Marguerite d'Angoulême/Fortunée Briquet : Différence entre versions

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MARGUERITE DE VALOIS, duchesse d'Alençon, et reine de Navarre, soeur de François Ier, naquit à Angoulême, le 11 avril 1492. Au mois de décembre 1509, elle épousa Charles duc d'Alençon et de Berri, qui mourut en avril 1525. L'année suivante, elle fut mariée en secondes noces à Henri d'Albret IIe. du nom, roi de Navarre. Elle eut une très-grande influence dans les affaires du gouvernement, et elle les conduisit avec habileté. Animée du même goût que son frère pour les lettres, elle ne contribua pas moins que lui aux progrès rapides qu'elles firent sous le règne de François Ier. Les savans lui étaient chers; les malheureux lui étaient sacrés; tous les humains étaient ses frères. Elle ne divisait point, à l'exemple de ses contemporains, la société en orthodoxes et en hérétiques, mais en oppresseurs et en opprimés. Elle employa presque tous ses revenus à secourir ceux qui furent persécutés pour leurs opinions religieuses. Cette conduite est d'autant plus admirable, qu'elle donna des preuves de catholicisme les moins équivoques; et dans ce tems-là même, les Catholiques avaient la fureur d'exterminer par la flamme et le fer tout homme soupçonné d'hérésie. Marguerite de Valois eut une grandeur d'ame et une force de génie supérieures à son siècle. Sur la fin de sa vie, elle fonda plusieurs hôpitaux, entr'autres, celui des Enfans-Rouges à Paris. Elle mourut en décembre 1549, au château d'Odos en Bigorre. Son Oraison funèbre, écrite en latin par Charles de Sainte-Marthe, a été imprimée en 1550. On a publié en son honneur un volume d'épitaphes, composées en diverses langues par les hommes les plus savans de l'Europe. Sa mémoire a aussi été célébrée par trois Anglaises qui étaient soeurs, Anne, Marguerite et Jeanne Seymour. Elles composèrent, sur ce sujet, cent quatre distiques latins. Hilarion de Coste parle de cette princesse dans ses Eloges des Dames illustres. Mademoiselle de Laforce a donné l'Histoire de Marguerite de Valois.<br />
 
MARGUERITE DE VALOIS, duchesse d'Alençon, et reine de Navarre, soeur de François Ier, naquit à Angoulême, le 11 avril 1492. Au mois de décembre 1509, elle épousa Charles duc d'Alençon et de Berri, qui mourut en avril 1525. L'année suivante, elle fut mariée en secondes noces à Henri d'Albret IIe. du nom, roi de Navarre. Elle eut une très-grande influence dans les affaires du gouvernement, et elle les conduisit avec habileté. Animée du même goût que son frère pour les lettres, elle ne contribua pas moins que lui aux progrès rapides qu'elles firent sous le règne de François Ier. Les savans lui étaient chers; les malheureux lui étaient sacrés; tous les humains étaient ses frères. Elle ne divisait point, à l'exemple de ses contemporains, la société en orthodoxes et en hérétiques, mais en oppresseurs et en opprimés. Elle employa presque tous ses revenus à secourir ceux qui furent persécutés pour leurs opinions religieuses. Cette conduite est d'autant plus admirable, qu'elle donna des preuves de catholicisme les moins équivoques; et dans ce tems-là même, les Catholiques avaient la fureur d'exterminer par la flamme et le fer tout homme soupçonné d'hérésie. Marguerite de Valois eut une grandeur d'ame et une force de génie supérieures à son siècle. Sur la fin de sa vie, elle fonda plusieurs hôpitaux, entr'autres, celui des Enfans-Rouges à Paris. Elle mourut en décembre 1549, au château d'Odos en Bigorre. Son Oraison funèbre, écrite en latin par Charles de Sainte-Marthe, a été imprimée en 1550. On a publié en son honneur un volume d'épitaphes, composées en diverses langues par les hommes les plus savans de l'Europe. Sa mémoire a aussi été célébrée par trois Anglaises qui étaient soeurs, Anne, Marguerite et Jeanne Seymour. Elles composèrent, sur ce sujet, cent quatre distiques latins. Hilarion de Coste parle de cette princesse dans ses Eloges des Dames illustres. Mademoiselle de Laforce a donné l'Histoire de Marguerite de Valois.<br />
 
On lui doit: ''le Miroir de l'Ame pécheresse''; 1533. Ce livre parut suspect à la Sorbonne; il fut condamné. L'Université désavoua la censure. -- ''Les Marguerites de la Marguerite des Princesses''; Lyon, Jean de Tournes, 1547, 1 vol. in-8; Paris, Étienne Groulleau, 1558, in-16. Ce recueil, publié par de Lahaye, son valet-de-chambre, parut sous les auspices de Jeanne d'Albret, fille de Marguerite de Valois. On y trouve quatre ''Mystères'' ou ''Comédies pieuses''; deux ''Farces''; un poëme intitulé: ''le Triomphe de l'Agneau''; ''Histoire des Satyres et Nymphes de Diane'', dédiée à Marguerite, fille de François Ier; des ''Épîtres''; des ''Chansons spirituelles''; des ''Sonnets italiens'', et plusieurs autres ''Poésies''. Ses vers lui acquirent le surnom de dixième Muse. -- ''Églogue''; Pau, 1552, in-4. -- ''Eptameron'', ou ''les Nouvelles de la Reine de Navarre''; 1560, in-4. (édition de Gruget); Paris, Gilles Robinot, 1567; Amsterdam, 1698, 2 vol. in-8, figures de Romain de Hoogue; Paris, Jacques Bessin, 1698, 2 vol. in-12. Ses ''Nouvelles'' sont un modèle de naïveté. L'esprit et l'imagination les caractérisent. Elles ont fourni des sujets ou des situations à différens auteurs. La Fontaine y a puisé le fonds et même les ornemens de plusieurs de ses Contes.
 
