Marie Rollet

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Marie Rollet
Conjoint(s) Louis Hébert
Guillaume Huboust
Biographie
Date de naissance 1588
Date de décès 1649
Notice(s) dans dictionnaire(s) ancien(s)


Notice de Julie Roy, 2004.

Marie Rollet naît à Paris en 1588, de parents inconnus. En 1602, elle épouse l'épicier et apothicaire Louis Hébert. Le couple a trois enfants: Anne (1602), Guillaume (1604) et Guillemette (1606). En 1604, Louis Hébert accompagne Samuel de Champlain et le sieur de Monts à Port-Royal en Acadie, où il séjourne de 1605 à 1607. La tentative d'établissement de colonie échoue. Louis Hébert et les colons rentrent en France. En 1610, une nouvelle expédition est organisée par Jean de Poutrincourt, lieutenant-général de l'Acadie. Mme de Poutrincourt (Claude Pajot) et Marie Rollet auraient accompagné leurs maris à Port-Royal. Elles sont considérées comme les deux premières Françaises à s'établir volontairement sur le sol canadien. En 1613, suite à l'attaque de Port-Royal par le sous-gouverneur des colonies anglaises, Samuel Argall, les colons sont forcés de rentrer en France. À Paris, Hébert revoit Samuel de Champlain, qui le persuade de retourner s'établir dans la vallée du Saint-Laurent, où il a fondé Québec en 1608. Les Hébert vendent leur maison de la rue de la Petite-Seine à Saint-Germain-des-Prés et s'embarquent avec leurs enfants à Honfleur le 11 avril 1617. Le navire accoste à Québec le 15 juillet suivant, après une traversée difficile. Contrairement à la plupart des voyageurs qui partent pour la Nouvelle-France, Hébert opte pour une vie sédentaire. Marie et son époux assurent les premiers leur subsistance en cultivant la terre. Leur fille aînée, Anne, et son mari Étienne Jonquest meurent peu de temps après leur mariage célébré à Québec en 1618. Leur autre fille Guillemette épouse Guillaume Couillard en 1621 et assurera la descendance de la famille. L'année suivante, Louis Hébert, devenu procureur du roi, laisse sa famille à Québec pour se rendre en France. À son retour en 1623, le duc de Ventadour, vice-roi de la colonie, anoblit la famille Rollet-Hébert, après lui avoir concédé le fief de Sault-au-Matelot, puis celui de Saint-Joseph en 1626. Louis Hébert meurt en 1627 après une chute sur la glace.

Le 16 mai 1629, Marie Rollet se remarie avec Guillaume Huboust, arrivé au Canada en 1627.

En juillet 1629, la prise de Québec par les frères Kirke, les pillages et les mauvaises récoltes provoquent le départ de la plupart des Français, à l'exception de la famille de Marie et d'une vingtaine de colons qui restent sur place malgré l'occupation anglaise. Lorsque la France reprend possession de la colonie en 1632, les jésuites reviennent en Nouvelle-France. Leur première messe est célébrée dans la maison de Marie Rollet qui, depuis son arrivée à Québec enseigne le catéchisme et le français aux jeunes Amérindiennes, notamment à celles qui seront envoyées en France en 1635 par les jésuites. Avec sa fille, elle assure également une formation de base aux petites Huronnes qui deviendront les premières élèves des ursulines de Québec en 1639. Parmi, celles-ci, Marie Manitouabe8ich contractera, en 1644, le premier mariage mixte en sol canadien. Marie Rollet, aïeule des premières familles implantées au Canada, meurt le 27 mars 1649. En 1691, sa lignée compte déjà plus de 200 descendants.

On réduit souvent le rôle de Marie Rollet à celui d'auxiliaire de son époux, même si elle lui survit plus de vingt ans. Les Relations des jésuites sont les premiers documents à tenir compte de son action en Nouvelle-France. Elle a en outre suscité l'attention des historiens à la fin du XIXe siècle comme mère de famille exemplaire, et celle, plus discrète, de Laure Conan qui publia en 1912 un roman historique consacré à Louis Hébert, premier colon du Canada. En 1917, à l'occasion du tricentenaire de l'arrivée de la famille Rollet-Hébert à Québec, la ville de Québec inaugura au parc Montmorency un monument de bronze, dû au sculpteur Alfred Laliberté, à la mémoire de cette famille de pionniers. Plus récemment, dans son roman Le premier jardin (Seuil, 1988), l'écrivaine Anne Hébert évoque cette figure légendaire de l'aïeule comparée à Ève. Peu de travaux ont été réalisés sur la vie et les oeuvres de cette femme courageuse du XVIIe siècle, qui a contribué à sédentariser les Français venus au Canada et favorisé la naissance d'une véritable colonie de peuplement sur les rives du Saint-Laurent.

Choix bibliographique

- Bouvet, Maurice, L'Apothicaire Louis Hébert, premier colon français du Canada, «Extrait de la Revue d'Histoire de la Pharmacie, no 143, décembre 1954», Cahors, Imprimerie A. Coueslant.
- Conan, Laure, Louis Hébert, premier colon du Canada, Québec, Imprimerie de l'Événement, 1912.
- Couillard-Després, Azarie, Louis Hébert, premier colon canadien et sa famille, Montréal, Société Saint-Augustin et Desclée, de Brouwer et Cie, 1918.
- Id., La Première famille française au Canada, ses alliés et ses descendants, Mile-End (Montréal), Imprimerie de l'École catholique des sourds-muets, 1906.
- Ville, Léon, Les Premiers colons franco-canadiens: Marie Rollet, coll. «La vie au désert», no 26, Paris, Tolra, 1928.

Liens électroniques

- Dictionnaire biographique du Canada en ligne (fiche «Rollet (Marie)», par Ethel M. G. Bennett):
[1]
- Les collections numérisées du Canada. Répertoire des monuments commémoratifs de la ville de Québec (fiche «Le monument de Louis Hébert, Marie Rollet et Guillaume Couillard»): [2]

Jugements

- «Dans sa maison du côteau Sainte-Geneviève, elle reçut un certain nombre de petites sauvagesses. Elle les nourrissait, les logeait, les entretenait, comme ses propres enfants, et tâchait de les instruire, de les préparer au baptême, préludant ainsi à l'oeuvre apostolique de notre grande Marie de l'Incarnation. L'horrible malpropreté de ses filles adoptives ne rebuta jamais Marie-Rollet [...]» (Laure Conan, Louis Hébert. Premier colon du Canada, Québec, Imprimerie de l'événement, 1912, p.38).
- «Est-ce donc si difficile de faire un jardin, en pleine forêt, et de l'entourer d'une palissade comme un trésor? Le premier homme s'appelait Louis Hébert et la première femme, Marie Rollet. Ils ont semé le premier jardin avec des graines qui venaient de France. Ils ont dessiné le jardin d'après cette idée de jardin, ce souvenir de jardin, dans leur tête, et ça ressemblait à s'y méprendre à un jardin de France, jeté dans la forêt du Nouveau Monde. Des carottes, des salades, des poireaux, des choux bien alignés, en rang serrés, tirés au cordeau, parmi la sauvagerie de la terre tout alentour. Quand le pommier ramener d'Acadie par M. de Mons, et transplanté, a enfin donné ses fruits, c'est devenu le premier de tous les jardins du monde, avec Adam et Ève devant le pommier. Toute l'histoire du monde s'est mise à recommencer à cause d'un homme et d'une femme plantés en terre nouvelle» (Anne Hébert, Le premier jardin, Montréal, Boréal, coll. «Boréal Compact», p.76-77).

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