{"id":2764,"date":"2026-04-14T11:00:54","date_gmt":"2026-04-14T09:00:54","guid":{"rendered":"http:\/\/15"},"modified":"2026-04-14T11:55:28","modified_gmt":"2026-04-14T09:55:28","slug":"laureat-e-s-de-la-bourse","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/siefar.org\/gb\/la-siefar\/laureat-e-s-de-la-bourse\/","title":{"rendered":"Femmage aux fondatrices"},"content":{"rendered":"<div class=\"siefar-visages\">\n<h2>Visages de la SIEFAR<\/h2>\n<p><em>Femmage aux fondatrices, \u00e0 l\u2019occasion des 25 ans de la Soci\u00e9t\u00e9 Internationale pour l\u2019\u00c9tude des Femmes de l\u2019Ancien R\u00e9gime<\/em><\/p>\n<h3>\u00c9liane Viennot\u00a0: Des femmes, des \u0153uvres, des mots<\/h3>\n<p>La SIEFAR est cr\u00e9\u00e9e le 14 octobre 2000, apr\u00e8s 8 mois de discussions et 2 r\u00e9unions pr\u00e9paratoires.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019origine de cette mobilisation in\u00e9dite de chercheuses internationales autour de la question des femmes de l\u2019Ancien R\u00e9gime, un appel d\u2019\u00c9liane Viennot, de Dani\u00e8le Haase-Dubosc, de Nicole Pellegrin \u2013 entre autres. L\u2019inspiration est venue d\u2019Am\u00e9rique du Nord, o\u00f9 s\u2019est tenue une s\u00e9rie de colloques sur les \u00ab\u00a0femmes \u00e9crivains de l\u2019Ancien R\u00e9gime\u00a0\u00bb (Waterloo, Montr\u00e9al, Saint-Louis, Charlottesville), o\u00f9 plusieurs fondatrices s\u2019\u00e9taient retrouv\u00e9es.<\/p>\n<p>Forte de sa r\u00e9cente nomination au poste de professeuse \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Jean Monnet, \u00e0 Saint-Etienne, la chercheuse propose de combler \u00ab\u00a0le vide intersid\u00e9ral\u00a0\u00bb des \u00e9tudes sur les femmes de l\u2019Ancien R\u00e9gime en France. Les premi\u00e8res discussions sont houleuses ; il y a des d\u00e9saccords sur la n\u00e9cessit\u00e9 de fonder une association, sur son nom. Et puis tr\u00e8s vite, des soutiens (Michel Simonin, \u00e0 la t\u00eate de Folio classique) et des ralliements (du Canada, des \u00c9tats-Unis, de France).<\/p>\n<p>\u00c9liane Viennot assure la pr\u00e9sidence de la SIEFAR pendant 9 ans, supervisant la mise en place des outils num\u00e9riques, le chantier du Dictionnaire, le r\u00e9pertoire des sp\u00e9cialistes. La SIEFAR affirme d\u2019embl\u00e9e son caract\u00e8re international. L\u2019engagement des coll\u00e8gues \u00e9tats-uniennes exer\u00e7ant en France (Dani\u00e8le Haase Dubosc, Henriette Goldwyn) est d\u00e9cisif, notamment pour le soutien logistique et financier. Celui d\u2019Aurore Evain \u00e9galement, qui assume l\u2019actualisation du site et cr\u00e9e la rubrique \u00ab\u00a0la guerre des mots\u00a0\u00bb. Quoique les litt\u00e9raires soient d\u2019embl\u00e9e surnum\u00e9raires, la pluridisciplinarit\u00e9 est encourag\u00e9e. L\u2019histoire de l\u2019art est bien repr\u00e9sent\u00e9e (Kathleen Wilson-Chevalier, Fr\u00e9d\u00e9rique Villemur).<\/p>\n<p>Les colloques organis\u00e9s par la SIEFAR et les publications auxquelles ils donnent lieu contribuent \u00e0 imposer l\u2019existence du matrimoine. Le \u00ab\u00a0vivier de la SIEFAR\u00a0\u00bb alimente \u00e9galement la cr\u00e9ation de deux collections porteuses aux Presses Universitaires de Saint-Etienne, \u00ab\u00a0la cit\u00e9 des dames\u00a0\u00bb (textes) et \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9cole du genre\u00a0\u00bb (\u00e9tudes). L\u2019assise \u00e9conomique est assur\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019obtention par \u00c9liane Viennot de subventions cons\u00e9cutives \u00e0 sa nomination \u00e0 l\u2019Institut Universitaire de France.