On lui doit: ''le Miroir de l'Ame pécheresse''; 1533. Ce livre parut suspect à la Sorbonne; il fut condamné. L'Université désavoua la censure. -- ''Les Marguerites de la Marguerite des Princesses''; Lyon, Jean de Tournes, 1547, 1 vol. in-8; Paris, Étienne Groulleau, 1558, in-16. Ce recueil, publié par de Lahaye, son valet-de-chambre, parut sous les auspices de Jeanne d'Albret, fille de Marguerite de Valois. On y trouve quatre ''Mystères'' ou ''Comédies pieuses''; deux ''Farces''; un poëme intitulé: ''le Triomphe de l'Agneau''; ''Histoire des Satyres et Nymphes de Diane'', dédiée à Marguerite, fille de François Ier; des ''Épîtres''; des ''Chansons spirituelles''; des ''Sonnets italiens'', et plusieurs autres ''Poésies''. Ses vers lui acquirent le surnom de dixième Muse. -- ''Églogue''; Pau, 1552, in-4. -- ''Eptameron'', ou ''les Nouvelles de la Reine de Navarre''; 1560, in-4. (édition de Gruget); Paris, Gilles Robinot, 1567; Amsterdam, 1698, 2 vol. in-8, figures de Romain de Hoogue; Paris, Jacques Bessin, 1698, 2 vol. in-12. Ses ''Nouvelles'' sont un modèle de naïveté. L'esprit et l'imagination les caractérisent. Elles ont fourni des sujets ou des situations à différens auteurs. La Fontaine y a puisé le fonds et même les ornemens de plusieurs de ses Contes.
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Version actuelle en date du 8 mai 2011 à 17:53

MARGUERITE DE VALOIS, duchesse d'Alençon, et reine de Navarre, soeur de François Ier, naquit à Angoulême, le 11 avril 1492. Au mois de décembre 1509, elle épousa Charles duc d'Alençon et de Berri, qui mourut en avril 1525. L'année suivante, elle fut mariée en secondes noces à Henri d'Albret IIe. du nom, roi de Navarre. Elle eut une très-grande influence dans les affaires du gouvernement, et elle les conduisit avec habileté. Animée du même goût que son frère pour les lettres, elle ne contribua pas moins que lui aux progrès rapides qu'elles firent sous le règne de François Ier. Les savans lui étaient chers; les malheureux lui étaient sacrés; tous les humains étaient ses frères. Elle ne divisait point, à l'exemple de ses contemporains, la société en orthodoxes et en hérétiques, mais en oppresseurs et en opprimés. Elle employa presque tous ses revenus à secourir ceux qui furent persécutés pour leurs opinions religieuses. Cette conduite est d'autant plus admirable, qu'elle donna des preuves de catholicisme les moins équivoques; et dans ce tems-là même, les Catholiques avaient la fureur d'exterminer par la flamme et le fer tout homme soupçonné d'hérésie. Marguerite de Valois eut une grandeur d'ame et une force de génie supérieures à son siècle. Sur la fin de sa vie, elle fonda plusieurs hôpitaux, entr'autres, celui des Enfans-Rouges à Paris. Elle mourut en décembre 1549, au château d'Odos en Bigorre. Son Oraison funèbre, écrite en latin par Charles de Sainte-Marthe, a été imprimée en 1550. On a publié en son honneur un volume d'épitaphes, composées en diverses langues par les hommes les plus savans de l'Europe. Sa mémoire a aussi été célébrée par trois Anglaises qui étaient soeurs, Anne, Marguerite et Jeanne Seymour. Elles composèrent, sur ce sujet, cent quatre distiques latins. Hilarion de Coste parle de cette princesse dans ses Eloges des Dames illustres. Mademoiselle de Laforce a donné l'Histoire de Marguerite de Valois.
On lui doit: le Miroir de l'Ame pécheresse; 1533. Ce livre parut suspect à la Sorbonne; il fut condamné. L'Université désavoua la censure. -- Les Marguerites de la Marguerite des Princesses; Lyon, Jean de Tournes, 1547, 1 vol. in-8; Paris, Étienne Groulleau, 1558, in-16. Ce recueil, publié par de Lahaye, son valet-de-chambre, parut sous les auspices de Jeanne d'Albret, fille de Marguerite de Valois. On y trouve quatre Mystères ou Comédies pieuses; deux Farces; un poëme intitulé: le Triomphe de l'Agneau; Histoire des Satyres et Nymphes de Diane, dédiée à Marguerite, fille de François Ier; des Épîtres; des Chansons spirituelles; des Sonnets italiens, et plusieurs autres Poésies. Ses vers lui acquirent le surnom de dixième Muse. -- Églogue; Pau, 1552, in-4. -- Eptameron, ou les Nouvelles de la Reine de Navarre; 1560, in-4. (édition de Gruget); Paris, Gilles Robinot, 1567; Amsterdam, 1698, 2 vol. in-8, figures de Romain de Hoogue; Paris, Jacques Bessin, 1698, 2 vol. in-12. Ses Nouvelles sont un modèle de naïveté. L'esprit et l'imagination les caractérisent. Elles ont fourni des sujets ou des situations à différens auteurs. La Fontaine y a puisé le fonds et même les ornemens de plusieurs de ses Contes.

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