)<\/span><\/p>\n<div class=\"corpsTexte\">&#8211; <strong>1586 <\/strong>: \u00ab\u00a0Combien de genre avons-nous en nostre langue\u00a0? Trois sans plus\u00a0; masculin, feminin et commun. Qu\u2019est-ce de masculin genre\u00a0? C\u2019est un accent, qui rend ordinairement un son viril et parfait\u00a0; le plus appartenant \u00e0 l\u2019homme, ou \u00e0 chose \u00e0 luy convenante, et est son principal, et droit indice-le. [&#8230;]\u00a0Qu\u2019est-ce de Feminin sexe\u00a0? Une voix, quy rend communement la derniere sillabe ou cl\u00f4ture d\u2019une diction imparfaite et effemin\u00e9e\u00a0; le plus appartenante \u00e0 la femme, ou \u00e0 chose \u00e0 elle convenable\u00a0; et est son indice premier et principal-la.\u00a0\u00bb<\/div>\n<div class=\"corpsTexte\">Jean Bosquet,\u00a0<em>Elemens ou institutions de la langue fran\u00e7aise<\/em> (Slatkine reprints, 1972),\u00ab\u00a0Des genres ou sexes\u00a0\u00bb, p.\u00a046-48.<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;\">\u00a0<\/span><\/div>\n<ul>\n<li>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><strong>Genre des mots :\u00a0les interventions sur la langue<\/strong><\/span><\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;\">Au XVe et XVIe si\u00e8cle, l\u2019un des \u00e9l\u00e9ments qui perturbent la r\u00e9flexion sur la langue fran\u00e7aise (men\u00e9e par des hommes de culture masculiniste) est la pr\u00e9sence de nombreuses femmes au pouvoir dans la zone francophone, pour lesquelles ils travaillent de pr\u00e8s ou de loin. On doit aux plus proches de ces femmes la cr\u00e9ation de nombreux mots, par d\u00e9rivation savante, c\u2019est-\u00e0-dire forg\u00e9s directement \u00e0 partir du latin, notamment les substantifs en -trice (autrice, de auctrix). Ils refont \u00e9galement de vieux mots dans le m\u00eame esprit (emperi\u00e8re est refait en imp\u00e9ratrice).<br \/>La langue est aussi influenc\u00e9e par l\u2019importance croissante des femmes \u00e0 la cour de France durant tout le XVIe si\u00e8cle, qui voit s\u2019amplifier un mouvement amorc\u00e9 dans les cours r\u00e9gionales au si\u00e8cle pr\u00e9c\u00e9dent. Charg\u00e9es de l\u2019animation de la cour, elles se saisissent des nouveaux mots f\u00e9minins, elles r\u00e9animent le pronom <em>elles<\/em> que les clercs \u00e9taient en passe de faire disparaitre (cf. Villon dans la<em> Ballade des dames du temps jadis<\/em>: \u00ab\u00a0O\u00f9 sont <strong>ils<\/strong>, Vierge souveraine\u00a0?\u00a0\u00bb), elles acclimatent le pronom attribut<em> la<\/em> (\u00ab\u00a0je suis veuve et je <strong>la<\/strong> resterai\u00a0\u00bb). Par ailleurs, certaines de ces femmes, ainsi que d\u2019autres, issues de la bourgeoisie intellectuelle, tiennent salon, \u00e9crivent, font publier leurs \u0153uvres. Elles commencent ainsi \u00e0 investir la parole publique, un territoire pens\u00e9 par la plupart des lettr\u00e9s comme leur chasse-gard\u00e9e.<br \/>Au XVIIe si\u00e8cle, et surtout \u00e0 partir de son milieu, la tendance s\u2019inverse en partie, avec la disparition des femmes au pouvoir apr\u00e8s Anne d\u2019Autriche (\u20201666) et la cr\u00e9ation de l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise par Richelieu (1635), exclusivement compos\u00e9e d\u2019hommes de l\u2019\u00e9lite. Officiellement charg\u00e9e de rendre la langue capable de tout exprimer, elle va surtout la normer (dans l\u2019esprit des jardins \u00e0 la fran\u00e7aise), la complexifier (pour permettre aux \u00e9lites de se distinguer) et la \u00abpurifier\u00bb (des r\u00e9gionalismes, des cr\u00e9ations de