<\/p>\n<p>Il fallait \u00ab\u00a0crever le plafond de verre de l\u2019universit\u00e9 fran\u00e7aise\u00a0\u00bb, rallier les institutions, procurer des \u00e9ditions et des outils, montrer que les femmes avaient \u00e9t\u00e9 de vraies agentes de la vie culturelle d\u2019Ancien R\u00e9gime. Il fallait aussi \u00ab\u00a0gagner la bataille du langage\u00a0\u00bb, r\u00e9introduire les mots condamn\u00e9s, les querelles autour d\u2019eux. 25 ans plus tard, c\u2019est chose faite\u00a0: \u00ab\u00a0nous sommes suivies, par la jeunesse, les linguistes, les m\u00e9dias\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><em>D\u2019apr\u00e8s un entretien avec Nathalie Freidel, 9 d\u00e9cembre 2024.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<h3>Nicole Pellegrin\u00a0: la m\u00e8re du Dictionnaire<\/h3>\n<p>Au commencement elles \u00e9taient trois\u00a0: une litt\u00e9raire (\u00c9liane Viennot), une historienne de l\u2019art (Kathleen Wilson-Chevalier) et une historienne du social (Nicole Pellegrin). Elles avaient milit\u00e9 pour les droits des femmes, elles avaient fr\u00e9quent\u00e9 les universit\u00e9s am\u00e9ricaines et leurs d\u00e9partements de Women Studies. Il fallait faire quelque chose en France, construire un lieu \u00e0 elles o\u00f9 les femmes seraient visibilis\u00e9es\u00a0\u00e0 nouveau (certaines le furent bien avant la R\u00e9volution gr\u00e2ce \u00e0 la publication de nombreux ouvrages consacr\u00e9s aux \u00ab\u00a0Illustres\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p>Tr\u00e8s vite \u00e9merge l\u2019id\u00e9e de republier en ligne des dictionnaires anciens comme celui de Fortun\u00e9e Briquet qui, en 1804, aligne pr\u00e8s de 570 notices bio-bibliographiques de femmes francophones c\u00e9l\u00e8bres pour leurs \u00e9crits. \u00c9merge en parall\u00e8le la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un ouvrage prosopographique de type nouveau, tout \u00e0 la fois \u00e9rudit et attrayant, qui ferait conna\u00eetre des personnalit\u00e9s singuli\u00e8res, leurs communaut\u00e9s d\u2019appartenance et leur r\u00e9putation toujours mouvante dans le temps. Le Dictionnaire de la SIEFAR est cr\u00e9\u00e9 en m\u00eame temps que Wikip\u00e9dia. Mais l\u2019id\u00e9e n\u2019est pas de produire une \u00e9ni\u00e8me encyclop\u00e9die des femmes. Pour Nicole Pellegrin, il s\u2019agit de rendre visibles les plus invisibles des invisibles\u00a0: les subalternes (blanchisseuses, \u00e9meuti\u00e8res, gouvernantes de cur\u00e9s, marchandes) et, aussi et surtout, les religieuses, femmes qui ont produit tous azimuts une surabondance d\u2019\u00e9crits oubli\u00e9s et furent aussi de grandes femmes d\u2019affaires, des artistes, des directrices spirituelles, etc.<\/p>\n<p>Le cahier des charges des r\u00e9dacteurices de notices est tr\u00e8s strict. En 4500 caract\u00e8res, on attend les \u00e9l\u00e9ments biographiques essentiels, mais aussi une d\u00e9finition sociologique et les jugements de la post\u00e9rit\u00e9. C\u2019est ce qui rend le Dictionnaire \u00ab\u00a0irrempla\u00e7able et unique\u00a0\u00bb. Au c\u0153ur de la mission de la SIEFAR, il faut r\u00e9parer \u00ab\u00a0l\u2019oubli d\u2019une longue histoire des femmes\u00a0\u00bb en privil\u00e9giant leur constante agentivit\u00e9 dans tous les domaines. Le r\u00eave de Nicole Pellegrin, qui a r\u00e9dig\u00e9 25 notices pour le Dictionnaire\u00a0: \u00ab\u00a0regarder le monde des femmes autrement qu\u2019\u00e0 travers les binocles des Grandes\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p><em>D\u2019apr\u00e8s un entretien avec Nathalie Freidel, 11 d\u00e9cembre 2024.