Idéologie : Différence entre versions

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(Notice de Laure Hennequin-Lecomte, 2013)
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Le [[cercle de Schoppenwihr]], cénacle intellectuel rhénan féru de lettres et de questions éducatives,  où les femmes jouent un rôle à égalité avec les hommes, s'adonne aux sciences de l'homme, à l'idéologie. Etymologiquement, "idéologie", signifie science des idées. L' usage du terme en Français, attesté avec la Révolution, correspond à un système philosophique moderne influent au tournant de la période contemporaine. Il a la prescience de données de la science actuelle, des liens de la théorie et de la pratique. [[Annette de Ratsamhausen]] et les demoiselles de Berckheim ([[Amélie Louise de Berckheim|Amélie Louise]], [[Henriette de Berckheim|Henriette]] et[[Octavie de Berckheim|Octavie]]) partagent ce nouvel esprit scientifique en aidant Joseph de Gérando à remporter le premier prix du concours de l'Institut de France. Copistes de De l'influence des signes sur la génération des idées, elles sont les premières lectrices de son « système tout nouveau sur les facultés humaines ». Gérando y oppose les limites et les inexactitudes du langage naturel avec la rigueur formelle du langage mathématique, notamment algébrique. Fondateur avec d'autres idéologues de la Société des observateurs de l'homme (1799-1804), Gérando définit un programme pour les sciences humaines. Sont rangés parmi les idéologues Condorcet, Siéyès, Lakanal, Volney, Garat, Laplace, Pinel, Cabanis et Destutt de Tracy, puis Daunou, Benjamin Constant, Lamarck, Broussais, Ampère, Gérando, Laromiguière. Sous le Consulat et l'Empire, Gérando assume des responsabilités administratives et politiques. Il n'est pas considéré comme un adversaire par Napoléon, contrairement à d'autres idéologues. Héritiers des Lumières et des Encyclopédistes, les idéologues souhaitent établir une science globale de homme, complémentaire des sciences de la nature qui aboutirait à la morale. Leur méthode d'observation est indépendante de toute métaphysique. Impossible, la poursuite des causes dernières est inutile. Dans les sciences, l'esprit critique est fondamental. Dans l'homme, la sensibilité est l'expression de la vitalité. Ils examinent  la formation des idées à partir des sensations. Cela est utile pour la transmission efficace du savoir et débouche sur un projet pédagogique, puis la création de l'Ecole normale et des écoles centrales.
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Le [[cercle de Schoppenwihr]], cénacle intellectuel rhénan féru de lettres et de questions éducatives,  où les femmes jouent un rôle à égalité avec les hommes, s'adonne aux sciences de l'homme, à l'idéologie. Etymologiquement, "idéologie", signifie science des idées. L' usage du terme en Français, attesté avec la Révolution, correspond à un système philosophique moderne influent au tournant de la période contemporaine. Il a la prescience de données de la science actuelle, des liens de la théorie et de la pratique. [[Annette de Ratsamhausen]] et les demoiselles de Berckheim ([[Amélie Louise de Berckheim|Amélie Louise]], [[Henriette de Berckheim|Henriette]] et [[Octavie de Berckheim|Octavie]]) partagent ce nouvel esprit scientifique en aidant Joseph de Gérando à remporter le premier prix du concours de l'Institut de France. Copistes de De l'influence des signes sur la génération des idées, elles sont les premières lectrices de son « système tout nouveau sur les facultés humaines ». Gérando y oppose les limites et les inexactitudes du langage naturel avec la rigueur formelle du langage mathématique, notamment algébrique. Fondateur avec d'autres idéologues de la Société des observateurs de l'homme (1799-1804), Gérando définit un programme pour les sciences humaines. Sont rangés parmi les idéologues Condorcet, Siéyès, Lakanal, Volney, Garat, Laplace, Pinel, Cabanis et Destutt de Tracy, puis Daunou, Benjamin Constant, Lamarck, Broussais, Ampère, Gérando, Laromiguière. Sous le Consulat et l'Empire, Gérando assume des responsabilités administratives et politiques. Il n'est pas considéré comme un adversaire par Napoléon, contrairement à d'autres idéologues. Héritiers des Lumières et des Encyclopédistes, les idéologues souhaitent établir une science globale de homme, complémentaire des sciences de la nature qui aboutirait à la morale. Leur méthode d'observation est indépendante de toute métaphysique. Impossible, la poursuite des causes dernières est inutile. Dans les sciences, l'esprit critique est fondamental. Dans l'homme, la sensibilité est l'expression de la vitalité. Ils examinent  la formation des idées à partir des sensations. Cela est utile pour la transmission efficace du savoir et débouche sur un projet pédagogique, puis la création de l'Ecole normale et des écoles centrales.
  
 
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Version du 9 décembre 2014 à 15:50

Notice de Laure Hennequin-Lecomte, 2013

Le cercle de Schoppenwihr, cénacle intellectuel rhénan féru de lettres et de questions éducatives, où les femmes jouent un rôle à égalité avec les hommes, s'adonne aux sciences de l'homme, à l'idéologie. Etymologiquement, "idéologie", signifie science des idées. L' usage du terme en Français, attesté avec la Révolution, correspond à un système philosophique moderne influent au tournant de la période contemporaine. Il a la prescience de données de la science actuelle, des liens de la théorie et de la pratique. Annette de Ratsamhausen et les demoiselles de Berckheim (Amélie Louise, Henriette et Octavie) partagent ce nouvel esprit scientifique en aidant Joseph de Gérando à remporter le premier prix du concours de l'Institut de France. Copistes de De l'influence des signes sur la génération des idées, elles sont les premières lectrices de son « système tout nouveau sur les facultés humaines ». Gérando y oppose les limites et les inexactitudes du langage naturel avec la rigueur formelle du langage mathématique, notamment algébrique. Fondateur avec d'autres idéologues de la Société des observateurs de l'homme (1799-1804), Gérando définit un programme pour les sciences humaines. Sont rangés parmi les idéologues Condorcet, Siéyès, Lakanal, Volney, Garat, Laplace, Pinel, Cabanis et Destutt de Tracy, puis Daunou, Benjamin Constant, Lamarck, Broussais, Ampère, Gérando, Laromiguière. Sous le Consulat et l'Empire, Gérando assume des responsabilités administratives et politiques. Il n'est pas considéré comme un adversaire par Napoléon, contrairement à d'autres idéologues. Héritiers des Lumières et des Encyclopédistes, les idéologues souhaitent établir une science globale de homme, complémentaire des sciences de la nature qui aboutirait à la morale. Leur méthode d'observation est indépendante de toute métaphysique. Impossible, la poursuite des causes dernières est inutile. Dans les sciences, l'esprit critique est fondamental. Dans l'homme, la sensibilité est l'expression de la vitalité. Ils examinent la formation des idées à partir des sensations. Cela est utile pour la transmission efficace du savoir et débouche sur un projet pédagogique, puis la création de l'Ecole normale et des écoles centrales.

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