la Pl\u00e9iade, des traces de l\u2019influence des femmes). Les femmes de la cour demeurent n\u00e9anmoins puissantes, les salons se multiplient, et certaines autrices remportent d\u2019immenses succ\u00e8s de librairie. <br \/>La r\u00e9flexion sur les genres, constamment parasit\u00e9e par celle des relations entre les sexes et l\u2019agacement des hommes de lettres face \u00e0 l\u2019avanc\u00e9e des femmes, pousse les grammairiens masculinistes \u00e0 intervenir dans le domaine des noms communs de personne, notamment pour faire disparaitre ceux qui d\u00e9signent les activit\u00e9s qu\u2019ils jugent propres \u00e0 leur sexe\u00a0: la pens\u00e9e, le jugement, la cr\u00e9ation, le savoir (voir, dans la rubrique des <a href=\"http:\/\/siefar.org\/la-guerre-des-mots\/les-mots-de-a-a-z\/\">noms de A \u00e0 Z<\/a>, les mots <em>autrice, m\u00e9decine, peintresse, po\u00e9tesse<\/em>). Ces mots sont condamn\u00e9s dans les ouvrages sur la langue et les grammaires, et ils ne sont pas mentionn\u00e9s dans les dictionnaires de langue, notamment celui de l\u2019Acad\u00e9mie (dont le premier parait en 1694). Mais ils continuent d\u2019\u00eatre utilis\u00e9s par les locuteurs et locutrices.<br \/>\u00c0 c\u00f4t\u00e9 des noms communs de personne, une attention toute particuli\u00e8re est donn\u00e9e au pronom attribut <em>la<\/em>, qui s\u2019\u00e9tait install\u00e9<br \/>\ndans les usages, et que les grammairiens du \u00abgrand si\u00e8cle\u00bb veulent absolument \u00e9radiquer (voir la rubrique <a href=\"http:\/\/siefar.org\/la-guerre-des-mots\/les-accords\/\">Accords: accord du pronom personnel attribut<\/a>). On observe aussi que les lettr\u00e9s les moins influenc\u00e9s par la cour continuent d\u2019utiliser des pronoms masculins pour parler des femmes, comme le montrent les citations suivantes.<\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\">\n<div class=\"corpsTexte\">&#8211; <strong>1700<\/strong> : \u00ab\u00a0La Damoiselle Gabrielle Suchon nous a present\u00e9 des Lettres de Privilege a <strong>luy<\/strong> accord\u00e9 par sa Majest\u00e9 pour l\u2019impression d\u2019un livre intitul\u00e9 <em>Le Celibat volontaire <\/em>pendant le tems de dix ann\u00e9es. Donn\u00e9 a Paris le 12me d\u00e9cembre 1698 sign\u00e9 Bouchon et scell\u00e9 Registr\u00e9 conform\u00e9ment aux Reglemens.\u00a0\u00bb<\/div>\n<div class=\"corpsTexte\">Enregistrement syndical (manuscrit) du privil\u00e8ge <em>Du Celibat volontaire, ou La vie sans engagement<\/em>, Par Damoiselle Gabrielle Suchon, Archives de la Chambre syndicale de la Librairie et Imprimerie de Paris, aux XVIIe et XVIIIe si\u00e8cles. Registre des privil\u00e8ges accord\u00e9s aux auteurs et libraires, 1653-1790. IV Ann\u00e9es 1688-1700, verso du folio 155.<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"corpsTexte\">\u00a0<\/div>\n<div class=\"corpsTexte\">\n<div class=\"corpsTexte\">&#8211; <strong>1730<\/strong> : \u00ab\u00a0LOUIS, par la gr\u00e2ce de Dieu, roi de France &amp; de Navarre\u00a0: \u00c0 nos aim\u00e9s &amp; f\u00e9aux conseillers [\u2026], Salut. La Veuve de PIERRE RIBOU, libraire \u00e0 Paris, Nous ayant fait remontrer qu\u2019<strong>il<\/strong> souhaiterait faire r\u00e9imprimer les <em>Voyages de Tavernier, avec sa Relation du S\u00e9rail\u00a0<\/em>; mais comme<strong> il<\/strong> ne put les faire r\u00e9imprimer sans s\u2019engager \u00e0 de tr\u00e8s grands frais, <strong>il<\/strong> Nous a tr\u00e8s humblement fait supplier de vouloir bien, pour l\u2019en d\u00e9dommager, lui accorder nos Lettres de Privil\u00e8ge [\u2026].