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<h3>Martine Reid\u00a0: Visibilit\u00e9 des femmes<\/h3>\n<p>Martine Reid a assur\u00e9 la pr\u00e9sidence de la SIEFAR pendant un an apr\u00e8s le d\u00e9part d\u2019\u00c9liane Viennot. \u00c0 la m\u00eame p\u00e9riode, elle dirige la collection \u00ab\u00a0Femmes de Lettres\u00a0\u00bb (Folio classique) pour laquelle elle \u00e9dite une vingtaine d\u2019\u0153uvres de femmes.<\/p>\n<p>Avec un doctorat de l\u2019universit\u00e9 de Yale et son exp\u00e9rience d\u2019enseignement aux Etats-Unis, Martine Reid est sensible \u00e0 la dimension internationale de la SIEFAR et \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de rendre hommage aux travaux pionniers des Am\u00e9ricaines et de dialoguer avec la recherche hors-fronti\u00e8res.<\/p>\n<p>Dans le champ fran\u00e7ais, la SIEFAR \u00e9tait un lieu, unique en son genre, o\u00f9 l\u2019on parlait s\u00e9rieusement et scientifiquement des productions des femmes.<\/p>\n<p>Martine Reid souligne la dimension coll\u00e9giale et collaborative de la soci\u00e9t\u00e9, la volont\u00e9 de constituer un savoir commun.<\/p>\n<p><em>D\u2019apr\u00e8s un entretien avec Nathalie Freidel, 9 d\u00e9cembre 2024.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<h3>Henriette Goldwyn\u00a0: Les \u00ab\u00a0m\u00e8res nourrici\u00e8res\u00a0\u00bb de la SIEFAR<\/h3>\n<p>Professeure \u00e9m\u00e9rite \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de New-York (NYU), Henriette Goldwyn a \u00e9t\u00e9 vice-pr\u00e9sidente de la SIEFAR de 2000 \u00e0 2009. Elle a rencontr\u00e9 \u00c9liane Viennot par l\u2019interm\u00e9diaire de Dani\u00e8le Haase-Dubosc (Columbia University). La SIEFAR \u00e0 ses d\u00e9buts pouvait compter sur cette double antenne New-Yorkaise. <\/p>\n<p>Tr\u00e8s investie dans la \u00ab\u00a0mission\u00a0\u00bb du Dictionnaire des Femmes de l\u2019Ancien R\u00e9gime, Henriette Goldwyn obtient une subvention de 20 000$ aupr\u00e8s de la fondation Gould, qui contribue \u00e0 financer la mise en ligne des notices. Les cotisations des membres sont alors loin de subvenir aux besoins financiers de la jeune soci\u00e9t\u00e9. <\/p>\n<p>En 2000-2001, un s\u00e9jour parisien \u00e0 la direction de NYU Paris lui permet de se joindre au club des 5 (Viennot, Pellegrin, Wilson-Chevalier, Evain, Goldwyn) qui se r\u00e9unit un samedi par mois (les samedis de la SIEFAR comme au temps de Scud\u00e9ry) pour travailler \u00e0 la grande \u0153uvre du dictionnaire. Travail titanesque mais joyeux et coll\u00e9gial qui g\u00e9n\u00e8re une longue collaboration extr\u00eamement fructueuse non seulement avec des litt\u00e9raires mais \u00e9galement avec des historiennes et des historiennes de l\u2019art.<\/p>\n<p>Le projet \u00ab\u00a0Th\u00e9\u00e2tre de femmes de l\u2019Ancien R\u00e9gime\u00a0\u00bb na\u00eet donc dans ce contexte, port\u00e9 par le trio form\u00e9 par Henriette Goldwyn, Aurore Evain et Perry Gethner. Henriette Goldwyn, qui a beaucoup enseign\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre, s\u2019\u00e9merveille du succ\u00e8s rencontr\u00e9 aupr\u00e8s des \u00e9tudiants de NYU par des \u0153uvres sauv\u00e9es de l\u2019oubli, comme <em>La n\u00e9cessit\u00e9 du divorce<\/em>, d\u2019Olympe de Gouges, ou <em>L\u2019engouement et la Mode<\/em>, de Marguerite de Staal-Delaunay. Gr\u00e2ce \u00e0 \u00c9liane Viennot, les trois premiers tomes sont publi\u00e9s aux presses universitaires de Saint-Etienne.<\/p>\n<p>En 2007, les \u00e9tudiants de la TISCH School of the Arts montent Le favori de Mme de Villedieu. En outre, une repr\u00e9sentation de cette pi\u00e8ce par la Subversive, la compagnie d\u2019Aurore Evain, a lieu \u00e0 NYU Paris en 2011.<\/p>\n<p>D\u00e9sireux de faire rayonner la richesse de ce th\u00e9\u00e2tre m\u00e9connu, Christian Biet, ancien coll\u00e8gue, homme de th\u00e9\u00e2tre et fervent partisan de la SIEFAR, offre de republier tous les tomes de l\u2019anthologie par les \u00e9ditions Classiques Garnier. H\u00e9ritage important pour les g\u00e9n\u00e9rations futures, ces publications rendent accessibles les pi\u00e8ces et favorisent leur enseignement.  <\/p>\n<p><em>D\u2019apr\u00e8s un entretien avec Nathalie Freidel, 24 f\u00e9vrier 2025<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<h3>Marie-Elisabeth Henneau\u00a0: une prise de conscience<\/h3>\n<p>Marie-Elisabeth Henneau, en poste \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Li\u00e8ge, est recrut\u00e9e par Nicole Pellegrin \u00e0 l\u2019occasion du premier colloque marrain\u00e9 par la SIEFAR (Rennes, 2002). Elle int\u00e8gre aussit\u00f4t le comit\u00e9 de pilotage du Dictionnaire, dont elle fait toujours partie. Elle assure la pr\u00e9sidence de la soci\u00e9t\u00e9 de 2011 \u00e0 2015. Dans le sillage de la SIEFAR, le groupe \u00ab\u00a0Femmes, Enseignement, Recherche\u00a0\u00bb est fond\u00e9 \u00e0 Li\u00e8ge en 2001. <\/p>\n<p>Dans le monde francophone, le d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 correspond \u00e0 un moment de prise de conscience des enjeux de la question des femmes \u00e0 l\u2019universit\u00e9. La SIEFAR permettait de concilier militantisme et recherche scientifique, en s\u2019interrogeant notamment sur le statut des femmes dans les milieux de la recherche. <\/p>\n<p>M\u00eame si le socle de la SIEFAR demeurait la France, les \u00e9changes culturels, le brassage des langues \u00e9taient tr\u00e8s porteurs, cr\u00e9aient des synergies. Le colloque \u00ab\u00a0Ma\u00eetresses et favorites\u00a0\u00bb s\u2019est tenu \u00e0 Li\u00e8ge en 2012. <\/p>\n<p>Tr\u00e8s investie dans l\u2019entreprise sisyph\u00e9enne du Dictionnaire, Marie-Elisabeth exprime les doutes, raconte les crises, explique les dilemmes du comit\u00e9 de pilotage. La contrepartie de l\u2019exigence, c\u2019est la lenteur. \u00ab\u00a0Il y a encore tant \u00e0 faire\u00a0\u00bb. Pourtant, avec 3 \u00e0 4 r\u00e9unions annuelles et entre 20 et 25 notices publi\u00e9es chaque ann\u00e9e, on ne peut pas dire que les travailleuses du Dictionnaire aient ch\u00f4m\u00e9 ! Certaines notices ont pris des ann\u00e9es \u00e0 voir le jour \u2013 celle de S\u00e9vign\u00e9 m\u00e9riterait un feuilleton. Il faudrait des volumes pour rendre compte du travail acharn\u00e9 de relecture (et souvent de r\u00e9\u00e9criture), du casse-t\u00eate informatique, des questions iconographiques et de traduction, des r\u00e9ussites et des flops.<\/p>\n<p><em>D\u2019apr\u00e8s un entretien avec Nathalie Freidel, 13 d\u00e9cembre 2024.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<h3>Nathalie Grande\u00a0: un r\u00e9seau f\u00e9minin et f\u00e9ministe<\/h3>\n<p>Nathalie Grande est entr\u00e9e au CA de la SIEFAR en 2011 et a pr\u00e9sid\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 de 2015 \u00e0 2019.<\/p>\n<p>Elle a commenc\u00e9 par assainir les comptes et renflouer les caisses, ce qui a \u00e9t\u00e9 possible gr\u00e2ce au soutien de Dani\u00e8le Haase-Dubosc, qui a \u00e9t\u00e9 sa vice-pr\u00e9sidente, et lui a laiss\u00e9 le souvenir d\u2019une personnalit\u00e9 d\u2019exception.<\/p>\n<p>Pour assurer la p\u00e9rennit\u00e9 du site, elle a entrepris la migration du site internet vers son format WordPress actuel. Membre du CP du Dictionnaire, elle en a supervis\u00e9 les travaux en 2014, en plaidant pour une simplification du cahier des charges et un dialogue renforc\u00e9 avec les auteurs et autrices de notices.