\u00a0\u00bb<br \/>Privil\u00e8ge pour <em>Brutus<\/em> de Catherine Bernard<\/div>\n<div class=\"corpsTexte\">\u00a0<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\">Cet activisme ne se limite pas aux noms de personne et aux pronoms personnels. Il va jusqu\u2019\u00e0 vouloir r\u00e9genter le genre des noms d\u2019inanim\u00e9s (qui est arbitraire, contrairement \u00e0 celui des personnes, motiv\u00e9 par le sexe qu\u2019on leur attribue). Parfois, il s\u2019agit de faire passer un nom d\u2019un genre dans l\u2019autre, en fonction de crit\u00e8res qu\u2019on devine id\u00e9ologiques mais \u00e0 partir d\u2019observations erron\u00e9es (le mot com\u00e8te est d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 f\u00e9minin \u2013 sans doute parce qu\u2019il se termine par un e \u2013 alors qu\u2019il \u00e9tait masculin en latin\u00a0; le mot sphinx est d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 masculin, alors qu\u2019il \u00e9tait auparavant f\u00e9minin). D\u2019autres fois, il s\u2019agit de fixer dans un genre des termes qui \u00e9taient employ\u00e9s au f\u00e9minin et au masculin (beaucoup de \u00ab\u00a0remarqueurs\u00a0\u00bb consacrent de longues pages \u00e0 ces \u00ab\u00a0doutes\u00a0\u00bb). Les usages r\u00e9sistants, de nouveaux doutes s\u2019ajouteront aux anciens, et certains termes resteront au milieu du chemin\u00a0: f\u00e9minin dans un cas, masculin dans l\u2019autre, selon la place, le nombre, etc.<br \/>Dans la citation suivante, extraite d\u2019un livre qui se pr\u00e9sente comme un dialogue entre un grammairien et un homme d\u00e9sirant s\u2019instruire, l\u2019auteur condamne fermement le pronom <em>la<\/em>, commen\u00e7ant par affirmer qu\u2019il n\u2019est jamais employ\u00e9. Sachant que la r\u00e9alit\u00e9 lui donne tort, il met en sc\u00e8ne la surprise de son interlocuteur, avant de lui r\u00e9pondre. Son incapacit\u00e9 \u00e0 justifier la condamnation du pronom se marque 1) par la confusion de son explication, 2) par une charge contre les femmes en g\u00e9n\u00e9ral (\u00ab\u00a0le Sexe\u00a0\u00bb), qui seraient trop fi\u00e8res d\u2019elles (elles sont \u00ab\u00a0jalouses de leur genre\u00a0\u00bb) et voudraient modifier le genre de certains termes \u2013 en r\u00e9alit\u00e9\u00a0: intervenir dans le d\u00e9bat entre lettr\u00e9s et d\u2019appuyer certaines options (quand elles s\u2019imaginent avoir raison), 3) par le point final mis au d\u00e9bat de la discussion, . Cette attaque s\u2019inscrit dans la critique des \u00ab\u00a0pr\u00e9cieuses\u00a0\u00bb, connues pour discuter de la langue.<\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/div>\n<div class=\"corpsTexte\">\n<p align=\"JUSTIFY\">\u2013 <span style=\"font-family: Arial, serif;\"><b>1690<\/b><\/span><span style=\"font-family: Arial, serif;\"> : <\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial, serif;\">\u00ab\u00a0B. \u2014 (Le) se trouve devant le Verbe Etre; mais (la) ni (les) ne s\u2019y trouvent jamais. <\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial, serif;\">C. \u2014 La Raison\u00a0? <\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial, serif;\">B. \u2014 Parce que la Reponse se fait en General &amp; non en Particulier, comme\u00a0: Etes vous celle ou celles que nous cherchons\u00a0? L\u2019on r\u00e9pondra tres-bien, je le suis, ou nous le sommes &amp; jamais je la suis, ni nous les sommes\u00a0? car on entend par cela, je suis ou Nous sommes ce que Vous desirez de s\u00e7avoir. <\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial, serif;\">C. \u2014 Je pense neanmoins de l\u2019avoir