<\/p>\n<p>Avec diff\u00e9rent\u00b7e\u00b7s membres du CA, elle a co-organis\u00e9 quatre colloques de la SIEFAR\u00a0: \u00ab\u00a0Enfanter\u00a0: discours, pratiques et repr\u00e9sentations de l\u2019accouchement\u00a0\u00bb en 2014\u00a0; \u00ab\u00a0\u00catre Parisienne\u00a0: des femmes dans la ville\u00a0\u00bb en 2017, \u00ab\u00a0Femmes et m\u00e9c\u00e9nat en France de la fin du Moyen \u00c2ge \u00e0 la fin de l\u2019Ancien R\u00e9gime\u00a0\u00bb en 2018 et \u00ab\u00a0Femmes et Folie sous l\u2019Ancien R\u00e9gime\u00a0\u00bb en 2021.<\/p>\n<p>Nathalie Grande explique que la SIEFAR a repr\u00e9sent\u00e9 pour elle un espace o\u00f9 il \u00e9tait possible de revendiquer ouvertement une position f\u00e9ministe, d\u2019exprimer des convictions, un engagement, tout en restant dans un cadre savant. La force de la SIEFAR, c\u2019est que les chercheuses plus \u00e9tablies dans leur carri\u00e8re qui y viennent ne sont pas l\u00e0 pour faire leur auto-promotion mais pour travailler \u00e0 un objectif commun et pour accueillir de nouvelles recrues\u00a0: c\u2019est un lieu privil\u00e9gi\u00e9 pour rencontrer des personnes qui partagent non seulement le m\u00eame domaine scientifique, mais aussi les m\u00eames convictions.<\/p>\n<p><em>D\u2019apr\u00e8s un entretien avec Nathalie Freidel, 10 d\u00e9cembre 2024.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<h3>\u00c9velyne Berriot-Salvadore\u00a0: savoir qui fait quoi<\/h3>\n<p>La publication, en 1990 chez Droz, de l\u2019ouvrage tir\u00e9 de sa th\u00e8se, <em>Les femmes dans la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise de la Renaissance<\/em>, vaut \u00e0 \u00c9velyne Berriot-Salvadore une invitation \u00e0 participer aux colloques canadiens qui dans les ann\u00e9es 1990, eurent un impact sur l\u2019histoire de la SIEFAR avant la SIEFAR. \u00c0 l\u2019Universit\u00e9 de Waterloo en 1993, elle pr\u00e9sente une communication intitul\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0La probl\u00e9matique histoire des textes f\u00e9minins\u00a0\u00bb. Elle est de nouveau invit\u00e9e \u00e0 Montr\u00e9al en 1997 par Diane Desrosiers, qui la re\u00e7oit par la suite dans ses s\u00e9minaires. <\/p>\n<p>Membre de la premi\u00e8re heure d\u00e8s la fondation de la SIEFAR, elle soutient le projet du Dictionnaire et propose un projet ambitieux pour le site\u00a0: une fonctionnalit\u00e9 de stockage et de mise en commun des documents manuscrits. Pour avoir beaucoup travaill\u00e9 sur les livres de raison et les correspondances, elle est en effet particuli\u00e8rement sensible \u00e0 la question du difficile acc\u00e8s aux sources. <\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e, qu\u2019\u00c9velyne Berriot-Salvadore qualifie elle-m\u00eame d\u2019utopique, n\u2019est pas r\u00e9alis\u00e9e. Mais la chercheuse souligne l\u2019importance d\u2019une autre fonctionnalit\u00e9 du site de la SIEFAR\u00a0: le r\u00e9pertoire des membres et de leurs travaux. Enfin, on savait qui faisait quoi. Pour elle, une am\u00e9lioration notable du site consisterait \u00e0 permettre aux membres d\u2019actualiser eux-m\u00eames leurs bibliographies.<\/p>\n<p><em>D\u2019apr\u00e8s un entretien avec Nathalie Freidel, 4 juin 2025<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<h3>Kathleen Wilson-Chevalier\u00a0: un lien fort avec le domaine anglo-saxon<\/h3>\n<p>Dipl\u00f4m\u00e9e de Berkeley, historienne de l\u2019art, Kathleen Wilson-Chevalier obtient son doctorat \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Paris IV. La transition fut rude, du plus progressiste des campus am\u00e9ricains \u00e0 un syst\u00e8me bien moins ouvert sur l\u2019avenir. La rencontre avec \u00c9liane Viennot a lieu en 