ou\u00ef dire. <\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial, serif;\">B. \u2014 Cela se peut car l<\/span><span style=\"font-family: Arial, serif;\">e <\/span><span style=\"font-family: Arial, serif;\"><i>sexe<\/i><\/span><span style=\"font-family: Arial, serif;\"> \u00e9tant jaloux de son genre, se sert du <\/span><span style=\"font-family: Arial, serif;\"><i>feminin<\/i><\/span><span style=\"font-family: Arial, serif;\"> en toutes les occasions o\u00f9 il pense avoir quelque peu de raison, com<\/span><span style=\"font-family: Arial, serif;\">me: en<\/span> <span style=\"font-family: Arial, serif;\"><i>Ouvrage<\/i><\/span><span style=\"font-family: Arial, serif;\">, <\/span><span style=\"font-family: Arial, serif;\"><i>Amour <\/i><\/span><span style=\"font-family: Arial, serif;\">etc. qu\u2019il fait f\u00e9minin, quoi qu\u2019ils soient <\/span><span style=\"font-family: Arial, serif;\"><i>Masculin<\/i><\/span><span style=\"font-family: Arial, serif;\"><i>s\u00a0<\/i><\/span><span style=\"font-family: Arial, serif;\">\u00bb<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial, serif;\">Fran\u00e7ois de Fenne, <\/span><span style=\"font-family: Arial, serif;\"><i>Entretiens familiers pour les Amateurs de la langue fran<\/i><\/span><span style=\"font-family: Arial, serif;\"><i>\u00e7ois<\/i><\/span><span style=\"font-family: Arial, serif;\"><i>e<\/i><\/span><span style=\"font-family: Arial, serif;\">, Leyde, chez Corneille Boutesteyn <\/span><span style=\"font-family: Arial, serif;\">(Slatkine reprints, 1973)<\/span><span style=\"font-family: Arial, serif;\">, Entretien IX, <\/span><span style=\"font-family: Arial, serif;\">p.44-45.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial, serif;\">En l\u2019occurrence, <\/span><span style=\"font-family: Arial, serif;\"><i>amour<\/i><\/span><span style=\"font-family: Arial, serif;\"> est encore massivement f\u00e9minin \u00e0 cette \u00e9poque (cf. Racine<i>\u00a0<\/i>: \u00ab<i>\u00a0<\/i>Je plains mille vertus, une amour mutuelle,\/ Sa piti\u00e9 pour moi, ma tendresse pour elle<i>\u00a0<\/i>\u00bb, <\/span><span style=\"font-family: Arial, serif;\"><i>Iphig\u00e9nie<\/i><\/span><span style=\"font-family: Arial, serif;\"> I,1). <\/span><span style=\"font-family: Arial, serif;\"><i>Ouvrage<\/i><\/span><span style=\"font-family: Arial, serif;\"> au f\u00e9minin sera condamn\u00e9 avec des connotations sexistes et classistes jusqu\u2019\u00e0 la fin du XXe si\u00e8cle (Paul Dupr\u00e9, <\/span><span style=\"font-family: Arial, serif;\"><i>L\u2019Encyclop\u00e9die du bon fran\u00e7ais<\/i><\/span><span style=\"font-family: Arial, serif;\">\u2026, 1972<i>\u00a0<\/i>: \u00ab<i>\u00a0<\/i>Dans le langage populaire ou plaisamment, on le met au f\u00e9minin<i>\u00a0<\/i>\u00bb).<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;\">\u00a0<\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;\">\u00a0<\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;\">\u00a0<\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: ar\nial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;\">\u00a0<\/span><\/div>\n<div class=\"corpsTexte\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;\">\u00a0<\/span><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Contributrices de cette rubrique: Aurore Evain, Edwige Keller-Rahb\u00e9, Eliane Viennot. \u00a0 Genre des mots : th\u00e9ories et difficult\u00e9s Comme la plupart des langues romanes, le fran\u00e7ais ne connait plus que deux genres: le f\u00e9minin et le masculin. 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