1995, avec une collaboration autour du colloque \u00ab\u00a0Royaume de F\u00e9mynie\u00a0\u00bb (publi\u00e9 chez Champion en 1999 et r\u00e9cemment r\u00e9\u00e9dit\u00e9 chez Classiques Garnier, en 2023). <\/p>\n<p>Kathleen Wilson-Chevalier est l\u00e0 aux tout d\u00e9buts de la SIEFAR, se souvient de la premi\u00e8re r\u00e9union \u00e0 l\u2019\u00c9cole des Chartes. Beaucoup avaient r\u00e9pondu \u00e0 l\u2019appel d\u2019\u00c9liane Viennot ; mais beaucoup ne sont jamais revenues. Bien des historiennes pr\u00e9f\u00e9raient travailler sur les femmes en catimini, sans se dire f\u00e9ministes. Kathleen Wilson-Chevalier y voit l\u2019h\u00e9ritage de la marginalisation des historiennes dans le syst\u00e8me fran\u00e7ais, mise en lumi\u00e8re par le livre de Bonnie Smith (<em>The Gender of History<\/em>, 1998). Pour elle, les travaux de la SIEFAR, o\u00f9 elle s\u2019engage de 2000 \u00e0 2008, devaient assurer une continuit\u00e9 avec les Early Women Studies initi\u00e9es vers la fin des ann\u00e9es -80, avec des travaux fondateurs comme ceux de Natalie Zemon-Davis. <\/p>\n<p>La pr\u00e9sence de Kathleen Wilson-Chevalier \u00e0 la SIEFAR compl\u00e9mentait la forte pr\u00e9sence intellectuelle des anglo-saxons et des coll\u00e8gues d\u2019outre-Atlantique\u00a0: Sheila ffolliott, Mary Garrard, Anne Prescott, Merry Wiesner-Hanks, Cathy Yandell et bien s\u00fbr, Dani\u00e8le Haase-Dubosc, Ann Larsen, Diane Desrosiers, Philip Ford, Henriette Goldwyn, Colette Winn, Hannah Fournier. <\/p>\n<p>En 2007, Kathleen Wilson-Chevalier publie, avec Eug\u00e9nie Pascal, les actes du colloque \u00ab\u00a0Patronnes et m\u00e9c\u00e8nes\u00a0\u00bb, devenus un ouvrage de r\u00e9f\u00e9rence. Pour elle, la SIEFAR a \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0une soci\u00e9t\u00e9 \u00e9claireuse\u00a0\u00bb, notamment dans sa volont\u00e9 d\u2019avoir une pr\u00e9sence en ligne, \u00e0 l\u2019\u00e9poque des tous d\u00e9buts d\u2019Internet.<\/p>\n<p><em>D\u2019apr\u00e8s un entretien avec Nathalie Freidel, 12 d\u00e9cembre 2024.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<h3>Isabelle Brouard-Arends\u00a0: \u00c7a n\u2019allait pas de soi<\/h3>\n<p>Isabelle Brouard-Arends \u00e9tait pr\u00e9sente aux tout d\u00e9buts de la SIEFAR. Elle souligne la gageure qui consistait \u00e0 travailler sur les femmes dans le contexte universitaire d\u2019alors. Le m\u00e9pris, le d\u00e9sint\u00e9r\u00eat, les obstacles. Si on voulait \u00ab\u00a0faire carri\u00e8re\u00a0\u00bb, il fallait se trouver un autre sujet. La reconnaissance a mis du temps \u00e0 venir. <\/p>\n<p>Elle a organis\u00e9 en 2002 \u00e0 Rennes (en terres s\u00e9vign\u00e9ennes) le premier colloque soutenu par la SIEFAR\u00a0: \u00ab\u00a0Lectrices de l\u2019Ancien R\u00e9gime\u00a0\u00bb, publi\u00e9 ensuite aux PUR (2003). Le contingent international, notamment nord-am\u00e9ricain, parmi les contributeurices (en majorit\u00e9 des femmes) est impressionnant.<\/p>\n<p> La dimension internationale de la SIEFAR est d\u2019embl\u00e9e une r\u00e9alit\u00e9. Ces renforts sont n\u00e9cessaires car la France est \u00e0 la tra\u00eene. Quand on travaillait sur les femmes, il ne fallait pas compter sur le soutien de son institution. Mais les \u00e9tudiant\u00b7es \u00e9taient au rdv et les cours \u00e9taient pleins. La SIEFAR a permis aux chercheuses de se sentir l\u00e9gitimes, et de se retrouver entre femmes, en attendant que les mentalit\u00e9s \u00e9voluent (lentement).<\/p>\n<p><em>D\u2019apr\u00e8s un entretien avec Nathalie Freidel, 11 d\u00e9cembre 2024.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<h3>Jean-Philippe Beaulieu\u00a0: la contribution canadienne<\/h3>\n<p>Jean-Philippe Beaulieu signale l\u2019importance des deux premiers colloques exclusivement consacr\u00e9s aux \u00e9crivaines d\u2019Ancien R\u00e9gime, qui se sont tenus au Canada dans les ann\u00e9es 1990\u00a0: Femmes et Textes sous l\u2019Ancien R\u00e9gime (Waterloo, 1993, organis\u00e9 par Hannah Fournier et Jean-Philippe Beaulieu) ; R\u00e9flexion et r\u00e9flexivit\u00e9 dans les textes des femmes sous l\u2019Ancien R\u00e9gime (Montr\u00e9al, 1997, organis\u00e9 par Diane Desrosiers et Jean-Philippe Beaulieu). \u00ab\u00a0En r\u00e9unissant des sp\u00e9cialistes qui travaillaient de mani\u00e8re isol\u00e9e et trop souvent marginale, [ces \u00e9v\u00e9nements] ont grandement contribu\u00e9 \u00e0 fa\u00e7onner le sentiment que c\u2019\u00e9tait l\u00e0 un champ d\u2019\u00e9tudes l\u00e9gitime et n\u00e9cessaire, auquel de plus en plus de gens s\u2019int\u00e9ressaient. La question de la cr\u00e9ation d\u2019une association \u0153uvrant dans ce sens a \u00e9t\u00e9 discut\u00e9e lors du colloque de 1997, auquel participaient notamment \u00c9liane Viennot et Nicole Pellegrin\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Un tel projet trouverait tout naturellement sa place outre-Atlantique ; si le mouvement avait \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 en bonne partie par les Canadien\u00b7nes, les ressources institutionnelles et les chercheur\u00b7es \u00e9taient en nombre insuffisant au Canada pour soutenir un tel effort. [\u2026] Peut-\u00eatre en raison de leur position entre Europe et Etats-Unis, les Canadien\u00b7nes semblent ainsi avoir jou\u00e9 un r\u00f4le de catalyseur et ont adh\u00e9r\u00e9 rapidement \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><em>D\u2019apr\u00e8s un t\u00e9moignage \u00e9crit, 23 d\u00e9cembre 2024.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<h3>Claude La Charit\u00e9\u00a0: un homme parmi les femmes<\/h3>\n<p>Alors qu\u2019il effectue un premier cycle \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 McGill, Claude La Charit\u00e9 b\u00e9n\u00e9ficie de l\u2019enseignement de Diane Desrosiers. La chercheuse a fond\u00e9 le Groupe d\u2019analyse et de recherche sur l\u2019\u00e9criture des femmes au XVIe si\u00e8cle (GARSE-XVI). <\/p>\n<p>En 2000, peu apr\u00e8s la fondation officielle de la SIEFAR, Claude La Charit\u00e9 soutient \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Paris-Sorbonne une th\u00e8se de Doctorat consacr\u00e9e \u00e0 <em>L\u2019Instruction pour les jeunes dames<\/em> (1572), de Marie de Romieu. Les d\u00e9bats sont houleux. On fait comprendre au jeune chercheur qu\u2019en passant de Rabelais \u00e0 Romieu, son royaume est tomb\u00e9 en quenouille. Il b\u00e9n\u00e9ficie n\u00e9anmoins de l\u2019appui d\u2019\u00c9liane Viennot, qui l\u2019invite \u00e0 rejoindre le CA de la SIEFAR. <\/p>\n<p>Il y sera, pendant trois ans, le seul homme parmi les femmes, alors qu\u2019il d\u00e9marre sa carri\u00e8re de professeur au Canada (au Manitoba puis \u00e0 Rimouski). Il assiste \u00e0 la mise en ligne du Dictionnaire et r\u00e9dige plusieurs notices, dont celle sur Marie de Romieu. <\/p>\n<p>En 2007, il organise \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Rimouski le colloque international \u00ab\u00a0Femmes, rh\u00e9torique et \u00e9loquence sous l\u2019Ancien R\u00e9gime\u00a0\u00bb, qui s\u2019inscrit dans le calendrier des colloques de la SIEFAR. \u00c9liane Viennot y prononce la conf\u00e9rence pl\u00e9ni\u00e8re. Le dialogue transatlantique a le vent en poupe.<\/p>\n<p><em>D\u2019apr\u00e8s un entretien avec Nathalie Freidel, 8 janvier 2025.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<h3>Aurore Evain\u00a0: un lieu \u00e0 soi<\/h3>\n<p>Aurore Evain arrive \u00e0 la SIEFAR en 2001, avec la \u00ab\u00a0premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration d\u2019\u00e9tudiantes\u00a0\u00bb (Sandrine Lely, Cathy McClive, Jean-Fran\u00e7ois Budin). En ce d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, \u00e9tudier les autrices de th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Ancien R\u00e9gime, c\u2019est se heurter \u00e0 l\u2019incompr\u00e9hension, quand ce n\u2019est pas l\u2019hostilit\u00e9 du milieu universitaire. L\u2019\u0153uvre de Catherine Bernard est encore attribu\u00e9e \u00e0 Fontenelle et on s\u2019en tient au verdict de Fumaroli, qui qualifie <em>Le Favori de Villedieu<\/em> de pi\u00e8ce (ou tragi-com\u00e9die) \u00ab\u00a0\u00e0 l\u2019eau de rose\u00a0\u00bb. Dans ces conditions, la SIEFAR repr\u00e9sente un lieu refuge, o\u00f9 travailler en paix, en groupe et en lien avec les chercheuses am\u00e9ricaines, qui ont ouvert la voie. <\/p>\n<p>Aurore Evain est salari\u00e9e par la SIEFAR pour alimenter le site Internet et publier la Newsletter de la soci\u00e9t\u00e9. Elle consid\u00e8re que ce travail \u00e9ditorial a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s formateur. Elle int\u00e8gre \u00e9galement le comit\u00e9 de pilotage du Dictionnaire, prenant en charge la section \u00ab\u00a0Arts du spectacle\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>En 2004, elle lance l\u2019affaire \u00ab\u00a0Autrice\u00a0\u00bb, \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un s\u00e9minaire dirig\u00e9 par \u00c9liane Viennot et Genevi\u00e8ve Sellier. C\u2019est le d\u00e9but d\u2019une longue aventure lexicologique, aujourd\u2019hui couronn\u00e9e de succ\u00e8s et dont on peut suivre les d\u00e9veloppements dans la rubrique \u00ab\u00a0La Guerre des mots\u00a0\u00bb, sur le site de la SIEFAR. <\/p>\n<p>De 2006 \u00e0 2011 paraissent, \u00e0 La Cit\u00e9 des Dames, les 3 tomes d\u2019une \u00e9dition-\u00e9v\u00e9nement\u00a0: Th\u00e9\u00e2tre de femmes de l\u2019Ancien R\u00e9gime \u2013 \u0153uvre du trio Aurore Evain, Henriette Goldwyn, Perry Gethner. Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019entremise de Christian Biet, une r\u00e9\u00e9dition para\u00eet en Classiques Garnier (4 tomes\u00a0: 2014-2016) et la version en livre de poche est parue en 2025. <\/p>\n<p>C\u2019est enfin gr\u00e2ce \u00e0 Aurore Evain que la SIEFAR s\u2019est ralli\u00e9e, bon gr\u00e9 mal gr\u00e9, \u00e0 la culture des r\u00e9seaux sociaux. Merci \u00e0 elle!<\/p>\n<p><em>D\u2019apr\u00e8s un entretien avec Nathalie Freidel, 3 f\u00e9vrier 2025<\/em><\/p>\n\n<div uk-grid class=\"uk-child-width-1-3\">\n\n            <div class='uk-text-center'>\n\n            \n            <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"834\" height=\"1194\" src=\"https:\/\/siefar.org\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/image.png\" class=\"attachment-full size-full\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/siefar.org\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/image.png 834w, https:\/\/siefar.org\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/image-210x300.png 210w, https:\/\/siefar.org\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/image-715x1024.png 715w, https:\/\/siefar.org\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/image-768x1100.png 768w\" sizes=\"(max-width: 834px) 100vw, 834px\" \/>\n            \n        <\/div>\n            <div class='uk-text-center'>\n\n            \n            <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"454\" height=\"690\" 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